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outre-mer

Chacun est pertinent à sa manière :

- il y a déjà quelque temps sortaient les souvenirs du Ministre Yves Jego qui eut à gérer la crise de la Guadeloupe et qui, en fait, ne s'en est pas mal sorti

- voici que Roger Anglo, sympathique infatigable animateur de l'Unom sort le sien , "Martinique,  Guyane,  Gaudeloupe : les raisons de la colère... les conditions du changement".

Ces textes ont en commun d'appeler à plus de responsabilité locale et au développment endogène pour libérer les DOM de l'économie de comptoir. Leurs auteurs qui appartiennent à la majorité présidentielle sont certainement des gens de qualité. Mais cette appartenance à une idélogie libérale  les musèlent sans doute :  ils ne peuvent aller jusqu'à proposer que les DOM bénéficient d'une protection  par des droits d'entrée permettant une économie locale réelle mise  à l'abri des assauts  du négoce mondial qui y stérilise l'emploi  Les clefs sont simples. il faut avoir la liberté de les trouver. 

Dimanche 9 mai 2010 7 09 /05 /Mai /2010 17:01
- Par Gérard Bélorgey - Publié dans : outre-mer
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Le dernier N° d'"Alternatives économiques", sous la plume de  H. Frémeaux, consacre un article à  la Guadeloupe "un an après". Passés les lieux communs sur les facteurs historiques et les données structurelles qui caractériseraient la situation ( pour une analyse sensiblement différente cf. sur ce site notre article du 31/03/09 "déstabilisation aux Antilles"), le  rédacteur en chef formule quelques suggestions.


Certaines sont bienvenues,  comme d'ajuster qualitativement l'offre touristique, comme de développer le  potentiel agricole de l'Ile qui importe bien des produits alimentaires qu'elle pourrait elle même s'assurer.
D'autres  pistes présentées avec prédilection   se sont révélées, hélas, des impasses depuis des années : ainsi "une montée en gamme de l'offre locale  notamment à destination des économies voisines de la Caraïbe" est manifestement illusoire, puisque d'une part tous ces milieux insulaires ont un panel de productions assez similaires et que d'autre part la compétitivité ( du fait des rémunérations, des fiscalités, des systèmes de crédit et des avantages respectifs consentis par l'Union européenne aux DOM et aux PTOM) des pays voisins est bien plus forte que la nôtre,  tout en leur permettant , sans réciproque pour les régions ultrapériphériques de l'Union, de la faculté d'établir à notre encontre des"negative lists"  et autres  barrières contingentaires et tarifaires.

 

A ce déséquilibre en notre défaveur  sous les tropiques, une seule exception : la sauvegarde depuis 1989 de l'octroi de mer, taxe historique sui generis applicable à certains produits identiques qu'ils soient obtenus localement ou qu'ils soient importés mais dont les productions locales peuvent être,  pour tout ou partie,  exonérées par les Régions, tandis  que la taxe maintenue sur les mêmes produits importés  protège à due concurrence ( il y a trois niveaux de différentiels)   les mêmes productions locales;  le tout  sous une étroite surveillance de l'U.E.  ( depuis la reconduction du système  en 2007 et déjà une significative réduction de sa portée , les listes de produits sont arrêtées sur proposition de la Commission en Conseil des ministres)  .  Le dispositif  dans le collimateur des ultra libéraux  est menacé de disparition en 2014. Mais voilà qui semble devoir réjouir notre chroniqueur . 

 

port guadeloipe

 

 

Il  a en effet  trouvé le fil à couper le beurre du développement local. Comme le met en exergue l'illustration ci-contre de l'article, le frein au développement de la Guadeloupe  serait l'octroi de mer " taxe à l'importation jouant un rôle désincitatif en termes de développement" : parce que les collectivités locales étant ( pour partie) nourries de son produit fiscal auraient "intérêt à l'importation plutôt qu'à construire un projet de développement" .


S'il est vrai que l'économie des DOM est trop largement toujours une "économie de comptoir" c'est à dire d'import et de négoce et que ce sont  les seuls secteurs où l'on peut avoir une vraie faculté de gagner de l'argent,  il est non moins établi  (cf rapport Thil de l'IGF à la fin des années 80) que la disparition de l'octroi de mer eut mis en cause dans les DOM plus  de 20.000 emplois : les coûts comparatifs des produits obtenus sur des marchés de grande échelle et diffusés sur place, notamment par les chaînes de grande distribution,  seraient venus chasser les activités locales - en particulier, pour ce qu'il en reste  agricoles, agro-alimentaires  et de petite transformation qui y sont encore possibles à la condition d'une modeste protection.

 

Lorsque le même chroniqueur explique simultanément en substance qu'il faut  aller à une meilleure auto satisfaction alimentaire et à un développement endogène,  on croit rêver : la disparition de l'octroi de mer ne pourrait qu'aggraver une situation de l'emploi qu'a déjà fortement altérée l'abandon que l'UE a consenti aux firmes multinationales et aux principes de l'OMC  d' une Organisation Commune du Marché de la  banane qui a pu  un temps sauvegarder des plantations. Du moins les plus grandes ( pouvant péréquer les coûts de la production antillaise représentant un grand multiple de celui des pays voisins ou sévit l'exploitation médiévale de la main d'oeuvre , avec les bienfaits en revenus de licences d'importation de bananes dollar ou africaines ), tandis  que toute l'économie bananière familiale de la Guadeloupe a quasiment disparu.

 

Soyons réaliste : il n'y a pas d'économie tropicale française à coûts sociaux européens  pouvant porter de l'emploi  ( ailleurs que dans les services, le négoce  et le BTP  ) sans une régulation administrative attentive et sans une protection commerciale ajustée. Le reste est idéologie.

 

Et si "Alternatives Économiques"  fait une telle ,erreur de jugement c'est que cette excellente revue de référence (par ses dossiers de fonds, ses  recours aux banques de données, ses compte-rendus d'ouvrages et ses  rappels historiques)  est en même temps porteuse en douceur d'une idéologie assez fanatique : la conviction que la mondialisation libre échangiste est l'ordre convenable du monde, si bien que sa rédaction se retrouve en ligne avec l'Autorité de la concurrence dont le rapport sur les problèmes de la Guadeloupe mettait déjà en cause, en quelque sorte, par principe, l'octroi de mer, dans la formation des prix en Guadeloupe comme si on pouvait à la fois avoir  de l'emploi  et des prix ne  tenant pas compte des protections dont il faut payer cet emploi. ( Mais on sait bien qu'en fait le libéralisme préfère une économie de bas prix et de mauvais emploi).

 

Bien sur, la branche socialiste de cette famille libérale estime que cette mondialisation doit et peut être régulée par le social et par  la discipline des marchés. Or, tout en appartenant à cette lignée,  Hubert Vedrine dit en substance dans "Continuer l'Histoire" (2007) que la mondialisation  c'est par définition la dérégulation, donc que réguler la mondialisation est un oxymore. Figure possible dans l'exercice littéraire et quadrature du cercle dans la réalité économique.

Et voilà donc notre revue en permanence  écartelée entre quatre principes : le refus des protections commerciales (  le diable ), la critique des effets du Marché, ( un autre diable)  l'appel politique aux interventionismes moralisateurs d'Etat et la croyance angeliste que les actions pour la consommation et l'équité ont d'elles-mêmes des effets régulateurs.  Pour rendre  crédible la conciliation de ces catéchismes , la bonne tonalité technique générale et le talent des rédacteurs font croire que le journalisme d'opinion est une école de gestion.

 

S'il advient que les tenants de cette pensée socialo libérale reviennent  à la responsabilité des  Affaires de la France, une nouvelle fois, comme sous de précédentes comparables gestions , on vivrait "le sommet des contradictions" entre les meilleures  intentions sociales et la soumission suicidaire  au libre échange mondial. C'est ce que j'avais expliqué en 1998 dans "Trois Illusions qui nous gouvernent" (France-Empire) , discours qui ne pouvait être reçu au moment même ou triomphait dans tout l'Occident la grande euphorie, après la chute du communisme, de voir progresser de pair marché mondial et démocratie planétaire...  ( la aussi revoir la très éloquente analyse que contient  "Continuer l'Histoire" , en devant espérer qu'on devrait savoir enfin un jour en tirer les leçons...)        

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Vendredi 2 avril 2010 5 02 /04 /Avr /2010 10:51
- Par Gérard Bélorgey - Publié dans : outre-mer - Ecrire un commentaire
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Un certain nombre de nos concitoyens des DOM se demandent s'il est possible d'être RUP sans être DOM ( cas demandé pour  St Martin) dans le cadre de l'article  74 de la Constitution. Oui, à mon sens,  car ce que demande l'UE ce n'est pas un statut dans la République, mais le respect des contraintes européennes : unité douanière, libre circulation, concurrence,  etc... et en contrepartie, elle apporte ses concours par les fonds structurels.

Or, pour ma part, je pense que c'est l'inverse ( dont j'avais déjà émis l'hypothèse quand je présidais le groupe du Plan) qui pourrait être bon : rester DOM dans la République ( avec tous les avantages qui y sont attachés) en étant COM/PTOM  (et non RUP) dans l'UE : pour se libérer des contraintes douanières ( donc, notamment,  plus de problème de prolongation de l'octroi de  mer,  si des droits d'entrée peuvent être institués par chaque collectivité comme dans le Pacifique) et commerciales au premier chef, d'autant que les aides ont perdu - beaucoup d'investissements étant  faits - une partie de leur intérêt et d'ailleurs déclinent .
Si, en effet on veut un développement endogène, il faut protéger contre les imports ce qui est impossible en tant que RUP, mais normal en tant que PTOM.

La question juridique est alors de savoir
-si le mieux est le 73 ( mais il faut prévoir que les collectivités pourraient demander de déconnecter le statut de département de l'appartenance à 'l'Europe, par retouche aux traces restant dans Lisbonne du Traité de Rome)
-ou s'il faut aller au 74 qui permet tous les "sur mesures", mais offre le danger, si le pas vers ce statut est franchi par votation populaire locale, de permettre ensuite des évolutions organiques par simple loi organique de la Nation ( ce qui peut ouvrir des tentations de "largage"'  ...)

Bien entendu on est dans la confusion totale , car lorsque bien des élus pensent 74,  ils pensent COM+RUP, ce qui est l'addition des risques ( de largage et de contraintes européennes), alors qu'on pourrait penser 74 comme DOM+PTOM =l'addition des sécurités françaises  et des libérations vis à vis de l'Europe

Mais nous sommes sous la double intoxication
 - "autonomo-indépendantiste"  qui ne mesure pas toutes souplesses possibles dans le 73
-  béate européenne qui continue à penser aux dotations budgètaires européennes et non à l'impérieuse nécessité de plus de flexibilité par rapport à l'Europe pour promouvoir développement endogène et donc emploi local


Indiquons  le trèsintéressant rapport Sénat ( juin 09)de Doligé/ Larcher  (400 pages ) qui réitère  pour l'essentiel ce que nous disons depuis vingt ans ;
mais ne trouve pas la clef du développement local ( sauf des poncifs) parce qu'il ne pose pas les questions ci dessus...
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Mardi 11 août 2009 2 11 /08 /Août /2009 17:43
- Par Gérard Bélorgey - Publié dans : outre-mer - Ecrire un commentaire
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Comme suite à nos communications sur ce thème on trouvera ci-dessous le lien sur le site
 http://kaloukaera.over-blog.org/
qui consacre un article très bien fait sur la question.

article-29308811-6.html article-29308811-6.html

Très bien fait en ce sens qu'il illustre sur ce cas les arbitrages qui existent toujours entre pouvoir d'achat et emploi.
Evidemment certaines formules permettraient de faire payer les carburants moins cher aux consommateurs, mais elles supprimeraient de l"emploi, ces emplois qui sont les premiers fondements du pouvoir d'achat .

A notre sens, le souci de  les maintenir, de les développer conseille de toute façons de préférer par principe des solutions de réalisation locale des biens et des services plutôt que d'importation de produits finis...Si ce n'est pas la maximsation économique libérale au bénéfice d'un homme économique universel inconnu, c'et le seul moyen de quelque garantie de travail et ressources pour les hommes qu'on connaît.
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Lundi 6 avril 2009 1 06 /04 /Avr /2009 09:20
- Par Gérard Bélorgey - Publié dans : outre-mer - Ecrire un commentaire
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pour info cette dépêche AFP


   L'essence pourrait être vendue nettement moins cher dans les DOM
  
   PARIS, 3 avr 2009 (AFP) - Un mois après la fin du long mouvement de grève contre la "vie chère" aux Antilles, un rapport officiel dénonce le système de fixation des prix pétroliers outre-mer et estime que l'essence et le gazole pourraient y être vendus nettement moins cher.
   A la veille des Etats généraux de l'Outre-mer décidés par Nicolas Sarkozy, la mission administrative Bolliet commandée par le gouvernement affirme que le prix du supercarburant pourrait baisser de 32 à 33 centimes en Guyane, de 25 centimes en Guadeloupe et de 22 à 23 centimes en Martinique.
   La mission juge "indispensable d'améliorer la transparence du système et de clarifier les règles d'administration des prix" des carburants dans les DOM, qui ont un effet "anticoncurrentiel, déresponsabilisant et inflationniste".
   Elle avance plusieurs pistes, dont la fixation du prix des carburants, non plus par le préfet, mais par les collectivités ou une autorité indépendante, et la suppression de l'activité de raffinage de la Société anonyme de la raffinerie des Antilles (SARA), filiale à 50% de Total, qui approvisionne Antilles et Guyane en carburants.
   Le rapport relève que le "prix de sortie Sara est plus élevé, en moyenne sur la période 2005-2008, de 19 centimes (supercarburant) et de 11 centimes (gazole) par rapport à une raffinerie standard européenne".
   Parmi les causes de ce surcoût figure la capacité de raffinage de la Sara, qui est de 800.000 tonnes seulement, "soit cinq fois moins que la plus petite des raffineries métropolitaines".
   Mais de nombreuses autres raisons expliquent cette cherté, même si depuis la crise de novembre, qui avait complètement paralysé la Guyane avec des barrages routiers pour obtenir une baisse de 50 centimes, les prix sont à présent moins chers qu'en métropole.
   A l'époque, le litre de super était fixé à 1,77 euro par le préfet, soit 62 centimes de plus qu'en moyenne en métropole.
   Au 1er mars, le prix de l'essence était de 1,27 euro en Guyane, 1,08 en Guadeloupe et en Martinique et 1,24 à la Réunion.
   La mission Bolliet note en particulier que la Sara réalise l'essentiel de sa marge sur le supercarburant et le gazole, et vend peu cher le carburéacteur et le fioul lourd.
   En Martinique, elle vend le fioul à un prix "systématiquement inférieur" au prix maximum fixé par le préfet, notamment à EDF, qui "est en position favorable".
   Selon les inspecteurs de l'administration, se passer de la raffinerie de la Sara (190 emplois directs) permettrait déjà pour le consommateur "un gain de l'ordre de 15 à 17 centimes pour le supercarburant et de 7 à 9 centimes pour le gazole".
    Pour les trois départements français d'Amérique (Guyane, Guadeloupe et Martinique), il serait possible d'utiliser un approvisionnement direct en produits raffinés depuis l'Europe du Nord, en utilisant un mécanisme analogue à celui en vigueur à La Réunion (cotation Rotterdam + fret + prime de trading).
   Le rapport relève aussi le "niveau trop élevé" du "coût de passage dans les dépôts", la marge de gros "surévaluée" et le "niveau des charges salariales": 1.000 pompistes en Guadeloupe et Martinique pour 155 et 96 stations service "très peu automatisées", 1.330 à la Réunion pour 148 stations.
   Et certains gérants de stations-service peuvent avoir une rémunération brute dépassant 120.000 euros, soit six fois plus qu'en métropole
 
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Samedi 4 avril 2009 6 04 /04 /Avr /2009 19:55
- Par Gérard Bélorgey - Publié dans : outre-mer - Ecrire un commentaire
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