Note de présentation d'un ouvrage en voie de finalisation
Le bouillonnement de l’opinion, la richesse des media, le sérieux de la recherche, la floraison des études, enquêtes et débats, en bref, le pluralisme intellectuel et politique qui fait la
société française masque que celle ci, en définitive, reste gouvernée par deux absolutismes idéologiques.
Notre régime institutionnel s’est progressivement caricaturé en tombant dans « la démocratie majoritaire présidentialiste absolue ». Elle est en train
d’exploser à raison des fractures de la majorité comme de l’opposition et sous les contestations populaires qu’inspirent les effets pervers de la mondialisation, les souffrances sociales et les
incapacités publiques à garantir les sécurités des citoyens. L’impérialisme du libre échange finit de liquider « l’État nation » et « l’État
providence » sans qu’ait pu, en contrepartie, se mettre au moins en place une gouvernance mondiale régulatrice. Le
« désemploi » va de pair avec la résignation sociale : tout responsable sait que l’on ne peut significativement réduire des inégalités qui sont, en fait,
absolument nécessaires à la compétitivité internationale par les prix. Les économies qu’implique la confrontation avec les pays à bas coût de revient
s’opposent à sanctuariser des garanties sociales que l’on baptise donc « machines à exclure », comme à maintenir leurs statuts et moyens aux
services publics que l’on met donc en accusation. La manière dont est rendue la justice est critiquée, au demeurant de manières opposées, de toutes parts . Les vives lignes de
tension - entre composantes ethno culturelles, sexes, générations, familles socio professionnelles, convictions d’avenir – qui parcourent la communauté nationale se reflètent
dans les attentes contradictoires des gouvernés auxquels les candidats au pouvoir offrent une palette d’offres politiques de plus en plus diversifiés : autant d’illusions dès lors que des
changements clefs ne se font pas jour.
Au regard des offres « low cost » qu’obtient, désormais sur les produits de toutes les gammes, la conjugaison – par des puissances prenant, comme
la Chine, revanche sur l’Histoire - de l’oppression politique, du retard social, du mépris environnemental, des hautes capacités
capitalistiques et technologiques, ainsi que de la priorité à l’export sur leurs marchés internes, il est clair que les recherches de rééquilibrage explorées par les pays
occidentaux sont d’autant moins efficientes que divers puissants intérêts ( dans une part de la banque, du négoce, dans l’actionnariat des firmes multinationales) de leurs
propres nationaux s’accommodent bien de cet ordre du monde . Sans un « juste échange » mondial – à bâtir plus sur des protections commerciales raisonnables que sur de seules
dispositions monétaires et financières – une stricte politique néo libérale – non loin sur le fond de celle que conduit le gouvernement en place -
reste la seule possible, sans que ses rigueurs puissent, dans une économie ouverte, empêcher le déclin inéluctable des
niveaux de vie du plus grand nombre . La gauche européiste n’a jamais voulu admettre ou a toujours camouflé que la libre mise en communication des marchés de sociétés très
hétérogènes cantonnait étroitement ses ambitions de correction des injustices. La droite aux affaires ne veut pas voir que la protection envers les dumpings serait plus
décisive qu’envers les migrants. Son parti pris en faveur de l’investissemen privé lui fait méconnaître aussi que seuls certains mécanismes d’économie mixte pourraient
permettre d’assurer de front un minimum de précautions sociales et la réduction de l’endettement public et privé externe, ce qui est bien la condition d’une indépendance
indispensable pour ne pas dépendre des prêteurs mondiaux qui sont aussi d’impitoyables concurrents commerciaux .
Le refus de la culture de compromis est le fruit de la logique d’affrontement de notre régime fondé sur l’addition des scrutins majoritaires et sur la confusion des pouvoirs . Il est à bout
de souffle et de légitimité. La démocratie semi directe, par l’élection du chef de l’État et par l’emploi, à restaurer, du referendum peut rendre du souffle; la légitimité ne
se trouvera que dans la coopération de deux pouvoirs effectivement séparés et s’équilibrant . C’est ce qu’assurerait le passage du régime « présidentialiste » à un régime
« présidentiel », qui serait bien plus respectueux du Parlement. . En ayant pour exécutif unifié, ne pouvant être renversé, un Président de la République - cessant
d’être un chef de parti pour exprimer l’unité de la nation - ce serait le seul modèle compatible avec - pour exprimer le pluralisme de la société - l’élection de l’Assemblée à la représentation
proportionnelle. L’absence de bloc de majorité qui en résulterait est en effet souhaitable, comme au Sénat, pour obliger enfin les
diverses formations non extrémistes à des recherches de convergences pour le vote des lois et des budgets en trouvant des lignes d’accord avec la Présidence. Ce n’est pas la
quatrième république, parce que tel régime, s’il impose – c’est le but - des coalitions parlementaires, n’est pas sous risque d’instabilité de l’exécutif . Et il n’y
aurait pas de risque de blocage de type américain dès lors qu’en cas de fortes divergences non résolues entre pouvoirs, il serait prévu que chacun d’entre eux puisse déclencher
un referendum d’arbitrage.
La campagne présidentielle pourrait-elle être une bonne circonstance où poser ces questions ? Un chemin à ouvrir pour tenter de passer de « la démocratie absolue » à « la
république pour tous ».
Gérard Bélorgey , depuis les années soixante a occupé successivement des postes dans la haute fonction publique et dans des responsabilités d’entreprises, puis a été consultant
et conseil d’organismes professionnels. Longtemps enseignant de sciences politiques, il a publié par le passé divers ouvrages dont les audiences ( sur « le
gouvernement et l’administration de la France », sur la « France décentralisée », sur « l’outre-mer français » , etc.) résultèrent de l’utilité
des explications apportées sur ces univers d’autrefois. Toujours attentif à l’évolution des rapports gouvernants/gouvernés, il tente une même démarche à
l’égard de la société d’aujourd’hui.
Il faut rapprocher, parce qu’elles touchent l’une et l’autre à des épisodes de la Veme République, ensuite, parce qu’elles confrontent deux approches
radicalement différentes de l’histoire, deux récentes diffusions de France télévision : une fiction historique relative aux derniers moments de Georges Pompidou
« mort d'un président » de Pierre Aknine ; un documentaire réflexion concernant Maurice Papon « itinéraire d'un homme d'ordre » de Emmanuel Hamon .
La première production appartient un genre donc je conteste pour ma part jusqu'au bien-fondé. Ce genre consiste à mettre en images et en scène, autour des pivots de
deux ou trois choses vraies rendant crédible le reste , sur des dialogues pour partie imaginés ( comme ceux que Victor Duruy prête, dans son histoire populaire de la France aux
personnages mythiques de notre pays), des personnalités de premier rang appartenant à l’histoire récente sans que le contenu soit réellement constitué de documentaires puisqu'il
procède surtout de la vision qu'en a ou que veut en donner le réalisateur. La part de réalité - et de sélections ( !) au sein de celle-ci s'y mêle à une part d'interprétation ne
comportant aucune garantie. C'est ainsi que - pour ne parler que des plus célèbres productions de ce type - on a des pastiches de De Gaulle, des Mitterrand ou des souverains du Royaume
Uni.
Dans l’éventail de ces fictions historiques on retrouve parfum ou puanteur des temps, mais ce n'est bien recevable que si les héros sont assez
lointains pour éviter qu’ils soient confrontés à leurs souvenirs vivants. Il y a , bien sûr, quelques séduisants remakes d’inusables personnages anciens (les Henri IV, Marie
Antoinette et autres Napoléons) et l'on peut aimer trouver parfois aussi dans ce genre, lorsque c’est réussi, une pendule ou deux qu’un écrivain fouineur a su bien mettre
à l’heure. Mais bienheureux sont les contemporains qui ne sont pas au nombre de ces morts ( ou retraités) illustres dont le nom sert d’appât ou de ces « Grands »
qu’on ne déguise même pas pour en vendre l’histoire en quelque travesti prétendant écrire ce qu’ils firent et furent. Or bien souvent le scénario est la fable qui ment : quand l’imaginaire
se prétend document, il n’est plus d’identité qui soit assurée et mieux vaudrait garder le secret de ces vies que d'en offrir des déformations dont on ne comprend pas que les héritiers de leurs
droits moraux puissent les accepter. Que la postérité s‘y trompe est bien le résultat sinon le but parfois des marchands de soupes, d’intox et mascarade qui font passer des faux pour des faits
avérés auxquels croient des publics sans formation critique ni capital personnel de mémoire.
Certes "mort d’un président » ne tombe pas dans tous ces défauts . Mais pour avoir vécu cette période à Matignon où j’étais alors conseiller technique … à tout
faire, au cabinet de Pierre Messmer ( cf ma « Bulle d’Histoire » Phénix Édition 2000, « Moïse sauvé des eaux » que je reproduis parallèlement sur ce site) et avoir,
pour le moins, un peu côtoyé certains des partenaires mis en scène dans ce film , je ne peux guère reconnaître les personnages. Malgré le talent des acteurs, on ne voit que de laborieuses
tentatives de copies de leurs profils ( ce qui est l’incontournable vice du genre), comme l’illustrent les involontaires caricatures des barons, de Chirac, etc., les ratés de
transcription de Chaban qui fait minable golfeur ou de Messmer non reconnaissable , l’inconsistance des personnages de E. Balladur et de Pierre Juillet . Pire, les réalisateurs ne cherchent
pas dans d’autres cas pas à faire de bonnes restitutions , mais se satisfont de confirmer les légendes par des caricatures comme en ce qui concerne MFG, "la cheftaine en tailleur chanel" . Ne
parlons pas du PR : si le fond est à peu près fidèle à la tension et au courage qui ont magnifié l’homme dont les lignes politiques peuvent être contestés, mais dont la
« vertu » est bien rendue, si des traits évidents de caractère et des tics de comportement sont bien saisis, où sont ses pommettes, ce sourire à la fois ironique et
carnassier qui exprimait en même temps sensibilité, scepticisme et ténacité, ce pétillement perçant du regard enfoncé jusque dans l’adversité fatale. La seule satisfaisante transposition
est, à mes yeux, celle que réalise l’interprète de Madame Pompidou aussi bonne en « première dame » qu’en « ex » de Louis le brocanteur, sans doute parce qu’elle allie
les mêmes gestes de tendre maladresse pour le conjoint perdu aux mêmes gestes de galeriste présentant précieusement des tableaux.
Tout cela bel et bon n’apprend rien sur le fond des affaires du temps. Exemple : l’évocation des raisons de la tentation écartée de raccourcissement du
futur mandat présidentiel est d’une parfaite superficialité , ce qui occulte qu’elles avaient peu à voir ( sinon en cherchant à assurer la discipline de la majorité par un Président
considérant que le chef de l’Etat devait aussi être -p lus que son premier ministre , comme se voulut Chaban - un leader parlementaire) avec le funeste quinquennat assorti du
renversement de calendrier adopté, en vertu d’un accord entre partis dominants, par la réforme constitutionnelle de 2000. Autre exemple : nous avions précisément , ce qui est
complètement passé sous silence, fait un projet de loi portant réforme progressiste et raisonnable en matière d’IVG, mais qui ne pouvait être ni présenté, ni voté parce qu’il était
totalement rejeté par le conservatisme des amis de VGE, assorti d’une belle ambiguïté : la libéralisation de l’avortement restant à faire put constituer une bonne carte réservée aux nouveaux
arrivants.
Dans cette soirée le meilleur a été les passes de lances entre, d'une part, une femme tenant sa légitimité d’avoir été la femme d’un pouvoir vécu et en tirant la
faculté d’être cinglante à bon droit et, d'autre part, un réalisateur étant au regard d'un pouvoir jamais exercé dans une position de voyeur, convaincu de ce qu’il
avait à faire voir : un homme au sommet fatal d’un destin, bâti dans l’ombre pesante du Commandeur et sur des échafaudages de rivalités entretenant toutes les incertitudes pour la suite. La
conviction apparente de MFG que la clef des institutions, comme de l’attitude du Président, tient à la sacralisation de la fonction par l’élection du suffrage unuversel eut mérité un débat qui ne
pouvait guère être bien arbitré par Eric Roussel, intervenant plus en historiographe qu’en politologue. Il faut donc regretter que Michèle Cotta ne soit pas venue, « La Sixième
République » ( petit livre si bien documenté aux sources mêmes des affaires du temps) en mains, pour mettre en évidence comment on était en train de basculer depuis 1969 du régime
gaullien dans la démocratie absolue instituant confusions entre pouvoirs présidentiels et rapports de forces parlementaires, fragilisant des institutions équivoques et
préparant les temps d’alternance .
En bref, avec « mort d’un président » le public a son compte d'anecdotes et de lieux communs , mais aucune occasion de bonne leçon. Bien différent est le
film que nous donne E. Hamon. Une production dont on sort secoué par la portée de ce qu’il révèle, que l’on savait en réalité, mais qu’on se gardait caché, par une espèce de honte et de terreur
de la vérité. C’est que - dans l’axe de sa production « une épuration française » montrant combien le national politiquement correct a longtemps été de trier entre les bons et
les vilains au nom de la vieille lutte franco allemande plutôt qu’au nom des crimes nazis et a également été de récupérer ou protéger les collaborateurs utiles à la croisade anticommuniste
plutôt que de rendre justice pour les victimes et notamment pour les Juifs - l’auteur de l’«itinéraire d’un homme d’ordre » montre combien le profil d’un Maurice Papon
est celui des valeurs d’un éternel establishment. N’aurait-il pu être mis au pilori sur l’affaire des déportations de Gironde, qu’il eut été pleinement honoré ( comme il le reste par beaucoup)
pour sa glorieuse carrière l’ayant mené, par les étapes de Vichy, ensuite deux fois par l’administration coloniale du Constantinois, puis, à Paris, par la lutte contre le FLN, et par la
répression des manifestations nord africaines et pour la paix en Algérie jusqu’aux fonctions clés de trésorier du parti majoritaire et, en bon élu de la France profonde du Cher, de
ministre des Finances dans un gouvernement de VGE. Nombreux sont tous ceux de ma génération qui l’ont croisé, qui ont travaillé avec ses collaborateurs les plus directs dont aucun –
loin de là - n’a souffert d’avoir servi un tel patron. Récupéré – comment, pourquoi - par De Gaulle dès la libération de Bordeaux, grand commis sûr de lui-même, plus intouchable que
bien des politiciens, servant toutes les causes de l’ordre faisant appel à un zèle meurtrier au service d’une totale bonne conscience , il a été soutenu - en fait légitimé
- par les grands du régime jusqu’aux dernières heures de son procès de 97/98. Et quand on entend un Debré, qu’on revoit Barre ou Messmer « à la barre », on se trouve stupéfait,
blessé à un point qu’on ne peut à posteriori pas comprendre sauf qu’on perçoit trop combien entre les grands acteurs de l’histoire il y a partage de la plus totale insensibilité à l’égard des
hommes, ce qui a été d’ailleurs, hélas, l’exemple (de real politik et de sacrifices des héros ou des humbles, des résistants autonomes ou des harkis encombrants) trop souvent donné
par le Général lui-même. Ce film sur Papon devient le déroulé d’accusation de tous les autres. Le procès de tous ceux qui gérent « sans état d’âme ».
C’est l’occasion d’affirmer que la posture de l’obéissance sans état d’âme que tout pouvoir attend de ses fonctionnaires n’est pas une posture qui soit
acceptable, en particulier pour ceux qui exercent des fonctions publiques d’autorité comme dans le métier préfectoral, sinon la fonction, face aux risques qu’illustre un Papon - et
auxquels ont cédé, en Algérie…et ailleurs, bien d’autres tenants ou même simple serviteurs de l’ordre établi - ne pourrait être sauvée par le modèle d’un Jean Moulin. Il y a des
situations dans lesquelles la faculté d’avoir des « états d’âme » est un devoir. Vouloir s’en dispenser par principe au nom d’un service sacré de l’État qui se traduirait par
une mission apolitique devant être accomplie sans sourciller par ses représentants territoriaux relève de la langue de bois . Et les langues de bois qui anesthésient peuvent être plus
dangereuses que les langues qui provoquent ou dénoncent, voire qui persiflent avec, pour une part, l’intérêt d’alerter. Et lorsque les agents publics qui essaient d’alerter les
pouvoirs s’estiment non entendus, il n’est pas anormal qu’ils recontrent des cas de conscience dont le seul dénouement est de savoir s’il faut se soumettre ou se démettre.
La production "mort d'un président " - sur laquelle je reviendrai dans un prochain billet - diffusée recemment par France Télévision me conduit à reproduire
ci dessous l'une de mes "Bulles d'Histoire" ( Phenix Editions 2000).
MOÏSE SAUVÉ DES EAUX -1974
Je connais tous les fils de la tapisserie représentant "Moise sauvé des eaux" qui a été longtemps derrière le siège du bureau du Premier ministre. Après son
exercice physique dans le parc de Matignon, l'ancien gouverneur devenu chef du gouvernement avant la mort de Pompidou, recevait chaque jour, à une heure encore bien matinale, son cabinet
restreint dont chaque membre se tenait debout devant son bureau. Lorsqu'à la tête du cabinet, l'inspecteur des finances très proche de Jacques Chirac remplaça le préfet de région qui
souffrait beaucoup de telles séances sur les jambes, il introduisit la radicale réforme d'une réunion assise autour du Premier ministre. Cette réforme ne dura qu'un bref laps de
temps. Le décès du président de la République fit oublier cette bonne résolution et l'on poursuivit jusqu'au terme du nouveau gouvernement la pratique précédente dans laquelle il n'y avait
d'ailleurs aucune malice, mais une vieille habitude militaire.
J'étais vraiment arrivé dans cette équipe par hasard et heureux de l'estime que m'inspirait son patron, mais j'éprouvais quand même des contrariétés
grandissantes.
Le hasard était né à Saint-Pierre et Miquelon. Aux législatives de 1973, deux candidats de la majorité s'y disputaient les suffrages des électeurs. L'un avait
été camarade de classe de Michel Debré, lequel lui adressa avec sa chaleur habituelle, une lettre d'encouragement. Cet homme avait été, par ailleurs, directeur des Invalides de la Marine, en
quelque sorte, la sécurité sociale et la caisse de retraite des marins. Sa signature, au bas des titres de pension était bien connue dans l'archipel des pêcheurs. Fort de ces deux
gri-gri, il l'emporta sur l'autre compétiteur. Celui-ci était un ancien élève de l'École de la France d'Outre-Mer, camarade, lui, de Pierre Messmer.
En ce qui me concernait, un texte me nommant au poste de Haut commissaire aux Comores était en suspens de publication. A la veille des législatives, Michel Jobert,
alors secrétaire général à la Présidence m'avait indiqué à la faveur d'une rencontre au salon d'honneur de l'aéroport d' Orly, qu'il fallait que j'attende le résultat des élections. Le pronostic
était que Léo Hamon, député U.D.T. de Palaiseau, allait être battu par le maire communiste et qu'il faudrait que je sois là, puisqu'on s'aimait bien, "pour le consoler". Les élections
apportèrent la défaite de Léo Hamon, mais aussi celle du camarade de Pierre Messmer. Quelques jours après les résultats, ce premier Ministre - qui entamait son deuxième tour- m'appela et
m'indiqua que je ne partais plus aux Comores. Un mouvement d'administrateurs avait lieu pour faire place à l'ancien de la F.O.M. qui était nommé, je crois, dans le condominium
franco-britannique des Nouvelles-Hébrides. Le jeu des nominations faisait que les Comores allait à quelqu'un d'autre que moi. "Pour me consoler" là encore - cette gestion publique était
décidément très affective - il m'indiqua que je rejoignais son cabinet, ce qui ne se refuse pas. C'est ainsi que je vécus ensuite à Matignon toute la double courte période qui
s'écoula de ces législatives au décès de Pompidou, puis de ce décès à l'élection de V.G.E. à la présidence de la République.
En ces circonstances où changeait le régime, commis à tout faire au sein du cabinet d'un chef de gouvernement, je connaissais, sans pouvoir naturellement les
influencer, bien des dossiers. L'un des derniers plus importants fut l'hypothèse de ramener le mandat présidentiel à cinq ans. J'y voyais le levier - à l'encontre de l'esprit du fondateur de la
Cinquième République - d'une transformation de celle-ci en régime franchement et définitivement bi-partisan, ce que je n'ai jamais apprécié. Le renoncement à cette réforme m'apporta bien
satisfaction. Mais la vie courante - celle des affaires du même nom - était faite de questions multiples que l'on repassait allégrement au dernier venu que j'étais. Dès mon arrivée, je
reçus la tâche de repêcher les battus de la dernière consultation législative. Il s'agissait d'aider divers anciens députés qui n'appartenaient pas à la fonction publique ou qui n'avaient pas des
arrières assurés à retrouver un emploi. J'étais en quelque sorte l'A.P.E.C. de la majorité d'alors. Je reçus, avec leurs C.V., bien des visiteurs, dont certains sont restés illustres, en
m'employant à mobiliser tout un réseau de correspondants - des grandes firmes nationales aux cabinets de conseils en passant par les établissements publics et les forces de vente des grandes
marques de spiritueux - pour les recaser plus ou moins bien en attendant qu'ils retrouvent meilleure fortune. Ils s'étonnaient souvent du petit cagibi où j'officiais; mais je me
trouvais ensuite promu vers le bureau blanc au dessus du perron. Ce bureau- aux murs parés de quelques tableaux dix-huitième - était celui de bien des confluences. On y accédait par
la grande antichambre sur laquelle s'ouvrait la porte du patron et on en sortait sur un petit couloir menant à la noble pièce de Pierre Doueil qui conduisait avec un fin scepticisme
l'orchestration du cabinet. C'était le lieu des affaires souvent insolubles et parfois empoisonnées - y compris celle du mouvement gaulliste que je fus un moment appelé à suivre un peu, encore
que je n'ai jamais appartenu à ces formations - et des services qu'il fallait rendre à chacun. Bien des visiteurs venaient y bavarder, voire s'incruster. Un parlementaire en mission - qui
s'appelait Tibéri - s'y fit installer un petit bureau dans un angle.
A cette époque, c'est à la seule Présidence qu'appartenait le pouvoir. Le président, malade, ne pouvait plus l'exercer. Ce pouvoir était donc piloté par ses
proches. La liaison discrète avec l'Élysée passait par Pierre Juillet. J'allais parfois lui ouvrir de nuit, la porte du fond du parc, rue de Babylone. Le Premier ministre appliquait avec la plus
intégrale loyauté cette formule de pouvoir délégué. J'étais une petite charnière dans le fonctionnement du système. J'y gagnais une relation un peu privilégiée avec Pierre Juillet et Marie
France Garaud. Or, leur mission rapprochée auprès du Chef de l'État comportait de veiller sur Chambord, certainement parce que le Président était sensible à ces lieux, évidemment aussi parce que
l'un vibrait pour la chasse et l'autre pour le pouvoir. Ils me chargèrent de mettre la capacité de décision administrative que me donnait ma fonction au service de la cohérence de Chambord.
Lorsqu'ils me dirent :
« Chambord a été fait pour la chasse, l'amour et la politique »,
je leur répondis que c'était tout pareil : "le goût de la poursuite", ce qui scella entre nous une forme de connivence m'ayant aidé à surmonter bien de nos
différences d'esprit.
C'est ainsi que je pris cette fonction, alors bénévole, de "commissaire à Chambord". Je m'y attelais avec passion. N'était-ce une forme de fuite? Il m'amusait aussi
de laisser parfois ce seul dossier sur mon bureau avant de quitter tardivement les lieux du pouvoir. Une règle de précaution était établie pour quelques bureaux du cabinet : tous les papiers
devaient être rangés sous clef avant le départ de l'occupant. Le commandant du Palais - qui gagna, peut-être, dans les relations de ces fonctions, un avenir de ministre, par des étapes qui se
révélèrent peuplés d'embûches - faisait faire une ronde de nuit par ses gardes républicains. Ceux-ci ramassaient tout ce qui traînait qu'il fallait leur demander le lendemain matin. Ces
hommes étaient souvent les mêmes que ceux que j'avais connus douze ans plus tôt lors de mon premier séjour rue de Varenne. Chargé de mission, alors, au secrétariat général du gouvernement,
j'avais été logé dans un petit bureau sur la cour du 57, bien noble, mais bien sale et j'avais entrepris, un jour, de le nettoyer moi-même, en apportant de l'ajax , des éponges et un seau.
Les gardes aimaient alors me rappeler qu'au moins maintenant je ne lessivais plus les murs de Matignon.
Travailler auprès de Pierre Messmer était une permanente leçon d'État. Il inspirait l'estime par son sens du devoir, sa capacité de synthèse simplificatrice et sa
totale indifférence à la popularité. Il exerçait sa compétence dans le double registre du principe de réalité et du principe d'anticipation. D'un côté, il se soumettait aux événements
en admettant brutalement les faits : "Lip c'est fini". D'un autre côté, il cherchait comme il avait toujours fait dans sa vie, et malgré le caractère manifestement transitoire de sa
mission, à prévoir et à organiser l'avenir. Par exemple, il discerna, avant tous, l'ampleur mûrissante de l'affaire corse. Il se rendit dans l'île dénoncer le piège du rêve de l'autarcie
sur la terre natale et engager des lignes de réformes raisonnables que la suite des événements de la France jetèrent dans l'oubli. Alors que le monde politique vibrionnait d'intrigues, il avait
considéré que le grand enjeu de sa gestion était de mettre en oeuvre le choix nucléaire civil. Je me rappelle sa main calligraphiant ses notes en ce sens. C'est dans de telles tâches qu'il avait
le sentiment de remplir son rôle. Il était plus porté à une expression rigoureuse qu'abondante. Chargé d'écrire un certain nombre de ses discours et interventions, je voyais mes projets de textes
chaque fois sévèrement épurés. Peu lui importait, de même, de séduire les médias, encore qu'il accepta un jour de s'entraîner à l'expression télévisée. C'était après qu'un "news" ait fait
sa couverture de la photo du chef du gouvernement avec la manchette "Messmer doit partir". Le responsable de la communication - alors un jeune de ce métier, J.J. de Peretti - n'avait, à
l'évidence, pas réussi dans sa fonction, mais ne s'attira pas un reproche.
Une telle hauteur à l'égard de ce que pouvaient penser ceux qu'il n'estimait pas ne le destinait sans doute guère, après la mort de Pompidou, à être, lors de l'une
des phases de la bataille de succession, candidat à la Présidence. Ayant été chargé, sous Messmer III, des affaires sociales et culturelles, je m'efforçais de comprendre ces enjeux,
mais la vie de Matignon fut alors surtout dominée par les combats pour l'élection présidentielle.
Je n'imaginais guère la victoire de "mon" Premier ministre, mais j'aimais cette hypothèse. J'ai vite compris qu'elle avait servi aux supporters de V.G.E. à enfoncer
Chaban-Delmas. On fit valoir que, sur deux premiers ministres, l'un, Messmer, avait su se retirer et l'autre, Chaban, non. Michèle Cotta raconte parfaitement toutes ces péripéties dans l'un de
ses ouvrages : "la VIeme République". Elle a reçu bien des confidences qu'il est inutile de répéter.
Pourtant, les amis de V.G.E. n'avait pas ménagé le premier Ministre sur des dossiers sensibles. Face d'une part à la revendication pour l'avortement, d'autre part à
l'hostilité de différents milieux envers une perspective de légalisation de celui-ci, nous avions préparé, en particulier avec Jacques Sourdille, un texte bien modéré qui ouvrait aux femmes
la possibilité de l'I.V.G. en cas d'état de détresse reconnu par deux médecins. Ce projet fut taillé en pièces par la droite indépendante; mais quelques mois après, sous la nouvelle présidence,
la loi Veil faisait sauter presque toutes les barrières. Je n'ai sans doute jamais rien compris à la politique ou, tout du moins, jamais rien admis de ses manoeuvres.
Ainsi, mon estime pour Pierre Messmer ne fut pas l'adhésion à ce qui se déroulait. Mais la République est bonne fille. Chacun sut mes états d'âme, mais les
vainqueurs ne m'en tinrent aucune rigueur. C'est avec élégance que le jeune nouveau chef de l'État - sans doute bien inspiré par Jacques Chirac, fidèle en amitié - me donna, malgré ma jeunesse et
mes impertinences, "les plumes blanches", sous la forme toutefois un peu subordonnée de directeur de cabinet du préfet de la région Ile de France. Il est vrai que je conservais une charge
extra-territoriale qui le passionnait plus encore : celle des chasses de Chambord.
Aux premiers temps de son mandat, je l'ai accueilli, sur place, plusieurs fois, le dimanche, à l'aube. Il semblait apprécier mon soin pour tout le Domaine et c'est
pourquoi sans doute, il me proposa, au débotté d'un tir matinal, la direction des Musées de France. Je marquais ma préférence pour le corps préfectoral. Avec la plus grande correction et la
plus grande délicatesse, il en pris acte et je fus nommé en Loir et Cher : son département de résidence privée. Il m'avait toutefois dit :
« préfet... préfet... Enfin, si vous voulez ».
C'était bien dans le même esprit qu'il m'avait décoché cette petite flèche au salon d'honneur à Orly, lorsque venant de quitter le cabinet du secrétaire
d'État aux Finances, je me trouvais sous-préfet de Palaiseau, commis à l'aéroport aux réceptions de personnalités :
« alors vous êtes passé des affaires nationales aux affaires cantonales ».
La publication du programme du parti socialiste atteste que ce parti n'a toujours pas bien compris qu'elles étaient les clés
permettant de traiter les questions fondamentales de la France.
et qui n'a pas très bien compris non plus qu'il pouvait tout à fait perdre, au bénéfice d'une droite endurcie, les
élections de 2012
-si, d'une part, il se laisse jouer par des candidatures multiples ( ce que nous ne développerons pas ici car d'autres le font très
bien)
-et si, d'autre part , il croît à la capacité de mobilisation de son programme.
L'ensemble de ses propositions sympathiques et nécessaires constituent une architecture sans fondations.
Alors qu'y apparaîssent bien deux socles économiques , ceux-ci ne sont pas, en tant que tels, suffisamment mis en valeur
:
- Le premier est celui d'une banque publique d'investissement ; voilà qui répond - en principe tout au moins - à la
nécessité de relayer l'investissement privé par l'épargne publique. On sait en effet que l'inégalité sociale - qui est indispensable, pour trouver des investisseurs, à une
économie dont le moteur dominant est l'investissement privé - est le carburant de l'économie libérale ; aussi le véritable outil pour réduire l'inégalité doit consister à faire
financer des investissements marchands rentables par des fonds publics nourris par un combiné d'emprunt et d'impôt.
- Le second est d'attendre de l'Europe un concours au financement des infrastructures et des innovations ainsi – et c’est le pas essentiel à
nos yeux - qu'une augmentation du tarif extérieur commun à l'égard des produits dont la fabrication ne respecterait pas les règles sociales et environnementales ; mais on ne voit pas ni
comment, ni jusqu'où.
Il n'est pas clairement exprimé qu'aucun effort pour la justice sociale, qu’aucune équitable réforme fiscale,
qu’aucune garantie de meilleurs services publics, qu’aucune capacité durable de créations d'emploi - autant d'éléments par ailleurs proposés comme éléments phares de ce
programme - ne sont évidemment possibles sans en finir avec le libre-échange sans restriction . Religion non contestée de l'Union Européenne cette mise en concurrence de
sociétés profondément différentes entraîne toutes les conséquences perverses de la soumission, avec perte assurée des niveaux de vie occidentaux, à la compétitivité mondiale par les prix,
aux jeux de casino du capitalisme financier qui est l’inévitable produit de la libre circulation des marchandises et des flux de capitaux, enfin à la poursuite d'un modèle de développement
fatal pour les pays avancés, ainsi qu’à la promesse de toutes les impasses écologiques, fractures sociales et crises politiques et humanitaires dont les dimensions et horreurs à venir sont
inimaginables.
Le rôle majeur de ces deux besoins - de financements économiques publics, de protections commerciales réelles et rapide -
n'est pas mis suffisamment en exergue alors que ce sont les conditions indispensables de tout le reste.Comme la presse nous l'explique le texte
est certes dû à la bonne inspiration de Guillaume Bachelay dont on avait pu apprécier les réflexions dans "la gauche après la crise" et dans des contributions préparatoires, mais le
document s'est manifestement trouvé passé à la moulinette des sentiments des chantres de l’incantation compassionnelle et des consultations des orthodoxes sociaux-démocrates européistes.
Avec ces apports d’affectivités qui ne font pas une politique et de technocraties qui ne changent pas les principes de celle en vigueur , on a ainsi basculé de la stratégie dans le
catalogue, sinon dans le bricolage. Marianne (2/8 avril 2011) fait en vérité mieux que les politiques avec son numéro spécial «pourquoi nous nous battons" , comportant notamment
la contribution de Jean-Luc Gréau mettant en évidence combien le libre-échange nous condamne à transférer nos capacités aux pays à bas coût de revient et combien il est impossible de bâtir
un avenir sans industrie.
Le PS ne fera pas l'économie d'une révolution intellectuelle en matière économique et européenne. Ou il perdra; ou il ne
gagnera que pour mieux perdre un peu plus tard. Le PS ne fera pas non plus l'économie d'une révolution intellectuelle en matière institutionnelle. Or pas un mot sur la question du régime
politique dans ce programme qui se coule dans le moule de l'actuelle Ve république. Qui veut rallier la majorité des Français pour une élection présidentielle doit – comme ce blog l’a
précédemment souligné à l’unisson avec Cohn Bendit - renoncer au scrutin majoritaire pour les autres élections. C'est la seule manière d'être pluriel, de faire sauter une bipolarisation que
l’envol du FN contredit moins qu’elle ne l’accuse. C'est la seule manière aussi de sortir un jour du régime présidentialiste de la démocratie majoritaire absolue pour un régime
républicain qui conduirait des pouvoirs forts, mais séparés, à se contrôler et s'inspirer l'un l'autre : d'une part, puisqu’on ne peut guère revenir là dessus, un Président de la
république élu au suffrage universel ; d'autre part une assemblée législative élue la proportionnelle avec laquelle le chef de l'État qui ne pourrait être renvoyé par le
délibératif et qui ne pourrait lui-même dissoudre ce délibératif devrait collaborer.
Il est bien imprudent de chercher à évincer par des astuces électorales des
partis extrêmes alors qu'ils représentent les insatisfactions et les stimulations des Français ; mais il serait très dangereux que des hommes ou des postulants au
pouvoir soient amenés d’une manière ou d’une autre à associer, qu’ils viennent d’un bord ou d’un autre, des irresponsables agressifs à des coalitions de gouvernement. A
l’inverse le scrutin proportionnel obligerait lui à deux choses saines : la première serait de reconnaître les réalités d’une profonde opposition populaire à la
complaisance libéralo moderniste (consultez donc le remarquable « Voyages en France » qui vient de sortit sous la signature de E.Dupin) des establishments ; la
seconde c’est que l’éventail de forces parlementaires qui résulterait d’une consultation à la proportionnelle exigerait que des convergences se dégagent entre forces républicaines (épuisant
aujourd'hui les chances du pays en de bien stériles compétitions, ainsi que le soulignent si pertinemment les porte parole des centres de charnière ou de rassemblement , tels que Villepin, Bayrou
ou Borloo) et trouvent, dans le dialogue entre la Présidence et une assemblée délibérative libérée de la puissance de grands partis , par les transactions nécessaires et s'il le faut,
sous l'arbitrage référendaire, les moyens de répondre aux besoins de notre pays. Et sans risque d’instabilité puisqu’un executif présidentiel à l’américaine peut être là ; et sans risque de
blocage, puisque le referendum, en outil de démocratie directe, devrait être là lui aussi, pour, si nécessaire, faire trancher des différents. Il ne faut pas renoncer à des systèmes et à
des lignes politiques pouvant être marqués par l’originalité afin de bien chercher à résoudre, dans une part de singularité nationale, les problèmes de tous les Français .
Il faut cesser de vouloir être conforme aux modèles démocratiques européens bipartisans dont les résultats ( Allemagne
évidemment incluse) ne sont pas si brillants. Il faut cesser de chercher un bienfait dans la dépendance intellectuelle envers un rêve européen dépassé par le fait qu’il n’a
su ni trouver ses bonnes frontières, ni élaborer de bonne stratégie en particulier vis à vis de l’Asie , ni s’imposer courageusement contre les désordres sanglants du monde.
Sortons des impuissances en recherchant partout les moyens qui peuvent répondre au besoin de singularité d’une société
française à la fois enracinée dans une histoire exceptionnelle et enrichie par des immigrations salutaires ... si on sait donner à celles-ci la chance de partager les emplois et
les bénéfices de la reconstruction, selon les normes de nos intérêts territoriaux propres , d’une prospérité nationale tout à fait possible. Ce pays en a les moyens ; il ne
saurait s’en priver par des abdications des originalités infiniment souhaitables de ses politiques économiques, sociales, internationales et institutionnelles. C’est d’ailleurs
ce que savent faire - dans la poursuite de leurs intérêts propres , Chine, Suisse, États Unis, RFA, Grande Bretagne, Brésil, Inde et autres – tout en travaillant à des éléments de
« gouvernance mondiale » dont les chances et délais sont tels qu’on ne saurait seulement attendre de celle-ci, quelque suffisant tempérament aux très graves méfaits nés d’une
globalisation trop sauvage pour être le Dieu de ce temps.
Vous pouvez voir dans « Géopolitique Africaine » N° 38, octobre décembre 2010 , l'« essai sur la France post coloniale » reprenant en l’enrichissant et en l’actualisant un article que j'avais publié en janvier/mars 2007 dans le N° 1042 de la
Revue Politique et Parlementaire« La France devient-elle multi ethnique et pluri
culturelle :stratégies, progrès et tensions au regard de l’immigration ".
Géopolitique Africaine
Décrypter les nouveaux enjeux planétaires
Géopolitique Africaine est l’instrument privilégié de la réflexion africaine sur l’intégration politique, économique, sociale et culturelle des différentes régions qui composent le
continent. Une place particulière y est réservée à l’évolution des organisations régionales (Cedeao, Cemac, Ceeac, Sadec...), aux grandes institutions internationales (ONU, FMI, Banque
mondiale…), à la sécurité et à la gestion des crises.
Géopolitique Africaine est devenue en dix ans l’organe de référence de la réflexion sur le devenir du continent africain.
La revue est éditée en 2 versions, française et anglaise, et diffusée à travers le monde entier.
Deux critères commandent le choix des auteurs de renommée internationale qui rédigent cette revue trimestrielle : la notoriété et l’expérience.
- La notoriété. Chaque numéro comporte des signatures prestigieuses. Les auteurs sont africains ou non, mais ont une connaissance approfondie de la géopolitique africaine et leur notoriété
accorde à la revue une audience internationale.
- L’expérience. La majorité des articles publiés dans les différents numéros de la revue sont écrits par des experts reconnus
- acteurs ou théoriciens de l’évolution du continent. Ils font de Géopolitique Africaine un instrument de réflexion privilégié pour les gouvernements.
Une équipe de direction internationale
- Henri Lopes (Ambassadeur du Congo en France) : président et directeur général de la revue.
- Henri Ossebi (Ministre de la recherche scientifique du Congo) : chargé de la coordination.
- Patrick Wajsman (Fondateur de la revue Politique Internationale) : président du comité éditorial.
- Charles Zorgbibe (Professeur, ancien recteur de la Sorbonne) : directeur des rédactions.
- Mikhaïl Lebedev : Rédacteur en chef.
- Jean-Paul Pigasse (Journaliste) : secrétaire général de la revue.
Mieux comprendre le monde
Le lectorat de la revue est constitué de chefs d’états et de gouvernements, de diplomates, d’institutions internationales, d’universitaires, d’entreprises, etc.
Le choix des thèmes et des dossiers traités dans Géopolitique africaine est dicté par les grands principes suivants qui sont au centre des préoccupations des Etats Africains :
- L’affirmation de l’Afrique sur la scène internationale.
- Le rééquilibrage en sa faveur des institutions internationales.
- L’organisation politique générale du continent.
- La prévention et la gestion des crises.
- La mise en place de systèmes de sécurité régionaux.
- La coopération politique régionale.
- L’intégration économique et monétaire.
- Le développement des grandes infrastructures.
- Les nouvelles techniques de communication.
- L’environnement et la préservation des grands équilibres naturels.
Afin de faire de Géopolitique Africaine un organe de réflexion incontournable, la rédaction associe à son projet en tant que partenaires des organismes majeurs, reconnus comme tels, des
entreprises, des institutions, qui œuvrent pour le développement durable et le rayonnement du continent africain dans le monde.
La revue Géopolitique Africaine est accessible sur http://www.geopolitique-africaine.com/
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