C'est un régal que lire "Polémiques" de Benoît Duteurtre dont le ton est infiniment moins polémique que plein d'un humour
incisif envers les modes et plein d'humanisme à l'encontre des sectarismes :
- satire sociale sur la dictature des bicyclettes des écolos et des poussettes de l'enfant-roi, sur le pain et le foot ball, sur la "justice du sexe" que
demandent des ardeurs féministes, sur les détestations de la France, sur les langues en Europe, sur l'impuissance de nos contemporains à savoir, comme les anciens ,"gérer l'hiver",
etc...
- avis d'honnête homme nourri de sensibilités et de bon sens sur ce qui serait plus intelligent que ce qui se fait : comme le "mariage
gay" dont l'auteur invite en expert à se garder , comme l'excès d'attachement ou de chasse envers des signes religieux, comme "la privatisation de l'État", comme l'allergie au
nucléaire qu'a suscité Fukushima dont la déferlante tient au raz de marée plus qu'à l'atome, confusion de la politique du "bien" contre "le mal" et des intérêts de la France, pourquoi devoir
"adoucir la mort" ...
- et puis invitation à partager ses goûts littéraires - dont j 'apprécie mieux les exclusions (comme Christine Angot) que les engouements ( comme pour
Houellebecq) - ses révélations de Claude Monet, et sa "musique du bonheur"...
OUI, un bonheur d'intelligence, d'impertinence et d'aisance d'écriture
Quant à Attali, sous le titre " Urgences Françaises", il nous offre le remake d'un produit d'un ambitieux conformisme socio(?)-libéral
européen si habituel ( encore qu'il atteigne des sommets , comme l'illustrent - un exemple entre d'autres - les points relevés ci dessous ) qu'il n'est pas nécessaire d'en rendre
compte pour l'imaginer , sous l'épée de Damoclès destinée à tomber sur ces Français qui ne s'y soumettraient pas en croyant qu'il y a d'autres pistes plus originales pour leur salut.
Deux pages en vis à vis en donnent bien l'esprit des choix
- p.181 : "réduire le taux de l'impôt sur la fortune à un niveau compatible avec l'inflation et avec le rendement
réel des obligations d'État pour qu'il ne soit plus, comme aujourd'hui, une façon d'amputer les patrimoines" ;
- mais juste en face , p. 180, on lisait : " ...favoriser les plus jeunes, maîtriser le dépenses des retraites des fonctionnaires de l'État et des
collectivités locales, en désindexant les pensions d'un point par an du taux de l'inflation, ce qui limiterait les dépenses de 4 milliards d'euros
d'ici à 2017".
On se frotte les yeux devant cette confrontation :
OUI, il s'agit bien d'épargner l'effet de l'inflation aux très fortunés en sauvegardant toute la valeur de leur
patrimoine et de faire supporter partie de l'inflation à la vaste modeste cohorte des retraités publics, en écrêtant leurs revenus et
pouvoir d'achat.
Il faut croire que ce livre n'a pas vraiment été relu, malgré tous les remerciements par lesquels il se clôt !
Dimanche 16 juin 2013
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/Juin
/2013 17:01
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Par Gérard Bélorgey
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