Quantcast

Recherche

Syndication

  • Flux RSS des articles

Calendrier

Mai 2013
L M M J V S D
    1 2 3 4 5
6 7 8 9 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28 29 30 31    
<< < > >>

Partager

Pourquoi ce blog

L'objet de ce site est de baliser par quelques souvenirs éloquents l'histoire récente et de faire contribuer ces expériences, par des commentaires d'actualité, à éclairer et choisir les changements, en s'interrogeant sur les propositions des politiques et les analyses des essaiystes. Donc, à l'origine, deux versants : l'un rétrospectif, l'autre prospectif.

A côté des problèmes de société (parfois traités de manière si impertinente que la rubrique "hors des clous"a été conçue pour les accueillir), place a été faite à "l'évasion" avec des incursions dans la peinture, le tourisme, des poèmes,  des chansons, ce qui constitue aussi des aperçus sur l'histoire vécue.

 

MODE DE CONSULTATION : après avoir ouvert le site, ou cliqué sur un article, un sujet, un mois d'archive, l'affichage du document  recherché s'obtient en descendant la lecture  jusqu'au delà de cette fenêtre de présentation.

L'auteur

 

DSCF0656-copie-1.JPGNé en 1933, appartenant à la génération dont l'enfance a été marquée par la deuxième guerre mondiale, l'occupation et la Résistance, l'adolescence par la Libération, la guerre froide, puis par de clairvoyants engagements pour les décolonisations, l'auteur a ensuite partagé sa vie professionnelle entre le service public (il a notamment été préfet, délégué à l’emploi, directeur des affaires économiques de l’outre-mer, président de sa chaîne de radio-télévision, RFO), l'enseignement et la publication d’ouvrages de sciences politiques (il est aujourd’hui membre du comité de rédaction et collaborateur régulier de la Revue Politique et Parlementaire). Il a également assumé des missions dans de grandes entreprises en restructuration (Boussac, Usinor/Sacilor), puis a été conseil d’organismes professionnels.

 

Alors que ses condisciples ont été en particulier Michel Rocard et Jacques Chirac (il a partagé la jeunesse militante du premier dans les années cinquante et fait entrer le second à Matignon dans les années 60, avant d'être son premier collaborateur à l’Emploi et pour la négociation de Grenelle et au secrétariat d’Etat aux Finances, il n'a suivi ni l'un, ni l'autre dans leurs itinéraires. En effet, dans le domaine politique, comme il ressort de ses publications (cf. infra), Gérard Bélorgey n’a rallié ni la vulgate de la Veme république sur les bienfaits de l’alternance entre partis dominants, ni les tenants du catéchisme du libre-échange mondial. Il ne se résigne donc pas à TINA ("there is no alternative" au libéralisme). Tout en reconnaissant les apports autant que les limites de ceux qui ont été aux affaires et avec lesquels il a travaillé, il ne se résigne pas non plus à trouver satisfaction dans tel ou tel programme de camp. Mesurant combien notre société multiculturelle, injuste et caricaturalement mondialisée, souffre aussi bien des impasses de l’angélisme que des progrès de l’inégalité et des dangers de l’autoritarisme, il voudrait contribuer à un réalisme sans démagogie.

 

Partie de ses archives est déposée dans les Fonds d'Histoire contemporaine de la Fondation des Sciences Poltiques (cf. liens).

 

Il a publié sous d'autres noms que celui sous lequel il a signé des ouvrages fondamentaux que furent "le gouvernement et l'administration de la France" (1967), "la France décentralisée" ( 1984), "Les Dom-Tom" (1994)  : le pseudo de Serge Adour correspond à l'époque de la guerre d'Algérie et à une grande série de papiers dans Le Monde en  1957 , celui d'Olivier Memling au recueil de poèmes et chansons "Sablier " (couronné en 1980 par l'Académie Française et référé, dans l'histoire littéraire du XXeme Siècle de Hachette) celui de  Gérard Olivier à son analyse dans de  grands quotidiens de la décentralisation en 1981/82; celui de Solon  (malheureusement partagée par erreur avec d'autres auteurs) à la publication en 1988 de "la démocratie absolue" . Cessant de vivre un peu masqué, il retrouve son nom en 1998 pour "Trois Illusions qui nous gouvernent", puis en 2000 pour "Bulles d'Histoire et autres contes vrais " (série de coups de projecteurs sur quelques apects du dernier demi siècle qui seront souvent repris ci-dessous), ainsi que pour de  nombreux articles dans  diverses revues. EN 2009, il est revenu sur la guerre d'Algérie avec le roman ( Ed. Baurepaire) "La course de printemps". Il prépare "L'évolution des rapports Gouvernés /Gouvernants sous la Veme République :entre absolutismes et renouvellements?"

Chambord

 

 

 

 

 Extraits de textes de 1986 à 2004

Publication sur Calaméo  mars/avril 2013

 

lien :

http://fr.calameo.com/books/00185928521642691c3f6

 

 

  cabré

 

 

 

Avertissement 

 

Avec la prochaine saison d'été 2013, vont reprendre les spectacles équestres de Chambord dans les Écuries, en ruine,  du Maréchal de Saxe. C'est dans ces lieux qu'en 1975, sur leur présentation par Mr et Mme de Brantes, j'installai alors  Jean et Michèle Poisson. Ils y tinrent  une école d’équitation  offrant  des sorties à  cheval. Leur fils, Dominique, a repris, en association avec Bruno Mellerio, la gestion de ce centre  qui a créé  les  promedades  en calèche et le spectacle, avec le concours d'écuyers de haute école : notamment Max Dardenne, puis, pendant plus de dix ans, Patrick Jullien (dit Juju) et Dorothée Obry;  Agnès Roy,  la compagne de Dominique,  a apporté son talent de peintre et de sculpteur pour les décors et a participé aux spectacles comme amazone.
 

C’est pour eux que j’ai écris par le passé en mettant gracieusement à leur disposition ces canevas, des textes de support ou d’accompagnement de leurs prestations. N’en demandant aucune rétribution, je n’ai pas demandé non plus que je figure comme auteur dans la présentation de ces spectacles (toutefois depuis lors  j’ai repris certains de ceux-ci sur ce  blog (cf. le 8 juin 2008) dans ma rubrique sur Chambord), d’autant qu’avec le temps, les réalisateurs prirent bien des libertés vis à vis de mes textes en y introduisant des arrangements et fantaisies de leur manière. Ce spectacle  a vécu sous des noms divers .....Il a offert, selon les saisons, quelques variantes parfois improvisées par reprises de morceaux précédents, en faisant appel à divers lecteurs et comédiens (dont, la première fois Philippe Noiret).

Puis, comme le rappelait récemment, en substance,  La Nouvelle République, “plusieurs prestataires se sont succédé sur la piste. Le dernier en date était Mario Luraschi, une référence en matière de cascade équestre. Spécialiste des scènes à haut risque pour le cinéma, l'homme a écrit un scénario parfaitement en phase avec le cadre et raconté par la voix de Jacques Perrin : les grands moments équestres de François Ier ; Dominique Poisson ayant ajouté un numéro de bouffonnerie avec la complicité d'un cheval qui joue les malades imaginaires.... Depuis l'an dernier, des animations scolaires sont aussi  proposées aux enfants des écoles primaires et collèges. Accueillis sur le site, les participants sont répartis en groupes pour faire connaissance avec les trois métiers de forgeron ferronnier, d'écuyer et de maître d'armes exercés à l'époque de la Renaissance et encore pratiqués de nos jours.”

 

Le régime de ce spectacle va changer puisque,  à la suite de la création en 2005 de l’Établissement public de Chambord - et dans l’attente, semble-t-il,  d’une restauration et peut-être d’une autre destination des Écuries - c’est celui-ci qui va produire le spectacle en régie, la réalisation devant en être assurée par les cavaliers et cavalières de Bruno Mellerio qui a été, de longues années, l’associé de Dominique Poisson.

  

Je ne verrais pas que la contribution bénévole que   j’ai apportée à ces amis profite désormais au producteur que serait l’Établissement public qui gère Chambord. Celui-ci n’a jamais fait référence à tout ce que j’ai fait dans ce Domaine, comme Commissaire, comme préfet de Loir et Cher, comme auteur et comme habitant  ; il a succédé à un commissaire à l’aménagement du Domaine  qui, ne supportant pas ma présence,  a trompé les autorités publiques par des allégations fallacieuses à mon endroit et par un montage juridique démenti par les faits - puisque l’installation des bureaux dans la ferme de Lina où j’habitais n’a jamais eu lieu, mais a été le prétexte avancé pour obtenir en 2000 mon éviction d’un lieu auquel  j’étais très attaché et de ce domicile familial que j’ai occupé en location pendant plus  de 20 ans en y faisant de très importantes dépenses personnelles d’aménagement.

 La qualité du présent gestionnaire de Chambord, le commissaire J. d’Haussonville, est incontestable ; son plan stratégique qui vient de sortir comporte les mêmes orientations,  contenus et objectifs de bon sens  que ceux que j’avais présentés ( mes archives peuvent précisément  en témoigner)  dès 1973/74,  en préconisant déjà un Etablissement public. Or X. Patier, lui même commissaire entre 2000 et 2004, ayant au demeurant donné une bonne impulsion à Chambord,  s’est prétendu l’inventeur de cette formule dans un ouvrage relayé par la presse et comportant envers moi-même des insanités diffamatoires par pure recherche, semble-t-il,  de notoriété littéraire). Et il aura fallu - en ayant quasiment perdu presque vingt ans par les gestions de  C. Mary puis de L. Hubert - surtout dédiées à des intérêts techniques et forestiers et aux dominantes des chasses présidentielles -  quarante ans (oui, 40 ans !) pour  parvenir ainsi à un programme d’aménagement prescrit depuis 1970, en créant, chemin faisant, une administration étoffée de plus de 130 personnes.

Celle-ci s’est substituée à une petite très efficace équipe d’origine qui, sans recourir à des cohortes de consultants,  faisait beaucoup par elle-même, de la conception d’ensemble à l’animation quotidienne . Il y avait alors un commissaire dont le rôle était tenu, « pour la gloire »  par un haut fonctionnaire occupant un autre emploi  ( après C. Dablanc qui était lui-même directeur de cabinet à l’Agriculture, j’étais conseiller technique de P. Messmer,  Premier ministre) ;  un adjoint des Eaux et Forêts qui fut dès le début le très efficace G. de Roquancourt, lequel me succéda  en 75 en tant que Commissaire,  tout en étant en même temps sous préfet de Vendôme ; une poignée de fonctionnaires dévoués (dont le remarquable A. Gaston, conservateur du château, les responsables régionaux des grands services intéressés à coordonner) et  pour la gestion  forestiere et cynégétique ainsi que pour l’accueil dans le château, en très juste nombre il est vrai, des personnels ONF, ONC et CNMHS . C’est cette économie de moyens qui nous portait à tout faire dont même ce spectacle nocturne « le combat du jour et de la nuit »  que j’ai écrit sur demande de Maurice Druon que j’avais en vain  sollicité, et qui constata qu’il n’y avait alors aucun auteur de renom qui voulait s’y risquer…

  POUR ACCÉDER EN SONORE

À
Spectacle Chambord, G.B. J. Piat, M.Constant. .wav
copier coller dans la cartoucche adresse URL le lien ci-dessous

 

http://ddata.over-blog.com/0/50/69/19/Spectacle-Chambord--G.B.-J.-Piat--M.Constant.--_.wav_.mp3

 

Aujourd’hui j’apprends que c’est Gonzagues Saint Bris qui écrit le texte des nouveaux spectacles équestres. Aussi, compte tenu de l’oubli dans lequel j’ai été plongé et, à toutes fins utiles,  je tiens à bien afficher ce que j’ai apporté comme thèmes et expressions dans « le combat du jour et de la nuit » ( texte sur ce blog et lien pour y accéder en sonore : <http//:fr.calameo.com/books/0018592859d4659dd7a4d>)  et d’original dans  les scénarios équestres existants  que je rappelle  ci-dessous (et dont, cette fois, je réserve tous mes droits d’auteur) pour qu’il n’y ait aucun risque de confusion. 


  Le premier de ces deux  fils directeurs est sur  Chambord et l'Espagne ( on le trouve déjà sur ce blog à la date du juin 2008); le second est sur  Chambord et l’Italie ( celui là est présenté ci-dessous); il m'avait été demandé par D. Poisson pour la saison 2004.  L'un et l'autre  illustrent assez bien  l’esprit et les diverses versions de ces spectacles. Je les fais précéder  
d’un autre texte auquel je tiens : "D'un seul corps à  la leçon d’équitation de Mr Jourdain ».


 

Chambord

Chambord équestre dans les années 2000 : d'un seul corps à Mr Jourdain

        L'ART ÉQUESTRE : deux qui ne sont qu' UN SEUL CORPS

solo-.jpg

 

      Dans le couple équestre 

l'homme se prolonge en chaque fibre du cheval
qu'il épouse
touche le sol des sabots de sa monture
le  guide de son seul regard
devient le mouvement de son encolure
sent tout ce que sent son double équidé
qui, de même, intègre son cavalier

L'impulsion de l'un est l'acte des deux


 
Il m’est venu à l'inverse, une année, de proposer aux réalisateurs du spectacle de Saxe

 

"La leçon d'équitation du  BOURGEOIS GENTILHOMME"

On n'est point gentilhomme si l'on ne porte une épée, mais aussi, si l'on ne sait monter. Molière aurait il oublié de faire donner à Monsieur Jourdain la leçon d'un écuyer après celle des maitres d'armes, du tailleur, des maitres de musique et à danser?



C'est ainsi qu'il suit qu'on pourrait l'imaginer


Entrent MR JOURDAIN, NICOLE, UN MAITRE BOTTIER 

MR JOURDAIN: "sortez coquine, j'attends mon écuyer. Ce n'est pas pour une bonne femme comme vous" 

NICOLE, en regardant les jambes de Mr Jourdain: "comment Monsieur a encore dépensé tout cela pour un maitre bottier"
MR JOURDAIN : ”sans bottes, vilaine, comment voulez vous monter?"
Mr Jourdain donne sa bourse au bottier
  "Mille grâces, Monsieur, vous m'avez fait chevalier 

LE BOTTIER: "Monseigneur....." 

MR JOURDAIN: "Ah ! Il m'appelle Monseigneur!" ... Il double la bourse
NICOLE (en aparté): "mon maître est de ceux qui prennent l'habit pour le moine" 


ENTRE L'ÉCUYER à CHEVAL  :  "morbleu, votre altesse, comme vous êtes bellement accoutrée"  
MR JOURDAIN :
" c'est pour mieux servir votre cheval, Monsieur l'Ecuyer"

L'ECUYER DESCEND ET PROPOSE LA TENUE DES RÊNES À MR JOURDAIN qui fait un saut terrorisé en arrière. Il le rattrape et essaye de lui faire poser la main sur le cheval:

 
 

"Il en est, Monsieur, pour l'art équestre, comme pour tous les autres, encore qu'il les surpasse en tout, car vous n'êtes rien sans un cheval..." 

MR JOURDAIN: "Nenni, je suis, Monsieur, et j'ai été, bien vivant, sans chevaux; mais je voudrais être gentilhomme par ces animaux"  

L'ECUYER: "Alors, il vous faut, Monseigneur, comme j'essayais de vous le faire entendre; en cet art comme dans d'autres, bien mineurs en vérité par rapport à celui que je veux vous enseigner, distinguer entre la théorie et la pratique. Nous allons commencer par la théorie et je veux vous faire apprendre comment un cheval est composé"


Suit une petite scène silencieuse au cours de laquelle  les deux personnages tournent autour du cheval, s'accroupissent pour l'examiner par en dessous, regardent de partout la monture dont chaque mouvement effraie Mr JOURDAIN.

 L'ECUYER: "venons en à la pratique. ll vous faut maintenant monter"

Scène muette et acrobatique :  MR JOURDAIN essaie,  s'assoit
à l'envers, puis  réussit enfin, après une ou deux chutes, à  s'agripper à la crinière.

 L'ECUYER: " Je vais vous dire les allures, céant.                          

le-bg.jpg

 

 

Il y en a trois.

Le pas.
Cogner du talon, Monsieur. Allons au pas"

Le cheval avance et Mr Jourdain s'écrie
" je sais monter. Je marche au pas ".
Mais le cheval s’en va et il ne sait l'arrêter.

L'Ecuyer le rattrape, essaie de faire bien positionner les jambes et les mains de Mr Jourdain.

 
L'ECUYER: " La deuxième allure est le trot, Votre altesse .Il y en deux:   le trot assis et le trot enlevé.
Le galop, la dernière allure sera pour une  autre fois".  

 MR JOURDAIN: " Vous m'embrouillez: vous m'avez dit deux et en voilà   déjà quatre"   
L'ECUYER: "Nous allons en rester au trot assis, Monseigneur; allez y, penchez vous en arrière"

Il fait partir le cheval sur lequel Mr Jourdain, penché en avant, tressaute comme un sac. Le couple sort en farce, l'écuyer criant, "en arrière, Votre altesse, en arrière". Le corps du bourgeois gentilhomme glisse à terre pendant que le cheval s'éclipse.....

 

(cette scène ne fut jamais intégralement jouée, car sa longueur eut trop rompu le rythme du spectacle)

Molière, pour sa part, fut bien sage de ne pas mettre en scène pareille leçon.
Ce bourgeois ne sera jamais, ni gentilhomme, ni centaure.
C'est un destin pour d'autres corps.






Le Cheval Roi
de Chambord à l'Espagne       





TABLEAU 1 : REPRISE D'OUVERTURE 

C'est ici le grand château blanc
dont au dessus
de l'architecture élancée
la lanterne monte à cent pieds
 

C'est le symbole de royauté
construit par François Premier
tout près du sol de son enfance
de ses amours d'adolescence



Élastiques et cadencés
ils arrivent à Chambord les cavaliers du roi François

Ils ont été
de toutes les campagnes, de Flandre et d'Italie
" le cul sur la selle, la lance au poing
et l'armet sur la tête"


Ils sont les compagnons que célèbre
le chant de la bataille de Marignan

( musique de Marignan)
 
saxe1.jpg

 

 

 





 

 

 

 

 

 

TABLEAU 2 - SOLO

Un voyageur du temps
salue cet édifice
aux frontières des temps
des férocités et des plaisirs

C'est, comme au Moyen âge,
"'un donjon carré cantonné de quatre tours"

et , pour ouvrir la Renaissance,
"au centre d'une croix grecque,
un escalier qui monte jusqu'aux anges"


"au rez de chaussée
la croix s'ouvre par quatre  portes
donnant sur les quatre parties du monde"


Que Chambord, aujourd'hui,
s'ouvre sur cette part du monde qu'est l'Espagne

 

 

 



TABLEAU 3:  LA DISPUTE DES GRANDS


 

fleur-de-lys.jpg

 

Tuffeau bardé d'ardoises
mimant les marbres blancs et noirs des riches royautés,

ce château fut le défi de la France encerclée
quand sur la scène d'Europe au seizième siècle naissant
tous les grands d'Occident  se disputaient le monde

         

 

 

 

 

 

FRANÇOIS PREMIER 
est candidat à la succession de Charlemagne,
mais il n'a pas les moyens de ce rêve

C'est CHARLES-QUINT qui est élu Empereur du Saint Empire.   Héritier d'Autriche, appuyé sur ses possessions d'Espagne, des  Flandres et d'Italie, disposant, pour acheter les voix, de l'or des conquistadors, c'est lui qui va porter le globe et la croix

Avec la mission de repousser la marée des cavaliers turcs mahométans que le sultan SULIMAN LE MAGNIFIQUE envoie battre les murs de Vienne

 et avec la bénédiction du PAPE qui à la fin du quinzième siècle, a partagé, entre Espagnols et portugais, les nouveaux océans et les nouvelles terres

Alors que sur l'Empire d'Espagne, le soleil ne se couche jamais...

..... HENRI VIII( gros lourd barbu bleu et à pied, une grande hache à la main)  enferme l'Angleterre dans le schisme anglican pour être  le seul maître de ses mariages jusqu'à la décapitation de ses femmes

Ses corsaires, toutefois, et ceux de François.... 
- qui n'accepte pas le partage du monde :
"je voudrais bien voir la clause du testament d'Adam qui m'en exclut"
dit le roi de France -

 ... de Cornouailles en Caraïbe, harcèlent les armadas d'Espagne        




Tableau 4: LES RELATIONS de FRANÇOIS 1er

et de CHARLES-QUINT




Sur mer et sur terre, par la fortune des armes
ils sont tantôt vainqueurs, tantôt vaincus
Charles et François dans ce duel sans issue

Autant par rouerie que par force :
Après le désastre de Pavie et les prisons d'Espagne
où il a signé un traité d'abandon
François dénonce sa parole
pour ne pas céder la Bourgogne 

cariatide-2.jpg Autant par les femmes  que par les soldats : 
Charles  le geôlier deviendra le beau frère
lorsqu'il impose en mariage au roi de France
sa soeur, Éléonore

Autant par les fastes que par les arquebuses :
Hôte de Chambord, lors d'une trêve
l'Empereur dira du château
"C'est un abrégé de ce que peut faire l'industrie humaine"


 

 

 

 

 

Foulant des parterres de roses
jetées sous leur pas par des haies de Nymphes
ils s'offrent alors d'étranges fêtes
les seigneurs du temps :
cédant aux grandes courtisanes,
François disait
"D'en aimer trois, ce m'est force et contrainte"




meister.jpg


ensemble, alors,  sur l'odeur des gibiers
ils vont chasser au train des chiens
et puis courir les hardes


 

 

 

 

  



TABLEAU 5 : LA BICHE

 

 

Mais ont-ils vécu ensemble le songe légendaire?

"Je suis fille sur jour et la nuit blanche biche
La chasse est après moi
les barons et les princes"
........
" A la troisième fois
la blanche biche est prise"

"Mandons le dépouilleur
qu'il dépouille la biche"
Celui qui la dépouille
dit "je ne sais que dire"
Elle a le cheveux blond
et le sein d'une fille"
A tiré son couteau
en quartiers, il l'a mise"


 

 

 

zita-couleurs-.jpg

 

 

 

 

  

 

 











 

 

 

 

 

 

 

 

 

Tableau 6 : L'ART ÉQUESTRE : LES LONGUES RÊNES

Quand sonnent les honneurs
des centaures fourbus de fantasmes et de sueurs
glissent hors du temps
s'échappent de côté, par quelques pas savants
ces "appuyers" que l'on dira la "croupe au mur"
avant que d'une volte, ils ne quittent le siècle...

 

 

 

...pour le siècle suivant                                             
où les grands écuyers des princes d'Europe
écriront les traités d'art équestre
qui s'appliqueront
des genêts andalous aux lipppizans
des montures arabes aux selles anglais
pour leur apprendre le pas espagnol
et les airs français



Pour que la raison vienne aux cavaliers
et la docilité
aux destriers et haquenées
il faut par le travail aux longues rênes
apprendre aux jeunes coursiers
jusqu'au passage et jusqu'au piaffer

 

 

 

 

 

 


 

 

TABLEAU 7 :  L'ART ÉQUESTRE : AMAZONE

AMAZONE.jpg

En ce temps des manèges royaux
où sont instruits les cavaliers et les chevaux
les femmes , ou du moins, celles de la noblesse
observant de la Cour, la sévère étiquette
ont, elles aussi, le goût des prouesses

Plus intrépides encore à Madrid qu'à Versailles
cavalières ou amazones
caracolent avec les équipages



 

 

 

 

 

 

 

   TABLEAU 8 :  L'ART ÉQUESTRE , CERCLE DE LIBERTÉ

 

 

 

C'est aussi parce que, de l'Angleterre  à la Castille 

 

    e-cuye-re.jpg de la Bavière à l'Andalousie,

tant de maîtres ont su
par les croisements et par le dressage
faire des chevaux superbes : généreux et sages

Quand s'unissent les étalons surgis
des steppes d'Asie
et les juments des vertes prairies
force et douceur des sangs mêlés
font ensemble danser
discipline et liberté
sur le cercle d'or des carrières

       


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Tableau 9 : PHILIPPE V, LES GUERRES  ET LA POSTE HONGROISE


 

 

Après que le petit fils de Louis XIV
soit devenu Philippe V, roi d'Espagne,
....avec une escale à Chambord
sur le chemin de l'Escurial

s'ouvrent de longues guerres
dont le cheval de bataille
dans la tourmente des mêlées
conduit le corps à corps des cuirs et des aciers

 Maurice de Saxe
triomphe à Fontenoy

Louis XV en fait un Maréchal de France
Il lui donne Chambord en jouissance
Chambord où Saxe installera
son fastueux régiment d'apparat
de ulhans noirs montés sur des étalons blancs

saxe-2.jpg

 

 

Au son des timbaliers ouvrant le ban
voici le cavalier cosaque entrant en lice
en galopant debout ses deux chevaux fumants
 




TABLEAU 10  :  HAUTE ÉCOLE

Chambord
loin des Bonaparte, s'endort
sous les Empires

Le château ne revivra qu'avec l'espérance
quelques jours durant
du Comte de Chambord, Duc d'Orléans
de reprendre  sous le drapeau blanc
la couronne de France
   
Ses neveux, des Bourbon Parme
descendants de la branche ibérique des Bourbons
feront un peu  revivre ici
le sang de la maison d'Espagne
qui s'illustre aussi
dans la célèbre école de cavalerie de Vienne

 

 

pas-espag.jpg

 

 

 

 

Et voici la maîtrise des allures
qu'exalte le jeu serré des figures
et puis tous ces changements 
de pieds, d'appuis, de temps
qui sont autant d'assouplissements

C'est pour la haute École
que rivalisent toutes les écoles
formant écuyers et montures
à obéir aux justes airs
dans l'exercice d'excellence




TABLEAU  11 :  FINAL MULTIPLE ESPAGNOL  :
( grand cavalier, coiffé d'un plat, tenant droite une longue lance, sur un haut cheval maigre, puis couples avec femme en croupe en grande robe à godets, puis picador, puis toute la troupe, avec si possible un cavalier de fantasia , dans les musiques d'Albenitz et de  Manuel de Falla)

file@0


Mais c'est du sud, au delà des Pyrénées
que viennent des héritiers de Charles Quint :
toutes ces voix renouvelées
par la civilisation métissée de l'Espagne

C'est la silhouette de  Don Quijotte
né de Cervantés
pour dire l'idéal des hidalgos

Ce sont ces noces des férias
où les mariés montent les mêmes chevaux ronds
les menant aux autels qui les rendront féconds

C'est la nostalgie maure
imprégnant le chant profond des flamencos
ou ranimant l'éclat des fantasias

C'est le courage des corridas
qu'ouvrent les ballets du picador
poussant aux flancs des toros
sa monture aveugle, caparaçonnée d'or


Au delà des musiques légères
c'est le souffle des chants populaires
dans  les  symphonies de l'Hispanidad
et dans les danses du feu

AVEC LE REGRET DE NE PAS VOUS OFFRIR DE VIDÉOS, MAIS JE N'EN AI PAS...



 

Une autre version..  POUR 2004

 

A-  Le site et l’Italie

 

En ce site de Chambord

Visiteurs

vous êtes auprès du château

que François Premier a construit

au retour des guerres d’Italie

 

Inspiré par Léonard de Vinci

il a voulu que ces pierres noires et blanches

ces envolées Renaissance 

lui rappelle les palais de ce pays

dont il a rapporté la nostalgie

 

Il y fait revivre des fêtes du midi

 

 

 


 

B- Retour de guerre, pour l’amour , la chasse et la politique

 

1 - Élastiques et cadencés

ses compagnons des campagnes

de Flandre, de Lombardie, de Naples et  d’Espagne

rentrent  de tous les combats

 

où leurs destriers de bataille

dans la tourmente des mêlées

ont conduit le corps à corps

des cuirs et des aciers

 

2- Aux terrasses claires sont les femmes éprises

les reines inquiètes interrogeant le ciel

et les maîtresses qui commandent aux rois

 

Dans la ville suspendue par dessus les bois

les lèvres s'abandonnent aux feux d'autres lèvres

Puis les amants de la nuit

partagent  au botte à botte

les chevauchées du matin

 

3- En ce coeur giboyeux des forêts de la Loire

c’est pour l’amour, la chasse et la politique

ces arts gouvernés par le même principe

le goût de la poursuite

que François de France

a bâti ce défi aux autres grands d’Europe

 

4- Il faut rivaliser avec Charles Quint, Henri VIII,

faire aussi bien appel au Pape

que s’allier  au chef de guerre des infidèles

Soliman le Magnifique.

 

Et tous se concurrencent par les mêmes fastes

 

le premier est fait de ces chevaux

dont le port, la force et les harnachements

donnent à chacun l'ampleur de son pouvoir

 

 

5 -Barons et reîtres iront aussi

l'épieu dedans la main

courir  au train des chiens

cerfs et sangliers

 

s'en vont poursuivant  les hardes

et d’un bloc avec leurs coursiers

trouent gaulis et halliers

 

 

6- Quand sonnent les honneurs

des centaures fourbus de fantasmes et de sueurs

glissent hors du temps

par une volte et quelques pas savants

quittent le siècle pour le siècle suivant

 

 

 

 

 

 

C - Les séjours des Grands

 

1 - Quand Louis XIV séjourne à Chambord

qu’il habille somptueusement

il talonne ardemment les gibiers

et retour des sorties

se fait donner par Molière et Lully

quelques comédies

avant de publier de très méchants édits

contre les calvinistes

Les galères naissent dans les violonistes 

 

2 - Dans ces écuries, c’est tout un régiment d’apparat

que, plus tard, le Maréchal de Saxe installa

 

Au son des timbaliers ouvrant le ban

ses ulhans noirs galopent des étalons blancs

 

Sous une discipline de fer

mercenaires d’Orient, Slaves des marches des Balkans

esclaves de Caraïbe vendus dans le Royaume

donnent le ballet des prises d’armes

aux artistes que l’hôte de Chambord

invite à ses divertissements galants

 

 

 

 

D- L’art équestre

 

1 - Les monarchies ont établi

les grandes écoles équestres

 

Aux hommes et aux chevaux

Il faut apprendre à obéir

et à obéir en étant beau

 

Dans l’éclat des costumes et coiffures

dans le chatoiement des étoffes

sous des aigrettes frémissantes

c’est un concours d’excellence

faisant valoir mouvements et parures

 

2 - Les  manèges royaux

forment écuyers et montures

à la perfection des figures

 

Que par le travail à pied

les  longues rênes éduquent

jusqu'au passage et jusqu'au piaffer

 

Que raison et docilité

dominent la vigueur de toutes les races

 

Même les pur-sangs arabes

doivent répondre aussi bien que les selles anglais

les genets andalous et les doux lippizans

 

3 - Voici la maîtrise des allures

et puis tous ces changements

de pieds, d'appuis, de temps

qui sont autant d'assouplissements

 

et ces appuyers

que l’on dit « la croupe au mur »

et qui les font tour à tour

s’enfuir de côté

 

 

 

 

 

E-couples équestres

 

1 - Passion et précision

ont toujours rassemblé le cheval et qui l’aime et le monte

 

Ils se confondent dans le même allant

le premier donne la force de son sang

 

Par d’invisibles et justes commandes

l’homme guide son compagnon

Ses jambes le portent en avant

Son regard lui fixe l’horizon

Et par son poids sur chaque arçon,

ses rênes douces dans les mains,

il le courbe sur son chemin

 

Amazone ou cavalier se prolonge

en chaque muscle du cheval épousé

touche le sol des sabots de sa monture

devient le mouvement de son encolure

 

Leur accord en fait un seul corps

 

2 - Jusqu’à la folie et par l’adresse

dans la parade ou la voltige

franchissant les obstacles d’un bond

ou se pliant à l’étroit rond des cirques

ils rivalisent de prouesses

 

3 - Dans tous les costumes

les silhouettes cavalières traversent le temps

mais  la même éternelle élégance

dirige les volutes  du  couple équestre

d’hier, d’aujourdhui et d’antan

 

 

 

 

F- Cheval et volupté, chevaux en liberté

 

1 - Si tant de maîtres ont su

par les croisements et par le dressage

faire des chevaux superbes

généreux et sages

 

c'est qu'ils ont unis

les étalons surgis

des steppes d'Asie

et les juments des vertes prairies

 

Force et douceur des sangs mêlés

font ensemble danser

discipline et liberté

sur le cercle d'or des carrières

 

2 - A l’appel des musiques

les chevaux se libèrent des cavaliers

dans la volupté de n’obéir qu’aux mélodies

 

Robes de tous les tons

crinières et queues de soie

tournent et volent sur la piste

au tempo de leur rythme

 

3 - Chevaux, mes beaux symboles

vous voltez sur les airs français

et vous marchez au pas espagnol

 

Vous nous donnez l'annoblissement

la puissance et le talent

la légereté du vent

 

 

 

 

G- Final

 

 

Vous qui venez de partout

entrez tour à tour

 

 

Vous, les descendants des hordes barbares

montant à cru leurs barbes velus

 

Vous qui representez

toutes ces cavaleries de combat

ayant partagé  le cyclone  des charges

et l'ivresse des tournois

 

Vous,  les héritiers métissés des Ibères

de Portugal et d’Espagne

portant l'idéal des hidalgos

et le courage des corridas

 

Vous,  les fils de l’élégance italienne

les amoureux des écuries de Vienne

les élèves de l’équilibre britannique

de l’Ecole française

ou de la maîtrise prussienne 

 

Vous tous  qui avez maintenu

à travers l'histoire

la splendeur et la rigueur

des grandes reprises  données pour les rois

 

faites vivre en nous

tous ces chevaux qui nous ont conquis  le monde

 

 

 

 

Ecrire un commentaire
Lundi 15 avril 2013 1 15 /04 /Avr /2013 18:03
- Par Gérard Bélorgey - Publié dans : Chambord - Ecrire un commentaire
0
        L'ART ÉQUESTRE : deux qui ne sont qu' UN SEUL CORPS






Dans le couple équestre 
l'homme se prolonge en chaque fibre du cheval
qu'il épouse
touche le sol des sabots de sa monture
le  guide de son seul regard
devient le mouvement de son encolure
sent tout ce que sent son double équidé
qui, de même, intégre son cavalier

L'impulsion de l'un est l'acte des deux


 




Il est venu à l'inverse, une année passée, aux réalisateurs du spectacle de Saxe
d'imaginer ce qu'aurait été

 

"La leçon d'équitation du  BOURGEOIS GENTILHOMME"

On n'est point gentilhomme si l'on ne porte une épée, mais aussi, si l'on ne sait monter. Molière aurait il oublié de faire donner à Monsieur Jourdain la lecon d'un écuyer après celle des maitres d'armes, du tailleur, des maitres de musique et à danser?

C'est ainsi qu'il suit qu'on pourrait l'imaginer


Entrent MR JOURDAIN, NICOLE, UN MAITRE BOTTIER

MR JOURDAIN: "sortez coquine, j'attends mon écuyer. Ce n'est pas pour une bonne femme comme vous"
NICOLE, en regardant les jambes de Mr Jourdain: "comment Monsieur a encore depensé tout cela pour un maitre bottier"
 -  "sans bottes, vilaine, comment voulez vous monter?"
Mr Jourdain donne sa bourse au bottier
  "Mille grâces, Monsieur, vous m'avez fait chevalier
LE BOTTIER: "Monseigneur....."
MR JOURDAIN: "Ah ! il m'appelle Monseigneur!" ... Il double la bourse
NICOLE (en aparté): "mon maître est de ceux qui prennent l'habit pour le moine"

ENTRE L'ÉCUYER à CHEVAL  :  "morbleu, votre altesse, comme vous êtes bellement accoutrée"  
MR JOURDAIN : " c'est pour mieux servir votre cheval, Monsieur l'Ecuyer"

L'ECUYER DESCEND ET PROPOSELA TENUE DES RENES A MRJOURDAIN qui fait un saut terrorisé en arrière. Il le rattrape et essaye de lui faire poser la main sur le cheval:

 
"Il en est, Monsieur, pour l'art équestre, comme pour tous les autres, encore qu'il les surpasse en tout, car vous n'êtes rien sans un cheval..."
MR JOURDAIN: "Nenni, je suis, Monsieur, et j'ai été, bien vivant, sans chevaux; mais je voudrais être gentilhomme par ces animaux"  
L'ECUYER: "Alors, il vous faut, Monseigneur, comme j'essayais de vous le faire entendre; en cet art comme dans d'autres, bien mineurs en vérité par rapport à celui que je veux vous enseigner, distinguer entre la théorie et la pratique. Nous allons commencer par la théorie et je veux vous faire apprendre comment un cheval est composé"

Suit une petite scène silencieuse au cours de laquelle  les deux personnages tournent autour du cheval, s'accroupissent pour l'examiner par en dessous, regardent de partout la monture dont chaque mouvement effraie MrJOURDAIN.

 L'ECUYER: "venons en à la pratique. ll vous faut maintenant monter"

Scène muette et acrobatique :  MR JOURDAIN essaie,  s'asseoit
à l'envers, puis  réussit enfin, après une ou deux chutes, à  s'aggripper à la crinière.

 L'ECUYER: " Je vais vous dire les allures, céant.                           
Il y en a trois.
Le pas.
Cogner du talon, Monsieur. Allons au pas"

Le cheval avance et MrJourdain s'écrie
" je sais monter. je marche au pas ".
Mais le cheval s 'en va et il ne sait l'arrêter.
L'Ecuyer le rattrape, essaie de faire bien positionner les jambes et les mains de Mr Jourdain.
 
L'ECUYER: " La deuxième allure est le trot, Votre altesse .Il y en deux:   le trot assis et le trot enlevé.
Le galop, la dernière allure sera pour une  autre fois".  

 MR JOURDAIN: " Vous m'embrouillez: vous m'avez dit deux et en voilà   déjà quatre"   
L'ECUYER: "Nous allons en rester au trot assis, Monseigneur; allez y, penchez vous en arrière"
Il fait partir le cheval sur lequel Mr Jourdain, penché en avant, tressaute comme un sac. Le couple sort en farce, l'écuyer criant, "en arrière, Votre altesse, en arrière". Le corps du bourgeois gentillhomme glisse à terre pendant que le cheval s'éclipse.....
(cette scène ne fut jamais intégralement jouée, car sa longueur eut trop rompu le rythme du spectacle)

Molière, pour sa part, fut bien sage de ne pas mettre en scène pareille leçon.
Ce bourgeois ne sera jamais, ni gentilhomme, ni centaure.
C'est un destin pour d'autres corps.











                                                                       
Mercredi 11 juin 2008 3 11 /06 /Juin /2008 17:10
- Par Gérard Bélorgey - Publié dans : Chambord
0
Avec la saison d'été, vont je le pense reprendre les spectacles équestres de Chambord qu'avec la famille Poisson et avec l'impulsion de Monsieur et Madame de Brantes, nous avons créé il y a bien quinze ans.

Des années durant - entre sans doute 1993 et 2004 - pour les Ecuries du Maréchal de Saxe, j'ai écrit - sur la base d'un même canevas renouvelé chaque saison -  le texte de présentation ou de  support des tableaux  constituant le spectacle équestre présenté par  les écuyers et écuyères de Agnès et  Dominique Poisson. Ce spectacle  a vécu sous des noms divers .....Il a offert quelques variantes souvent improvisées par reprises de morceaux précédents, en faisant appel à divers lecteurs et comédiens (dont, la première fois Philippe Noiret)  et musiques d'accompagnement, soit des époques évoquées, soit en heureux contrepoint avec les thèmes et les textes.

Je produis ci dessous  l'un  des fils directeurs - Chambord et l'Espagne - qui illustre assez bien  diverses versions de ces spectacles,  en en donnant  un esprit qui continue je crois, à inspirer et nourrir ce qui existe toujours dans cette filiation.


Le Cheval Roi
de Chambord à l'Espagne       





TABLEAU 1 : REPRISE D'OUVERTURE 

C'est ici le grand château blanc
dont au dessus
de l'architecture élancée
la lanterne monte à cent pieds
 

C'est le symbole de royauté
construit par François Premier
tout près du sol de son enfance
de ses amours d'adolescence





Élastiques et cadencés
ils arrivent à Chambord les cavaliers du roi François

Ils ont été
de toutes les campagnes, de Flandre et d'Italie
" le cul sur la selle, la lance au poing
et l'armet sur la tête"


Ils sont les compagnons que célèbre
le chant de la bataille de Marignan
 

TABLEAU 2 - SOLO

Un voyageur du temps
salue cet édifice
aux frontières des temps
des férocités et des plaisirs





 C'est, comme au Moyen âge,
"'un donjon carré cantonné de quatre tours"

et , pour ouvrir la Renaissance,
"au centre d'une croix grecque,
un escalier qui monte jusqu'aux anges"


"au rez de chaussée
la croix s'ouvre par quatre  portes
donnant sur les quatre parties du monde"


Que Chambord, aujourd'hui,
s'ouvre sur cette part du monde qu'est l'Espagne

 

TABLEAU 3:  LA DISPUTE DES GRANDS


Tuffeau bardé d'ardoises
mimant les marbres blancs et noirs des riches royautés,

ce château fut le défi de la France encerclée
quand sur la scène d'Europe au seizième siècle naissant
tous les grands d'Occident  se disputaient le monde

         
FRANÇOIS PREMIER 
est candidat à la succession de Charlemagne,
mais il n'a pas les moyens de ce rêve

C'est CHARLES-QUINT qui est élu Empereur du Saint Empire.   Héritier d'Autriche, appuyé sur ses possessions d'Espagne, des  Flandres et d'Italie, disposant, pour acheter les voix, de l'or des conquistadors, c'est lui qui va porter le globe et la croix

Avec la mission de repousser la marée des cavaliers turcs mahométans que le sultan SULIMAN LE MAGNIFIQUE envoie battre les murs de Vienne

 et avec la bénédiction du PAPE qui à la fin du quinzième siècle, a partagé, entre espagnols et portugais, les nouveaux océans et les nouvelles terres

Alors que sur l'Empire d'Espagne, le soleil ne se couche jamais...

..... HENRI VIII( gros lourd barbu bleu et à pied, une grande hache à la main)  enferme l'Angleterre dans le schisme anglican pour être  le seul maître de ses mariages jusqu'à la décapitation de ses femmes

Ses corsaires, toutefois, et ceux de François.... 
- qui n'accepte pas le partage du monde :
"je voudrais bien voir la clause du testament d'Adam qui m'en exclut"
dit le roi de France -

 ... de Cornouailles en Caraïbe, harcèlent les armadas d'Espagne        



Tableau 4: LES RELATIONS FRANÇOIS 1er et de CHARLES-QUINT


Sur mer et sur terre, par la fortune des armes
ils sont tantôt vainqueurs, tantôt vaincus
Charles et François dans ce duel sans issue

Autant par rouerie que par force :
Après le désastre de Pavie et les prisons d'Espagne
où il a signé un traité d'abandon
François dénonce sa parole
pour ne pas céder la Bourgogne 

Autant par les femmes  que par les soldats : 
Charles  le geôlier deviendra le beau frère
lorsqu'il impose en mariage au roi de France
sa soeur, Éléonore

Autant par les fastes que par les arquebuses :
Hôte de Chambord, lors d'une trêve
l'Empereur dira du château
"C'est un abrégé de ce que peut faire l'industrie humaine"

Foulant des parterres de roses
jetées sous leur pas par des haies de Nymphes
ils s'offrent alors d'étranges fêtes
les seigneurs du temps :
cédant aux grandes courtisanes,
François disait
"D'en aimer trois, ce m'est force et contrainte"





ensemble, alors,  sur l'odeur des gibiers
ils vont chasser au train des chiens
et puis courir les hardes







TABLEAU 5 : LA BICHE   



Mais ont-ils vécu ensemble le songe légendaire?

"Je suis fille sur jour et la nuit blanche biche
La chasse est après moi
les barons et les princes"
........
" A la troisième fois
la blanche biche est prise"

"Mandons le dépouilleur
qu'il dépouille la biche"
Celui qui la dépouille
dit "je ne sais que dire"
Elle a le cheveux blond
et le sein d'une fille"
A tiré son couteau
en quartiers, il l'a mise"



Quand sonnent les honneurs
des centaures fourbus de fantasmes et de sueurs
glissent hors du temps
s'échappent de côté, par quelques pas savants
ces "appuyers" que l'on dira la "croupe au mur"
avant que d'une volte, ils ne quittent le siècle...


Tableau 6 : L'ART ÉQUESTRE : LES LONGUES RÊNES

...pour le siècle suivant                                             
où les grands écuyers des princes d'Europe
écriront les traités d'art équestre
qui s'appliqueront
des genêts andalous aux lipppizans
des montures arabes aux selles anglais
pour leur apprendre le pas espagnol
et les airs français



Pour que la raison vienne aux cavaliers
et la docilité
aux destriers et haquenées
il faut par le travail aux longues rênes
apprendre aux jeunes coursiers
jusqu'au passage et jusqu'au piaffer








TABLEAU 7 :  L'ART ÉQUESTRE : AMAZONE



En ce temps des manèges royaux
où sont instruits les cavaliers et les chevaux
les femmes , ou du moins, celles de la noblesse
observant de la Cour, la sévère étiquette
ont, elles aussi, le goût des prouesses

Plus intrépides encore à Madrid qu'à Versailles
cavalières ou amazones
caracolent avec les équipages





TABLEAU 8 :  L'ART ÉQUESTRE , CERCLE DE LIBERTÉ

C'est aussi parce que, de l'Angleterre  à la Castille  
de la Bavière à l'Andalousie,
tant de maîtres ont su
par les croisements et par le dressage
faire des chevaux superbes : généreux et sages

Quand s'unissent les étalons surgis
des steppes d'Asie
et les juments des vertes prairies
force et douceur des sangs mêlés
font ensemble danser
discipline et liberté
sur le cercle d'or des carrières

       

Tableau 9 : PHILIPPE V, LES GUERRES  ET LA POSTE HONGROISE

Après que le petit fils de Louis XIV
soit devenu Philippe V, roi d'Espagne,
....avec une escale à Chambord
sur le chemin de l'Escurial

s'ouvrent de longues guerres
dont le cheval de bataille
dans la tourmente des mêlées
conduit le corps à corps des cuirs et des aciers

 Maurice de Saxe
triomphe à Fontenoy

Louis XV en fait un Maréchal de France
Il lui donne Chambord en jouissance
Chambord où Saxe installera
son fastueux régiment d'apparat
de ulhans noirs montés sur des étalons blancs

Au son des timbaliers ouvrant le ban
voici le cavalier cosaque entrant en lice
en galopant debout ses deux chevaux fumants
 


TABLEAU 10  :  HAUTE ÉCOLE

Chambord
loin des Bonaparte, s'endort
sous les Empires

Le château ne revivra qu'avec l'espérance
quelques jours durant
du Comte de Chambord, Duc d'Orléans
de reprendre  sous le drapeau blanc
la couronne de France
   
Ses neveux, des Bourbon Parme
descendants de la branche ibérique des Bourbons
feront un peu  revivre ici
le sang de la maison d'Espagne
qui s'illustre aussi
dans la célèbre école de cavalerie de Vienne

Et voici la maîtrise des allures
qu'exalte le jeu serré des figures
et puis tous ces changements 
de pieds, d'appuis, de temps
qui sont autant d'assouplissements




C'est pour la haute École
que rivalisent toutes les écoles
formant écuyers et montures
à obéir aux justes airs
dans l'exercice d'excellence




TABLEAU  11 :  FINAL MULTIPLE ESPAGNOL  :
( grand cavalier, coiffé d'un plat, tenant droite une longue lance, sur un haut cheval maigre, puis couples avec femme en croupe en grande robe à godets, puis picador, puis toute la troupe, avec si possible un cavalier de fantasia , dans les musiques d'Albenitz et de  Manuel de Falla)




Mais c'est du sud, au delà des Pyrénées
que viennent des héritiers de Charles Quint :
toutes ces voix renouvelées
par la civilisation métissée de l'Espagne

C'est la silhouette de  Don Quijotte
né de Cervantés
pour dire l'idéal des hidalgos

Ce sont ces noces des férias
où les mariés montent les mêmes chevaux ronds
les menant aux autels qui les rendront féconds

C'est la nostalgie maure
imprégnant le chant profond des flamencos
ou ranimant l'éclat des fantasias

C'est le courage des corridas
qu'ouvrent les ballets du picador
poussant aux flancs des toros
sa monture aveugle, caparaçonnée d'or


Au delà des musiques légères
c'est le souffle des chants populaires
dans  les  symphonies de l'Hispanidad
et dans les danses du feu

AVEC LE REGRET DE NE PAS VOUS OFFRIR DE VIDÉOS, MAIS JE N'EN AI PAS...



 



Dimanche 8 juin 2008 7 08 /06 /Juin /2008 15:25
- Par Gérard Bélorgey - Publié dans : Chambord
0

"Chambord" doit trouver place dans ces chroniques. Référence d'une histoire lointaine, Chambord fut aussi récemment - entre 74 et les années 90 - un lieu prisé du pouvoir présidentiel : non seulement de Geoges Pompidou qui y lisait l'union de la fécondité de la fôrêt et d'un éternel signe  culturel de la France  et qui y donna peu avant sa mort sa courageuse dernière fête  et, bien sûr,  de ce chasseur passionné qu'est Valéry Giscard d'Estaing, un  voisin par "l'Etoile", sa propriété familiale  au nord du Loir et cher;  et qui en fit un rendez-vous de séduisantes réunions mondaines et politiques, mais aussi de François Mitterand qui n'y fit que de discrètes apparitions, tout en y ayant, un moment, rêvé, une forme de datcha secrète.  Le site unissant le château et le domaine  est aussi celui de multiples symboliques ne se livrant pas d'emblée à la fréquentation touristique. Pour y avoir   élu domicile familial et donc y être régulièrement venu pendant plus d'un quart de siècle  - alors que j'exerçais  mes métiers successifs en d'autres places  où j'avais logement de fonction ou pied à terre personnel - je sais enfin que c'est un cadre qui favorise l'expression de bien des  passions, ce que j'ai éprouvé en ma défaveur à l'occasion des circonstances que j'aurais peut-être lieu de conter plus tard et qui me conduisirent à quitter définitivement des lieux auxquels  je m'étais trop attaché.  C'est cet  attachement envers ceux-ci comme pour les  mythes qui les habitent qui me  conduit   à publier dans la suite de cette "introduction" ,  le texte du "spectacle nocturne"  dnt je suis l'auteur  et qui fut donné à Chambord de 1977 à 1990 ou 91.

Avant de faire apparaître comment cette nouvelle forme de "son et lumières"  fut conçu et vécu, je tiens à dire que rien ne me portait vers Chambord, mais que j'y fus conduit par le  hasard. Celui-ci  était né à Saint-Pierre et Miquelon. Aux législatives de 1973, deux candidats de la majorité s'y disputaient les suffrages des électeurs. L'un avait été camarade de classe de Michel Debré, lequel lui adressa avec sa chaleur habituelle, une lettre d'encouragement. Cet homme avait été, par ailleurs, directeur des Invalides de la Marine, en quelque sorte, la sécurité sociale et la caisse de retraite des marins. Sa signature, au bas des titres de pension  était bien connue dans l'archipel des pêcheurs. Fort de ces deux gri-gri,  il l'emporta sur l'autre compétiteur. Celui-ci était un ancien élève de l'École de la France d'Outre-Mer, camarade, lui, de Pierre Messmer. J'étais alors sous-préfet de Palaiseau  et un texte me nommant au poste de Haut commissaire aux Comores était en suspens de publication. A la veille des législatives, Michel Jobert, alors secrétaire général à la Présidence m'avait indiqué à la faveur d'une rencontre au salon d'honneur de l'aéroport d' Orly, (qui était dans mon arrondissement et où je me rendais régulièrement pour l'accueil de diverses personnalités)  qu'il fallait que j'attende pour partir dans l'Océan Indien le résultat des élections en région parisienne. Le pronostic était en effet  que Léo Hamon, député U.D.T. de Palaiseau, allait être battu par le maire communiste et qu'il faudrait que je sois là, puisqu'on s'aimait bien, "pour le consoler".  Les élections apportèrent la défaite de Léo Hamon, mais aussi celle du camarade de Pierre Messmer. Quelques jours après les résultats, le Premier Ministre - qui débutait  son deuxième gouvernement  - m'appela et m'indiqua que je ne partais plus aux Comores. Un mouvement d'administrateurs avait lieu pour faire place à l'ancien de la F.O.M. qui était nommé, je crois,  dans le condominium franco-britannique des Nouvelles-Hébrides. Le jeu des nominations faisait que les Comores allait à quelqu'un d'autre que moi.  "Pour me consoler" là encore - cette gestion publique était décidément très affective -  il m'indiqua que je rejoignais son cabinet, ce qui  ne se refuse pas. C'est ainsi que je vécus ensuite à Matignon toute la double courte période qui s'écoula de ces législatives au décès de Pompidou, puis de ce décès à l'élection de V.G.E. à la présidence de la République.

En ces circonstances où changeait le régime, commis à tout faire au sein du cabinet d'un chef de gouvernement, je connaissais, sans pouvoir naturellement les influencer, bien des événements et bien des  dossiers. J'ai fait récit de cette expérience et de ses frustrations dans "Bulles d'Histoire et autres contes vrais " (ouvrage disponible sur <www. alpagage.com>). Alors qu'à la seule Présidence  était reconnu  le pouvoir, le Président, malade, ne pouvait plus aisément l'exercer. Ce pouvoir était donc piloté par ses proches. La liaison discrète avec l'Élysée passait par Pierre Juillet. J'allais parfois lui ouvrir de nuit, la porte du fond du parc, rue de Babylone. Le Premier ministre appliquait avec la plus intégrale loyauté cette formule de pouvoir délégué. J'étais une petite charnière dans le fonctionnement du système. J'y gagnais une relation un peu privilégiée avec Pierre Juillet et  Marie France Garaud. Or, leur mission rapprochée auprès du Chef de l'État comportait aussi de veiller sur Chambord qui  était apprécié par Georges Pompidou, lequel   avait décidé d'instituer un coordonnateur des nombreuses administrations intervenantes, pour éviter la transformation les lieux en machine à sous : par la vente des bois, alors que la forêt est avant tout l'habitat de la réserve de faune sauvage; par une exploitation touristique intense du château, avec son cortège de parkings, de marchands de glaces et de souvenirs. Il espérait qu'un peu de soin et d'imagination permette d'ouvrir de manière raisonnée ce sanctuaire, de maintenir une tradition des grandes chasses et de rendre intelligible aux visiteurs attentifs cette rare union d'architecture et de nature.  Sur la suggestion du fidèle Jacques Chirac - quoiqu'il en fut de ce qui nous séparait déjà - Pierre Juillet Marie France Garaud  me chargèrent donc de mettre la capacité de décision administrative que me donnait ma fonction de plaque tournante à Matignon,  à la confluence de bien des administrations compétentes à un titre ou un autre pour Chambord,   au service de la cohérence de la gestion du domaine et du château .  Lorsqu'ils  me dirent « Chambord  a été fait pour la chasse, l'amour et la politique », je leur répondis que c'était tout pareil : "le goût de la poursuite", ce qui scella entre nous une forme de connivence m'ayant aidé à surmonter bien de nos différences d'esprit.

 
Je m' attelais à cette tâche  en bénéficiant de la compétence forestière, agricole, cynégétique d'un adjoint, ingénieur en charge tout spécialement des chasses présidentielles, Geoffroy de Roquancourt Keravel, auquel je dois tout mon apprentissage. Ma fonction  n'était d'ailleurs qu'une fonction à temps partiel - quand je pouvais, c'est à dire toutes les fins de semaine et à tout moment en cas de besoin  - et bénévole, car aucun emploi budgétaire n' existait pour ce poste de fait "de commissaire à l'aménagement du domaine de Chambord" qu'avait auparavant occupé  en plus de son titre  de directeur de cabinet à l'Agriculture, le préfet Dablanc qui venait de prendre un poste  territorial. La modestie des moyens du temps doit être rappelée au regard des dimensions en budgets et emplois  qu'a pris depuis lors l'organisation en charge de ces affaires .

Un grand château blanc, une terrasse d'hôtel de province, un village sous les tuiles plates, un long mur enfermant des boisements peuplée de "grands animaux" forment ensemble l'image de marque du Domaine de Chambord. Mais c'est une part infime seulement  de ces cohortes de touristes bariolés qui transitent - dans des tenues de croisiéristes et de vers luisants -  entre parkings, parc et château, qui accède peut-être  à une communication avec ce gîte des grands songes. 

Les prospectus leur disent qu'un donjon d'inspiration médiévale, couronné par la ville suspendue des terrasses Renaissance, a été élevé, à compter de 1519, en vingt ans, par  François 1er. Combien perçoivent-ils que c'était pour inscrire, sur la terre de son adolescence, le symbole de royauté, mimant, avec des tuffeaux et des ardoises, les marbres de la riche Italie, que c'était le défi souverain de la France encerclée  par Charles-Quint. Hors l'orgueil d'y recevoir un jour celui auquel l'or des conquistadors avait donné les moyens de lui ravir le Saint-Empire, le Valois et ses successeurs n'y vécurent que quelques fêtes et quelques chasses. C'est pour assurer la réserve des gibiers que, depuis lors, un mur de sept lieues enferme un espace forestier vaste comme Paris.



Là, sous les fougères, à travers les gaulis, vivent les hardes de cervidés. Chaque année, les bois des cerfs qui sont tombés repoussent plus fort, avant l'été, jusqu'à leur apogée, celle des dix, voire quatorze cors. Puis avec l'âge, les têtes "ravalent" en produisant un andouiller de moins et, peu à peu, par sénilité, ne portent plus que de simples perches effilées. Elles seront impuissantes à retenir l'assaut de fronts mieux armés. Les vieux ne seront pas, les soirs du rut, de ces combats singuliers par lesquels les grand mâles, aux attributs constitués, s'affrontent pour le monopole de saillir les biches dansantes aux larmiers mouillés. J'ai la photographie des charognes de deux rivaux, leurs bois emmêlés, leurs cous rompus qui, n'ayant pu se déprendre, et de soif et de faim, ont agonisé ensemble, à l'issue d'un duel à mort pour donner la vie.





S'arrachant aux gorges de ceux qui la donnent cent fois par nuit, de grands râles d'appel, de défi, de plaisir montent aux étoiles de septembre. C'est le cri du brame. On va l'écouter aux lisières des bois en même temps que guetter, sur les prairies, les sangliers sombrement hirsutes qui fouaillent le sol de leurs boutis . Ces randonneurs omnivores cherchent, en famille, les vers sous les mottes. Qu'ils savent fuir vite, lorsqu'au temps des reprises ou des battues, sous les cris des rabatteurs, ils se dégagent lestement de leurs bauges et soullis et dévalent les taillis en grappes d'obus noirs trouant les ronciers ou serpentant comme des missiles entre les troncs des futaies.

C'est pour les jouissances des traques et des hallalis que Chambord fut planté au milieu des marais tout en témoignant des monarchies. L'emblême de la salamandre qui "éteint feu comme glace" est aux caissons des voûtes et au fronton des portes. Dans l'ordre architectural d'origine, chacune des ailes, reliées au centre de l'édifice par deux galeries symétriques, abritent l'une, Dieu dans sa chapelle, l'autre, le prince dans son logis. Mais Louis XIV inscrivit ici l'absolutisme gallican. C'est au centre de l'oeuvre que s'installe le roi-soleil. Au premier étage, dans la branche nord de la croix grecque, son antichambre est le seul lieu du pouvoir. Cette croix répétée organise l'édifice central aux différents niveaux desservis par l'escalier à double spirale. Il est inspiré d'un projet de maison de passe où la discrétion imposait que les visiteurs ne se croisent pas. Sa conception, comme le plan de l'ensemble de l'oeuvre, est attribué à Léonard de Vinci. L'architecture solennelle est doublée d'une architecture discrète, signée des graffiti des maçons de la Loire et des visiteurs des siècles. A l'intérieur de chaque tour, des escaliers de fond en comble desservent des petits appartements. Chacun dispose d'une cheminée. Le château en compte autant que de jours de l'année. Tout communique par des passages en corniche, des couloirs coudés et de petits escaliers en colimaçon : le préfabriqué lourd du temps. Comme le réseau d'éviers et de latrines. Les fenêtres à meneaux et des cariatides usées rythment une folle rigueur bâtie pour la commodité des intrigues, pour l'exercice conjoint du pouvoir et du bon plaisir. Les terrasses, dont les poivrières et pavillons sont chacun décalés d'un quart de tour par rapport au précédent, constituent la ville onirique, couronnée de la lanterne, au dessus des grands bois :  là où les reines inquiètent interrogeaient le ciel, chaque amant les yeux de l'autre, et où les clients des tour-opérateurs se font désormais photographier.


Pendant le peu de temps où il séjourna dans cette demeure, Louis préparera la révocation de l'Édit de Nantes, tout en se faisant donner des comédies, le fouet des galères s'élevant entre les archets des violonistes. Leczinsky s'ennuiera des années d'exil au bord du Cosson et préférera Nancy. Avant de mourir sur place de l'épée d'un mari trompé ou d'une bronchite de Sologne, Maurice de Saxe se prit au piège de retenir captive à Chambord une actrice qui l'avait captivé, ( et Salacrou en fit sa pièce "le soldat et la sorcière")  y conduisit sa part d'orgie, ses régiments noirs montés sur des étalons blancs, décimés par la discipline et la maladie. Ses cavaliers venus du Levant et, déjà, parfois des îles, ont eu le temps de faire quelques héritiers. Les regard sombres et la peau mate de quelques habitants de Sologne en portent témoignage, comme aussi le registre des mariages - avec "untel, nègre de la Martinique" - et celui des naissances de la commune de Chambord.  

Le vaisseau traverse avec quelques avaries les Révolutions et les Empires. Il échappe à la démolition par la "bande noire" -  se faisant adjuger les châteaux pour vendre leurs matériaux - parce qu'il est acquis, sous la Restauration,  pour le  fils posthume du Duc de Berry, assassiné en 1820. C'est une souscription politique légitimiste qui sauve ce fleuron royal destiné à revenir à la République. Le duc de Bordeaux, devenu comte de Chambord, est porté, après 1870,  par une prodigieuse campagne exploitant l'hésitation devant des perspectives républicaines. On le célèbre à la fois comme le "porteur du principe monarchique" auquel se rallie la branche d'Orléans et comme "Monsieur Crédit" que présentent des images d'Épinal accompagnées de couplets de propagande qui pourraient vanter Antoine Pinay. Le futur "Henri V" ne vint au fatal château de Chambord que pour y rédiger l'appel au drapeau blanc qui lui coûte le trône de France . Les carrosses préparés pour le sacre sont toujours remisés dans les communs.  La famille héritière de Bourbon-Parme vécut bourgeoisement dans le domaine. L'un des neveux ayant servi en 1914 dans  les armées austro-hongroises, Chambord fut placé sous séquestre. Entre les deux guerres, après bien des procès et un bon arrangement, ce patrimoine revint à l'État.

L'administration de l'enregistrement succéda aux régisseurs des princes. Leurs gardes devinrent ceux des Forêts et leurs chasses celles de la République. Le village resta dans sa culture, avec de nombreuses fermes incluses dans l'enceinte. De longue date, il y a eu les battues de sangliers offertes par la Présidence ou le ministère de l'agriculture, ainsi que celles réservées aux  fédérations de chasseurs de chaque région de France. Il y a toujours des tirs de sélection par lesquels, accompagnées d'un garde, de bonnes carabines sont invitées, en l'absence de prédateurs naturels, à réguler  le cheptel. Il est de règle de ne  tirer que les moins beaux des cerfs et des biches.
Deux Présidents donnèrent au lieu un lustre sans pareil. Georges Pompidou aima la chasse jusqu'aux derniers jours de sa vie. Il convia à Chambord tous les siens, et pas mal d'autres, auxquels il donnait sa leçon de courage, alors que les traitements qu'il subissait l'avaient transformé en baudruche sur des jambes d'allumette. C'est ainsi qu'on le voit, sur les photos que je possède, sous une toque fourrée, en houppelande,  aux lueurs des flambeaux, lors des honneurs rendus à la clôture nocturne de ses ultimes battues, pendant lesquelles pas un cochon ne sortit sous son fusil pour lui donner encore le plaisir de tirer. Ce fut sa dernière fête.




La garde à cheval le raccompagna jusqu'à l'hôtel Saint-Michel. C'est dans les salles de ce restaurant que Giscard d'Estaing aimait clore une journée de battues par le dîner de chasse pendant lequel s'affinaient quelques alliances personnelles et politiques. Il lui advenait aussi de donner, dans un pavillon forestier, auprès d'une grande pièce d'eau, hantée par des hérons, au coeur sacré de la forêt interdite, quelques réceptions marquées de nostalgie du grand siècle. Des laquais poudrés servaient autour d'un brasier pétillant, des hôtes choisis. Il appréciait encore plus, jeune Président résident chez lui, tout près, au nord de la Loire, de venir lors des aubes d'été des samedis ou des dimanches, chercher à tirer quelque grand cerf. Il fallait que Geoffroy de Roquancourt, mon adjoint, devenu commissaire, appartenant à la même culture aristocratique et cynégétique que V.G.E., lui explique que même un chef d'État ne devait pas tuer un grand animal protégé.


 De toutes façons, il n'emporterait pas le "massacre",  ce trophée constitué de l'ossature de la tête surmontée des bois. Le Président  se rattrapait sur quelques vieilles biches ou sur quelque mâle  "ravalant" déjà. Un tour en hélicoptère au dessus du Domaine lui permit aussi, un jour où il voulait rendre hommage à une invitée, de parachuter à ses pieds de promeneuse romantique, un bouquet présidentiel.

C'est à l'époque de ce Président, grâce aux travaux engagés sous son prédécesseur, qu'une forme d'équilibre est trouvée pour Chambord. Après l'achèvement du canal qu'avait dessiné Mansard, ses berges ont offert des gagnages au grand gibier, des promenades aux visiteurs et des chevauchées aux cavaliers. Une petite part du Domaine forestier a été ouvert au grand public qui peut  accéder à des chances de découverte des animaux, au delà de ce qu'offre une série d'observatoires installés en vue des prairies arborées sur lesquelles, à la tombée de la nuit, se portent les cochons et les cervidés. Des chasseurs-photographes ont été admis, selon un code de déontologie, à exercer jusqu'en zone interdite leurs arts et à planter leurs affûts. Deux circuits ont été ouverts dans le château, l'un dans les structures solennelles pour le public en transit, l'autre dans les structures secrètes pour les vrais amateurs. La Fondation de la chasse et de la nature y a déposé des pièces, des armes, des tapisseries, des peintures et une prodigieuse collection de massacres . Une exposition sur la conception du château - la seule chose qui est spécifique et ne conduit pas, comme les copies d'ameublement qui a changé de siècle en siècle, à choisir entre plusieurs mensonges - donne les clefs de son architecture. De premières saisons de concerts ont réveillé les antichambres blanches aux plafonds frappés de salamandres.  La garde républicaine a été implantée à Chambord dont elle assure la sécurité à l'image de sa mission envers les palais nationaux  et les chevaux de son poste monté ont été logés dans les stalles du château. La forêt a commencé à recevoir des classes vertes.

Un nouveau spectacle devait remplacer les morceaux usés d'un "son et lumière" devenu  désuet. J'ai essayé en vain de séduire de grands auteurs susceptibles de bien écrire un tel scénario, sans personnages d'opérette, échappant aux historiettes comme au pompiérisme. Après avoir tenté, sans succès, de convaincre Gascar, Vialar, Genevoix,  j'avais esquissé un projet pour Maurice Druon. Devenu Ministre de la Culture, il me demanda de le réaliser : "puisque vous m'avez si bien expliqué ce que vous imaginiez". Bâti sur l'alexandrin prêté à Victor Hugo sur son lit de mort -  "c'est ici le combat du jour et de la nuit" - cette liturgie fut rythmée par les grands thèmes binaires qu'inspire le site : ceux  de l'ombre et de la lumière, du moyen-âge et de la renaissance, du plaisir et de la cruauté, du fleuve et de la forêt, de l'homme et de la femme, du pouvoir et de la défaite, de la vie et de la mort. Il dura, pour le plus grand bénéfice de la Caisse des Monuments Historiques, douze ou treize ans, jusqu'à épuisement des bandes sonores qui portaient la belle voix de Jean Piat et la musique originale de Marius Constant. L'auteur même que j'étais demandait son changement. Le genre n'est pas facile. Dans les années 1990, deux tentatives échouèrent sous les huées du public. La Maison Lang, piquée au vif, délégua une équipe inspirée de Goude - le célébrant parisien de 1789 -  qui bâtit à la hâte un spectacle tonitruant - pour cent jours par an et trois heures par nuit, avec deux versions, anglaise et française - dont les décibels perçaient les murs et les sommeils. Un ou deux ans de combat que je conduisis - pour un ""son et lumière" et contre les modalités de celui-là -  permirent d'obtenir l'importante réforme de hauts parleurs directionnels, ce qui ne sauva pas de la faillite une entreprise dont les investissements avaient été  considérables, et ce qui libéra Chambord de bien laides servitudes : des gradins de métal et de planches avaient été montés sur les communs entourant le donjon, à la place des mansardes qui avaient couronné cette part des bâtiments au dix-neuvième siècle.
Le public avait  pu se rattraper en allant voir, aux Écuries de Saxe, concédées depuis plus de vingt ans à une famille d'écuyers de talent, une revue équestre, soutenue par mes textes à la mémoire de Chambord ainsi qu'à la gloire du cheval et réglée comme un ballet de haute école. Puis les visiteurs peuvent aussi se hisser dans les calèches tirées par de lourds chevaux de trait qui leur font découvrir quelques parties du parc.

On recevait beaucoup à Chambord, des invités de marque, des hôtes de passage, des personnalités étrangères.

Pour m'assister, j'avais réussi à faire venir l'ancien bibliothécaire de Matignon qui avait l'expérience des entourages du pouvoir et une grande rigueur historique. Elle ne fut démentie qu'une fois : chargé de retrouver tous les portraits des anciens chefs de gouvernement pour les placer, à Matignon,  dans les vestibules d'accès au bureau du Premier Ministre, il n'était pas parvenu à trouver la photographie d'un éphémère président du Conseil de la Troisième République. Il l'avait remplacée par celle d'un barbu crédible. Crédible jusqu'au jour où, par le plus grand des hasards, un descendant de l'illustre méconnu vint à être reçu dans les lieux et éleva les plus véhémentes protestations en même temps qu'il fournit le bon cliché. L'hôte des rayonnages d'ouvrages et de fichiers du dernier étage du 58 rue de Varenne portait une tête oblongue, inclinée et dégarnie,  était aussi méticuleux dans ses démarches que dans ses tenues. Ses mains allaient de ses boutons de manchette à un éternel fume-cigarette dont il changeait consciencieusement les filtres. Il était le fondateur du "service législatif", c'est à dire, bien avant l'informatique, de tout un système de répertoire des textes et des jurisprudences,  avec leurs entrées par thèmes et leurs mises à jour régulières, qui a été l'ancêtre de bien des banques de données juridiques. C'est grâce à son pilotage que j'avais su très vite, lorsque j'étais au secrétariat général du gouvernement, établir, pour les dossiers dont j'étais chargé, le point du droit applicable.

Le personnage m'avait profondément touché. Ce chantier était devenu celui de sa vie, une vie qu'il avait un jour radicalement changée. Issu d'une famille d'officiers, il racontait que sa constitution physique - il était très voûté - l'écarta du métier des armes et lui fit embrasser celui de la finance dans laquelle il rendit de grands services à un groupe privé levantin, jusqu'à contracter un mariage blanc. Une dizaine d'années après la guerre, il fut frappé par l'inanité de sa situation. Il fit dissoudre son mariage, donna tous ses biens à une Fondation qui m'est restée mystérieuse, chercha un emploi qu'il trouva comme contractuel  dans les services de Matignon et une chambre de célibataire à deux pas. Quand il prit retraite, il était seul au monde. Je l'installai dans une petite maison du village.
Il devint le mentor cultivé de tous les grands visiteurs d'un jour. Il jouait malicieusement de la consonance de son nom très proche de celui du chevalier de Lauzun. C'est à celui-ci que des historiographes incertains prêtent à Chambord ce dialogue avec la Grande Mademoiselle : à la question "qui aimez-vous?", la réponse écrite dans la buée soufflée sur un miroir "c'est vous". De là, à expliquer, en mobilisant toute une culture rose-croix, qu'il pourrait bien réincarner ce passé, c'est un jeu auquel il se livrait parfois. Il m'est arrivé, à côté de la Fontaine Caroline...que l'on dit enchantée, et jusqu'à  laquelle il voulait se promener, de regarder ses yeux bleus perçants, sous ses binocles cerclés d'or, sans bien savoir ce que je pouvais en penser, lorsqu'il ajoutait qu'il pourrait bien être en protection auprès de moi de la part  des extra-terrestres. N'y ressemblait-il un peu, peut-être,  "n'est-ce pas, avec la bosse et les lunettes"?.



.La Fontaine Caroline,  ci-dessous,  en carte postale du début de siècle - .....


Le bibliothécaire était plus prudent que le chevalier. Lorsqu'à l'issue d'une visite dont il était satisfait,  Bokassa le fit grand dignitaire de l'Empire en lui remettant sa propre plaque de Commandeur sertie de diamants, l'ancien fonctionnaire contractuel considéra - alors que personne n'avait encore parlé des diamants de Bokassa - que ce bijou ne lui appartenait pas et le remit à la conservation du château. Sur la fin de sa vie, il attendait pour une jeune collaboratrice qu'il avait pratiquement adopée, une appréciable dotation de la mystérieuse Fondation à laquelle il avait donnée sa fortune, mais rien ne vint jamais. Lorsqu'il est tombé très malade, le Val de Grâce s'est souvenu de son nom de famille militaire. C'est là qu'il est mort. Il est enterré, conformément à ses voeux, sans service religieux, à Chambord dans un cercueil de plomb, dans ce cimetière où par privilège royal,  tous les habitants sont accueillis pour l'éternité.

 

C'est symboliquement sans doute en souvenir de Charles Quint et de François 1er que V.G.E. avait, avant la mort de Franco, voulu, avec son épouse, recevoir à Chambord Juan Carlos d'Espagne et Sophie de Grèce.


J'avais aimé cette idée, mais lors de mon allocution d'accueil, j'avais prévenu mes hôtes de la malignité de Chambord.Le destin n'avait cessé d'y jouer des tours aux puissants : de François Ier qui y reçut en vain Charles-Quint au Comte de Chambord qui y scella l'échec de la restauration légitimiste.  Les deux hommes n'y signèrent aucun acte officiel. Ils y nouèrent une intelligence utile à la démocratie et à l'Europe.
Après leur rencontre et la chasse qui l'accompagna, le Canard enchaîné    publia un dessin où l'on voyait un sanglier frappé d'un tir et s'interrogeant : «je voudrais bien savoir si je suis tombé sous les balles fascistes ou sous les balles libérales? ».
Il était tombé sous les balles libérales.


Giscard, lui, tomba sous les feux croisés de rancoeurs de la droite et de l'illusion socialiste, parce qu'il n'avait pas su pousser sa conception positive de "deux Français sur trois" jusqu'au régime présidentiel, assorti d'une part de représentation proportionnelle, mais c'est une autre histoire. La relève par Mitterrand se fit dans le plus pur style de la bipolarisation politique :  avec, deux fois, à la clef de chaque élection présidentielle, des élections législatives bi-partisanes. Mitterrand s'intéressa à Chambord. Il avait nommé préfet du Loir et Cher une femme politiquement  proche de lui.  De Grossouvre, ardent chasseur, faisait fonction de grand veneur. On regarda même si l'on pouvait aménager pour le Président  une datcha en forêt. Jack Lang, le voisin de Blois, ne se préoccupait guère du patrimoine traditionnel et de son animation en dehors des arts nouveaux, mais il chargea une personnalité administrative de renom de dessiner une perspective d'avenir culturel et populaire pour le Domaine.  Elle reprit, parmi les projets existant dans les cartons, celui d'un centre de la Renaissance dont l'idée fut ensuite dévoyée par des projets excentriques. Les difficultés de 1983 balayèrent ces rêves, mais les chasses se poursuivirent, avec toujours leur part d'invitations de coterie. Simplement, les gardes dirent des nouveaux invités par rapport à ceux que conviait l'aristocratique prédécesseur du président socialiste:

« Ils ont les mêmes armes, mais ils tirent moins bien ».


A suivre...
( sur la photo ci-dessus, au centre, Geoffroy de Roquancourt)
Ecrire un commentaire
Mardi 15 avril 2008 2 15 /04 /Avr /2008 00:47
- Par Gérard Bélorgey - Publié dans : Chambord - Ecrire un commentaire
1







Le spectacle, placé sous le haut patronage du Président de la République,  fut inauguré le 27 juin 1977  par le Ministre de la Culture et de l'Environnement


La présentation ci-contre par la Caisse Nationale des Monuments Historiques  n'indique malheureusemrnt pas que la voix de cette liturgie est celle de Jean Piat
Cette













SONORE : MUSIQUE MARIUS CONSTANT ET VOIX DE JEAN PIAT RÉCITANT LE TEXTE
SONT, PARALLÈLEMENT AU LIVRET ILLUSTRÉ,  EN ACCES LIBRE SUR


( à copier coller dans la fenêtre url)

 

 

________________________________________________________________

 

 

LE COMBAT DU JOUR ET DE LA NUIT.

voyageur
voyageur mon ami
que tu viennes de la Sologne
gorgée d'eau d'insectes et de mystères   
ou de la douceur de la Loire   
hypocrite aussi
un grand songe t'attend
entre le fleuve et la forêt
à la charnière des temps
Chambord   

Chambord te guette
comme t’enferme
I'enceinte aux pierres sans nombre
enlaçant d'un seul piège
bois bêtes et château

Chambord n'est pas l'endroit   
où vécurent des rois
dont on dirait les anecdotes d'autrefois
il ne faut pas choisir entre plusieurs mensonges

Chambord n'est pas un monument
Chambord n'est pas un parc sanglant
c'est le gisant debout des obsessions humaines

ce château
ce grand château blanc
a surgi du parc ténébreux
Chambord,  Chambord ne se comprend
qu'en les regardant tous les deux

par le savoir et la folie
et par la terre et par l'esprit
depuis toujours
toujours
et domaine et donjon ont été solidaires

oui c'est le mirador des rois visionnaires
que les cours asservies par les signes astraux
rejoignent chaque année avec chiens et chevaux

car la forét est là
riche des milliards de ses feuilles pourries
serrée sur cet humus qui nourrit les gaulis   
et la chasse s'y accomplit
qui porte la mort
qui porte la vie

comme à la rencontre des eaux et des pays
entre la force et l'agonie
Chambord
est aux confluences des siècles

grandie selon les lois d'une magie logique
faisant jaillir là haut
les jeux dissymétriques
la première cité de la galanterie
tournoie
par dessus la dernière assise féodale
la Renaissance éclate au sommet médiéval

Chambord est un couple
à son socle viril sont les hommes de guerre
routiers crottés de sang soldats bardés de fer

aux terrasses claires sont les femmes éprises
cariatides encore
amantes autrefois
les reines inquiètes interrogeant le ciel
ou suivant les chasseurs
qui courent pour leurs belles
et les favorites qui commandent aux rois
les femmes qui furent gouverneurs du Domaine
pour François le Premier
dame Anne Gédoyen
et pour Charles Neuvième
Eléonor Breton
et les courtisanes dont on chante les noms

Chambord c'est le cadeau
d'un peuple laborieux
fécondé par l'ivresse italienne

aux fantasmes de ses rois

c'est l`île
l’île interdite au plein milieu des bois
où les princes viendront pour célébrer des rites
qu'unit un grand secret au cœur du même site

pour la chasse et l'amour et pour la politique
pour ces jeux gouvernés par le même principe
                le goût de la poursuite
c'est un temple dont la pierre cherche le ciel

symphonie pétrifiée en forme de Babel
c'est le triple échiquier qui plait à Machiavel

et Chambord d'accorde comme un enchantement
à tous les arts cruels dont le maître est le sang
peuplé du bestiaire des enfers éternels
mais sculpté d'angelots,  de bustes, de soleils





il est tout à la fois
torsade des plaisirs et rigueur de la croix
et  l’on vit dans ses lignes
la vierge échevelée
sur les tours masculines

c'est entre nuit et zénith
I'autel hermaphrodite aux dieux de la poursuite

il a surgi tout droit des rêves de Vinci
il a été dressé sur la terre d'ici
par le libre talent des maçons de la Loire
les tailleurs de pierre hier comme aujourd'hui
aux blocs de tuffeau blanc jointent l'ardoise noire
dont ronds et losanges font les chiffres d'histoire

passant il faut compter
en toises et en pieds
et en jours et en lieues

c'est par ces étalons
que les chiffres sont ronds

Quatre-vingt toises de long
et soixante de large
pour le château tout entier
quant au diamètre de chaque tour
il vaut soixante pieds

autant de cheminées que de jours de l'année
et ce mur de sept lieues
qui ceint le grand parc bleu

là sont les couverts
où les bêtes ont leur retraite


les biches blondes
aux larmiers mouillés
dansent leur course
dans les genêts et bruyères

passant écoute le grand dix cors des hardes
frappant ses bois au tronc usé des arbres
écoute les vieux cerfs fauves
qui portent haut
leurs têtes enfourchées

devine les sangliers
sortis des bauges et souillis
sombrement hirsutes
gourmands laboureurs de prairies
et fouailleurs de cadavres

retrouve mon ami les chemins de la terre
vers la forêt sombre.tâchée de rouge et d'or
tu cherches le berceau des temps originaires
mais tout au fond de toi tu sens la peur qui dort
d'un fragile sommeil d'angoisse millénaire
car si partout la vie est tellement intense
c'est bien qu'avec la mort elle a ses alliances

tes pères font du cerf le dieu de leur enfer
qu'un héros seul et nu doit tuer chaque été
pour qu'il renaisse en dieu de la fécondité



or les rois par la chasse ont fait le cerf de courre
les hommes par le temps ont fait la forêt sage
et Chambord fut placé au milieu des taillis
comme un observatoire au cœur des hallalis
pour qu'à ses pieds viennent sonner les équipages

l'un d'entre eux sonne encor sur la voie pour toujours
sonne le bien aller pour le mordant du courre
en appuyant les chiens et ralliant les piqueux
ce sont les chasseurs noirs,  les damnés ce sont eux
ce sont les revenants lançant de meute à mort
entends les chaque nuit dans le ciel de Chambord
mais le maître n'aura jamais la joie barbare
d'ouvrir le grand cerf noir qui ruse et change et part




Thibault Thibault de Monfrault
Thibault le Tricheur
des terres de Chambord premier seigneur
saigneur
pour ses péchés a été condamné
à chasser pour l'éternité
pour l'éternité
un cerf qu'il ne pourra jamais servir
jamais servir

comme ils sont profonds la nuit les étangs de Sologne

sans doute en vint la Salamandre
la Salamandre fabuleuse
sortie du fond des âges
du fond des marécages
Salamandre du roi
emblème de François
tel bestion par sa froidure éteint feu comme glace
Salamandre du roi




Salamandre immortelle
aux caissons des voûtes
aux frontons des stèles
aux panneaux des portes
aux faces des cheminées
Salamandre qui crache le vrai
de ta langue tordue dans les flammes


Salamandre dis moi pourquoi
pourquoi là
sur cette lande pauvre et sombre
pourquoi,  pourquoi
François construisit là
la demeure de France ?

peut être est ce pour se souvenir de Louise
sa mère


c'est à Romorantin tout près
qu'elle nourrit son César   
dans l'angoisse et l'intrigue
pour le trône de France

mais bien sûr et surtout pour inscrire en ces prés
le pouvoir absolu sur le sol de l'enfance


la profusion sacrée d'ornements de puissance
affirme l'explosion de la féconde France
et des douves à la lanterne de cent pieds
est porté haut le symbole de royauté
                  la fleur de Iys
flambe seule au sommet du galant édifice

Salamandre dis moi
dis moi encore pourquoi
François construisit là la demeure de France ?

peut être pour venir se perdre
dans la perversion des amours multiples

Francois répond d'un vers honnête
d'en aimer trois ce m'est force et contrainte   

peut être aussi
pour qu'en ces nuits de fin d'été
où le rut des cerfs
fait monter jusqu'à la ville onirique   
suspendue par dessus les grands bois   
le cri du brâme




ces longs râles
viennent émouvoir
le ventre des femmes   
égarées dans l'ombre des terrasses   

lorsque les plus beaux yeux de France
sont aux étoiles
et se font des aveux d'amour


écoute visiteur écoute
la colère le désir le défi le plaisir
dans ce long cri qui plane
écoute le brâme
si près de toi
en cercle au cœur des bois

Salamandre dis moi
encore une fois
pourquoi là
se dresse la demeure des rois


pour la puissance et le plaisir


c'est bien ce qu'Henri Deux ici osa transcrire
que la lune emplisse son orbe tout entier
ainsi de son pouvoir voulait le monde emplir
et son amour avouer pour Diane de Poitiers
et lorsque le croissant s'enlace à l'H royale
comme Chambord le porte en ses blasons sculptés
il y a bien deux sens à ce symbole astral

mais en France partout
voilà que la terreur
rougit les vitraux et les dalles

Ecoute visiteur écoute aussi les cris
ici et là
des hérétiques meurtris
sous la hache
et la dague
la clameur des brûlés vifs quand la fumée tourne dans leurs cuisses

Est ce pour expier les horreurs de ce siècle
que les Valois alors vont expirer si jeunes
dans les soies cramoisies que les onguents affinent

Henri Deux parce qu'il eut l'élégance insensée
de s'offrir aux surprises de chair éclatée
dans le faste fatal des tournois pour l'honneur
sans qu'on sache jamais, non, ni le jour ni l'heure
où la mort caracole auprès des destriers
et tient ferme la lance au galop cadencé






(Du "Maneige Royal" au spectacle des Écuries de Saxe)



François Deux qu'à seize ans mal ou poison emporte   
effleurera Chambord de lèvres déjà mortes

et le roi Charles Neuf partira à vingt quatre

il semblait la vigueur que nul ne peut abattre
lorsqu'il prit seul un cerf sans le secours des chiens
mais au jour de la mort la force n'est plus rien









Au grand siècle

les Bourbons
vont faire de Chambord
le théâtre intermittent
des menus plaisirs
et du bon plaisir

parmi les comédiens
parmi les musiciens
ils sont deux Molière et Lully
pour divertir Louis le quatorzième

après le grand air
il faut se distraire
aussi c'est tout à trac
qu'ils firent impromptu monsieur de Pourceaugnac

face aux coteries
par des turqueries
pour fustiger la cour et les mœurs et les hommes
voici le bourgeois gentilhomme

oui ils sont deux pour divertir Louis le quatorzième
deux qui mourront de leurs œuvres mêmes

Molière au piège d'imaginaire

Lully de sa musique en s'en faisant blessure
du bâton de mesure
il s'ouvrira le pied où se mit la gangrène
c'était en conduisant un "te Deum", Amen

"Amen ne songeons qu'à nous réjouir
la grande affaire est le plaisir"


ce que les "masques" de Pourceaugnac
chantent à Chambord
 
à Chambord
où le monarque Louis
entre deux comédies signe quelques édits
quelques ordonnances contre les calvinistes
les dragonnades naissent dans les violonistes
aux menuets répond le fouet des galères
il n'est pas de pitié sur cette pauvre terre


ni pour les soldats de Saxe   
après qu'entre deux fêtes galantes   
les mêmes timbaliers noirs montés sur des étalons blancs
aient conduit   
les uns à la parade
les autres à la potence   
le reste mourra d'épidémie
la mort à sa part d'orgie

le maréchal partira d'une pneumonie

Chambord c’est à la fois
et la victoire et la défaite



Maurice de Saxe le détenait du roi
pour son triomphe à Fontenoy
Berthier le recevra lui de son empereur
dont il est maréchal et prince et grand veneur

mais Lesczynski battu devant fuir la Pologne
souffrit l'exil huit ans sur ces bords de Sologne

un autre grand ici vit l'heure fatidique
et plus d'un siècle après meurt de mort politique
il suffit que «Bordeaux» devienne «de Chambord»
il vient y arrêter sa sentence de mort
trois jours présent il refuse les trois couleurs
le drapeau blanc est une folie de l’honneur

et c'est ainsi qu'Henri perd le trône de France
par un geste d'intolérance

ou défaite ou victoire
comment parfois savoir



on a vu deux grands cerfs                                           


dans le combat du brâme
par leurs bois enlacés
I'un sur l'autre tombés ne pouvoir se déprendre
le vaincu du vainqueur ancre au sol l'encolure
cors à cors
corps à corps
soudés par les ramures
leur martyr est ensemble et de soif et de faim
leurs charognes clament qu'ils ont un seul destin

blancs sont les ossements et blanches sont les pierres
dès que jailli du ventre de sa mère
chaque vivant appartient à la terre

voyageur mon ami
à la loi éternelle
bien sûr tu es soumis
aussi possèdes tu cette clé
par laquelle au delà du reflet sur le miroir de l'eau
tu peux enfin entrer au dedans du château
tu y découvriras le grand plan solennel
et les chemins secrets

C'EST BIEN À CE PLAN DÉJÀ PRODUIT DANS L'INTRODUCTION À CHAMBORD ET QUI EST TOUTE LA LECON D'ARCHITECTURE DES LIEUX QU'IL FAUT REVENIR




au mitant du carré du donjon féodal
est placé l'escalier à la double spirale

en sa vis le hasard te joue à chaque pas
quand l'un vient à descendre
un autre montera
sans qu'ils ne se rencontrent
et même ils ne se voient
que lorsque par bonheur ils sont à claire-voie

            
autour des pilastres de cet axe central
les cupidons gnomes monstres et animaux
parlent de damnation de fêtes et d'abois
tandis que chaque étage offre en ses quatre branches
l'ordre cruciforme des antichambres blanches
volets de bois sculptés fenêtres à menaux
frappent autant de fois du signe de la croix                     
les façades rythmées sur le front du canal

Dieu et les rois Valois ont leur logis aux aile
mais Louis l'Orgueil va lui casser ce parallèle
si le Christ reste en croix au ciel de la chapelle
c'est au cœur de Chambord que dort le roi soleil

et tout s'ordonne en ce fantastique assemblage
pour que de vestibule en couloirs et passages
courent de haut en bas courent de bas en haut
volent vers tel ou tel de ses points cardinaux
passions et intrigues,  courants d'air,  de pouvoir
dans ce dédale ouvert ayant pour mot de passe
                         bien fol qui s'y fie
ce que François un soir, un soir de  nostalgie
grava du diamant porté par sa main lasse
au mur de l'oratoire où repassait sa vie
     
Chambord aux deux versants
est fait à notre image
comme un double profil est un même visage
et il fait éclater
que toute ambivalence
est profonde unité                                           


  
viril et féminin                                             
en forme de destin
Chambord
porte la vie
Chambord   
porte la mort

I'architecture ici    .
et la nature aussi
sont ensemble à huis clos
des drames éternels le théâtre et l'écho

un doux monstre est couché sur la pâle prairie          
                                                                                                                                                                                                                                    
voyageur
voyageur mon ami
reviens à Chambord
gravis cet escalier qui te mène aux terrasses
emprunte les marches
qu'usèrent les bottes des condottiere
et les pas lents de ceux qui s'aiment
ces marches que caressèrent les rapières des reîtres
et les robes de bal

vois la lanterne à jours aux arcades immenses
dont les Salamandres portent le Iys des rois
la lanterne qui bascule
sous le ciel qui fuit

par dessus les prairies que la lumière embrasse
sur le chemin de ronde au balustre appuie toi

il n'y a que toi même aux gîtes des grands songes
rêve
rêve comme dans ton enfance
et mesure dans la majesté de Chambord
la pauvreté de l'homme
le passé gelé dans la pierre folle et serve
la joie dans la luxure et le malheur qui suit
la cité solaire dans la chasse et les ombres

c'est ici le combat du jour et de la nuit

si tu craques enfin
sous les coups du destin
souviens toi mon ami
il reste les forêts qu'épousent les matins

et Chambord
Chambord qui t'appartient
comme jamais
jamais il n'a appartenu aux rois


Et Chambord  par ces paroles, musique et lumières  a effectivement appartenu pendant  quelques nuits, du printemps à l'automne, au cours de la douzaine d'années où il a été donné, aux quelque quatre cent mille personnes qui sont venues l'écouter;  les concepteurs ayant regretté d'avoir rencontré trop d'obstacles pour emmener leur public sur des barges qui eussent tourné autour de l'édifice sur le Cosson, puis déposé les visiteurs aux portes nord du château au moment où le texte invite le voyageur à  pénétrer dans les grandes antichambres cruciformes.




La présentation  d'aujourd'hui n'est donc qu'un essai de printemps, comme cette médaille dessinée et  créée par la seule petite équipe du Domaine en 1975.


 

Ecrire un commentaire
Mardi 15 avril 2008 2 15 /04 /Avr /2008 00:00
- Par Gérard Bélorgey - Publié dans : Chambord - Ecrire un commentaire
1
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés