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sciences pol. et institutions

 

 

 

Ce serait à peine une surprise; on en a déjà parlé, mais comme d'une dose possible

 

je la vois plutôt comme un dernier coup d'échec :

la représentation proportionnelle de suite, comme c'est tout à fait possible par une loi simple... un coup de théâtre 

 

Le Président peut jouer ce coup ( en sachant le justifier)

comme FM avait institué en 86 ce qu'il avait renié...  depuis 81, pour minimiser la victoire de la droite 

l'un et l'autre, à l'envers, en brûlant ce qu'ils ont adoré , le SM ( instrument des victoires des presidentialismes majoritaires absolus )

Aujourd'hui ce serait un bon coup pour priver un  vainqueur présidentiel vraisemblable d'une majorité législative
 

 

et ouvrir les voies à une recomposition dont celle de toutes les droites pouvant en partie du moins se coaliser...
 

 

mais voilà, aussi, ce qui,  au delà,  déboucherait  sur une grande diversité  de possibles


impliquant tôt ou tard le passage à un régime de séparation des pouvoirs : le régime présidentiel, le seul avec lequel la RP, si l'on veut  la stabilité de l'exécutif, soit compatible, tout en donnant un vrai poids au Parlement 

 

j'ai toujours souhaité ce réquilibrage démocratique des pouvoirs

j'ai espéré qu'il pouvait être présenté par un  candidat du " parti du Mouvement" ou d'un vrai Centre refusant la bipolarisation

comme moyen d'un pluralisme réel

(bien préférable à des rétrocessiions de circonscriptions... comme au profit des Verts)

 

Le challenger du pouvoir  n'y a donné qu'un  coup de chapeau , avec la référence habituelle à une simple dose de RP;ce qui ne changerait pas la logique du système

 

Il serait quand même drôle que le basculement de la Veme déformée qui est la nôtre dans une nouvelle république  résulte d'un geste un peu désespéré de redistributioin des cartes !

 

mais dans ces conditions, est-ce que cela pourrait être de bon augure ?

 

encore que pour que l'histoire progresse

il faut bien que ce soit par des contradictions...

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Jeudi 26 janvier 2012 4 26 /01 /Jan /2012 06:25
- Par Gérard Bélorgey - Publié dans : sciences pol. et institutions - Ecrire un commentaire
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L'envol du FN place les deux grandes formations politiques sur la défensive. S'il y a, au premier tour,  dispersion des votes à droite ou à gauche , il est évident que l'équation placera M. Le Pen en tête, avec en conséquences, la quasi obligation pour ceux qui n'en veulent pas de voter au second tour pour le N° 2 quel qu'il soit...

 

La seule manière d'éviter ces enchaînements est que meilleur   candidat de droite ou de gauche  offre un pacte à ses soutiens et à ses électorats : celui de s'engager à proposer, pour toute élection législative postérieure à 2012, une forte dose de proportionnelle, et, en attendant,  de favoriser dès 2012, dans le cadre du scrutin actuel, une représentation parlementaire équitable  des différentes familles le soutenant.

 

C'est la contrepartie de la puissance présidentielle, le moyen de faire sauter la bipolarisation, de sortir de "la démocratie présidentialiste majoritaire absolue" qui est la nôtre, d'aller à des institutions pouvant enfin équilibrer l'unité représentée par la Présidence et un pluralisme représenté par un Parlement avec lequel le Président aurait à  négocier ses moyens de politique économique et sociale ainsi que le contenu des lois: la recherche des convergences et des conciliations au lieu du culte actuel  des affrontements, puisqu'une assemblée comportant, du fait de la RP des extrêmes ne pouvant être associées à la gestion, serait bien obligée de constituer des majorités centrales d'idées et de rassemblements. Une révolution par rapport à la forme de Vme République qui s'est consolidée du fait  du quinquennat  : l'abandon de la religion du scrutin majoritaire presque partout (sauf au Sénat).

 

Les deux candidats majeurs potentiels à la présidence doivent savoir qu'ils ne pourront, ni l'un , ni l'autre, l'emporter, s'ils ne ne recentrent pas de la sorte en rebondissant de façon positive   grâce à la menace extrémiste. Mais il faut que ceux qui - malgré ce besoin impérieux, au premier tour,  d'écarter le pire et de ne pas être ,au second tour, victimes d'un jeu de dupes -  hésiteraient à les soutenir d'emblée disent les uns à Mr X, les autres à Mr Y : "nous vous soutenons ...  à la condition que vous vous engagiez pour une forte dose de proportionnelle ; sinon vous serez coiffé par votre rival et, quand vous serez éliminé à cause de la dispersion des votes,   on sera même quasi obligé de voter pour lui au second tour".


Cohn Bendit vient avec pertinence  de le dire, en fait à DSK,  au nom de ses écologistes en s'engageant à militer pour l'absence d'une candidature écologiste si le candidat socialiste s'engageait pour une forte dose de proportionnelle. Il faut que la gauche de la gauche ( au lieu d'être inconsciente) et les centres gauche  ( au lieu de croire en leurs propres petits destins) le disent aussi à DSK. Il faut que tous les éléments de la droite républicaine - ce qu'elle compte encore  de gaullistes et ses "centres"  - le disent aussi ou à N. Sarkozy,  ou à qui pourrait le  remplacer et choisissent en définitive leur candidat sur le critère de son engagement pour un mode de scrutin législatif .  Entre deux candidatures, autres que celle du FN, il faut que tous ceux qui ne se reconnaissent nulle part fassent leur choix sous la condition formelle que leur  ralliement de salut public sera compensé par la proportionnelle qui devrait au moins rendre aux ralliés un peu d'influence et mettre enfin la République sur de meilleurs rails.    

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Vendredi 18 mars 2011 5 18 /03 /Mars /2011 10:52
- Par Gérard Bélorgey - Publié dans : sciences pol. et institutions - Ecrire un commentaire
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Nous nous étions permis sur ce site à la suite de la décision ( du 7octobre 2010) relative à la validation de « la loi sur le voile » d'exprimer combien nous étions circonspects car cette décision paraissait témoigner d’une nouvelle manière dont la justice consitutionnelle,  qui a parfois modéré le fait majoritaire,  semblait l’accompagner aujourd’hui.   Cette décision  ne pouvait-elle paraître   assez politique, « populiste » , c'est-à-dire d'obéissance à l'opinion ? D’autant qu’elle se lisait comme assez  largement bâtie sur une problèmatique de liberté religieuse (ce qui est une erreur car le voile n’est pas une prescription coranique) et non, essentiellement sur une problématique de conciliation entre ordre public et liberté individuelle ( question qui, à nos yeux reste à juger, d’une manière ou d’une autre au regard d’options vestimentaires et culturelles) . En second lieu, nous ne  trouvions dans la décision du C.C. aucun élément de la même solidité juridique que l’avis équilibré  du Conseil d’État sur la même question .Tout au contraire, la lecture de la décision conduisait  surtout au sentiment sans doute un peu sacrilège que des principes fondamentaux avaient été conçus sur mesure pour la fonder. Autant en effet il est évident que la répression du fait d’imposer à autrui la dissimulation  de son visage est tout à fait logique et constitutionnelle, autant, de même,  il eut été normal de prescrire l’obligation pour toute personne ayant le visage couvert  de le découvrir à la demande d’une autorité publique,  autant l’interdiction de dissimuler son propre visage pose la question de la  liberté encore plus individuelle que religieuse dont il n’a pu être tranché seulement au nom de sécurité, égalité et dignité, mais obligatoirement, de plus, en invoquant « les exigences minimales de la vie en société » . Voilà  qui consacre, au nom de la proscription de la différence et, en fait, par la censure d’une pratique culturelle au demeurant exceptionnelle, la conception dominante française de « la vie en société » comme constitutive d’un devoir d’observance limitatif des droits fondamentaux.

 

Le mécanisme de déclanchement de la décision sur saisine par les présidents des assemblées qui avaient elles-mêmes voté le texte avait été manifestement inspiré par la précaution d’obtenir une réponse conforme à leurs vœux, ce qui ne saurait qu'inquièter  dès lors que ceux dont on attend réponse sont nommés par ceux qui posent la question. Mais l’aspect politique majeur de cette décision   pourtant de réputation juridictionnelle,  est qu’elle est, de fait, comme on l’a souligné d’emblée,  une décision de conformité  au souhait dominant de l’opinion hostile au port du voile dans l’espace public . C’est bien l’illustration que, lorsqu’on touche aux limites du droit, une juridiction suprême exprime  autant  une logique juridique qu’un état de conscience collectif imprégnant les structures mentales des juges. Mais la tâche de ce type d’institution n’est-il plutôt de contenir par la raison l’affectivité nationale que de s’y soumettre ? Et,  s’il fallait en arriver là, n’eut-il pas mieux valu que le Conseil constate l’inconstitutionnalité d’une partie du texte, puis que celui-ci  -à l’initiative du pouvoir exécutif ou du Parlement qui y tenait tant l’un et l’autre -soit néanmoins validé, pour surmonter l’inconstitutionnalité , par une votation référendaire. Les choses eussent été plus claires et plus honnêtes et les responsabilités placées comme il faut

 

En ce sens il est évident à nos yeux que d’importantes questions de société – telles que les obligations ou interdictions vestimentaires qui ont un rôle symbolique capital, et celles de l’homoparentalité  ou du mariage homosexuel ne peuvent être laissés à des interprétations de constitutionnalité des juges qui n’ont pas mandat démocratique pour le faire, mais relèvent bien du pouvoir délibératif ou du peuple souverain.

 

Il faut constater que l’évolution du contrôle de constitutionnalité fait qu’il semble pouvoir trouver ses références de constitutionnaluté non seulement dans un droit positif clair et incontestable, mais aussi, au plan formel,  dans l’appréciation des évolutions pratiques de la vie politique ( la prise en compte de la réalité des relations Gouvernement/Parlement sous le régime majoritaire a ainsi conduit , par exemple, à un déclin approuvé du "pouvoir réglementaire autonome" ) et, sur le fond,  en dégageant au vu  des préfèrences collectives, des canons de moeurs s’imposant à tous. 

 

Pour autant, et l’on pourrait dire, de ce fait même,  le Conseil Constitutionnel ne s’engage pas dans la voie du gouvernement des juges, mais il se maintient dans la voie de l’adhésion à l’opinion majoritaire  puisqu’il sait constater si des pratiques de moeurs sont des usages normaux mais individuels de libertés où s’ils sont des canons dominants de société. Or  l’interdiction du voile dans l’espace public est manifestement le vœu de la majorité française et la loi est constitutionnelle ; les demandes d’homoparentalité et de mariage homosexuel ne répondent, elles,  pas pareillement à un canon dominant de mœurs ( et c’est pourquoi, pour le présent,  le Pacs répond à ce cas particulier) ; le code civil en l’état est donc correct jusqu’au moment où une majorité législative viendrait à le changer.

  

Et du même coup le juge suprême respecte le législateur . Il le respecte quand celui-ci interdit le voile dans l’espace public ; il le respecte encore et toujours si ce législateur n’a pas modifié la définition du mariage. C’est ce qui ressort des décisions très cohérentes du 5 octobre 2010 et du 28 janvier 2011 , la première rejetant  une qpc contestant la validité de la disposition du code civil limitant l'autorité parentale partagée aux seuls couples mariés en cas d'adoption ( pour le CC, la question de l'homoparentalité doit d'abord être débattue au Parlement), l’autre , la seconde,  d'aujourd'hui, rejetant une QPC voulant faire reconnaître inconstitutionnelles les dispositions du code civil dont il résulte que  "le mariage est l’union d’un homme et d’une femme".

 

Le constat sociétal est, bien plus que dans « l’affaire du voile »,  appuyé sur un très solide constat juridique : « le législateur a, dans l'exercice de la compétence que lui attribue l'article 34 de la Constitution, estimé que la différence de situation entre les couples de même sexe et les couples composés d'un homme et d'une femme peut justifier une différence de traitement quant aux règles du droit de la famille ». C’est l ‘application même du principe d’égalité que les soutiens d’une évolution du droit en faveur des couples homosexuels veulent tirer et sollicitent juridiquement à tort  en sens inverse. En effet l’égalité c’est l’application du même dispositif à des situations de fait identiques. Or - quoiqu’on puisse en penser  sur le fond - la situation de fait d’un couple homosexuel et celle d’un couple mixte ne sont pas les mêmes ; elles ne sont  pas faites des mêmes composants.

 

Ajoutons que  l’avantage de ces positions du Conseil Constitutionnel est de ne pas aboutir  à esquiver des débats nationaux à normalement conduire au sein des représentants de la souveraineté nationale.  Faire reconnaître des évolutions de ces ampleurs sans débat législatif par une interprétation constitutionnelle reviendrait à un tour de passe passe qui priverait les élus de  leur rôle. Là encore – quoiqu’on puisse penser sur le fond dans l’affaire du voile, les élus au moins se sont prononcés pour une novation de l’interprétation de la laïcité  – qui est politiquement claire et importante – dans le sens l’interdiction dans l’espace public, et après en avoir bien débattu. Si la situation des couples homosexuels devait être totalement alignée sur celle des couples mixtes – ce qui serait aussi une novation  très importante, et là dans la conception de la parentalité et de la  famille – il faut que ce soit fait après débat, appréciations publiques de tous les éléments et dans la clarté. On peut donc dire que le Conseil constitutionnel a la vertu de contribuer à la clarté des choix publics et de société. Et il serait bien aberrant qu’une décision d’une cour suprème hors Nation, telle la CEDH,  vienne à priver la société française du droit aux débats en son sein et à la clarté sur elle-même.

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Vendredi 28 janvier 2011 5 28 /01 /Jan /2011 18:27
- Par Gérard Bélorgey - Publié dans : sciences pol. et institutions - Ecrire un commentaire
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  Vous trouverez ci dessous l'éditorial de l'Actualité Juridique de la Fonction Publique (Dalloz)

Edito AJFP janv 11

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Lundi 24 janvier 2011 1 24 /01 /Jan /2011 16:01
- Par Gérard Bélorgey - Publié dans : sciences pol. et institutions - Ecrire un commentaire
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Ayant rarement lu un aussi remarquable article tout à la fois condensé et éloquent , je tiens à le reproduire.

 

 

Le  Nouvel Observateur , janvier 2011

LE CHANGEMENT DE LOGICIEL IDÉOLOGIQUE DES DROITES

 

Et si la montée des populismes cachait la vraie question : le changement de logiciel idéologique des droites européennes ? La droite qui fait l'apologie de la mondialisation ultralibérale fait passer le coût social de ses réformes en durcissant son discours sur l'identiténationale. Liée à des secteurs sociaux etdes intérêts économiques qui sont les gagnants de la globalisation, elle est désormais concurrencée par une autre droite plus radicale.

 

Représentant les classes moyennes menacées dans leur statut et les nouveaux entrepreneurs dont l'activité comme le capital s'inscrivent dans un contexte plus localisé, cette droite nouvelle mélange le discours économique libéral avec une demande de protection de l'Etat pour les plus faibles, à condition qu'ils soient des nationaux. Elle promeut comme valeur centrale une identité qui, dans certains cas (Flandre, Italie du Nord), se construit sur un mode ethnique. Elle est opposée à l'immigration car identitaire, pas l'inverse. Elle bâtit son succès sur le refus du multiculturalisme. Elle défend un modèle civilisationnel occidental qui culturalise le christianisme et affirme l'incompatibilité totale de l'islam avec les valeurs «judéo-chrétiennes ». Cette droite a rompu avec l'antisémitisme et considère Israël comme la ligne de front sur laquelle l'Occident se bat contre le nouvel « Empire du mal », l'islam.

 

Enfin, cette droite radicale est dans une compétition interne avec l'ancienne pour

le contrôle des élites politiques, d'où son incessant recours au peuple et à la démocratie directe, qui annonce le règne déjà entamé de l'émotion et des passions. Peut-être incarne-t-elle aussi le retour de l'idéologie face à la négation par l'ancienne droite des marges de manœuvre du politique. 

 

            Jean-Yves Camus, Chercheur associé à l'Iris

 

 

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Samedi 22 janvier 2011 6 22 /01 /Jan /2011 00:18
- Par Gérard Bélorgey - Publié dans : sciences pol. et institutions - Ecrire un commentaire
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