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POURQUOI CE BLOG



L'objet de ce site est de baliser par quelques souvenirs éloquents l'histoire récente et de faire contribuer ces expériences, par des commentaires d'actualité, à éclairer et choisir les changements, en s'interrogeant sur les propositions des politiques et les analyses des essaiystes. Par ailleurs, à côté des problèmes de société (parfois traités de manière si impertinente que la rubrique "hors des clous"a été conçue pour les accueillir), place a été faite à "l'évasion" avec des incursions dans la peinture, le tourisme, la littérature,  des chansons, ce qui constitue aussi des aperçus sur l'histoire vécue.

 
Identité de l’auteur
vous pouvez lui écrire à <gerard.belorgey@wanadoo.fr>

Né en 1933, appartenant à la génération dont l'enfance a été marquée par la deuxième guerre mondiale, l'occupation et la Résistance, l'adolescence par la Libération, la guerre froide, puis par de clairvoyants engagements pour les décolonisations, l'auteur a ensuite partagé sa vie professionnelle entre le service public (il a notamment été préfet, délégué à l’emploi, directeur des affaires économiques de l’outre-mer, président de la chaîne de radio-télévision, RFO), l'enseignement et la publication d’ouvrages de sciences politiques (il est aujourd’hui membre du comité de rédaction et
collaborateur régulier de la "Revue Politique et Parlementaire"). Il a également assumé des missions dans de grandes entreprises en restructuration (Boussac, Usinor/Sacilor), puis a été conseil d’organismes professionnels.

Alors que ses condisciples ont été en particulier Michel Rocard et Jacques Chirac (il a partagé la jeunesse militante du premier dans les années cinquante et fait entrer le second à Matignon dans les années 60, avant d'être son premier collaborateur à l’Emploi, pour la négociation de Grenelle et au secrétariat d’Etat aux Finances, il n'a suivi ni l'un, ni l'autre dans leurs itinéraires. En effet, dans le domaine politique, comme il ressort de ses publications (cf. infra), Gérard Bélorgey n’a rallié ni la vulgate de la Veme république sur les bienfaits de l’alternance entre partis dominants, ni les tenants du catéchisme du libre-échange mondial. Il ne se résigne donc pas à TINA ("there is no alternative" au libéralisme). Tout en reconnaissant les apports autant que les limites de ceux qui ont été aux affaires et avec lesquels il a travaillé, il ne se résigne pas non plus à trouver satisfaction dans tel ou tel programme de camp. Mesurant combien notre société multiculturelle, injuste et caricaturalement mondialisée, souffre aussi bien des impasses de l’angélisme que des progrès de l’inégalité et des dangers de l’autoritarisme, il voudrait contribuer à un réalisme sans démagogie.

Partie de ses archives est déposée dans les Fonds d'Histoire contemporaine de la Fondation des Sciences Poltiques (http://centre-histoire.sciences-po.fr/archives/index.html)

Il a écrit et existé sous d'autres noms que celui sous lequel il a signé des ouvrages fondamentaux que furent "le gouvernement et l'administration de la France" ( 1967), "la France décentralisée" ( 1984), "Les Dom-Tom" (1994)  : le peuso de Serge Adour correspond à l'époque de la guerre d'Algérie et à une grande série de papiers dans Le Monde en  1957 , celui d'Olivier Memling à l'écriture du recueil de poèmes "Sablier " (couronné en 1980 par l'Académie Française et référé  dans l'histoire littéraire du XXeme Siècle de Hachette) et aux chansons qui en sont issues, celui de  Gérard Olivier à son analyse dans de  grands quotidiens de la décentralisation en 1981/82; celui de Solon  (malheureusement partagée par erreur avec d'autres auteurs) à la publication en 1988 de "la démocratie absolue" . Cessant de vivre un peu masqué, il retrouve son nom en 1998 pour "Trois Illusions qui nous gouvernent", puis à compter de 2000 pour "Bulles d'Histoire et autres contes vrais " (série de coups de projecteurs sur notre monde  qui seront souvent repris ci-dessous), ainsi que pour de  nombreux articles dans  diverses revues. En 2009, son récit "la course de printemps" revient sur la guerre d'Algérie.

Algérie

Par antinomie avec "pied-noir", "pied-rouge" a désigné celui qui se rangeait activement du côté des nationalistes algériens, puis celui qui allait se mettre au service de la révolution algérienne à compter de l'indépendance.

Ce ne fut jamais ma tribu. Préconisant d'aller à l'indépendance de l'Algérie au lieu d'y faire la guerre , je n'ai pas  été ( même si Daniel Guérin m'a salué de la sorte) un "anticolonialiste" (ni les réseaux des porteurs de valises,  ni les groupuscules  d'extrême gauche faisant passer au FLN ne m'ont jamais attiré) mais je me suis situé, à la lumière de mes expériences maghrébines du début des années cinquante, de ma formation historique et de mon militantisme ,   comme  un "décolonisateur" ; parce que c'était à mes yeux le réalisme politique  et un réalisme politique qui devait sauver l'honneur .
Si après l'indépendance du Maroc, ses autorités m'ont proposé en 1958 de travailler pour et dans le royaume  chérifien que je connaissais alors bien, ma carrière autrement engagée m'en a écarté et , par la suite, la Coopération ne m'a pas conduit en Algérie où je n'aurais pas été d'ailleurs volontiers : ma propension à soutenir une nouvelle Algérie
ne me portait pas pour autant à admettre ce que  celle-ci avait laissé commettre comme martyr pour les harkis, sans comprendre les aliénations auxquelles, sous la "pacification"  avaient été soumis ses propres habitants (ce pays est bien difficilement celui du pardon).

Je n'ai donc fait en aucun cas parti (même si j'en ai croisés quelques-uns) de ces "pieds rouges" dont traite le livre venant de paraître de Catherine Simon  ("En Algérie, les années pieds-rouges" ) : une fantastique enquête rétrospective sur les destins de ceux qui sont passés des années Ben Bella aux années Boumedienne, "des rêves au désenchantement" et parfois de l'intégration à l'Algérie à la torture par des Algériens, des prisons et des cavales  françaises à la résistance locale et aux poursuites par les autorités d'Alger.  Un tragique morceau incontournable de l'Histoire d'Algérie ( à quand la possibilité d'explorer  des archives algériennes...) , en attendant les suivants et avec l'étonnement de ne pas voir quelques noms, quelques livres parmi les références.
Cet  ouvrage illustre les pièges  des lignes de conduite  trop exclusivement inspirées  par les idéologies et même par la seule passion des droits de l'homme,  sans relativiser toutes ces références à l'aune de ce qu'est la réalité d'un monde plus proche des temps passés et des cupidités éternelles pour le pouvoir  que des angélismes personnels ou des mythes révolutionnaires. Et parmi les survivants combien de nobles militants retraités amers et perdus pour ce meilleur monde qu'ils ont voulu faire et servir.

Il y a deux ou trois ans  c'est la fiction qui avait apporté un autre éclairage  sur une histoire de ce registre ; " Le pied Rouge" , policier publié chez Gallimard  de François Muratet et couvert de quelques prix,  racontait des djebels à Paimpol en passant par Paris, la traque d'un pied rouge par un quasi pied noir, d'un gauchiste mao reconverti dans les missions délicates  par un franquiste reconverti dans le milieu . Ce qui se passait en Algérie indépendante était quasi laissé dans l'ombre, sauf quelques allusions au FIS  et à d'étranges alliances. Mais les  engagements dans le bled entre kathibas et commandos, passeurs et gardiens de la frontière et les combats entre polices , anciens du sac et services parallèles ne sonnaient pas faux. C'était dur et crédible; fol aussi ; mais peut-être plus supportable que la réalité de l'ouvrage minutieusement historique que vient de nous livrer "La découverte"?"; on pouvait croire que c'était de la fiction. Là on sait hélas que c'est  de l'Histoire.        
Dimanche 1 novembre 2009 7 01 /11 /2009 06:45
- Publié dans : Algérie
Par Gérard Bélorgey - Voir les commentaires

 

Voilà plus de cinquante ans - exactement 53 - que j'ai sur le coeur l'affaire du Zakri.

C'est à cet engagement meurtrier, en Oranie en 1956, que je réfère dans l'épisode "Mes marins" de "Bulles d'Histoire " , de même que je reprends quasiment dans les mêmes termes, les moments de cette "bataille" dans le Chapitre 11 de "la Course de Printemps" .

 

Or des recherches m'ont conduit à découvrir le site sur lequel écrivent et témoignent depuis quelques années  des fusiliers marins de la DBFM rescapés de cette aventure

 

http://djebelzakri.canalblog.com/archives/accueil/index.html

Page 1 à 9 - L’opération du Djebel Zakri

 


On y trouve souvenirs précis, expressions de tout ce que pouvaient  penser les soldats d'alors,  cartes, fac similé d'articles de presse, correspondances, photos très éloquentes,   etc. : tous documents  que  je n’ai pas pu  bien  transférer, mais ...

 

 

IL FAUT ALLER VOIR CE SITE : la vérité de cette époque parfaitement décrite par des engagés volontaires du temps, mais qui n'auraient pu imaginer ce à quoi, et à  qui , ils s'étaient livrés

Je reproduis ci-après mon témoignage et ce que j'ai comme  part d'explication de cette vilaine affaire 

 

 

- MES MARINS - 1956

 

 

 

 

Au chef lieu, il y avait des obsèques :  après une lourde intervention de pacification, on rendait les honneurs aux cercueils alignés, drappés de tricolore, frappés de l'ancre de marine. Il y en avait presqu'autant que, selon la presse, de combattants F.L.N. tués au cours de que l'on avait appelé la "bataille du Zakri" dans l'ouest algérien,.

 

Entre les sonneries aux morts et les remises de décorations, je revivais l'opération. Elle avait été montée de manière classique. Un vaste compartiment de terrain, composé de djebels allongés et de petits plateaux de piémonts,  avait été, le plus discrètement possible, bouclé avant l'aube,  par des troupes motorisées constituant le filet de la nasse. Une fois en place, elles croisaient leurs vues et leurs feux sur tout ce qui prétendrait en sortir. D'autres unités, à pied, étaient chargées de battre et ratisser la surface encerclée. Les habitants étaient rameutés vers des points de contrôle. Ceux qui ne se laissaient pas contrôler étaient les rebelles. Au point haut du dispositif, un peu en avant du bouclage, était le piton du commandement. Deux types de forces étaient engagées : celles du secteur qui quadrillaient habituellement le pays et le connaissaient bien; des forces d'intervention venues d'ailleurs. Mon peloton de chars et d'hommes portés appartenait aux premières. Nous y travaillions tantôt en véhicules, tantôt au contact. Nous avions été placés en réserve auprès du commandant d'une demi-brigade de fusiliers marins : une troupe d'élite, spécialement entraînée, sophistiquement équipée, faisant, sur de courts séjours opérationnels, la guerre comme un ballet, avec élégance, courage et férocité. C'est dans un douar qu'elle avait un jour "nettoyé" que j'ai fait fait rapine, avant que tout ne brûle, d'une couverture de laine aux bandes vertes et blanches surlignées de fines rayures oranges, pourpres et noires, dont je ne parviens pas à me séparer, sur laquelle je couche encore souvent depuis plus de quarante ans.

 

A peine l'aube s'était-elle ouverte,  que ces commandos de marines, en progression sur les pentes du djebel, furent cloués au sol par des tirs émanant d'une ligne de maisons, de figuiers de barbarie et de rocs en désordre. L'ensemble constituait comme un petit ksar surélevé par rapport au lacet abrupt d'une piste. Au delà, un tournant, pour franchir un mauvais col, passait sur l'autre versant de ce haut de vallée.

 

Longtemps, dans mes jumelles, depuis le P.C., je suis resté à observer: dispersés en tirailleurs, dans leurs treillis vert pomme, les hommes aux bérets à pompon rouge se faisaient "allumer" dès qu'ils se levaient de derrière un pli de terrain ou une murette. Ils ont fini par donner l'assaut à découvert, enlevés par des enseignes de vaisseaux, glorieux comme en quatorze et fauchés par les rafales. Ils ne sont pas arrivés jusqu'au ksar avant que les fellaghas n'aient réussi à se replier dans une grotte au delà du col. La journée s'est achevée sous les attaques au rocket de l'aéronavale, dans les fumées et dans  les flammes.

 

Ce terrain, qui a fait tant de morts, je le connaissais. Sur cette piste, entre les aloès, j'aurais pu me porter. Avec mes jeeps et mes chars légers - du modèle de ceux qui avaient fait la guerre de Corée -  je l'avais souvent empruntée. Un jour, je l'avais trouvée coupée en dents de piano, par des tranchées dans une épingle à cheveu et le half track de tête, surpris, a versé : deux hommes aux jambes écrasés. C'est sur cette piste aussi que j'avais vu mes premiers égorgés : des jeunes du contingent, avec les couilles  bourrant leurs bouches, déjà couverts de mouches.

 

Je ne croyais pas à la pacification, à cette guerre, à cette bataille. Mais je ne pouvais plus rien changer. J'étais soldat : là pour prendre et pour sauver des vies. Au début de l'accrochage, j'avais osé dire au pacha :

« Commandant, mes chars peuvent passer. La résistance, je peux la canonner.

Il m'avait foudroyé de son regard de chef.:


-  Non, mon petit; ça c'est pour mes marins ».

Correction du 1er Février 2010 : Un correspondant qui était présent comme membre des  commandos de marine , Jean Claude Balisson, m'invite à insérer das le texte ci-dessus "les corrections nécessaires pour le rétablissement de la vérité."

Rectificatif que je produis bien volontiers et qui éclaire comment  cet engagement n'a pas  plus fait appel aux commandos de marine qu'à la cavalerie légère blindée qui pouvait éviter le massacre de marins de ja DBFM; j'insère donc ci dssous ce qui m'est demandé   :

Votre blog fait référence, entre autre, à la trop fameuse opération djebel Zakri dont j'ai décrit le déroulement à l'aide de témoignages reçus par des rescapés et le mien, en tant qu'acteur passif.J'y découvre une anomalie quant à la troupe que vous désignez pour avoir pris une part active à l'assaut.
Ce ne sont des commandos marine, comme vous le citez, qui ont essuyé les premiers coups de feu, mais des marins de la D B F M ( Demi- Brigade de Fusiliers Marins), composée majoritairement d'appelés du contingent et derappelés, donc une troupe peu aguerrie et totalement inexpérimentée.
Les commandos marine, auxquels j'appartenais, ainsi que la légion étrangère ont été héliportés à 400 mètres du piton sur lequel se tenaient les rebelles. Nous avons reçu l'ordre de ne pas bouger  ( note de GB : comme moi-même laissant ainsi au commandement de la
 D B F M  le soin de recueillir les lauriers d'une victoire
qui ne pouvait se solder que par un massacre. Vous en connaissez le dénouement....


Samedi 24 octobre 2009 6 24 /10 /2009 19:03
- Publié dans : Algérie
Par Gérard Bélorgey - Voir les commentaires
CI dessous en extrait de la "course de printemps", sa plus longue "période"   pour exprimer ce temps :

Nous sommes tous rentrés dans le jeu, sans pouvoir dire pouce au moment où il devenait affreux. À travers les massifs rocailleux burinés de gorges, les plateaux pierreux écorchés frémissant de doum, les longues échines fauves désossées par l'érosion, depuis les plaines limoneuses peuplées de céréales et d'orangers, sur les pentes aux vignobles étagés, s'achevant en banquettes d'oliviers ou reconquis par les ravines, dans le frissonnement des eucalyptus tranchant sur les terres rouges, jusqu’aux caps abrupts abandonnés par les derniers chênes lièges, là où les candélabres d'aloès surmontent les criques bleues et où de vieux sémaphores balisent encore la mer barbaresque, dans les vallées sableuses entaillées de lits à bords francs d'oueds à sec explosant de lauriers roses, sur les flancs des montagnes tonsurées de brûlis, galées de sécheresse, marquetées de quelques champs d'orge gris, zébrées de pistes d'ânes et de chèvres, allant de murettes de torchis en bourgeonnements d’épineux et figuiers emmêlés, des sillons gras des champs opulents ouverts par les disques des machines agricoles aux épis barbus moissonnés à la faucille par des fellahs courbés sous les chapeaux coniques tressés de paille et ornés de rubans de couleurs, des bruissements d'eau des seguias entre les haies de roseaux au vent des crêtes pelées poussant devant lui le bêlement des troupeaux et la fuite des maigres chevaux fous comme celle des pâtres paniqués par nos apparitions, des villas des colons aux douars perchés au bout des éperons brumeux, dans le déchirement des matins et des coeurs, sous l'aplomb des midis, des éboulis et des ordres, face aux pommelés, à la lassitude et à l'agonie des couchants, dans les sueurs, les cailloutis, les peurs, les lumières, les aveuglements, les courages et les lâchetés des djebels, dans le piège des ruelles et sous l'appel des muezzins, dans la volupté ou le gel, l'angoisse ou l'orgueil des nuits, dans l'arbitraire  qui faisait si souvent de chaque chef de poste ou d'unité le patron d'un fief exerçant, pour le meilleur et pour le pire, tous les droits, dans l'amertume et la comédie, la tragédie et l'oubli, l'exaltation ou la résignation, avec pour les uns le rêve de servir les armes à la main une cause qui eut été juste, avec pour d'autres le sentiment de devoir s'acquitter d'une tâche dont ils n'avaient pas à discuter, avec chez certains la volonté de domination et le plaisir de vengeance, avec pour les plus simples et les plus nombreux, la simple attente, en s'épargnant au mieux, de l'heure de "la quille", avec toute notre envie de vivre, avec toute notre envie de jouer, avec la volonté de chacun d'en sortir pareil à lui-même alors qu'il était dévoré du dedans, nous avons porté les déguisements de nos vingt ans : nos tenues de combat sanglées de cuirs, nos longs chèches fripés couleur sable, nos visages halés sous les képis d'azur, les chapeaux de bled ou les bérets parkas, en faisant bien rarement la guerre, mais jamais la paix, dans cette vaste opération de police dont nous étions les figurants, à l'occasion les acteurs de sang et dont nous sommes devenus presque toujours les dupes, bien souvent les complices, parfois les auxiliaires sadiques, à jamais les témoins inutiles, et pour presque tous d'entre nous, aussi différents que nous fûmes, les incurables.
Mardi 5 mai 2009 2 05 /05 /2009 18:55
- Publié dans : Algérie
Par Gérard Bélorgey - Voir les commentaires

Je tenais à "sortir" ce récit avant, tôt ou tard,  de sortir du monde.
Mais cette écriture d'autrefois, ses imperfections certainement, ce thème qui sent toujours le souffre, le fait de n'être pas d'un sérail littéraire, rendaient difficile la publication de ce versant romanesque de mon expérience maghrebine des années cinquante .

Voilà qui est fait avec les Editions Beaurepaire.
 





Vous pouvez commander ce livre (13 euros)
- aux Éditions Beaurepaire, 20 rue des flamants, 30540 Milhaud,
 site web :<www.editer-livre.com >
- chez votre libraire, qui l’obtient en le demandant sur le distributeur DILICOM
- sur les sites web :  alapage.com ;  fnac.com, amazon.fr ; chapitre.com ; librairie.auchandirect ;  priceminister.com .
- à Gérard Bélorgey : gerard.belorgey@wanadoo.fr


Et voici mieux lisible que sur ce cliché
qui a pour fond des pans de carte d'état major de zones alors d'opérations
la quatrième de couverture



L’insoumise, Aïni, née dans le Rif, après la reddition, en 1926, des insurgés, est au centre de ce récit. Domestique d’une famille européenne du Maroc, elle fascine un adolescent venu de France où elle est envoyée pour études, tandis que le jeune homme, qui la poursuit toujours de sa ferveur, devient un militant des décolonisations. En 1955, alors qu’elle rallie les maquis du FLN, il est lui-même affecté en Algérie : c’est le narrateur piègé par ses contradictions.
Celles-ci et les destins mêlés  des deux personnages nourrissent ce versant romanesque du grand témoignage que l’auteur publia, sous la signature de Serge Adour, dans Le Monde d’octobre/novembre 1957,
                                                             
                                 « en Algérie : de l’utopie au totalitarisme »

Pour être fidèle à des acteurs prisonniers des circonstances, le vocabulaire de « La Course de Printemps » s’est enfermé dans leurs années cinquante. C’est en désignant les choses, les sentiments, les gens, dans les termes et selon les clichés de ce temps que cette écriture en restitue les situations disparues, les moeurs souvent périmées et les affrontements entre des valeurs passées. La part d’universel est que ce scénario illustre aussi la danse éternelle de la guerre et de l’amour.


G. Bélorgey * a dirigé des administrations d’État et des gestions d’entreprises. Il a enseigné et écrit dans le domaine des sciences politiques. Le recueil « Sablier», qu’il a publié sous le nom de Olivier Memling, a reçu un prix de l’Académie Française. Le spectacle qu’il a composé  pour Chambord – le combat du jour et de la nuit – y a été donné de 1977 à 1990. Après Bulles d’Histoire (2000), un bouquet de mordants souvenirs sur le siècle, ses activités et travaux ont concerné les pays d’outre-mer.









 


Jeudi 16 avril 2009 4 16 /04 /2009 18:04
- Publié dans : Algérie
Par Gérard Bélorgey - Voir les commentaires
A - C'est une coîncidence que j'ai mis aujourd'hui en ligne les articles sur l'Algérie 55/57) et que France 2 programme ce soir "La bataille d'Alger". Ce qu'il faut bien comprendre c'est que les pratiques de la Bataille d'Alger n'étaient pas circonscrites à la capitale, mais que les concurrences des "logiciens de la terreur" ravageaient tout le pays.

D'ailleurs, une étudiante algérienne, militante du FLN (que je n'ai jamais revue car elle a du mourir dans cette guerre) ne m'avait-elle pas fait savoir lorsque je "gardais" en 1956 la frontière maroco-algérienne contre les infiltrations de l' ALN que si ses "frères" ne passaient pas, "plutôt que la guerrilla dans le bled, il y aurait des bombes dans les villes". Elle citait les dialogues de Camus dans "les Justes". Et derrière ce terrorisme là - faisant aussi réplique à  des cas d' expéditions punitives aveugles de colons  à l"encontre  de "musulmans - il y a eu le quadrillage d'Alger, comme ailleurs il y eut des traques moins médiatisées, mais tout aussi dures.

Lorsque le pouvoir politique est incapable de diagnostic et, a fortiori, de réponse adéquate, l'engregage de l'Histoire est celui d'une meule que font tourner des ânes aveugles pour broyer les victimes de toutes les communautés et transformer en martyrs et bourreaux les héros des unes et des autres. C'est bien pourquoi,  la leçon d'Algérie qui rentre déjà dans les trappes du passé, vaut d'être mieux entendue, et par tous les héritiers des acteurs d'alors. Il faudra     mieux dire comment et pourquoi.
     
    

B -En attendant, EN CONSULTANT MA PUBLICATION PRÉCÉDENTE ET EN AFFICHANT (par copier/coller) LES  URL DES ARTICLES RESTITUÉS EN  PAGE WEB ( de sorte qu'ils ne puissent être modifiés par les lecteurs eux-mêmes s'ils restaient en page RTF ou Word ), je fais des constats que je souhaite vous commenter.

1 - Le premier est un constat d'imperfection technique : ces translations - de la part d'un non professionnel comme moi - entraînent quelques mauvais encadrés à l'ouverture, une mise en page trop large, des césures indues de paragraphes et, même parfois, de phrases. Je demande l'indulgence sur la forme  comme prix d'avoir pu présenter le fond, tel que ressenti à l'époque.

2 - Mais mon second constat  est que mon langage du temps - et ceci même est un témoignage de notre aliénation d'alors  - reste marqué par beaucoup des clichés véhiculés par le fait colonial : "musulmans", "arabes", "rebelles" sont bien encore mes "indigènes de la République.  A vouloir expliquer la psychologie des "pacificateurs" , je vois comment nous étions tous intoxiqués.

3- Le troisième constat est donc de mesurer quelle dose d'arrachement par rapport au modèle  de la domination et de l'auto-satisfaction européennes il fallait mettre en oeuvre pour concevoir et accepter une autre Algérie. A vouloir espérér un bon avenir possible, par une voie ou par une autre, je vois comment ,  zélateurs de l'Empire ou décolonisateurs , nous étions tous naîfs.


4- Le quatrième constat est que les relèves de la colonisation  ont donné hélas raison à ceux qui prévoyaient ce qu'elles ont été. C'est tout une part des débat que reprend l'article de 2004 de la Revue Politique et Parlementaire. Pour autant, il reste vrai que  la fin de la souveraineté française était la seule voie de solution. Mais selon la manière dont elle pouvait intervenir, la gamme des variantes n'était pas négligeable.
Jeudi 11 janvier 2007 4 11 /01 /2007 23:06
- Publié dans : Algérie
Par Gérard Bélorgey - Voir les commentaires
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