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L'objet de ce site est de baliser par quelques souvenirs éloquents l'histoire récente et de faire contribuer ces expériences, par des commentaires d'actualité, à éclairer et choisir les changements, en s'interrogeant sur les propositions des politiques et les analyses des essaiystes. Donc, à l'origine, deux versants : l'un rétrospectif, l'autre prospectif.

A côté des problèmes de société (parfois traités de manière si impertinente que la rubrique "hors des clous"a été conçue pour les accueillir), place a été faite à "l'évasion" avec des incursions dans la peinture, le tourisme, des poèmes,  des chansons, ce qui constitue aussi des aperçus sur l'histoire vécue.

 

MODE DE CONSULTATION : après avoir ouvert le site, ou cliqué sur un article, un sujet, un mois d'archive, l'affichage du document  recherché s'obtient en descendant la lecture  jusqu'au delà de cette fenêtre de présentation.

L'auteur

 

DSCF0656-copie-1.JPGNé en 1933, appartenant à la génération dont l'enfance a été marquée par la deuxième guerre mondiale, l'occupation et la Résistance, l'adolescence par la Libération, la guerre froide, puis par de clairvoyants engagements pour les décolonisations, l'auteur a ensuite partagé sa vie professionnelle entre le service public (il a notamment été préfet, délégué à l’emploi, directeur des affaires économiques de l’outre-mer, président de sa chaîne de radio-télévision, RFO), l'enseignement et la publication d’ouvrages de sciences politiques (il est aujourd’hui membre du comité de rédaction et collaborateur régulier de la Revue Politique et Parlementaire). Il a également assumé des missions dans de grandes entreprises en restructuration (Boussac, Usinor/Sacilor), puis a été conseil d’organismes professionnels.

 

Alors que ses condisciples ont été en particulier Michel Rocard et Jacques Chirac (il a partagé la jeunesse militante du premier dans les années cinquante et fait entrer le second à Matignon dans les années 60, avant d'être son premier collaborateur à l’Emploi et pour la négociation de Grenelle et au secrétariat d’Etat aux Finances, il n'a suivi ni l'un, ni l'autre dans leurs itinéraires. En effet, dans le domaine politique, comme il ressort de ses publications (cf. infra), Gérard Bélorgey n’a rallié ni la vulgate de la Veme république sur les bienfaits de l’alternance entre partis dominants, ni les tenants du catéchisme du libre-échange mondial. Il ne se résigne donc pas à TINA ("there is no alternative" au libéralisme). Tout en reconnaissant les apports autant que les limites de ceux qui ont été aux affaires et avec lesquels il a travaillé, il ne se résigne pas non plus à trouver satisfaction dans tel ou tel programme de camp. Mesurant combien notre société multiculturelle, injuste et caricaturalement mondialisée, souffre aussi bien des impasses de l’angélisme que des progrès de l’inégalité et des dangers de l’autoritarisme, il voudrait contribuer à un réalisme sans démagogie.

 

Partie de ses archives est déposée dans les Fonds d'Histoire contemporaine de la Fondation des Sciences Poltiques (cf. liens).

 

Il a publié sous d'autres noms que celui sous lequel il a signé des ouvrages fondamentaux que furent "le gouvernement et l'administration de la France" (1967), "la France décentralisée" ( 1984), "Les Dom-Tom" (1994)  : le pseudo de Serge Adour correspond à l'époque de la guerre d'Algérie et à une grande série de papiers dans Le Monde en  1957 , celui d'Olivier Memling au recueil de poèmes et chansons "Sablier " (couronné en 1980 par l'Académie Française et référé, dans l'histoire littéraire du XXeme Siècle de Hachette) celui de  Gérard Olivier à son analyse dans de  grands quotidiens de la décentralisation en 1981/82; celui de Solon  (malheureusement partagée par erreur avec d'autres auteurs) à la publication en 1988 de "la démocratie absolue" . Cessant de vivre un peu masqué, il retrouve son nom en 1998 pour "Trois Illusions qui nous gouvernent", puis en 2000 pour "Bulles d'Histoire et autres contes vrais " (série de coups de projecteurs sur quelques apects du dernier demi siècle qui seront souvent repris ci-dessous), ainsi que pour de  nombreux articles dans  diverses revues. EN 2009, il est revenu sur la guerre d'Algérie avec le roman ( Ed. Baurepaire) "La course de printemps". Il prépare "L'évolution des rapports Gouvernés /Gouvernants sous la Veme République :entre absolutismes et renouvellements?"

Europe

 

 Nous ne sommes pas en crise , mais sous handicaps structurels. C’est bien à tort que l’on parle de "crise" ce qui donne à penser que c'est provisoire et conduit donc à  cette  sous estimation chronique - en particulier par le pouvoir -  de la gravité de la situation , alors que depuis des années ce ne sont pas des phénomènes conjoncturels (ayant toutefois  joué un rôle de déclencheur dans la dépression de 2008/2009) qui expliquent nos difficultés et notre sous emploi dément  . Notre situation , à la différence d’une situation de "crise", n’est pas momentanée,  mais résulte de données permanentes pénalisantes ( dont certaines portent  d'ailleurs tout l'Occident à la dépression et à la décadence )  qui sont notamment, pour ce qui nous concerne,  une ouverture commerciale que son excès rend suicidaire, une monnaie surévaluée, la rémanence de positions contrastées d’une part de rentes de certains secteurs de l’économie ( distribution, services financiers, négoce, offre immobilière), d’autre part de précarité de beaucoup d’autres (productions agricoles soumises aux variations des marchés  et industrielles délocalisables).


Ces fondamentaux économiques ont une traduction sociale qui frappe particulièrement un pays comme le nôtre dans lequel le "trend" démographique soutenu exigerait des services publics qui ne soient pas mis au pain sec et des couvertures sociales mieux assurées de leur avenir ; mais le désemploi,  d’une part,  réduit les recettes fiscales et sociales et , d’autre part, tout particulièrement, rend peu opérant le choix qui serait le seul logique d’un allongement de la durée de cotisations pour équilibrer les régimes de retraites : en effet dès lors qu’il n ‘y a pas de travail, les cotisations  pour retraite en viennent à être payées par le régime chômage, ce qui ne réduit pas la  dépense mais en transfère seulement l’imputation. De surcroît une part des syndicats de salariés ne représentant pas les retraités (qui ont eux  intérêt à voir augmenter les durées de cotisations plutôt que voir baisser le pouvoir d’achat des prestations) , mais des actifs- dont beaucoup souhaitent échapper dès un âge pas trop avancé au stress du travail - se trompent de combat en se battant contre l’allongement des durées d’activité plutôt que pour une couverture maladie ( et dépendance) correcte de tous; et ils se trompent lourdement  tant il est vrai qu’il vaut mieux des retraités bien soignés que des retraités plus jeunes mais mal couverts contre les aléas de l’âge.

 

Parce que le diagnostic est faux – il n’y a pas une crise européenne, mais de mauvais fondamentaux européens et  des handicaps structurels et spécifiquement français – il n’y a pas de solution européenne. D’ailleurs l’histoire des trente dernières années atteste que l’Union a su créer plus de problèmes qu’elle n’a jamais su apporter de solution à l’emploi dont la dégradation avance au pas de ses « progrès ». Comment d’ailleurs pourrait-il y a avoir autre chose que des déceptions lorsqu’au sein de l’Europe les situations de chacun sont différentes, les conceptions divergentes  et les intérêts des uns et des autres – et particulièrement celles et ceux de la France et de l'Allemagne – souvent opposés puisque la seconde est le pays qui bénéficie particulièrement  du libre-échange (en interne en s’approvisionnant à bas coût dans les pays de l’Est européen, en externe en vendant aux acheteurs des pays tiers émergents) et le tout en valorisant au mieux ses profits commerciaux grâce à cet euro mark surévalué qui pénalise pas mal d’autres pays.  Une démographie faible , une absence de responsabilité militaire internationale dispense aussi l’Allemagne de dépenses significatives et lui permet un marché du logement bien plus accessible qu’en France, ce qui aide les moins favorisés à supporter une politique de mauvaises rémunérations et de déflation salariale. 

 

Ce n’est pas une bien aléatoire victoire du SPD qui pourrait sensiblement changer ces données de fond faisant que les équations allemande et française  n‘ont  guère de facteurs communs. Le seul aspect nouveau  attendu d’une "réponse européenne" pourrait être  du laxisme en matière de liquidités associé à des programmes de dépenses dont on voit mal d'ailleurs  d’où viendraient les financements , c’est à dire, en fait, à une part de politique de l’offre ne pouvant rien donner ( qu’aux pays structurellement  exportateurs) en économie ouverte aux importations. Bien différemment,  ce dont chaque pays a besoin c’est une  stratégie certes explicitée à ses voisins, mais  qui lui soit propre et dont les gouvernements respectifs pourraient porter paternité et responsabilité devant ces corps électoraux nationaux qui sont les seuls enceintes  légitimes dans lesquelles est conféré le pouvoir et dans lesquelles peut s’exercer la sanction démocratique.

 

 Ainsi dire que l’on est en crise européenne et que la solution est donc européenne nous semble un pseudo syllogisme à tous titres erroné.

Parler de "crise" empêche d’être lucide sur la gravité de la situation structurelle , empêche de mesurer que les facteurs de dépression et d’inégalités sont durables et profonds ; afficher que la crise et ses solutions seraient européennes méconnaît qu’il n’y a pas une situation homogène en Europe et que les intérêts des uns et des autres  n’y sont pas les mêmes.

Ce choix  du champ européen, d’une part est idéologique, d’autre part est , de longue date, coutumier de la part des dirigeants de toute majorité de gouvernement . C’est en fait un registre d’explications et de préconisations qui occulte causes et besoins de la situation, mais qui veut rassembler, en France et en Europe. C’est donc une poursuite  de la magie politique  cherchant à se dispenser de poser les vraies questions ( qui sont évidemment plus conflictuelles)  :

 

- Est-il encore longtemps concevable que l’Allemagne ne retrouve pas sa propre monnaie forte sans embarquer les autres Européens dans  sa stratégie, alors que, pour tous, le moins difficile pour passer d’une monnaie unique à une monnaie commune serait que ce soit l’Allemagne qui sorte du système actuel de l'euro  et, dès lors, comment l’y inciter ?

 

- Est-il encore longtemps concevable que l’Union ne convertisse  pas dans un  sens beaucoup plus protecteur ses relations commerciales avec les pays tiers et notamment avec les pays à bas coûts de revient et à monnaie sous évaluée ?

 

- et - si ce n’est pas l’Europe qui le fait - par quels mécanismes nationaux peut-on obtenir une part de protection  et de  facultés d’avancées commerciales pour préserver et développer l’emploi de la part menacée de nos industries subsistantes et de nos services sur la brèche ?

 

Il faut sortir de l' idéologie européenne pour autant qu'elle  est devenue un  alibi stratégique .

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Jeudi 16 mai 2013 4 16 /05 /Mai /2013 10:41
- Par Gérard Bélorgey - Publié dans : Europe - Ecrire un commentaire
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On trouvera ci-dessous un extrait de la revue "Messages" du Secours Catholique, N° 674 décembre 2012

 

 

 

sec cat ss

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Vendredi 7 décembre 2012 5 07 /12 /Déc /2012 15:28
- Par Gérard Bélorgey - Publié dans : Europe - Ecrire un commentaire
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25 novembre 2012
Par Jacques Sapir <http://russeurope.hypotheses.org/author/russeurope> 
 

 

"Le processus dit de « construction européenne » vient de subir, avec l'impasse sur la programmation budgétaire pour les années 2014-2020, et accessoirement pour le budget de 2013, de l'UE un triple échec : économique,politique et symbolique.

 

La question symbolique est certainement la plus importante. Cette impasse, qui au mieux durera jusqu'au début de 2013, vient après le blocage sur la question de l'aide à accorder à la Grèce du début de la semaine, et des négociations extrêmement dures quant à la part respective des États au sein du groupe aéronautique EADS mais aussi une réduction importante des ambitions de l'Europe spatiale. Il est hautement symbolique que ces événements soient tous survenus dans une période d'environ huit  jours. Ils témoignent de l'épuisement définitif de l'Union européenne àincarner « l'idée européenne ».


Un échec économique
La question du budget de l'UE est économiquement importante. Non pas tant pour les sommes en jeu. La contribution au budget de l'UE a été plafonnée à 1,26% du PIB des différents pays. Ainsi, pour 2013 ce sont 138 milliards d'euros qui sont prévus. Mais c'est la faiblesse de cette somme qui pose problème. Alors que la zone Euro, qui est une subdivision de l'UE, est en récession, et que ceci durera certainement en 2013 et en 2014, la logique aurait voulu que l'on se mette d'accord pour un budget de relance, soit en favorisant la demande, soit en favorisant des politiques de l'offre et de la compétitivité dans certains pays, et très probablement en faisant les deux. Or, c'est exactement le contraire qui s'est produit...."

 

  Ces politiques  ont été quantifiées. Elles impliqueraient rien, que pour le rattrapage de compétitivité, que l'on dépense pour les quatre paysd'Europe du Sud (Espagne, Grèce, Italie et Portugal), environ 257 milliards d'euros par an comme on l'a établi dans une
précédente note[1] <http://russeurope.hypotheses.org/539> . Si l'on veut être cohérent, il faut en réalité ajouter au moins 100 milliards à cette somme pour financer des grands projets permettant d'harmoniser la compétitivité des autres pays. Cette dépense supplémentaire de 357 milliards, pour un budget d'environ 138 milliards est importante. Elle
impliquerait que le budget passe de 1,26% à 4,5%.
En réalité, le problème est bien plus compliqué. Les 138 milliards prévuspour le budget 2013 donnent lieu à des retours, plus ou moins importants,pour tous les pays de l'UE. Sur les 357 milliards qu'il faudrait dépenser en plus, 257 milliards sont des transferts nets à destination des quatre pays du Sud déjà évoqués. Ils devraient donc être fournis par les autres États,et dans les faits ils ne pourraient l'être que par l'Allemagne, l'Autriche,la Finlande et les Pays-Bas. Ceci revient à dire que l'Allemagne devrait à elle seule contribuer à hauteur de 85%-90% de cette somme, ce qui  représenterait entre 8,5% et 9% de son PIB par an en transferts nets. Sur une période de dix ans cela aboutit à 3570 milliards d'euros de budget total. Quand on parle, les sanglots dans la voix et les larmes dans les yeux, du «fédéralisme européen», c'est de cela dont on parle en réalité,car sans transferts importants point de fédéralisme.
Au regard de cela, notons que les dirigeants européens n'ont pas réussi à se mettre d'accord sur une somme de 978 milliards d'euros sur 7 ans (2014-2020) alors que sur la même période c'est 2499 milliards en plus qu'ils auraient dû financer. On mesure l'immensité de la tâche, et son impossibilité dans les circonstances actuelles. À cet égard, l'échec, probablement temporaire car une solution de compromis ne satisfaisant personne et ne réglant rien sera trouvé d'ici fin janvier 2013, prend toute sa signification. Si les 27 pays de l'Union Européenne ont tant de mal à s'accorder sur une somme, en réalité modeste, on ne voit pas comment ils pourraient décider d'un commun accord de sommes qui sont 2,5 fois plus importantes. La réalité de l'UE est bien l'absence totale de solidarité en son sein, même et y compris quand cette solidarité serait de l'intérêt de tous. Ce que révèle cette situation c'est qu'il n'y a pas de « chose publique» (res publica) dans l'Union Européenne.
Ceci se manifeste aussi dans la manière dont le cas de la Grèce a été (mal)traité. Il est absolument évident que le fardeau de la dette engendre la dette. La seule solution au cas de la Grèce est un défaut (une « restructuration ») portant sur la moitié des dettes détenues par des organismes publics, tout comme un défaut équivalent a été imposé aux créditeurs privés[2] <http://russeurope.hypotheses.org/539> . Mais, les pays de la zone Euro sont incapables de faire face à cette réalité. Ils vont donc redonner de l'argent pour que les paiements de la dette soient étalés. Ceci ne règlera rien, et la majorité des experts le savent. Cependant, outre le fait de prendre une mesure qui n'est qu'un palliatif, les mêmes pays n'arrivent pas à se mettre d'accord sur la somme qu'il faudra prêter à court terme à la Grèce. C'est ce que l'on a vu au début de la semaine du 19 novembre. Ils préfèrent faire porter l'apparence de la responsabilité sur le FMI. L'auteur de ces lignes a écrit par le passé des choses extrêmement critiques et dures à l'égard de cette organisation[3] <http://russeurope.hypotheses.org/539> . Mais, il est clair que les statuts du FMI ne lui permettent pas de prêter à un pays qui est clairement insolvable. De ce point de vue, le FMI est parfaitement dans son rôle quand il rappelle aux pays de la zone Euro qu'il faut une solution à long terme pour la Grèce et que celle-ci ne peut provenir que d'un défaut partiel. Ici encore, les solutions rationnelles sont écartées au profit de celles qui servent les intérêts immédiats de tel ou tel. Cette inconséquence est le produit d'une incohérence de fond : on veut éviter le défaut mais l'on se refuse à en payer le prix.....On vivra donc d'expédients, et l'on vivra de plus en plus mal jusqu'au moment où il faudra affronter la
réalité.


Un échec politique
Le problème posé est ensuite politique, et il a été mis en lumière à l'occasion de l'échec du Conseil Européen de la nuit du 22 au 23 novembre. On glose beaucoup sur une « alliance » entre la chancelière allemande, Mme Angela Merkel et le Premier ministre britannique David Cameron, alliance qui aurait abouti à l'isolement de la France. Mais cette « alliance » est en
réalité purement conjoncturelle. La Grande-Bretagne poursuit son vieil objectif de réduire l'UE à un espace de libre-échange et à un cadre réglementaire le plus léger possible. L'Allemagne, pour sa part, et elle est rejointe sur ce point par des pays comme la Finlande, les Pays-Bas et l'Autriche, s'oppose absolument à ce que les transferts prennent plus d'importance. ...... Le refus de l'Union de Transfert est un point cardinal de la politique allemande et cela s'explique tant par l'impact que ces transferts auraient sur l'économie allemande[4] <http://russeurope.hypotheses.org/539> que par la démographie de ce pays qui est en train de se dépeupler. Cela n'implique pas qu'elle partage les vues de la Grande-Bretagne quant à la philosophie de l'UE. .....Il faut ici dissiper une illusion très répandue dans les élites politiques françaises. Nos dirigeants pensent que l'on pourra, moyennant des
concessions sur certains points, amener les dirigeants allemands à accepter une contribution plus importante, du fait de leur (relatif) assouplissement sur la question de la crise de la dette dans la zone Euro. Rappelons que lors des premières réunions de crise, au début de l'année 2010, la position allemande était une opposition totale au sauvetage de la Grèce. En fait nos dirigeants commettent non pas une mais deux erreurs quant à la position
allemande. La première est de confondre la crise de la dette et la crise de compétitivité. Ces deux crises sont distinctes, même si la seconde réalimente en permanence la première. L'attitude allemande a été de faire des concessions sur la crise de la dette pour éviter une tempête financière qui emporte avec elle la zone Euro, mais de refuser toute concession sur la crise de liquidité. La distinction entre ces deux crises est très claire chez les dirigeants allemands. Ils considèrent que la crise de la dette est un problème collectif, mais que la crise de compétitivité n'est que du ressort des États ! Il s'en déduit que l'on ne peut inférer de leur changement d'attitude sur la crise de la dette un quelconque changement sur la crise structurelle, celle de compétitivité. La seconde erreur consiste à ne pas comprendre que le choix pour l'Allemagne ne se réduit pas au sauvetage à tout prix de la zone Euro. L'Allemagne souhaite par dessus tout le statu-quo (qui lui permet de réaliser ses énormes excédents commerciaux au détriment des autres pays de la zone Euro). Pour maintenir ce statu-quo elle a déjà accepté de contribuer, et elle a déjà accepté une mutualisation
des dettes - quoi qu'on en dise - sous la forme du rachat par la Banque Centrale Européenne des dettes des pays en difficulté sur le marché secondaire. Elle est en effet co-responsable du bilan de la BCE à hauteur de sa contribution initiale pour cette institution. Mais, elle n'est pas prête à aller au-delà d'une contribution annuelle d'environ 2% de son PIB (soit environ 50 milliards d'Euros). Si l'on met l'Allemagne au défi de payer les sommes évoquées plus haut, soit 8% à 9% de son PIB afin de rendre viable la zone Euro, elle préfèrera la fin de la zone Euro. .....L'idée d'une alliance France-Allemagne, le Merkozy, qui était défendue par le précédent gouvernement était fondée sur l'illusion, entretenue par ignorance ou à dessein, que la crise de la zone Euro était uniquement une crise de la dette. Si tel avait bien été le cas, il est probable que l'on aurait pu trouver un terrain d'entente stable entre nos deux pays. Mais, la crise de l'Euro est avant tout une crise issue de l'hétérogénéité des économies, hétérogénéité qui s'accroît naturellement dans un système de monnaie unique et avec une politique monétaire uniforme en l'absence de flux de transferts massifs, et qui débouche sur une crise majeure de compétitivité, qui elle-même engendre une montée des déficits.

Arrivées à ce point, les positions respectives de la France et de l'Allemagne divergent spontanément, ce dont le nouveau gouvernement à pris acte. Mais, alors qu'il tentait de rallier à lui les pays en difficultés, il n'a fait que provoquer l'alliance, certes temporaire, mais redoutable, de l'Allemagne avec la Grande-Bretagne. En fait, dans le cadre de la zone Euro, l'Allemagne peut toujours se trouver des alliés et une stratégie de secours, du moins à court terme. C'est la France qui se trouve, en fin compte, comme l'on dit chez les pilotes de chasse « out of power, out of altitude and out of idea » (ce que l'on peut librement traduire par « à bout de puissance, à bout d'altitude, à bout d'idées »). François Hollande doit comprendre que, dans la situation actuelle, la seule chance qui reste pour notre pays est de renverser la table, de mettre l'Allemagne devant le choix de procéder soit à une dissolution ordonnée de la zone Euro, dans laquelle elle perdra incontestablement certains de ses avantages, et un éclatement désordonné dans lequel elle a bien plus à perdre.
 

 

Un échec symbolique
Les échecs tant économiques que politiques de la semaine passée sont, bien entendu, révélateurs d'un échec symbolique majeur. Aujourd'hui, qui croit encore en l'Union Européenne ? L'analyse des derniers sondages publiés en juin et novembre sur ce point donne un résultat clair. La perte de confiance dans la capacité de l'UE à apporter quoi que ce soit de positif aux populations est massive..... Dans l'Eurobaromètre, sondage réalisé de manière régulière dans tous les pays de l'UE[5] <http://russeurope.hypotheses.org/539> , la côte de confiance dans l'Union Européenne est tombée à 31%. En fait, 28% de sondés ont une opinion « très négative » de l'UE et 39% ne se prononcent pas. Le plus impressionnant est l'évolution dans le temps des résultats. Les mauvaises opinions sont passées de 15% à 28% de l'automne 2009 au printemps 2012, alors que les bonnes opinions sont passées quant à elles de 48% à 31% dans la même période. Mais il y a pire : 51% des personnes interrogées ne se sentent pas plus proches des autres pays avec la crise.....(<http://f.hypotheses.org/wp-content/blogs.dir/981/files/2012/11/Eurobarom.gif> ). Autrement dit, la politique de l'UE a conduit à une montée des méfiances réciproques, ce qu'elle normalement devait combattre. ....
 

 

C'est donc la crédibilité générale de l'UE qui est en cause, et l'on voit bien ici que les stratégies discursives utilisées par les européistes seront de moins en moins efficaces. Ces stratégies reposent sur une délégitimation des opinions négatives, qui sont associées à des catégories dites « peu éduquées » et par cela incapables de comprendre ce qu'apporte l'UE et sur une explication de ces résultats par les simples difficultés matériellesengendrées par la crise. ..... On voit immédiatement la parenté entre cet argument et les arguments du XIXe siècle en faveur du vote censitaire. Les personnes aux revenus modestes, qui en général ne font pas d'études supérieures, sont considérées comme intrinsèquement inaptes à juger d'un projet qui est présenté comme «complexe ». Cet argument n'est en réalité qu'une rationalisation du cours anti-démocratique pris par la construction européenne depuis 2005. Le second argument contient une parcelle de vérité. Il est clair que l'impact de la crise a modifié les préférences des individus. Mais cet argument se retourne contre ses auteurs : pourquoi l'UE a-t-elle été incapable de protéger les personnes des effets de la crise ? En fait, cette dernière agit comme un révélateur qui met en évidence les carences et les défauts de l'UE. Il reste un troisième argument, qui est utilisé de temps en temps : l'Union Européenne nous aurait évité le retour des conflits intereuropéens des siècles précédents. Mais ceci est faux, techniquement et historiquement.Techniquement, l'UE a été incapable d'empêcher les conflits des Balkans, et leur mode de résolution doit bien plus à l'OTAN qu'à l'UE. Historiquement,les deux événements majeurs que sont la réconciliation franco-allemande et la chute du mur de Berlin ne sont nullement le produit de l'Union Européenne. En fait, et on le voit bien aujourd'hui, l'UE par sa politique actuelle nourrit le retour des haines recuites, que ce soit entre pays (Grèce et Allemagne, mais aussi Portugal ou Espagne et Allemagne) ou à l'intérieur de ceux-ci (Espagne, avec le Pays Basque et la Catalogne et Belgique).
 

Cet échec symbolique est certainement le plus grave à court terme, car il touche aux représentations des peuples. Si l'échec économique et politique montre que l'UE est à bout de souffle, l'échec symbolique, illustré dans les derniers sondages, ouvre la voie à des radicalisations des opinions publiques à relativement court terme.
 

 

Tirer les leçons de l'épuisement d'un projet européen
Il convient aujourd'hui de se livrer à un bilan sans concession du projet que l'UE porta et qui a aujourd'hui manifestement échoué. Cela ne signifie pas que tout projet européen soit condamné à l'échec. Mais encore faut-il sortir de l'identification de l'Europe avec l'Union Européenne. On voit bien que certains pays hors du cadre de l'UE ont un intérêt à l'existence d'une Europe forte et prospère. Le cas de la Russie et de la Chine saute aux yeux. La Russie, de plus, est elle aussi un pays européen, même si elle n'est pas uniquement européenne. Il est donc possible de penser un projet européen intégrant toute l'Europe, y compris les pays qui aujourd'hui ne sont pas membres de l'UE et n'aspirent pas à le devenir. Mais à la condition de faire des nations européennes, ces « vieilles nations » qui restent aujourd'hui le cadre privilégié de la démocratie, la base de ce projet. Ce projet devra être construit autour d'initiatives industrielles, scientifiques et culturelles dont le noyau initial pourra être variable, mais qui exigent pour exister que soient remises en cause un certain nombre de normes et des règlements de l'UE. Plus que tout, il faudra procéder à une dissolution de l'Euro. Cette dissolution, si elle est concertée par tous les pays membres de la zone Euro sera en elle-même un acte européen, et pourra donner immédiatement lieu à des mécanismes de concertation et de coordination qui feront en sorte que les parités de change des monnaies nationales retrouvées ne fluctuent pas de manière erratique mais en fonction des paramètres fondamentaux des économies.

 

Cette voie demande du courage, car les dirigeants actuels dans de nombreux pays sont les héritiers directs des « pères fondateurs » de l'Union Européenne. Mais, tout héritage doit à un moment être soldé. À se refuser à le faire c'est à l'entrée des pays européens dans une historique de convulsions violentes, tant internes qu'externes, que l'on se prépare. S'il est vrai que l'idée européenne est porteuse de paix, la poursuite dans sa forme actuelle de l'Union Européenne ne peut-être que source de conflit de plus en plus violents.



[1] <http://russeurope.hypotheses.org/539>  Jacques Sapir, "Le coût du
fédéralisme dans la zone Euro", billet publié sur le carnet Russeurope le
10/11/2012, URL: http://russeurope.hypotheses.org/453
[2] <http://russeurope.hypotheses.org/539>  Jacques Sapir, "Grèce: seule
l'annulation de la dette peut apporter un début de solution", billet publié
sur le carnet Russeurope le 20/11/2012, URL:
http://russeurope.hypotheses.org/522
[3] <http://russeurope.hypotheses.org/539>  Jacques Sapir, Le Krach Russe,
La découverte, Paris, 1998. Idem, Les Économistes contre la Démocratie,
Albin Michel, Paris, 2002. Idem, "Le FMI et la Russie: conditionnalité sous
influences", in Critique Internationale, n°6, Hiver 2000, pp. 12-19.
[4] <http://russeurope.hypotheses.org/539>  Patrick Artus, La solidarité
avec les autres pays de la zone euro est-elle incompatible avec la stratégie
fondamentale de l'Allemagne : rester compétitive au niveau mondial ? La
réponse est oui, Flash Économie, NATIXIS, n° 508, 17 juillet 2012.
[5] <http://russeurope.hypotheses.org/539>  Eurobaromètre Standard 77,
L'OPINION PUBLIQUE DANS L'UNION EUROPÉENNE, Commission européenne, Direction
générale Communication, juillet 2012, URL :
http://ec.europa.eu/public_opinion/archives/eb/eb77/eb77_first_fr.pdf

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Dimanche 25 novembre 2012 7 25 /11 /Nov /2012 15:47
- Par Gérard Bélorgey - Publié dans : Europe - Ecrire un commentaire
0
 
inv
:: 
30/04/10 :: 17:57

Je reproduis ci dessous ce texte partciulièrement clairvoyant

de Jacques Sapir



 
Cette fois, nous y sommes ; la crise grecque déborde des frontières comme c’était prévisible, et avait été prévu depuis septembre 2009.


Les problèmes de la Grèce sont en effet connus depuis septembre 2009 (et même avant) par le grand public. Il était évident qu’un effet de contagion se manifesterait. Tout ceci a été indiqué à plusieurs reprises. Désormais, on peut craindre qu’il ne soit trop tard pour réagir et sauver l’Euro.


La zone Euro est bien entrée en crise avec le transfert de la spéculation sur le Portugal (en raison de la baisse de sa note), et les problèmes qui commencent à monter sur l’Espagne et l’Italie en raison des difficultés que ces pays rencontrent pour placer leur dette à moyen et long terme. Ce ne sont pas ici les articles lénifiants, comme celui de Mme Nathalie van Ypersele dans TRENDS, ou les ronflantes déclarations de M. Barroso (1) , qui y changeront quelque chose (2).


Les difficultés (pour ne pas dire plus) des pays de la Zone Euro à réagir à ce qui aurait pu n’être au départ qu’une crise localisée, la mauvaise volonté allemande à jouer le jeu de la solidarité ont été des éléments clefs dans le déclenchement de cette crise. Mais, sur le fond, c’est bien le principe même de la zone Euro qui est en cause, soit la tentative d’imposer une règle monétaire unique à des pays dont les économies sont profondément différentes et le tout sans mécanisme institutionnel de solidarité.



Cette crise va prendre la forme d’une succession d’attaques spéculatives contre divers pays. Tant que l’on ne décrètera pas un contrôle sur les mouvements des capitaux à court terme, les capacités à résister à de telles attaques sont des plus limitées. La crise va donc empirer, et connaîtra une accélération brutale avec soit la sortie de la Grèce de la zone Euro, soit l’annonce d’un défaut sur sa dette, soit les deux.



Une décision rapide s’impose, et elle risque de s’avérer très coûteuse.


Le plan d’aide à la Grèce prévoyait 45 milliards d’Euros. Aujourd’hui, on parle d’un montant de 55 à 75 milliards d’Euros (4). Derrière cette somme se profilent des montants encore plus énormes. On parle ainsi de 600 milliards d’euros pour faire face à une crise qui déborderait de la Grèce et toucherait les autres pays que l’on a cités.


Il est clair que la crise s’accélère désormais de jour en jour. Lors d’un séminaire à Caracas, en novembre 2008, j’avais qualifié cette crise de « virus mutant ». Jamais le terme n’a été aussi justifié.


Faut-il sortir de la zone euro?


La question a été posée pour la Grèce par plusieurs responsables conservateurs allemands dont Hans-Peter Friederich (CDU-CSU), et elle est reprise par le Bild et le Spiegel.


Si l’on voit clairement pointer l’égoïsme allemand dans ces déclarations, il n’en est pas moins vrai qu’elles décrivent ce qui est très probablement la meilleure des solutions pour Athènes. Une sortie de la zone Euro accompagnée d’une forte dévaluation (30% au minimum) ET d’un défaut partiel sur sa dette publique sont très certainement les conditions d’un retour de la Grèce à la croissance.



Mais, le problème de la zone Euro reste entier.


Il faut ici rappeler que la zone Euro est très intéressante pour l’Allemagne dans la mesure où elle lui ouvre un vaste marché sur lequel elle peut accumuler les excédents commerciaux sans qu’elle ne soit menacée de dévaluations compétitives en retour. Ceci implique, néanmoins, que l’Allemagne n’abuse pas de sa position et ne mette ses principaux partenaires dans une situation intenable.


C’est pourtant très exactement ce que l’Allemagne a fait, en transférant une bonne partie des charges patronales vers l’impôt. Elle a dans le même geste diminué les charges de ses entreprises, leur permettant de baisser les prix, et diminué sa demande intérieure privant ainsi ses partenaires d’une partie de son marché potentiel. Ceci a été l’équivalent d’une dévaluation de 10% de la part de l’Allemagne.


Les conséquences ont été un accroissement brutal du déficit commercial des pays de la zone Euro.
Dans ces conditions, le refus, à peine déguisé, de l’Allemagne de participer à une aide collective en faveur de la Grèce, les conditions qu’elle y met, apparaissent bien comme des incohérences. La seule explication possible est que l’Allemagne ne croit pas en une sortie massive de ses partenaires hors de la zone Euro. Mais, est-ce un bon calcul ?


On a beaucoup glosé sur les avantages, réels et supposés, de la monnaie unique. Si l’on met de côté la réduction des coûts de transaction liés au change (mais qui seraient réduits tout aussi bien par un système de taux de changes fixes révisables annuellement), le seul avantage réel de la monnaie unique a été la baisse des taux d’intérêts. Il est vrai que si l’on compare les taux sur les emprunts publics à 10 ans, le taux allemand est de 3,04% alors que le taux français est de 3,32% soit un écart (spread) de 28 points. On remarquera cependant que le taux de l’Italie est à 4,12% (un spread de 108 point) alors que le taux de la Grande-Bretagne n’est que de 3,93%.


Si la convergence des taux a bien été une réalité jusqu’en 2007, il n’en va plus de même aujourd’hui. Ici encore, il convient de remarquer que l’on pourrait facilement dissocier les taux d’intérêts par un système de contrôle strict sur les capitaux, accompagné par le retour d’un montant obligatoire de bons du Trésor que les banques commerciales devraient détenir. Un tel système créerait artificiellement un « appétit » pour les titres publics, qui pourraient être, provisoirement, escomptés par la Banque Centrale du pays considéré. Le taux d’escompte de la Banque Centrale redeviendrait ainsi le taux directeur pour ce pays.


En fait, l’Euro ne s’est imposé comme un choix logique que dans la mesure où nous sommes entrés dans une situation de liberté totale des capitaux. Or, rien ne l’impose à la France et aux pays du noyau historique de l’Europe, si ce n’est bien évidemment les profits des banques.


Si l’Allemagne se montrait par trop inflexible sur sa politique monétaire, une sortie de l’Euro devrait alors être envisagée. Il est clair, compte tenu de l’importance des échanges entre la France et l’Allemagne, qu’une dévaluation de la France de 20% à 25% aurait des conséquences catastrophiques sur l’économie allemande.


Ceci ne signifie pas qu’une telle sortie soit simple et facile. Elle devrait s’accompagner de mesures structurelles importantes quant au contrôle des capitaux et au contrôle des changes. Un défaut, au moins partiel sur la dette publique, s’imposerait aussi. Le statut de la Banque de France devrait, bien entendu, être modifié. Mais, dans le cadre d’une politique qui reconstituerait un pôle public du crédit et qui ferait le choix de l’industrie contre les banques, cette politique aurait une cohérence.



Le réel problème est celui de la dynamique qui serait créée par les anticipations des marchés. Que nous fassions publiquement état de cette possibilité et les conditions de refinancement de la France dans la zone Euro se détérioreraient rapidement, rendant alors inévitable notre sortie. Mais, tant que cette menace est tenue secrète, peut-elle être prise au sérieux par l’Allemagne ? La liste est longue des abandons consentis par notre pays au nom du « binôme Franco-Allemand ». Mais pour qu’un tel « binôme » existe, il faut être deux.


L’heure des choix a sonné pour la France. Soit elle sera contrainte par la crise, et devenue objet et non sujet de sa propre histoire elle assistera impuissante aux évolutions monétaires et économiques, soit elle décidera de faire de malheur vertu. La crise de la zone Euro, on l’a dit, est inévitable. Au lieu d’être le jouet des événements il convient de les convoquer et de les organiser au profit d’une autre politique. Peut-être que l’Allemagne, mise ainsi au pied du mur, se rendra compte des désastres que sa politique a provoqués. Une réforme radicale, à la dernière heure, de la zone Euro n’est pas complètement impossible. Mais, si l’Allemagne s’entête dans l’autisme au moins aurons-nous une porte de sortie viable.


Ces choix, cependant, ne semblent pas pouvoir être portés par l’équipe au pouvoir, et probablement pas par une partie de l’opposition. Il nous faut en France une nouvelle alliance.
______________________
(1) La dernière en date est du 28 avril depuis Tokyo…

(2) http://trends.rnews.be/fr/economie/opinion/chronique-tendances/un-peu-de-serieux-s-il-vous-plait/opinie-1194707502032.htm#

(3) Cette présentation en terme d’instabilité financière hypothétique s’inspire de la présentation de l’hypothèse de H.P . Minsky faite par Vercelli, A., « A Pesrpective on Minsky Moments : The Core of the Financial Instability


(4) Simon Kennedy, «Greece Turning Viral Sparks Search for EU Emergency Solutions », Bloomberg.com, URL, http://www.bloomberg.com/apps/news?pid=20601087&sid=a5lqHqLT1CeQ&pos=2
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Vendredi 7 mai 2010 5 07 /05 /Mai /2010 00:00
- Par Gérard Bélorgey - Publié dans : Europe - Ecrire un commentaire
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Diminuer les salaires de  fonctionnaires grecs mal payés, tailler dans les dépenses publiques, voilà les actions qu'inspire le conseil de l'union , alors que des causes fondamentales de la situation grecque sont hors de portée des concepts de la technocratie européenne :

- comment  augmenter les recettes de l'État  , en particulier par une fiscalité juste et effectivement perçue en faisant rentrer dans le droit une énorme et multiforme économie souterraine et frauduleuse?

-comment assurer des activités à cette communauté  étranglée  entre les importations des pays avancés et celles des pays à plus bas salaires encore que les siens ?
 
- comment faire par de telles activités - industrielles comme il le faudrait enfin et surtout - que son commerce extérieur ne soit plus démentiellement déficitaire malgré les services de fret maritime et les recettes touristiques.

Le salut de la Grèce - et des Grecs -  n'est pas dans les recettes au fond monétaristes qu'on exige d'elle, mais dans une véritable préférence communautaire dont elle devrait pouvoir bénéficier si toute l'Europe n'était pas une ouverture sans logique et sans fin.
          
Mercredi 24 février 2010 3 24 /02 /Fév /2010 16:28
- Par Gérard Bélorgey - Publié dans : Europe
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