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POURQUOI CE BLOG



L'objet de ce site est de baliser par quelques souvenirs éloquents l'histoire récente et de faire contribuer ces expériences, par des commentaires d'actualité, à éclairer et choisir les changements, en s'interrogeant sur les propositions des politiques et les analyses des essaiystes. Par ailleurs, à côté des problèmes de société (parfois traités de manière si impertinente que la rubrique "hors des clous"a été conçue pour les accueillir), place a été faite à "l'évasion" avec des incursions dans la peinture, le tourisme, la littérature,  des chansons, ce qui constitue aussi des aperçus sur l'histoire vécue.

 
Identité de l’auteur
vous pouvez lui écrire à <gerard.belorgey@wanadoo.fr>

Né en 1933, appartenant à la génération dont l'enfance a été marquée par la deuxième guerre mondiale, l'occupation et la Résistance, l'adolescence par la Libération, la guerre froide, puis par de clairvoyants engagements pour les décolonisations, l'auteur a ensuite partagé sa vie professionnelle entre le service public (il a notamment été préfet, délégué à l’emploi, directeur des affaires économiques de l’outre-mer, président de la chaîne de radio-télévision, RFO), l'enseignement et la publication d’ouvrages de sciences politiques (il est aujourd’hui membre du comité de rédaction et
collaborateur régulier de la "Revue Politique et Parlementaire"). Il a également assumé des missions dans de grandes entreprises en restructuration (Boussac, Usinor/Sacilor), puis a été conseil d’organismes professionnels.

Alors que ses condisciples ont été en particulier Michel Rocard et Jacques Chirac (il a partagé la jeunesse militante du premier dans les années cinquante et fait entrer le second à Matignon dans les années 60, avant d'être son premier collaborateur à l’Emploi, pour la négociation de Grenelle et au secrétariat d’Etat aux Finances, il n'a suivi ni l'un, ni l'autre dans leurs itinéraires. En effet, dans le domaine politique, comme il ressort de ses publications (cf. infra), Gérard Bélorgey n’a rallié ni la vulgate de la Veme république sur les bienfaits de l’alternance entre partis dominants, ni les tenants du catéchisme du libre-échange mondial. Il ne se résigne donc pas à TINA ("there is no alternative" au libéralisme). Tout en reconnaissant les apports autant que les limites de ceux qui ont été aux affaires et avec lesquels il a travaillé, il ne se résigne pas non plus à trouver satisfaction dans tel ou tel programme de camp. Mesurant combien notre société multiculturelle, injuste et caricaturalement mondialisée, souffre aussi bien des impasses de l’angélisme que des progrès de l’inégalité et des dangers de l’autoritarisme, il voudrait contribuer à un réalisme sans démagogie.

Partie de ses archives est déposée dans les Fonds d'Histoire contemporaine de la Fondation des Sciences Poltiques (http://centre-histoire.sciences-po.fr/archives/index.html)

Il a écrit et existé sous d'autres noms que celui sous lequel il a signé des ouvrages fondamentaux que furent "le gouvernement et l'administration de la France" ( 1967), "la France décentralisée" ( 1984), "Les Dom-Tom" (1994)  : le peuso de Serge Adour correspond à l'époque de la guerre d'Algérie et à une grande série de papiers dans Le Monde en  1957 , celui d'Olivier Memling à l'écriture du recueil de poèmes "Sablier " (couronné en 1980 par l'Académie Française et référé  dans l'histoire littéraire du XXeme Siècle de Hachette) et aux chansons qui en sont issues, celui de  Gérard Olivier à son analyse dans de  grands quotidiens de la décentralisation en 1981/82; celui de Solon  (malheureusement partagée par erreur avec d'autres auteurs) à la publication en 1988 de "la démocratie absolue" . Cessant de vivre un peu masqué, il retrouve son nom en 1998 pour "Trois Illusions qui nous gouvernent", puis à compter de 2000 pour "Bulles d'Histoire et autres contes vrais " (série de coups de projecteurs sur notre monde  qui seront souvent repris ci-dessous), ainsi que pour de  nombreux articles dans  diverses revues. En 2009, son récit "la course de printemps" revient sur la guerre d'Algérie.

sciences pol. et institutions

Une réunion d'anciens élèves de ... qui avaient courtoisement convié le président du Sénat m'a conduit il y a quelques jours à me délecter de sa prestation dont la substance  - du moins ce que j'en ai ressenti - a été la suivante.

La récente réforme constitutionnelle ne peut bien porter ses fruits qu'au Sénat : parce qu'il n'y a a pas de majorité absolue d'une formation, mais que des majorités d'idées qui peuvent être composites sont nécessaires et fructueuses; parce que les différentes novations ( d'ordre du jour, de travail des commissions, de place faite à l'opposition, etc.) ) s'accordent parfaitement à l'esprit de législateur constructif et conciliateur  qu'est le  Sénat.

Plus encore : le Sénat a gagné au quinquennat (note de ma part :  enfin voilà quelque chose que rapporte le quinquennat )  d'être le seul organe de la République qui ne procède pas de l'élection présidentielle ( note de ma part : mais voilà  un constat énorme que d'apprécier une faille dans la démocratie majoritaire absolue comme une valeur ).

Et encore plus : si le Sénat est ainsi l'âme d'une chance  d'équilibre des pouvoirs, c'est parce qu'il est pour moitié élu a la proportionnelle et que , nonobstant les critiques sur sa représentativité démographique ( mais telle n'est pas sa mission comme c'est la fonction du Sénat américain)  il est le reflet,  même  un peu majoré,  de la diversité des conseils municipaux de France.

Comme je souscris à cet éloge de l'équilbre des pouvoirs, de l'obligation de négocier pour trouver des majorités composites , de la vertu de la diversité, du pluralisme, de la proportionnelle. Avec des pouvoirs séparés,  c'est mon modèle de prédilection  non pour le seul Sénat, mais pour le corps délibératif de la République. 


Mais à quoi peut servir aujourd'hui ce modèle sénatorial
- certes à un heureux mais marginal tempérament de l'absolutisme majoritaire de la république  présidentialiste,  pouvant un peu s'exprimer dans le travail législatif de modération ou de perfectionnement;
- à une forme en pointillé , et parfois s'aiguisant dans la réalité, de contre pouvoir, mais qui pourrait surtout intervenir aujourd'hui à l'encontre des avancées considérées comme trop "à gauche" ou trop "protectionnistes" du président de la république, par sa propre clientèle électorale;
- moins sans doute comme un banc d'essai de collaborations des centres gauche et  centres droit qui pourraient constituer une perspective de relève démocrate centriste au sarkozisme

Mais tous les fers sont à l'évidence au feu dans la main habile d'un vétérinaire de talent dont l'ambition pourrait bien être de contribuer à accoucher une autre République et à y jouer un rôle de premier plan, grâce à une séduction bonhomme et charpentée qui s'exerce autant à gauche qu'à droite et  par laquelle il pourrait espérer être, un jour , mieux que le second personnage protocolaire de l'État.
Avec la question de savoir si cet homme du terroir saurait imaginer une stratégie économique qui saurait maintenir  ce qu'il faut maintenir de ce  terroir agricole - et industriel -  français.

A suivre en tous cas.   
         
Vendredi 18 septembre 2009 5 18 /09 /2009 18:56
- Publié dans : sciences pol. et institutions
Par Gérard Bélorgey - Voir les commentaires
Par sa décision annulant celle du CSA et renvoyant à celui-ci le soin de définir des régles de décompte équitables des temps de paroles, le Conseil d'État s'est en fait livré à une analyse radicale du changement constitutionnel intervenu peu à peu depuis 1969 et, plus particulièrement,  depuis le quinquennat.

Les chef de l'État, élu en tant que leader d'une majorité n'est plus un  "arbitre", mais un "capitaine" .

Je salue ce réalisme qui rejoint en tous points les analyses produites sur ce site sur le fait que nous avons créé, par les superpositions et enchaînements des scrutins majoritaires un système d'alternance bi-partisane dure que rien ne tempère sauf, peut-être, le rôle du Conseil Constitutionnel.

Pour replacer un chef d'État en position d'arbitre, il faudrait ce rééquilbrage qu'assureraient ensemble  "régime présidentiel" de pouvoirs séparés  et  répartition proportionnelle pour l'élection du corps délibératif :   RP+ RP.

cf. l'article précédent  intitulé
"Regard sur les institutions de la Veme République" publié le 15 mars dernier.
Vendredi 10 avril 2009 5 10 /04 /2009 11:36
- Publié dans : sciences pol. et institutions
Par Gérard Bélorgey - Voir les commentaires
Un Blog est fait pour répéter de mêmes thèmes...
parce que ceux qui y viennent remontent rarement dans les archives

Voici donc ce qui est pour partie reprise d'articles précédents

- des considérations  sur LES INSTITUTIONS DE LA CINQUIEME RÉPUBLIQUE,
- que suivront des observations  sur LES EFFETS  DES LIBÉRALISATIONS  DE  NOTRE SOCIÉTÉ et  DE  NOTRE  ÉCONOMIE 

l'ensemble provenant d'une communication que j'ai récemment faite à un groupe de réflexion<.




Depuis 1958, plus d’un demi siècle : une vie dans une durée coïncidant avec celle de la Cinquième République ; notre vie  dans le service public a été marquée par trois transformations qui en ont largement bouleversé les sens.
- celle de nos institutions dont je traiterai d’abord
- celles de notre société et celle de notre économie
dont je traiterai en seconde partie ensemble, tant ces phénomènes sont liés.
............

Que l'on professe des valeurs de droite ou des valeurs de gauche - ou l'union qui ne me semble pas impossible de vertus morales qui furent celles de la première et de la volonté de progrès  social qui fut l'âme de l'autre  - je  propose de placer  cette communication  sous l'angle de la prise en compte de valeurs qui sont  « nationales ». Ce n'est ni méconnaissance des luttes politiques, ni  « nationalisme économique », mais réalisme démocratique : le caractère  primordial à faire valoir des intérêts de  notre pays, en particulier pour que soient localisés sur notre sol des moyens indispensables de décider et d’entreprendre   et des niveaux d’emplois quantitativement et qualitativement satisfaisants.

C'est 
réalisme démocratique, dès lors que les résultats  d’une stratégie sont toujours forcément  appréciées dans le périmètre de notre Etat,  Certes celui-ci a  délégué bien des pouvoirs au niveau européen, mais c’est au sein de notre communauté qu’a toujours lieu la dévolution du Pouvoir par le choix des gouvernés pour des gouvernants , donc l’évaluation par un corps électoral, qui reste  national,  des effets des politiques mises en oeuvre par cet État,  qu’elles résultent de ses marges de choix ou de décisions d’institutions  supra nationales auxquelles il a adhéré .




1 - Or, SUR LE PLAN INSTITUTIONNEL, et c’est le constat de départ de ma première partie ...

A -  il n’est plus vrai, malgré les termes de la Constitution, que l’exécutif (sans évoquer ici sa répartition entre PR et PM)  « détermine et conduit la politique de la Nation », puisque des compétences essentielles économiques sont dévolues au niveau européen, notamment celui - sans parler des fonctions de la BCE - de fixer les politiques des échanges externes de l’Union, ce qui relève, particulièrement, du rôle joué par le commissaire chargé de la politique commerciale,  sans veto possible d’un État membre.  Aux pouvoirs publics français, reviennent surtout les compétences d’une part de mise en musiques compatibles avec les décisions de l’Union, d’autre part la tâche d’accompagner par des pansements les conséquences sociales qui en résultent, enfin – heureusement - une possibilité de chercher à inspirer des politiques  renouvelées.

Cette désappropriation de pouvoirs – sans doute inéluctable, mais qu’on ne peut passer sous silence car elle fait que  la fonction de l’État national  n’est plus celle de la conception gaullienne -  a été de pair avec, sous une apparence de continuation,  avec un changement radical de système politique.

Au départ, en 1958, la Constitution offre sous la direction d’un homme de rassemblement « au dessus des partis » , un Etat restauré, conduisant avec réalisme, dans le cadre de la souveraineté nationale, des politiques de service public, sous l’égide d’un pouvoir exécutif dyarchique dont le PR en charge du destin  et  le PM en charge de la gestion et sous la possibilité de recours à des référendum portant sur des choix cruciaux.
 
Par la suite , l’État - trois fois diminué dans son rôle du fait de l’européanisation de choix stratégiques, des décentralisations et du rôle des puissances économiques non publiques -   est devenu l ‘enjeu d’un « match de football » entre partis politiques dominants ; la dyarchie qui subsiste en droit s’est effacée devant la réalité de l’addition des scrutins majoritaires . Ceux-ci confèrent depuis 1969,  au vainqueur des consultations électorales, placé à la tête à la fois d’un camp et de l’État,   un pouvoir très exposé  dont l’exercice (sensiblement marqué par les caractères personnels successifs des titulaires) a été rendu de plus en plus difficile : d’une part à raison du partage de la souveraineté économique avec des instances supra nationales et, d’autre part,  par le fait que  le système, s’il permet une certaine diversité intra majoritaire,  ne responsabilise guère des oppositions de plus en plus, elles-mêmes, en compétition ( d’analyses et de recherches d’électorats ) entre elles, voire en au sein de chacune.

B - Par quels chemins en est-on arrivé à vivre sous une autre Constitution  que celle dont le régime porte toujours le numéro ?

Bien sûr, à raison de phénomènes sociétaux et économiques dont je rappellerai comment - outre qu’ils ont dépossédé l’Etat de ses rôles précédents - ils ont changé la façon de beaucoup de nos concitoyen d’être dans le monde ;  mais, à la base, parce que l’évolution institutionnelle a trouvé ses racines dans l’ambiguïté  des caractères génétiques très originaux du régime né de cette forme de  compromis par l’ambivalence  voulue aux termes de la loi de pleins pouvoirs du 4 juin 1958.

D’une part la Veme se veut un régime de pilotage présidentiel (notamment assuré par le mandat de 7 ans et par  les pouvoirs propres du chef de l’État ) ;  mais d’autre part, le Général ne voulant  pas de suspicion en dictature, la nouvelle Constitution  n’instaure pas un  « régime présidentiel » ( de mauvaise réputation, comme s’il s’agissait d’un régime de pouvoir personnel, alors que tout au contraire,  ce  nom  de régime définit  un système de pouvoirs vraiment séparés) mais un « régime parlementaire » (de responsabilité quasi classique du gouvernement devant l’assemblée). Ce gouvernement étant aussi celui du Président, c’est ainsi que naît la dyarchie qui pourra devenir compétition lorsque les majorités parlementaires et l’inspiration présidentielle ne coïncideront pas.

C’est même une hypothèse proche de celle-ci que l’on avait prévue depuis le début, non pas sous forme d’une opposition frontale à l’assemblée, mais sous celle d’une absence vraisemblable de claire majorité. Et voilà bien pourquoi la Veme se veut aussi  apte à donner les moyens de gouverner à l’exécutif, alors même qu’il n’aurait pas de solide soutien parlementaire. Elle le fait d’abord par cette assez extraordinaire « boîte à outils » constitutionnelle qui permet de gouverner sinon « contra » du moins « praeter » une Assemblée indocile et qui arme nos exécutifs de moyens beaucoup plus considérables et subtils que ceux existants dans toute autre démocratie d’Occident (sous la seule importante limite qui viendra en 1974 du contrôle de Constitutionnalité, renforcé d’ailleurs en 2008). Elle le fait ensuite, notamment sous la pression de M.  Debré,  hors constitution, en se donnent le moyen de rechercher une majorité : c’est le scrutin majoritaire d’arrondissement. 1962, avec l’effet d’extension de la victoire référendaire pour l’élection du chef de l’État au suffrage universel, apporte le phénomène majoritaire inespéré . Tous les oeufs se trouvent dans le même panier : l’exécutif dispose à la fois  d’outils incomparables et, en plus, d’une majorité inimaginée devenant celle des « inconditionnels » .

C’est ainsi que va naître un système d’alternance ayant engendré ce que l’on a appelé l’État RPR, puis l’État socialiste, dont les gouvernements successifs ont su quand même,  heureusement,  l’un et l’autre transiger avec la réalité , mais ne voulaient pas avoir à transiger avec l’opposition. Or,  lorsque, par suite des décalages de dates, les résultats électoraux ne coïncident pas, c’est ce à quoi obligent  les cohabitations -  prenant la forme de « petites alternances » (différentes d’ailleurs les unes des autres) lorsque le Président  a perdu sa majorité parlementaire - qui sont parfois appréciées par l’opinion, mais bien  mal aimées par les camps partisans qui veulent pour leur aisance d’action, tout le pouvoir et qui se trouvent dans telle situation en coexistence aux affaires et en compétition pour la consultation qui vient.  D’où la recherche de « la grande alternance », ce « grand chelem » qui s’obtient par la dissolution dans la foulée d’une présidentielle. C’est le paradigme de la vie publique, partagé par  les deux camps . D’ou leur accord profond pour aller au quinquennat,  chacun pensant qu’il va de cette manière « avoir » l’autre.

C’est bien l’étape majeure d’une évolution qui a fait de la Veme un régime de partis encore plus forts que celui la IVeme. Ce sont ces formations dont les hérauts dans chaque circonscription se disputent la voix marginale qui fait élire, ce qui favorise la présentation de toutes les questions sous forme de munitions pour des duels et non sous forme d’analyses sérieusement  argumentées pouvant déboucher sur des propositions raisonnées et raisonnables dont le défaut majeur serait de pouvoir être consensuelles puisque dans la concurrence électorale, « le consensus » (que l’administration, et au premier chef la nôtre, a le devoir et la mission de rechercher)  « voilà l’ennemi ».  C’est une école de la compétition, non de la gestion. Si bien que ces partis sont tour à tour plus aptes à prendre le pouvoir qu’à l’assumer.
 
C - Cette offre politique bipolaire à la chance alternante  a été sans grande alternative stratégique : il n’y a ni différenciation fondamentale sur un modèle de développement et de société ( mais seulement plus ou moins de préférence pour une dose de redistribution significative, encore que les résultats de chacun soient parfois en divergence avec les intentions), ni options opposées sur le type de relations économiques internationales qui est en quelque sorte pré défini par la participation européenne) . Aussi les gestions successives se révèlent-elles, malgré parfois quelques progrès surtout tributaires de la conjoncture mondiale, dans  l’impossibilité de faire avancer vers des perspectives vraiment satisfaisantes la question cruciale de l’emploi et déçoivent tant qu’on a le résultat du premier tour présidentiel de 2002. Ce  que J. Chirac sait parfaitement récupérer,  sans que sa nature puisse le porter à tenter une gestion par une large union nationale, ce qui eut pourtant correspondu à son électorat présidentiel de circonstances.
 
Et pourtant, une conscience du caractère partiellement fictif du clivage français a porté, peu à peu, candidats et leaders à chercher des échappatoires par rapport à la bipolarisation. Après la formule de L. Jospin (« mon projet n’est pas socialiste »), la campagne présidentielle suivante est en effet illustrée non seulement par le score personnel  d’un candidat « au centre » (dont les troupes ne peuvent être ensuite que décimées par le type de scrutin législatif) , mais aussi par une candidate qui essaie de sortir de certains clichés de la gauche et par un candidat qui se présente comme pragmatiquement libéral, mais  transgressant les références idéologiques, tandis que de vrais débats (sur « libre » ou « juste échange » en particulier), sans parvenir à devenir bien concrets,  traversent en fait tous les partis.
 

D - La réflexion constitutionnelle mise à l’ordre du jour après l’élection de 2007 va-t-elle renouveler la donne ?
Ce qui en ressort est la très claire volonté exprimée par le rapport lui-même de ne pas offrir un modèle qui ne serait pas reçu par les habitudes et les grandes formations politiques françaises. C’est pourquoi entre trois hypothèses, il n’en a été choisi  (en l’améliorant d’ailleurs à certains titres ) qu’une seule.

- C’est la consolidation toilettée du régime en vigueur, assortie d’une recherche d’un nouvel équilibre entre Exécutif et Parlement et de garanties supplémentaires  des droits constitutionnels des citoyens. Le parti d’opposition qui a  trouvé des bonnes raisons de ne pas approuver la réforme ne saurait d’ailleurs méconnaître, en tant que pilier du régime d’alternance, qu’elle correspond à cette philosophie politique partagée au sein de laquelle  bien des membres du comité de réflexion se sont regardés dans un miroir.  Par des confusions tenaces et  complètes de vocabulaire, voire, en jouant sur les mots (car cela écarte de regarder vraiment un régime « présidentiel » puisqu’il existerait déjà dans les faits), par  des intoxications conscientes de l’opinion,  des médias et des politiques soutiennent néanmoins que - à raison du rôle de fait qu’y joue un chef d’État ( qui,  en droit,  n’ajoute guère pourtant aux capacités constitutionnelles de la fonction) – notre régime se trouve « présidentialisé », alors que ce régime n’est pas un régime « présidentiel ». Dans un tel régime en effet il y aurait  séparation des pouvoirs, alors que le nôtre est un régime de confusion des pouvoirs : par son aspect parlementaire et par son  aspect présidentialiste additionnés, tel qu’il  résulte  de la double majorité, le débat n’existant pour l’essentiel qu’entre le chef d’Etat et les diversités de ses troupes. 

- La seconde hypothèse d’évolution -  que souhaite une part de la gauche traditionnelle – estimant que le fait présidentiel (non pas au sens constitutionnel, mais au sens médiatique) absorbe beaucoup trop toute la vie politique et transforme l’élection en un jeu télévisé – serait celle d’un régime de parlementarisme rationalisé. Cette hypothèse d’une part paraît totalement irréaliste, d’autre part ne changerait rien à la confusion des pouvoirs et même pourrait en aggraver  la portée. D’abord les Français ne voudraient sans doute jamais renoncer  à cette cérémonie festive au cours de laquelle beaucoup croient se choisir un destin  qu’est l’élection présidentielle. En second lieu, si l’on passait en régime parlementaire, c’est simultanément (ce à quoi d’ailleurs notre régime finira par aboutir lorsque la volonté de « cohérence » fera qu’élection présidentielle, législative et autres auront lieu le même jour), que l’on élirait par un mode de scrutin construisant le  bipartisme,  et une majorité , et,  en tant que leader des vainqueurs,  le chef de l’exécutif.  Je ne vois pas là de différence essentielle avec la situation actuelle qui, à tout pendre, présente quand même l’avantage relatif, par rapport à un régime parlementaire pur, de permettre à un chef d’État élu séparément de prendre quelques distances avec les intérêts électoraux de ses propres députés.

- la troisième hypothèse , la seule qui se distingue vraiment des régimes de confusion des pouvoirs  (comportant toujours un risque d’abus ou de mise sous le boisseau des citoyens, des libertés, des innovations) est celle du régime présidentiel au sens de régime de pouvoirs séparés, lorsqu’il y a un chef d’Etat élu « at large » non responsable devant un organe délibératif élu de son côté selon des modes électoraux propres ( et il n’est pas nécessaire que ce soit aussi, comme le Sénat des Etats Unis,  pour représenter aussi des états fédérés, mais tout autant les autres diversités d’un pays) et ne pouvant être dissous par l’exécutif. L’intérêt du système est d’abord que, par construction, il équilibre les pouvoirs puisque chaque organe est obligé  de collaborer avec l’autre, le Président devant notamment obtenir les budgets et les lois dont il a besoin pour sa politique. Son intérêt majeur est ensuite qu’il concilie l’unité d’une Nation dans le choix d’un chef d’Etat armé de pouvoirs réels et la pluralité des expressions et des besoins  d’un pays par une représentation diversifiée.

D – Ce qui conduit à l‘hypothèse d’apprécier la compatibilité de la représentation proportionnelle et du régime présidentiel, le seul,  sans doute,  qui pourrait permettre l’abandon pour l’Assemblée du système du scrutin majoritaire d’arrondissement, que l’on peut largement regarder comme responsable majeur de la division partisane de la France et des manières déformées dont sont posés et traités ses problèmes..

Cette RP a très mauvaise réputation.
- Elle couperait l’élu des électeurs ;  ce qui n’est vrai que si les circonscriptions où elle s’exerce sont trop vastes.
- Elle assurerait la main mise des partis sur les candidats ; mais, en fait, le contrôle des postulants va aujourd’hui très loin, par le besoin d’investiture à l’échelon national, alors que celui-ci n’apparaîtrait pas autant dans une proportionnelle s’exerçant à un raisonnable échelon territorial où peuvent mieux apparaître des personnalités non subordonnées à un appareil.
- Elle favoriserait les combinaisons contraires aux voeux d’origine des électeurs ; est-ce plus déformant que d’obliger ceux-ci à choisir de façon binaire au second tour ? Surtout ce détournement de la volonté des électeurs ne peut pas pareillement se produire lorsqu’il y a eu un choix de président au suffrage universel et, le cas échéant, des facultés de referendum, parts déterminantes de  « démocratie directe » autorisant pour des alliances au sein du législatif une part utile de « démocratie médiatisée ». 
- Par dessus tout, la RP serait la source de l’instabilité ce qui -  là encore comme en ce qui concerne le point de procès précédent à son égard – n’est vrai qu’en régime parlementaire,  mais cesse de l’être en régime présidentiel de séparation des pouvoirs où la continuité est assurée par la Présidence et où il n’y a pas d’instabilité pouvant tenir à la composition de l’organe délibératif puisqu’il n’y a pas de gouvernement « renversable ».

Certes on peut alors avoir des conflits entre un délibératif qui aurait des positions très arrêtées que ne surmonterait aucune majorité d’idées ou de compromis et qui ne voudrait pas accorder au Président les moyens normatifs et budgétaires de sa politique. Dans un tel cas de conflit, le blocage peut être écarté par le recours, à l’initiative ( pour maintenir l‘équilibre) de l’un ou l’autre pouvoir, au référendum de consultation sur le contenu de décisions à prendre,. Ce type de consultation référendaire  a pour objet de faire trancher le corps électoral entre deux types de propositions, non de conduire au départ ou au renvoi du pouvoir dont la préconisation n’est pas suivie, la seule suite obligatoire étant que c’est la proposition votée par le peuple qui doit être appliquée. Ce n’est donc pas un référendum de destin à la manière gaullienne, mais un référendum d’arbitrage tel qu’il en existe dans différentes constitutions.

Ce recours à une combinaison de régime présidentiel et de répartition proportionnelle serait le moyen de rééquilibrer  vraiment les pouvoirs dès lors que l’exécutif n‘aurait plus l’automaticité d’une majorité, tandis qu’au sein de la pluralité du délibératif ses composants devraient, à la mode américaine, prendre en compte, les besoins supérieurs nationaux. Paradoxalement, par ailleurs, une telle combinaison,  peut-être, pourrait-elle  donner à un chef d’Etat les moyens de ne pas être prisonnier d’une majorité partisane , mais de pouvoir rechercher des majorités autour de consensus fondamentaux. L’objet que l’on peut assigner à la combinaison RP+RP c’est précisément de dépasser le bipartisme, de permettre la constitution, dans l’héritage d’un esprit de rassemblement,  d’une force centrale sachant que « gouverner c’est doser autant que choisir »,  et se gardant des simplifications extrémistes,  mais permettant de ne pas se cacher  le poids des tenants de celles-ci s’exprimant dans les institutions plutôt que prospérant dans les rues.

Voilà sans doute des perspectives utopistes
- en premier lieu – et que ceux qui n’approuve pas cette idée d’évolution institutionnelle  soient donc rassurés  - parce qu’ une réforme des institutions allant dans le sens « RP+RP » n’a aujourd’hui aucune chance :  les grands  partis ayant le pouvoir ne la voteraient pas, au fond contre eux-mêmes, sauf phénomènes actuellement  imprévisibles ;
- en second lieu,  parce qu’il faudrait que les composantes de ce rassemblement s’accordent sur un diagnostic et des traitements de la situation économique et sociale, mais des institutions obligeant à converger y aideraient plus que des institutions  bâtissant les fortunes politiques sur ce qui fait diverger.





 
   
Dimanche 15 mars 2009 7 15 /03 /2009 19:30
- Publié dans : sciences pol. et institutions
Par Gérard Bélorgey - Voir les commentaires
Si l’affaire des alliances pourrit les débats au sein de la gauche, c’est que la question est mal posée.
 Elle est en effet posée dans les cadres de deux scrutins majoritaires.

Celui pour la présidence de la république où ce type de choix de l’élu au suffrage universel  est incontournable, mais ou l’affichage  ex ante d’une préférence d'alliances  n’a guère de sens ; c’est aux électorats au moment du choix capital de trancher.

Celui d’élections législatives où la question a toute sa portée : dès lors qu’il faut choisir qui soutenir au second tour, sauf à préferer des triangulaires et les hécatombes qui peuvent en résulter , les oppositions ont tout intérêt à s’entendre. Mais ceci n’est vrai que par le scrutin majoritaire qui lamine et les « extrèmes » et les « centres ».

Cette question préalable des alliances (électorales du moins) n’aurait pas à être posée si l’on était sous le régime de la répartition proportionnelle. C’est au vu des résultats de celle-ci que devraient ensuite se faire ou non des alliances entre formations selon les rapports de forces, de sensibilités et de convergences ou de divergences ( solubles ou non) d’inspirations et de programmes.
 
Il ne faut donc pas poser la question des alliances, mais celle des modes de scrutin; et c’est la bonne réponse à cette seconde question qui peut trancher les débats, le moment venu.
Et sans qu’on nous rabatte des oreilles de la méconnaissance qui pourrait en résulter des préférences de l’électeur, puisque ces préférences  sont systématiquement méprisées si elles ne vont pas à l’un ou l‘autre des partis les plus importants dans le système produit par le  mode de scutin majoritaire.

Bien évidemment, comme on l’a souvent explicité ici cette Rp et la liberté et le respect  qui en résultent  ne peuvent aller de pair qu’avec une Nouvelle République aux pouvoirs séparés :  le modèle présidentiel dont les tensions entre éxécutif et délibératif sont alors à arbitrer, en cas de besoin  par le referendum, seule manière directe démocratique en dernière analyse de choisir des réponses et non des partis.     
Jeudi 13 novembre 2008 4 13 /11 /2008 18:25
- Publié dans : sciences pol. et institutions
Par Gérard Bélorgey - Voir les commentaires
Trop d’amis de toutes les appartenances intellectuelles ou politiques  dont je ne partage pas les points de vue, mais dont je ne récuse pas la probité ne paraissant pas comprendre la cohérence de mes analyses et positions, je dois à tous une explication simplifiée de l’itinéraire qui est le mien.

Produit du service public, fut-ce en mission dans des secteurs économiques soumis aux concurrences du marché, j’ai cru et appliqué près de cinquante ans durant , entre l’arrivée du gaullisme aux affaires et les récentes mises en cause , en particulier par l'effet de notre ouverture au libre-échange, du "compromis social français", des valeurs de médiation entre l’intérêt national et les besoins de  chacun.
Ainsi,  de 1956  (où l’aveuglement sur la question algérienne m’avait conduit à rompre avec la sfio de ma jeunesse) à la compétition présidentielle de 2006, je me suis  tenu  à l'écart de toute appartenance à une formation politique, tout  en travaillant avec des pouvoirs publics successifs et différents, sans manquer d’avoir des convictions souvent peu conformistes ( notamment au regard de l’élargissement de l' Union Européenne et de sa politique commerciale extérieure impliquant tous les autres excès néo-libéraux ), originalité qui m'avait déjà porté, en récusant  la fiabilité des plate-formes des uns et les autres,  à avoir été, sans aucune étiquette reconnue, candidat au "centre" lors des  législatives de 1981 (avec 14 % de suffrages , mais  à une époque où une telle posture de refus des camps était totalement incomprise).

Au regard de l'inquiétude que m'a inspiré la campagne de "ruptures"  du 
candidat qui l’a emporté, je suis  revenu au Ps lors de la préparation de la compétition présidentielle; mais j'y ai éprouvé trop de malaises pour y persister. En effet, entre le réalisme  trop "mondialiste" à mes yeux d’un DSK et l 'intéressante recherche de renouveau européen d’un L. Fabius (mais engagé dans  un front de gauche dont je ne percevais pas la pertinence, alors que  je comprends les logiques de J.P. Chévenement),   le champion de l'opposition qu'à un moment été la candidate perdante ne m’a paru apporter ni sur le plan institutionnel ( il n’y a eu aucune remise en cause  de sa part du scrutin majoritaire),   ni sur le plan économique ( elle  n’ a fait à mes yeux aucune  critique avancée du libre échange) des analyses  adéquates.
Malgré le boulevard que  la Présidence en exercice a paru offrir aux oppositions, celle que représente le Ps  s'est  ensuite déchirée entre tendances  plus attachées à des clichés de programmes sociaux  sans doute illusoires  sans desserrement de l'étau concurrentiel international,  qu’à conduire  ( sauf, maintenant, de la part de B.Hamon *)   une réflexion sur les  problèmes stratégiques fondamentaux. De  surcroît en matière  sociétale, les questions de moeurs, abordées  soit dans une esprit libertaliste post soixante huitard, soit dans un esprit de précaution hygiéniste, soit dans une combativité laïque qui méconnaît les diversités d'une société multi culturelle me semblent être souvent regardées avec complaisance comme  des thèmes majeurs, alors que les questions prioritaires sont à  mon sens celle de l'égalité des chances entre membres des différentes classes sociales; non celles de la libération des moeurs, mais celles de la libération des peuples; non celles de l'intégration assimilatrice, mais celle du respect pluraliste.
Plus généralement, les intentions souvent très sympathiques qui sont exprimées par les uns et les autres des socialistes ( parfois  la compassion sans la compétence, parfois le soutien par principe plus que par raison)  ,  ne s'appuient  pas sur des moyens suffisamment pertinents pour les réaliser parce que dans l'ordre institutionnel et dans l'ordre économique les deux outils qui, selon moi du moins, seraient nécessaires sont en fait récusés :
- l'un est un très large  recours au scrutin proportionnel pour l'élection du corps délibératif, qui menacerait la domination et, peut -être; l'unité du parti, mais qui est le seul moyen d'écarter
du pouvoir la droite rassemblée et d'ouvrir diverses hypothèses d'alliances, dans une nouvelle construction constitutionnelle. Tout au contraire, le Ps semble vivre dans la croyance au retour un jour d'une alternance qui constitue sa religion avec la foi, contre toute analyse, que "la gauche" qu'il représente pourrait être majoritaire et faire sa politique "de gauche"...
-  l'autre au plan économique est, fut-ce au prix de crises avec certains de nos partenaires,  de revenir sur la libéralisation internationale des  échanges, sur la dévolution du pouvoir monétaire à une autorité non politique, sur la fuite en avant  vers toujours plus de globalisation et de privatisations en toutes matières,   pour cesser d'être "l'idiot dans le village global"  et pour  nous rendre une certaine capacité à faire face,  aux crises de l'emploi, de la faim, de l'énergie, des ressources naturelles,etc. Et selon des logiques sortant
de l'hypocrisie régnante : ainsi est-il clair, mais non reconnu, "à gauche",  que l'augmentation du  pouvoir d'achat n'a non seulement aucune chance dans l'équation mondiale actuelle, mais encore, que  levier  très adéquat dans les pays émergents, elle ne pourrait avoir chez nous des effets positifs qu'à de strictes conditions de contexte  qui sont loin d'être réunies.  Enfin que régulation des échanges mondiaux    doive  aller de pair avec des ajustements considérables de nos régles françaises  appelle évidemment certaines  de ces "réformes" que le pouvoir en place conduit  certes de façon très discutable, mais que l'on ne doit pas écarter pour des raisons électorales d'une manière démagogique. Or la croyance dans les vertus  de l'alternance aux affaires de deux camps rivaux et le service permanent obligatoire ( du fait du scrutin majoritaire)  de cette compétition pollue presque tous les débats et c'est ce point qui fait le lien entre l'institutionnel d'un côté  et le socio-économique de l'autre.
  
- C'est dire que le Ps ne m'apporte non plus aucune satisfaction de réflexion  en ce qui concerne le modèle institutionnel; celui  qui me semblerait convenir   n'est  pas celui de la Veme république telle qu'elle a évolué par la complicité des deux partis dominants : je crois que le bon système est celui qui permettrait la RP, laquelle n'est compatible, pour la stabilité,  qu'avec une certaine forme de  régime présidentiel ( au sens de séparation des pouvoirs) et une part appréciable de recours éventuel au referendum comme moyen d'arbitrage en cas de conflit entre exécutif unifié et majorités délibératives (pour bien apprécier une telle construction institutionnelle,
cf . mes articles  dans  de récents numéros - d'octobre/décembre 2007 et d’octobre/décembre 2008-  de la  RPP : " idées reçues et serpents de mer sous la Veme République" ; « Une traversée désenchantée de la Veme République » ainsi que diverses  rubriques publiées sur ce site).
- Par ailleurs, l'accouchement inutile, il ya quelque temps , du  " Bad Godesberg" français me semble avoiré été spécialement mal venu ; si je crois à la liberté d'entreprendre ,  je ne crois pas à l'option libérale dans la vie économique internationale  et il n'était vraiment pas besoin d'attendre la récente crise pour le constater , la "récession" n'étant pas le résultat du cyclone boursier, mais la dépression boursière étant le résultat d'une récession des économies occidentales malmenées par les concurrences des "low cost countries", fortement benéficiaires du challenge mais  s'étant tellement  impliquées dans nos économies  minées que leurs places boursières, par un parfait boomerang , plongent avec celles-là. Quand au grand spectacle en cours pour sauver le capitalisme mondial, il ne conduira qu'à développer ses contradictions s'il ne régule pas les échanges, en ayant au mieux peut être donné de l'oxygène de crédit à des économies qui continuent à s'asphyxier par l'import.

 D'ailleurs je pense - comme je l'ai dit à l'époque - que si la candidate avait développé les deux thèmes d'une part de la juste réprésentation parlementaire  ( en s'engageant à faire voter la RP, ce  qui lui aurait rallié bien des centristes recevant alors la perspective d'être libérés du scutin majoritaire les ancrant à droite  ), d'autre part du juste et  non  du libre échange ( ce qui lui eut rallié des électorats populaires et des milieux d'entreprises payant les frais du libre échange)  elle eut été élue.
 
- Chacun sait enfin, comme c'est logique de ma part,  les plus expresses réserves que je forme à l'égard de l'Europe élargie ( porteuse  de ce libre et non juste échange)  ayant été construite en fait sur le décombres de l'esprit du traité de Rome, trop hétérogène, trop lourde, trop lointaine,  si bien  contrôlée par les puissances de marchés et  d'argent, trop incapable de réactivité, ayant ôté  à la Nation les capacités essentielles  de décision, ce qui était sans doute incontournable, mais en ne  les remettant pas, dans un périmètre géographique gérable,   à une autorité adaptée,  ayant éloigné les citoyens - dont la plupart ne peuvent retrouver dans les décisions de l'appareil européen les orientations quelles qu'elles soient de leurs votes nationaux -  des centres réels d'un  pouvoir qui n'a pas conquis sa légitimité ( à tel point que ses héraults  ne peuvent chercher à la fabriquer et à la faire approuver qu'en tenant les peuples à l'écart). Or c'est cette Europe là - celles des concurrences internes et externes  dans les injustices, les illusions  et les dégats -  que le socialisme revendique  comme son enfant et que trop d'élus  socialistes ont validée en permettant, nonobstant les engagements contraires de campagne présidentielle,  la ratification parlementaire du traité de Lisbonne. (2)

Voilà donc pourquoi je n'ai fait que deux ans de réapparition dans un parti au sein duquel il n'est d'ailleurs guère possible de se faire entendre parmi des militants qui sont beaucoup à avoir des  liens personnels d'affidés avec l'appareil ,  de telle sorte  que si l'on n'appartient pas à une histoire, à  un clan, une tendance, une écurie, de libres avis ne peuvent guère être émis et encore moins reçus. 
 
En me caricaturant, je considère que j'ai des valeurs morales "de droite", des valeurs sociales "de gauche", et des valeurs économiques nationales, ce qui fait de moi le négatif d'un libéral. Je constate  que ce n’est pas, actuellement du moins, la ligne du Ps,  sans que pour autant ; d'ailleurs je  trouve d'autres formations politiques qui me satisfassent ; je resterai donc, sans doute,  un solitaire jugeant des hommes , femmes et actes au coup par coup.

 
   ______________________________________________________________________
  1- Parmi les motions en présence au sein du Ps , je dois indiquer que si j’étais encore en situation d’en soutenir une, c’est celle de Benoit Hamon qui me conviendrait le moins mal. Économiquement bien orientée , elle comporte néanmoins bien des illusions en matière de capacité de politique sociale et quelque complaisance en matière sociétale.
Sa principale faiblesse est d’imaginer  qu’un  régime parlementaire  « primo ministériel » de législature rééquilbrirait le régime poltique français. Il aurait au contraire les mêmes effets bipolarisant ( sans doute au profit de la droite remembrée qui l’emporterait sur des gauches en morceaux ) que le régime présidentialiste,  s’il n’était assorti de la RP ; et s’il était assorti de la RP, il ouvrirait l’instabilité ( ce qui renvoie au besoin d’un régime présidentiel compatible, lui, avec la Rp, puisqu’il n’y a pas de responsabilité de l’exécutif devant le délibératif, mais qu’il ya bien alors  les contre-pouvoirs législatif et budgéraire de ce délibératif et en cas de conflits majeurs des possibilités d’arbitrage référendaire ). Je me prononce donc pour ma part depuis longtemps , pour un régime de séparation des pouvoirs, ni présidentialiste, ni parlementaire).
   Mais la motion n’évoque pas ces questions de scrutin, tranchant hâtivement toutefois contre des alliances au « centre » ( postulant donc d’une part que la « gauche » - ce dont je doute - puisse être clairement majoritaire dans ce pays, d’autre part qu’elle pourrait y faire une politique « de gauche » alors que la seule qui soit crédible est une politique de dosages ad hoc entre inspirations différentes).Préjuger des alliances avant de se prononcer sur des modes de scrutin est imprudent et aboutit à mettre la charrue avant les boeufs. Dans toute institution politique  donnant un rôle à l’organe délibératif, c’est le régime de scrutin qui  commande les formes d’alliances possibles. Et dans une démocratie ouverte, toutes les formes d’alliances doivent être envisageables... pour réussir à construire de nouveaux pouvoirs pourvu que ce soit dans la clarté des options morales et économiques fondamentales. 

2-
Le rôle d'amortisseur de crise qui est, aujourd'hui,  la  fonction indispensable de l'U.E. ne l'exonère pas de ses  très  lourdes responsabilités de mauvais choix passés, tandis qu' il est évident que, sans la volonté de revenir sur la contagion libérale en tous domaines, la situation de la France n’est guère qu’un bouchon sur l’eau des tempêtes mondiales, la force des déferlantes étant à mettre à  décharge des limites d’efficacité du pouvoir en place.


 
Mardi 21 octobre 2008 2 21 /10 /2008 16:47
- Publié dans : sciences pol. et institutions
Par Gérard Bélorgey - Voir les commentaires
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