VOILÀ DONC A DÉFAUT POUR CE NUMÉRO ZÉRO, DE QUATRE PAPIERS :
- UNE HISTOIRE EN 1940
- ET UN COMMENTAIRE D'ACTUALITÉ qui mêLe quelques INDICATIONS DE LECTURE et l'annonce d'une étude sur les DÉLOCALISATIONS OU PLUTÖT SUR LES LOCALISATIONS D'ACTIVITÉ
-
Aux débuts de la seconde guerre mondiale : l'exode
- NOS PAUV'COCHONS - 1940
Elle était originaire de l'Est. Sa jeunesse avait été baignée des histoires de Huns et de uhlans pillant les terres de ses ancêtres, saccageant, violant, martyrisant. Lorsqu'advint l'invasion
allemande de quarante, elle ne savait rien des nazis, mais elle était terrorisée par le souvenir des casques à pointes. Son mari mobilisé, elle ne pensa qu'à faire échapper son enfant aux risques
légendaires de tuerie. Elle l'embarqua dans la petite Peugeot du temps sur les routes de l'exode. Ils échappèrent aux bombardements, pas aux encombrements. Marchant au sud, ils réussirent
néanmoins à gagner la Bourgogne. Aux rebord du Morvan, ils entrèrent dans un pays de vallonnements et de bestiaux, celui de la famille paternelle de son fils. Depuis que le grand-père avait fait
partie des cohortes d'émigrés ruraux venus chercher pitance à Paris, il devait rester quelques grands oncles et arrière-cousins : dans des fermes humides et sévères dont elle avait récupéré les
adresses auprès de son mari au front.
Ils accueillirent la Parisienne et son rejeton avec devoir et défiance. Leur premier soin fut de lui trouver, à prix d'or, un garagiste pour bricoler la voiture fatiguée afin qu'elle
puisse repartir. Ils ne voulaient pas s'encombrer de deux bouches à nourrir, ni de la compagnie de cette dame qui avait peur des bêtes, qui regardait le fumier avec dégoût et qui voulait
maladroitement aider pour tout. Ma mère elle-même - qui suivait à la T.S.F. l'avance allemande - piétinait pour reprendre sa fuite. Mais nous n'avions plus guère de provisions. Avant le
départ elle proposa d'acheter des pommes de terre. Je verrai toujours la scène, la vieille cousine, ses mains ridées croisées sur son tablier gris à motifs usés de fleurs fondues, entre le
tas de pommes de terre et la resserre aux cochons, lui disant, sincèrement navrée :
« Cousine, on voudrait ben vous en vendre des pommes de terre; mais je ne sais pas si on en aura assez pour nos pov' cochons pendant l'hiver ».
Commentaires d'actualité et de lecture au 14/12/2006
Après demain s'ouvre Salle Olympes de Gouges, 15 rue Merlin, à la Mairie du XIeme, le salon L'AUTRE LIVRE qui réunit, pour faire simple, des éditeurs "indépendants" et tenaces et des libraires
dévoués à la cause les lettres. Si ce tout nouveau blog fonctionne un peu, peut-être aurez vous le lien sur leur site <www.editeurs-lautrelivre.net> ou prenez contact avec eux au siège
de l'association , 48 rue Sainte Croix de la Bretonnerie, Paris IV eme. Ils se sont jurés d'illustrer que Joseph Stiglitz aurait raison en appelant à "UN AUTRE MONDE" dans son dernier ouvrage
"contre la frénésie du marché" ;mais quand on est à la fois prix Nobel d'économie et en même temps ancien VP. de la Banque Mondiale on est publié par Fayard et non par un petit éditeur de
sciences humaines ayant des problèmes de distribution.
Retrouvez au moins Olympe de Gouges qui avait proposé en 1791 une déclaration des droits de la Femme, parallèle à la déclaration des droits de l'Homme, avec, en vain, cette
adresse pour Marie Antoinette :
" Cette Révolution ne s'opérera que lorsque toutes les femmes seront pénétrées (le rédacteur vous adjure de ne pas faire une
mauvaise lecture)
de leur déplorable sort et des droits qu'elles ont perdus dans la société. Soutenez, Madame, une si belle cause; défendez ce sexe malheureux et
vous aurez bientôt pour vous une moitié du royaume et le tiers de l'autre". Un score qu'une autre personne royale aimerait à voir
comme visionnaire.Mais les risques d'aujourd'hui sont moindres que ceux d'hier, en ce temps où Olympe - qui fut guillotinée le 6 novembre 1793 - avait écrit " Une femme a le droit de monter à
l'échafaud; elle doit avoir également le droit de monter à la tribune" . Nous ne savons pas si la candidate du PS montera à la tribune de la Présidence ou sur celle de l'Opposition ;mais nous
trouvons prémonitoire cette ouverture de la saison littéraire sous de pareils auspices.
Toujours dans le registre de ces perspectives présidentielles, Alain Etchegoyen qu'un riche itinéraire a conduit de l'enseignement à l'entreprise, au conseil politique des uns et des autres, puis
au commissariat au plan (au moment où celui-ci disparaissait), veut nous offrir un livre "didactique et neutre" ( oui, pour le premier point, pas sûr pour le second) sur
"10 questions auxquelles le prochain président n'échappera pas". Une bonne part sont des questions de moeurs et du rôle que peut avoir le pouvoir sur la
reconnaissance et la régulation de ces moeurs ( homoparentalité, tri des mebryons, etc.), tant il est vrai que dès lors que le pouvoir national est devenu largement impuissant dans l'ordre
économique dominé par l'OMC et l'Union Européenne, la compétition pour ce pouvoir se fait sur des thèmes où la souveraineté nationale a encore une marge de décision. Sur le plan institutionnel, ses
développements sur la représentation proportionnelle ont l'infirmité de ne pas l'imaginer dans le cadre d'un autre régime que celui du régime parlementaire (où elle ne peut évidemment être que
cause de bien des maux) qui est d'ailleurs le nôtre ( puisque c'est devant l'Assemblée que le Gouvernement reste responsable, ce qui esxt la charte de base passé en 1958 entre de Gaulle et les
hommes de la IV eme république); un régime de séparation des pouvoirs - dit "présidentiel" - l'autoriserait sans doute plus aisément... (voilà un débat où nous rencontrer un autre jour)...
Nous avons enfin trouvé son ouvrage d'un esprit très convenu dans les parties économiques, tant il est vrai là aussi que l'esprit de tous est dominé par les crédo de TINA
(cf. notre message d'accueil).Il faut d'ailleurs au passage observer que la France a chaque année un "meilleur jeune économiste" désigné...par un aréopage qui réunit le cercle des économistes (
celui qui a interdit aux politiques de remettre en cause l'indépendance de la Banque centrale européenne et la réduction des obstacles à la libre concurrence mondiale), des membres du Conseil
d'Analyse économique et quelques journalistes économiques du Monde, je crois, si bien que "le jeune meilleur économiste" est toujours le meilleur parmi les libéraux (vous savez ceux qui
considèrent que les seules véritables variables d'ajustement économique sont le chômage et les coûts du travail, des garanties sociales et des services publics). Or ce dont ne traite pas
vraiment Alain Etchegoyen c'est de
la question majeure ( qui commande - on l'expliquera mieux plus tard - toutes les autres possibilités économiques et
sociales ) de savoir si le futur Président de la France entend ou non essayer de régulariser le libre-échange mondial et d'oeuvrer, à la place, pour un "juste échange" (dixit N.Hulot)
international. Et voilà, c'est en fait la seule question qui n'est pas vraiment posée. Mais il ne faut sans doute pas être plus royaliste que le roi : pour l'instant, à la différence
de quelques autres personnalités marquantes de droite comme de gauche, mais les unes et les autres de bon sens dans ce domaine, aucun des deux grands candidats déclarés ne ll'a abordée. Nous
la leur poseront ici même.
Nous sommes encouragés par le rapport du Sénat de Chantal Brunel qui paraît estimer que doivent être considérés comme délocalisations "tous les arbitrages d'entreprise qui renoncent à maintenir,
développer ou créer leur activités en France". L'hypothèse, non vérifiée, est de plus de 60.000 postes qui manqueraient ainsi à notre territoire. Il faut en retenir que les non localisations sont
encore plus importantes que les déliocalisations, ce que contrinbuera à expliquer le papier qui sera prochainment produit : "Les localisations d'activités et le défi des coûts comparatifs"
Derniers Commentaires