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politique éco et emploi

L'étude que nous avons largement reproduite dans notre précédente publication relie remarquablement la "crise de la dette" à la défense des intérêts  du capitalisme transnational  financier. S'il peut,  à notre sens,  en être ainsi c'est parce que

 

- d'une part  la couverture de notre endettement est obligée de passer par les marchés financiers, ce qui en double le poids; et c'est essentiellement ce que mettait en évidence notre communication  d'hier : la perte du pouvoir régalien de création monétaire oblige l'État, jugé par des agences de notation (aux intérêts pour le moins obscurs),  à  payer des intérêts élevés aux banques qui se financent en dernier ressort à un moindre coût, ce qui est refusé au états par la loi française de 1973 et par l'article 123 du funeste traité de Lisbonne;

  - d'autre part la création d'un sur-endettement - question préjudicielle qui se pose en amont de celle de savoir comment l'endettement est couvert - résulte largement du libre échange (qui est précisement le dogme  dominateur  du capitalisme financier ayant à la fois intérêt à être payé par l'endettement des états et intérêt à ce qu'un endettement fort  contraigne les peuples à l'austérité ). 

 

 

1 - Le libre échange - dès lors qu'il existe entre les anciens pays avancés et des puissances émergentes ayant accompli de tels progrès technologiques  qu'elles  peuvent désormais  quasiment  tout produire à des prix imbattables (parce que leur coûts de revient sociaux, environnementaux et de services publics sont et resteront très longtemps beaucoup, beaucoup plus bas que les nôtres) - aboutit ( c'est la seconde mondialisation, celle  des concurrences tous azimuts) à la compétition mondiale par les prix.

 

 Cette compétition par les prix reste d'ailleurs marginale avec les pays émergents; mais elle est intense entre les pays "développés".  Vis à vis des premiers, dans bien des domaines,  les Occidentaux ont baissé les bras en ne pouvant  pas chercher à produire aussi peu chers qu'eux,  si bien qu'ils se cantonnent  dans la recherche de productions nationales  dont l'atout peut être un moment de mode et/ou un label de qualité.  Ainsi limitée vis à vis des émergents,  la concurrence par les prix, doublée donc d'une concurrence par la qualité (plus ou moins combinée avec des prix restant relativement attractifs)  est d'autant plus intense


- d'un côté, avec des pays tiers,  soit ayant  acquis des niveaux comparables aux nôtres comme le Japon, soit assurant la promotion de produits spécifiques industriels et agro-alimentaires comme les pays de l'Est européen ou de l'Amérique latine;

- et bien evidemment,  entre pays occidentaux eux-mêmes, d'Europe et d'Amérique du Nord.

 

On sait que, parmi ceux-ci, l'Allemagne  a réussi à trouver un créneau de compétition  qualitative "hors prix" : grâce à son passé de haute spécialisation  industrielle diffuse en de nombreuses entreprises petites et  moyennes, elle s'assure de l'exportation de produits de haute gamme obtenus par des montages terminaux comportant une dose  d'importations de composants émanant de low cost countries et dégageant des marges très profitables du fait d'une sévère politique de protection sociale réduisant les coûts collectifs  ainsi qu'à raison d'une modération salariale engagée depuis dix ans  ayant ramené à un niveau ouest européen moyen des rémunérations allemandes qui y avaient  été supérieures pendant la décennie  précédente.


Toutes ces compétitions  ont  pour cibles,  bien sûr,  les marchés intérieurs de chacun, mais aussi et beaucoup les marchés qu'ouvrent les besoins d'équipement de pays émergents (ne maîtrisant pas encore tous les aspects d'un grand projet de haute gamme ou voulant bénéficier, malgré leurs capacités propres, d'expériences établies) )  ou intermédiaires, ce qui met en concurrence les entreprises occidentales qui soumissionnent ( en intégrant bien entendu une part de composants à obtenir  ou de tâches à accomplir in situ aux prix de revient locaux...).

Ces compétitions sont ainsi trois fois mixtes : par le facteur  prix, par le facteur  qualité, par les doses de sous-traitances locales et tendent de plus en plus à être des compétitions du savoir-faire à prix raisonnables .

 

Pour conduire ces compétitions, la conviction des gouvernements français - et, sinon exclusivement, du moins  particulièrement de la droite au pouvoir  -  a été  et s'articule toujours autour de trois points clefs qui sont ceux  gouvernant de fait le fonctionnement de l'économie dite "de marché"  :

 

- le premier est que ce sont les personnes les mieux pourvues en ressources de capital et de revenus qui peuvent tirer l'économie vers la croissance par  la compétitivité ( ce qui n'est d'ailleurs pas faux dès lors qu'il n'existe plus - ce dont sont aussi responsables  des gestions socialistes très "privatisantes" - de financement public significatif de l'investissement dans le secteur marchand et qu'il n'existe pas non plus - faute de disponibilités d'épargne chez les moins bien pourvus -  hors le cas particulier de l'assurance-vie, un véritable capitalisme populaire, ni un secteur coopératif important); l'extrême de cette conviction, illustrée deouis 2007,  est qu'il faut encore plus inciter les "pourvus" à investir et/ou à se lancer dans l'entrepreneuriat,  par des traitements fiscaux très privilégiés les écartant d'aller chercher ailleurs ( et les lieux ne manquent pas ) meilleure fortune fiscale...

 

- le second est que toutes les entreprises - sans distinction entre celles qui sont exposées à la concurrence internationale et les autres; sans distinction non plus entre l'affectation de leurs bénéfices au  développement ou à des porteurs de parts - doivent être allégées de charges fiscales et sociales pour assurer "l'employabilité"  des demandeurs d'emploi, en fait  autant ( puisqu'il ya une large indifférenciatioin des aides ) pour donner  des capacités de marges profitables  que pour favoriser l'emploi ou la survie d'unités en difficulté.

 

- le troisième est que - et c'est malheureusement vrai -  même des entreprises bénéficiaires peuvent être reconnues comme fondées à réduire leurs effectifs, diminuer leurs rémunérations, délocaliser leurs productions parce  que, dans la compétition mondiale,  ce peut être  les moyens d'être bien cotées, d'améliorer leur rentabilité globale, d'attirer des actionnaires,  de réunir  des facultés d'opérations profitables, de se prémunir contre des risques d'être dépassées par les concurrents.  

 

Il résulte de ces constats que  la compétition internationale par les prix a comme première conséquence les pertes de recettes du fait des avantages fiscaux consentis aux plus aisés dont on attend (souvent en vain) qu’ils tirent l’économie vers la croissance, et du fait des "dépenses fiscales et sociales" résultant des exonérations massives de cotisations de l'appareil de production, du fait encore des compensations que l'État doit apporter aux collectivités territoriales  par suite de  la suppression de la taxe  professionnelle sacrifiée sur l'autel de la concurrence mondiale ( alors que nombre d'entreprises, non délocalisables,  notamment de construction/travaux publics, de tourisme et de distribution,  qui la payaient ne sont nullement en concurrence réelle avec l'étranger et que leurs impacts sur les coûts de revient des entreprises qui sont dans cette concurrence sont relativement limités, même si l'on peut toujours soutenir, comme le fait le patronat interprofessionnel , que ce qui compte c'est le niveau général de charges, tandis que dans leurs rôles complémentaire, les branches professionnelles...soutiennent que ce sont les charges propres à un secteur qui sont les plus insoutenables. ) 

La seconde conséq
uence de la compétition par les prix est que,  dans la mesure considérable où ce libre échange engendre du désemploi ( ce qui est, il est, vrai débattu, mais , en réalité, de moins en moins contestable)  et surtout des niveaux très élevés de chômage des jeunes, des seniors et des moins qualifiés (ce qui n'est plus débattu du tout !) il exige une augmentation  à due proportion  des dépenses pour accompagner précarité et chômage de masse, On constate ainsi ( cf. G.Lafay , "douze clefs pour sortir de la crise, 2011 , p.72/73) une corrélation entre la faiblesse de l’emploi par rapport à la population totale et un haut niveau des dépenses publiques : la France est l’un des pays où la part de l’emploi dans la population totale est l’une des plus faibles (moins de 40% alors que les autres pays sont situés entre 45 et 50%, à l’exception de l’Italie) et celui ou la part des dépenses publiques dans le PIB est le plus élevé ( de l’ordre de 56% contre 41 à 51 % pour les autres), l’explication étant manifestement dans le coût du désemploi par le traitement social du chômage).

 

Au delà, la troisième conséquence est que des économies anémiées par le libre-échange  ne produisent pas de croissance et que les  bases fiscales existantes de tous les impôts directs   - bien écrêtées de plus  par les avantages fiscaux - ne peuvent suivre le rythme des dépenses, la recette publique dépendant en définitive essentiellement des taxes sur la consommation des ménages , laquelle, nourrie pour une bonne part d'importations est un accélérateur des effets du libre échange. Celui-ci fait aussi que des dépenses de type keynésien - comme celles engagées de toutes parts par tous , après le crack de 2007/2008 pour obtenir  des relances , dans une économie ouverte, soutiennent plus les pays fournisseurs à bas coûts de production que les pays émetteurs des dépenses considérées.... dont un certain nombre sont des aides au secteur privé qui vont contribuer à l'endettement public ( mais ceci, il est vrai,  a été plus vérifié  aux USA qu'en France ou les mécanismes de garanties mis en place ne semblent pas avoir coûté à l'État.  .

 

 

Il  y a, en synthèse,  un rapport automatique entre le déficit des comptes externes et celui des comptes budgétaires puisque ( idem Lafay, p. 86 ) « sur le plan international, l'endettement étant  la résultante des déséquilibres des balances de transactions courantes, tout déséquilibre entre l'épargne et l'investissement égal à la somme des déséquilibres des agents, doit  être compensé par un déséquilibre en sens inverse des flux de capitaux soit en investissements soit en prêts" Ainsi,( encore Lafay ) " un déficit commercial structurel entraîne la faillite des ménages,  des entreprises ou de l'État sauf si le pays reçoit des transferts de revenus permanents depuis d’autres pays."

 

Ces transferts au bénéfice de la France déficitaire sont manifestement pour partie des souscriptions à des émissions de titres d'État ( pour autant qu'une confiance persiste assortie d'une précaution de taux d'intérêt majoré ...) et des  IDE qui permettent des prises de contrôle par des capitaux du monde entier ( paradis fiscaux inclus) et particulièrement de la part des créanciers asiatiques qui peuvent pénétrer notre appareil de production, grâce à leurs considérables excédents commerciaux et à leurs avoirs en devises.

Ainsi non seulement le libre échange nourrit trois fois l'endettement ( par les cadeaux/incitations  fiscales, par les dépenses publiques engendrées par le désemploi, par la stagnation des revenus et productions servant d'assiettes fiscales)  mais donne
à nos concurrents les plus puissants le plus grand intérêt capitalistique à ce qu'il prospère et, ainsi,  à le couvrir par des prêts et par des investissements.  

 

C'est dire combien l'appel adressé la nuit du 26 au 27 octobre a la Chine pour aider l'Euro à  bien été le sommet logique de l'absurde.  

 

Samedi 10 décembre 2011 6 10 /12 /Déc /2011 17:48
- Par Gérard Bélorgey - Publié dans : politique éco et emploi
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Une explication de la dette publique - et, bien au delà un coup de projecteur sur le capitalisme financier transfrontalier est proposée dans une note de José Gayoso (Membre d’Attac et d’Attac-Rouen), "La dette publique : un mécanisme essentiel de la dictature du capitalisme financier."
 

 

Nous ne partageons pas tous les points de cette analyse, mais avant de proposer une explication plus systémique  par un facteur dominant (le surendettement, produit du libre-échange ), il nous semble utile de l'offrir comme outil de compréhension de la bataille idéologique en cours.  Pour remporter  celle-ci  les tenants d'un libéralisme pur et dur ( dans les relations internes à chaque pays, et pour un ordre mondial du libre échange qui est le moyen majeur de compression ou d'endiguement du progrès social)  se sont  saisis des endettements "souverains" comme leviers de crise pour mettre au pas les pays d'Europe. S'ils peuvent le faire , c'est d'abord parce que l'opinion méconnaît  ce que mettent en évidence   les principaux points de l'étude considérée .

Elle a la grande valeur d'expliquer pour partie comment   l'endettement a pu prospérer; et à qui il a profité;   il faudra au delà comprendre pourquoi ce n'est pas seulement pour le profit d'un capitalisme financier, mais parce que l'endettement est, pour certains pays,  le produit fatal engendré par la stratégie économique internationale adoptée. Et dès lors que ce choix stratégique - le libre échange - est partagé entre droite et gauche, tout gouvernement - avec  son propre habillage - sera amené à faire mutatis mutandis les mêmes politiques engendrant les mêmes grosses dettes publiques ( ce qu'illustrent, sans qu'il y ait un pilotage par les partis de droite, ce qui est arrivé  à des pays tels que le Portugal, l'Espagne,etc.).

 

Ainsi, par exemple, si  les cadeaux fiscaux et les grosses exonérations au bénéfice des entreprises   - comme l'indique cette étude - sont l'un des facteurs de l'endettement, il faut aussi se demander pourquoi ils ont été estimé nécessaires par tel ou tel pouvoir. Et quand on se pose la question, on voit bien - comme on l'expliquera mieux dans notre prochain  billet de syntèse sur le dette publique  - que c'est parce qu'ils participent de la boite à outil de la  compétition mondiale par les prix.

 

Voici  une quasi reproduction parfois concentrée de cette étude ( avec mes raccourcis - je n'en cite pas les passages ou termes  les plus polémiques - ou commentaires en bleu  )

 

Première partie :
La dette publique : rente pour les possédants
et arme de destruction de l’état social
Sur la question de la dette publique planent plusieurs mensonges ultralibéraux.
Le premier et le plus gros de ces mensonges est que l’augmentation de la dette serait due à une orgie de dépenses publiques. Ces dépenses, qui sont celles de l’état, de la sécurité sociale et des collectivités territoriales, étaient (en % du PIB) de 51,9 en 1985 et de 52,3 en 2007; alors que la dette publique de la France est passée de 35,7 à 82,3 entre 1991 et 2010 (Attac-Le piège de la dette publique, Les Liens qui Libèrent, 2011, p.45-62).
Il ya trois causes principales à cette explosion de la dette publique.
La première est la dépossession de l’état républicain de son droit régalien de création monétaire au profit des détenteurs de capitaux. En effet, selon une loi du 3 janvier 1973 (voulant réserver aux banques le pouvoir de création monétaire, sans autoriser l 'Etat, à recourir à l'émission directe de monnaie) le Trésor Public n’a plus le doit d’emprunter à la Banque de France à taux d’intérêt nul ou très faible. Cette loi s’est, par la suite, étendue à l’Europe; puisqu’on la retrouve à l’article 104 du traité de Maastricht (7 février 1992) puis à l’article 123 du traité de Lisbonne (13 décembre 2007). Les états doivent donc emprunter sur les marchés financiers, par l’intermédiaire des banques privées, à des taux qui vont de 2 à 10% selon les notes attribuées à ces états par les Agences de notation. Les états se trouvent donc, de fait, sous la coupe des marchés financiers. Selon l’INSEE la dette
publique de la France, fin du premier semestre 2011, s’élève à 1646 milliards d’euros (84,5% du PIB), les deux tiers de cette dette (près de 1100 milliards) résultent des intérêts versés depuis 1973 aux marchés financiers alors que le Trésor Public aurait pu emprunter, sans intérêts (?) à sa banque centrale.
La seconde cause réside dans la défiscalisation des riches ménages et des entreprises. Le taux d’imposition de la tranche de revenu la plus élevée était de 65% en 1986 ; il est de 41% aujourd’hui.Par ailleurs les ménages les plus riches bénéficient de diverses mesures touchant à leurs patrimoines.....Même au barème de 1999, l’impôt sur le revenu rapporterait 15 milliards d’euros supplémentaires chaque année. A cela s’ajoute les quelques 500 niches fiscales qui se traduisent par une perte de recettes de 75 milliards, dont 40 pour les niches de l’impôt sur le revenu. Cette défiscalisation a un double effet. D’une part elle creuse le déficit de l’état, d’autre part elle permet aux plus fortunés de dégager des liquidités. Les riches peuvent donc, en achetant les obligations émises par le Trésor Public, prêter à l’état avec intérêts, l’argent que cet état a oublié de leur prendre. Ils sont les heureux bénéficiaires d’un double cadeau! ( en fait leurs placements sont bien plus diversifiés ....)
L’impôt sur les bénéfices des sociétés a connu une évolution similaire. Son taux était de 45% en 1986, il est actuellement de 33,3%. De plus, de nombreuses mesures dérogatoires ont fait qu’en 2007, le taux réel des petites entreprises a été de 28% et de 8%, seulement pour les entreprises du CAC40.
La troisième cause est la fraude et l’évasion fiscale. Selon des évaluations du SNUI et de l’INSEE, son montant annuel se situerait dans une fourchette de 40 à 50 milliards d’euros. L’évasion fiscale est pratiquée, en premier lieu, par les multinationales du CAC40. Elles disposent, en effet, de près de 1500 filiales dans des Paradis Fiscaux qui leur offrent de larges opportunités « d’optimisation fiscale ». Cette évasion fiscale est facilitée par les traités de Maastricht et de Lisbonne qui autorisent la libre circulation des capitaux, non seulement dans l’Union Européenne, mais aussi entre l’Union et le reste du monde. (Ajoutons que la campagne engagée contre "la fraude sociale" , alors même que celle-ci  existe et insupporte particulièrement les millieux les plus modestes    semble venir, à point populiste nommé, pour créer un écran de fumées sur des fraudes majeures comme celles aux cotisations sociales par des employeurs faisant travailler au noir dans les conditions les plus précaires).  
 

 

Un second mensonge ... apparaissant  dans tous les espaces médiatiques est que la  la dette publique est le « fardeau des générations futures ».....  Si dans les temps futurs il y a une très grosse dette publique, les quelques filles et fils de leurs pères et mères, créanciers de cette dette, ne devraient pas s’en plaindre puisque de leurs créances ils toucheront  comme c’est le cas aujourd’hui, intérêt et capital ( sauf inflation  - écrêtant leurs niveaux réels -, et dont ils combattent donc le moindre risque). Quant aux autres : l’immense majorité, ils continueront en payant leurs impôts directs, sans s’évader dans les Paradis Fiscaux, et leurs impôts indirects (TVA, TIPP) à alimenter les caisses de l’état pour que celui-ci puisse verser, à qui de droit, les intérêts de la dette. En somme, vue sous cet angle, point besoin d’attendre les temps futurs, la malédiction de la dette publique nous la vivons déjà.
Ce que les générations futures doivent redouter ce n’est pas la dette publique, largement créé au bénéfice des classes de possédants, mais la privatisation de tous les services publics et la destruction de toute la protection sociale. Des écoles, des universités, des hôpitaux, des assurances maladie, des retraites, tout cela accessible seulement à ceux qui auront de l’argent, et un droit du travail démantelé ; là il ne s’agit plus de fardeau mais de cauchemar.


Par ailleurs pour bien juger de l’état de l’économie d’un pays, ou d’une zone économique, la dette publique ne suffit pas; il faut tenir compte aussi de la dette des ménages et de celles des entreprises non financières. La somme de ces trois dettes constitue l’Endettement Intérieur Total (EIT). Un tableau comparatif montre que, excepté pour le Japon, la dette privée (ménages+entreprises) est supérieure ou très supérieure à la dette publique. On peut voir aussi que les ménages anglo-saxons (Etats-Unis, Royaume Uni) sont particulièrement endettés. C’est d’ailleurs le surendettement de millions de ménages étatsuniens non solvables qui, en 2008, a déclenché la crise des subprimes. Ces dettes, transformées en titres « toxiques » vendus sur les marchés secondaires, ont pu ainsi se répandre jusqu’aux banques européennes. Malgré cela la dette privée n’est jamais sous le feu de l’artillerie ultralibérale qui se concentre presque exclusivement sur la dette publique.
 

 

Au cours de ces trente dernières années les inégalités sociales n’ont cessé de se creuser. Des fortunes astronomiques sont passées dans les mains d’une oligarchie mondialisée. A partir des valeurs reportées dans un tableau ( que produit l'étude) on peut voir que la fortune de l’ensemble des 1140 milliardaires de la planète (4500 milliards) équivaut aux PIBs cumulés de la France, l’Espagne,les Pays-Bas, la Belgique et le Luxembourg. Il y a peu de temps, M. Nicolas Sarkozy a décrété la mort des Paradis Fiscaux. Il n’est, cependant, pas interdit de remarquer que les pays considérés, comme tels par celles et ceux qui ont quelques notions sur le sujet, possèdent des PIBs par habitant particulièrement avantageux. C’est le cas pour l’Autriche, la Belgique, le Danemark, l’Irlande, le Luxembourg et les Pays-Bas. Remarquons aussi que la Suède, le Danemark et le Royaume-Uni, bien que situés hors de la zone euro, ne semblent pas se porter plus mal que les autres et, jusqu’ici, le ciel ne leur est pas tombé sur la tête. Signalons, au passage, que les PIBs par habitant révèlent la faiblesse des niveaux de vie des anciens pays du bloc de l’est par rapport à ceux de l’Europe occidentale. Bien entendu, le patronat de l’ouest qui délocalise à tour de bras vers ces pays à bas salaires, a aussi remarqué ce détail.
 
A l’accumulation capitaliste participent non seulement les ultra-riches, mais aussi les Investisseurs Institutionnels (souvent désignés par « Zinzins ») ; il s’agit des fonds de pension, des Compagnies d’Assurance et des fonds d’investissement. Selon Hector Lopin (Alternatives économiques, Hors série n°75, Décembre 2007) l’encours global des Zinzins s’élevait à 62000 milliards de dollars à la fin 2006, ce qui dépasse le PIB total de l’ensemble des pays de l’OCDE. Le rôle de ces Zinzins est d’assurer la gestion collective de l’épargne des ménages des pays riches. Les fonds de pension que certains appellent le capitalisme du pauvre, mais qui serait plutôt celui des classes moyennes, plus particulièrement anglo-saxonnes, jouent un très grand rôle dans la financiarisation de l’économie. Ils interviennent en achetant massivement les actions des entreprises, mais aussi les obligations à long terme émises par les trésors publics. Ils pèsent donc fortement sur les dettes publiques. Selon l’Observateur de l’OCDE (n° 254, mars 2006), en 2004, ces fonds de pension détenaient 15600 milliards de dollars US, ce qui représentait 84,1% du PIB de tous les pays de l’OCDE. Le poids des Compagnies d’assurance est également considérable.
Selon les dernières statistiques de la Banque Centrale Européenne (voir L’AGEFI du 06 novembre 2011), les actifs financiers des Sociétés d’Assurances de la Zone Euro se sont élevés à 5549 milliards d’euros en juin 2011. Un  tableau produit par l'étude compare, les PIBs de quelques états européens aux actifs de leurs compagnies d’assurance  en montrant le poids considérable des sociétés d’assurances, plus particulièrement dans le cas de la France.
 

 

Un troisième mensonge a consisté à faire courir, parmi les citoyens innocents, le bruit que la France serait particulièrement endettée. Il est vrai qu’après quelques années ce mensonge a fini par se désagréger dans l’air du temps. On a fini par savoir que les USA, le Japon et même l’Allemagne étaient, eux aussi, fort endettés.  


L’ultra libéralisme, en creusant partout les inégalités, a engendré une accumulation démentielle de capital : grandes fortunes, fonds de pension, compagnies d’assurances, fonds spéculatifs. Cette accumulation, même lorsqu’elle concerne l’épargne des classes moyennes et des salariés joue, politiquement, en faveur d’une oligarchie mondialisée d’ultra riches qui de façon directe ou indirecte contrôle, à son profit, l’ensemble du système. Mais un capital n’est rien s’il n’est pas transformé en biens matériels, ou investi pour qu’il puisse rapporter des dividendes ou des intérêts.

Or la trop grande accumulation du capital rend la valorisation de ce capital de plus en plus difficile. Il y a baisse tendancielle du taux de profit. Pour tous ces capitaux accumulés, les dettes publiques constituent un lieu d’investissement particulièrement sûr ; car on peut supposer que les états ne tomberont jamais en faillite et que les créanciers, détenteurs d’obligations, récupéreront, à terme, leur capital augmenté des intérêts. Les ultra libéraux ne cherchent pas à supprimer les dettes, pas plus les privées que les publiques. En fait l’endettement est au coeur même de la structure du capitalisme ultra libéral. Remarquons que le traité de Maastricht institutionnalise la dette publique. Celle-ci ne doit pas dépasser 60% du PIB d’un pays, avec un budget d’état dont le déficit doit rester inférieur à 3% du PIB.

 

La crainte des Marchés Financiers et des Banques Privées, qui en sont l’instrument, est que le pays considéré ne puisse plus honorer le Service de la Dette (paiement des intérêts et emprunts arrivés à échéance) et la Charge de la Dette (paiement des intérêts). Les marchés financiers qui contrôlent un système politique et une technostructure à leur dévotion, font donc pression sur  les états pour que ceux-ci réduisent leurs déficits. Et ils préconisent deux façons de faire. La première consiste à baisser les salaires et à réduire la protection sociale. La réduction des salaires peut se faire, dans le périmètre d’un pays donné, par le blocage, la précarisation, le chômage, la destruction du droit du travail ; ou par la délocalisation vers des pays où le travail est moins rémunéré, la protection sociale moins assurée. La délocalisation constitue le moyen de transporter l’exploitation capitaliste vers des pays où le rapport des forces sociales est plus favorable au capital. La seconde façon préconisée pour la réduction des déficits est la privatisation des services publics. L’état réduisant son domaine d’intervention réduit, en conséquence, son budget. Les capitaux accumulés trouvent ainsi de nouveaux espaces d’investissement et de profit. De plus, par cette politique de privatisation le capitalisme ultra libéral détruit peu à peu son ennemi : l’état social. Quelque soit la façon de réduire les déficits, à la satisfaction des marchés financiers, les gagnants sont toujours les mêmes : les possédants, détenteurs des capitaux. Il apparait donc que la dette publique est aujourd’hui le point névralgique des luttes de classes. Même si, malheureusement, la conscience de cette contradiction irréductible entre capital financiarisé et forces du travail, n’est pas, chez les peuples du monde, au niveau nécessaire.
 

 

Les quelques considérations précédentes nous suggèrent une autre voie pour sortir du piège de la dette et de la soit disant crise actuelle. Tout d’abord il faut redonner aux états leur pouvoir régalien de Création Monétaire. Actuellement la création monétaire est presque entièrement dans les mains des banques privées. Les Banques Centrales pourront alors prêter à leurs propres états sans intérêts, ou à des taux d’intérêt très faibles. Une telle mesure se heurtera au traité de Lisbonne (il faudrait abroger l’article 123) et à l’Europe telle qu’elle est. La question du maintien de l’euro et de la souveraineté des divers pays, entre autres sur leurs monnaies, se posera inéluctablement. La construction européenne, comme le FMI, l’OMC et l’OTAN fait partie du système assurant la domination du capitalisme ultra libéral. La soit disant « Europe » a été et reste le cheval de Troie des privatisations et de la destruction des services publics : EDF-GDF, Poste, SNCF…et ça continue. La fiscalité devra être revue de fond en comble, pour aller chercher l’argent là où il se trouve. Il faudra mettre fin à la Contre Révolution Fiscale qui se développe depuis des décennies : un impôt sur le revenu progressif et une augmentation substantielle de l’impôt sur les bénéfices des sociétés. Et puis s’attaquer à l’évasion fiscale et pour cela aux Paradis Fiscaux, qui ne s’étant pas aperçu qu’ils étaient morts, comme l’a décrété un certain Nicolas Sarkozy, sont toujours aussi actifs et aussi accueillants
pour tous les capitaux en croisière. Bien entendu tout cela ne sera pas facile et suppose une modification considérable du rapport de force entre capital et travail. Mais les seules batailles perdues d’avance sont celles qu’on ne livre pas......
 

 

 

La dette publique :
un mécanisme essentiel de la dictature
du capitalisme financier
Deuxième partie :
Dans les caves de la démocrature
José Gayoso (nov., 2011)
(Membre d’Attac-France et d’Attac-Rouen)
 

 

Avec l’article 123 du traité de Lisbonne les états de l’union européenne ont perdu leur droit régalien de création monétaire. Pour financer les services publics ces états sont obligés d’emprunter sur les marchés financiers par l’intermédiaire des Banques privées. Ces emprunts se font par l’émission d’obligations négociables sur les marchés secondaires. Les états ne maitrisent pas les taux d’intérêt de ces obligations. Ces taux dépendent de la note attribuée au pays par les agences de notation.
 

 

Les obligations de l’état français sont gérées par l’Agence France Trésor (AFT.) L’AFT a été crée le 8 février 2001 par arrêté du Ministère de l’Economie des Finances et de l’Industrie....
L’AFT s’appuie sur un Comité Stratégique(CS) et sur un groupe de 20 Spécialistes en Valeur du Trésor (SVT) qui cotent les titres, publient leurs prix et procèdent à la vente. Le groupe des SVT comprend 4 banques françaises et 16 banques étrangères.
Officiellement l’AFT a pour mission « de gérer la dette et la trésorerie de l’Etat au mieux des intérêts du contribuable…» (Agence France Trésor, Bulletin mensuel N° 253, juin 2011). Mais à lire les rôles dévolus au Comité Stratégique et au groupe des SVT, un doute insidieux s’insinue. Que l’on en juge sur pièces ! « L’Agence France Trésor est assistée dans la gestion de la dette de l’Etat par le Comité stratégique, qui aux cotés des spécialistes en valeurs du Trésor, la conseille sur LES GRANDS AXES DE LA POLITIQUE D’EMISSION DE L’ETAT. Il aide l’Agence France Trésor à mettre en oeuvre de façon concrète, en les approfondissant, les principes de la politique d’émission». (AFT, 30 sept. 2011). Et pour les SVT (AFT, 25oct.2010) : « Les Spécialistes en valeurs du Trésor (SVT) sont les contreparties privilégiées de l’Agence France Trésor et de la Caisse de la Dette Publique pour l’ensemble de leurs activités sur les marchés. Ils conseillent et assistent l’AFT sur sa politique d’émission et de gestion de la dette, et plus généralement sur toute question Intéressant LE BON FONCTIONNEMENT DES MARCHES ».Et plus loin : « La composition du groupe des SVT a évolué dans le temps. Au nombre de treize en février 1987, il est depuis très largement élargi afin que soit représentée la diversité des établissements actifs sur le MARCHE DES EMPRUNTS D’ETAT FRANÇAIS…»
Manifestement l’AFT est beaucoup plus préoccupée par le bon fonctionnement des marchés de capitaux que par l’intérêt du contribuable. Lorsqu’on examine la composition du Comité Stratégique (Tableau I) puis celle du groupe de SVT (Tableau II) le doute s’intensifie et tend vers la certitude. Le CS réunit une magnifique brochette du nec plus ultra de la finance française et mondiale. Suit la liste des membres considérés....
Aucun élu de la République, de droite, du centre ou de gauche, aucun syndicaliste, aucun représentant de la société civile et des ONG n’est membre du CS ou du groupe des SVT. A France Trésor on est en plein conflit d’intérêt puisque ce sont les financiers et les banques intéressés à l’achat des obligations qui contrôlent la procédure d’émission et de mise en vente de ces obligations. Or l’intérêt des Banques qui gèrent les marchés financiers est plutôt en contradiction avec celui des contribuables qui par leurs impôts et payent les intérêts de la dette publique.
 

 

 

L'auteur de l'étude produit enfin des éléments majeurs du contexte de capitalisme financier dans lequel s'insère la question des dettes publiques :

 

Trois chercheurs de l’Institut Fédéral de Technologie de Zurich ont publié récemment un travail sur les interconnexions entre les multinationales mondiales (Stefania Vitali, James B. Glattfelder, Stefano Battiston-The network of global corporate control, arXiv:1107,5728 v [q-fin.GN] 19 septembre 2011; voir aussi: Ivan Du Roy, Basta! 9 septembre 2011; Dominique Sicot-Les 50 maitres du monde, L’Humanité Dimanche, 27 octobre 2011). Leur étude, d’un niveau mathématiques assez élevé (Statistiques, théorie des graphes, analyse matricielle), porte sur un ensemble de 43000 groupes du monde entier (Transnational Corporations) sélectionnés dans les listes de l’OCDE. Ces chercheurs ont analysé les interconnexions financières complexes entre ces groupes: part du capital détenu y compris dans les filiales ou les holdings, prises de participation croisées, participations indirectes au capital etc.

Leur étude montre que :
a)-80 % de la valeur des 43000 multinationales est contrôlée par 737 « entités » : banques, compagnies d’assurances, grands groupes industriels.
b)-parmi ces 737 « entités », «par un réseau complexe de prises de participation»,147 multinationales possèdent 40 % de la valeur économique et financière de toutes les multinationales du monde entier.
c)-de cet ensemble de 147 multinationales émerge, selon les termes mêmes des auteurs, une superentité de 50 gros détenteurs de capitaux. On y trouve des banques : la britannique Barclays, les « stars » de Wall Street (JP Morgan, Merrill Lynch, Goldman Sachs, Morgan Stanley…); mais aussi des assureurs et des groupes bancaires français: Axa, Natixis, Société Générale, le groupe Banque populaire-Caisse d’épargne, BNP-Paribas.
 

 

C’est cette poignée de 50 détenteurs de capitaux, situés au coeur de toutes ces interconnexions, qui par leurs assemblés générales d’actionnaires et leurs présences dans les conseils d’administration décident, de façon directe ou indirecte, des restructurations d’entreprises et des délocalisations.

 

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 Il résulte d'un tableau intégré à cette étude le constat que "parmi les 20 « Spécialistes en Valeurs du Trésor » choisi par France Trésor, et donc par le ministère des finances, 12 appartiennent à l’ « entité » des 50 . Autant dire que ce sont les marchés financiers, qui achètent la dette de l’état français, qui contrôlent son émission et sa diffusion.
 ...................
Les Paradis Fiscaux (PF) se trouvent, aujourd’hui, au coeur du capitalisme mondialisé. Selon le guide Chambost qui reste la référence en la matière (E. Chambost-Guide des Paradis Fiscaux, Favre, Lausanne, 2005 ; voir aussi le successeur de feu Edouard Chambost : Warren de Rajewicz-Guide des nouveaux Paradis Fiscaux, Favre, Lausanne 2010) les PF abriteraient 55 à 60 % des affaires mondiales. Selon Xavier Harel (X . Harel-La grande évasion, Les liens qui libèrent, 2010) 12000 milliards de dollars dorment dans quelques70 PF. Ce chiffre est du même ordre de grandeur que le PIB des USA qui était de 14044 milliards de dollars en 2009 (Statistiques OCDE, édition 2010). Au delà des propos d’estrade, les régulations opposées aux PF restent molles et largement illusoires. En fait les places dites offshore sont structurellement liées au fonctionnement du commerce et de la finance internationale.

 

Selon le Conseil des prélèvements obligatoires, les entreprises du CAC40 ne payent, en moyenne, que 8% d’impôts sur leurs bénéfices alors que le taux légal est de 33,3%. Au Royaume Uni un tiers des 700 premières sociétés ne payent aucun impôts. Cette énorme évasion fiscale est rendue possible par l’existence des PF. Par ailleurs les pays en voie de développement perdent, chaque année, en évasion fiscale, entre 800 et 1000 milliards de dollars ce qui représente près de dix fois l’aide au développement. Mais est-ce que ces SVT, qui conseillent France Trésor pour tout ce qui touche à notre Dette Publique, pataugent, eux aussi, dans le marécage des PF ? A cette question lun Tableau de l'étude  donne une réponse on ne peut plus claire...... (Réf : Christian Chavagneux et Marie-Salomé Rinay-Alternatives économiques ; Article Web, 11 mars 2009 ; Charlotte Menegaux et Jérôme Bouin , Les entreprises du CAC40 au Paradis Fiscal ,13 mars 2009) :
Il s’avère que sur les 20 SVT qui s’intéressent de très près à notre dette publique 8, au moins, sont très largement implantés dans les PF. Mais qu’en est-il des 12 autres ? S’agirait-il de SVT parfaitement vertueux ? Pour nous éviter de très longues recherches nous sommes allé faire un tour sur le site des Iles Caymans. Ces Iles Caymans (Grand Cayman, Little Cayman et Cayman Brac) sont, en quelque sorte, l’archétype des PF. La fiscalité y est douce puisqu’il n’existe aucun impôt sur les sociétés. Or parmi nos 20 SVT, 16 sont installés aux Iles Caymans. Finalement, seules Royal Bank of Scotland et Scotiabank Europe ne sont ni aux Iles Caymans ni sur la liste du Tableau III. C’est à se demander si ces deux banques sont vraiment crédibles et si elles savent faire des affaires. Sans procéder à une recherche exhaustive nous avons été assez vite rassurés. En effet Scotiabank est, au moins, installée à Belize, petite république d’Amérique centrale où, selon Warren de Rajewicz, « la confidentialité est optimale » et où « les sociétés offshore ne paient aucun impôt sur leurs revenus ».Quant à la Royal Bank of Scotland elle dispose de filiales aux Bahamas, à Gibraltar, à Jersey, Guernesey, Ile de Man, Singapour et en Suisse, états ou territoires qui tous sont des PF.

 

Donc tous les « Spécialistes en Valeurs du Trésor » qui conseillent notre gouvernement, pour nos emprunts obligataires sur les marchés financiers, sont eux mêmes des acteurs des ces marchés financiers, FORTEMENT LIES AUX PARADIS FISCAUX.
 

 

La charge de la dette publique de la France est, en 2011, de 46,82 milliards d’euros (AFT, 19/09/2011),alors qu’en 2010 l’impôt sur le revenu a rapporté au fisc 54,7 milliards d’euros (Statistiques Insee 2010).  Donc actuellement, en France, l’impôt sur le revenu est presque entièrement absorbé par le paiement des intérêts de la dette publique. Il s’agit d’un transfert de richesse de l’ensemble des contribuables vers les détenteurs de capitaux créanciers de notre dette publique. Le taux d’intérêt des emprunts d’Etat, sur les marchés financiers, afin de financer les services publics, est donc une question de toute première importance. Or les marchés financiers établissent ces taux d’intérêt en se basant sur les notes attribués aux divers Etats par les Agences de Notation. Les agences de notation financière sont des entreprises privées, rémunérées par les clients demandeurs de notation. Ces agences se chargent d’évaluer le risque d’insolvabilité de l’emprunteur. En principe plus ce risque est faible, meilleure est la note de l’emprunteur et plus faible seront les taux d’intérêt consentis par les créanciers. Les emprunteurs peuvent être des entreprises publiques ou privées, des collectivités locales : régions, départements, communes ou des Etats. Il ya plus d’une centaine d’agences de notation mais trois de ces agences réalisent 94% du chiffre d’affaire de la profession. Il s’agit de Moodys (40%), Standards&Poors (40%), qui toutes deux ont leur siège à New York et de Fitch Ratings (14%) qui a deux sièges sociaux l’un à New York et l’autre à Londres.

 

Nous donnons, ci-dessous, les taux d’intérêts des obligations d’Etat à 10 ans pour quelques pays de la zone euro (Roland Laskine-Le figaro.fr, économie du 15 novembre 2011) :
Allemagne 1,74 %
Espagne 6,20 %
France 3,50 %
Italie 7,00 %
Ces chiffres montrent clairement la grande influence des agences de notation sur les taux d’intérêt des dettes publiques. Ces agences de notation ne sont pas « des thermomètre objectifs » comme voudraient le faire croire les ultra libéraux. Elles sont un des instruments des marchés financiers. Elles se sont, de plus, signalées par quelques fiascos retentissants. En 2001 Standards&Poors et Moodys accordent la meilleure note à Enron qui 4 jours plus tard fait faillite. En 2008 elles attribuent une bonne note à Lehman Brothers à la veille de son effondrement. Aucune de ces agences n’a anticipé la crise des subprimes aux Etats Unis. En fait ces agences, très lucratives, dont les actions sont négociées sur les marchés secondaires et qui émettent des obligations, ont pour clients ceux-là même qu’elles vont noter. Les conflits d’intérêts qui en découlent leur enlèvent toute légitimité.
 

 

L’emprise des agences de notation, sur les taux d’intérêts d’une dette publique, est plus forte lorsque cette dette est détenue par les non-résidents du pays créancier. Ainsi bien que le Japon ait une dette publique qui dépasse les 200 % de son PIB, les agences de notation n’ont guère prise sur elle. En effet cette dette est détenue à 95% par les résidents japonais. Dans ces conditions la dette et ses taux d’intérêtsest une affaire interne à l’Etat Japonais. En 1993 la part des non résidents dans la dette française était de 32 %, en 2011 elle est de 66 % (Samuel Laurent-Le Monde.fr Politique du 10 aout 2011). Cette augmentation du poids des non-résidents dans la dette de la France est le résultat d’une politique d’internationalisation délibérée de l’Agence France Trésor. Etant donné le nombre de banques étrangères, et plus particulièrement américaines et britanniques, inclues dans le groupe de Spécialistes en Valeur du Trésor (voir Tableaux I et II), cette politique n’a rien de surprenant. Pour les banques et les marchés financiers la dette publique est une affaire rentable. Pas surprenant que les Barclays, Morgan Sachs et autres aient souhaité avoir leur part. Avec l’augmentation du poids des non-résidents la France se trouve davantage sous l’emprise des agences de notation. Pour les banques et les marchés financiers tout va bien.
 

 

Après être restée dans l’ombre pendant des dizaines d’années, la question de la dette publique est sortie, ces derniers temps, au grand jour. De cette dette, il est important que les citoyens en comprennent la cause et la nature. Ce texte a essayé de montrer que, concernant la dette publique, les vraies décisions sont prises, dans l’ombre du Ministère des Finances, par un quarteron de technocrates, français et étrangers , chargés, pour l’essentiel de défendre les intérêts du capitalisme mondialisé et des marchés financiers. 

 

 

........ Un véritable changement suppose que les peuples et leurs Etats reprennent leur POUVOIR REGALIEN DE CREATION MONETAIRE et que les banques soient socialisées. Dans le cas contraire, les plans d’austérité se suivront, de plus en plus austères. Les multinationales et les marchés financiers n’ont pas d’autre moyen pour maintenir la rentabilité des capitaux accumulés et les privilèges exorbitants de l’oligarchie qui les contrôle. Bien sûr le peuple peut voter, les gouvernements peuvent changer, et tout peut changer pour que rien ne change. Car les multinationales, qui sont de véritables Etats privés, et les marchés financiers ont réussit à installer leurs organes de décision hors de porté de l’Etat Social et de l’action citoyenne. La construction Européenne a aggravé tout cela. Le bulletin de vote, l’action syndicale, la manifestation ont été dévitalisés et tous les contres pouvoir affaiblis. Le salarié ne peut plus s’opposer à son licenciement ni à la liquidation de son entreprise, décidée, peut-être, par un holding officiant au Luxembourg ou, pourquoi pas, aux Iles Caymans.

 

Nous voilà donc en pleine DEMOCRATURE : gouvernement des marchés financiers, par les marchés financiers et pour les marchés financiers. Heureusement, nos média savent parfaitement discerner les vrais dictateurs. Il semblerait que de ces dictateurs, bons ou mauvais, on puisse donner la définition générique suivante : toutes celles et tous ceux qui, d’une façon ou d’une autre, s’opposent audéploiement, sans contraintes, des multinationales et des marchés financiers «occidentaux ».
Dans l’antiquité on pouvait tomber en esclavage chez un créancier, parce que l’on n’avait pas pu payer sa dette. De nos jours les choses ont bien changées ; c’est tout un peuple qui peut tomber en esclavage parce qu’il n’est plus en mesure de payer les intérêts de sa dette publique. A la racine de ce malheur il ya l’inégalité grandissante dans la répartition des richesses crées ou, en clair, l’injustice sociale. Dans son discours du 8 thermidor Maximilien de Robespierre disait ceci : « Peuple, toi que l’on craint et que l’on flatte, souverain reconnu que l’on traite toujours en esclave, souviens toi que partout où la justice ne règne pas le Peuple a changé de chaines mais non de destinée ». Il faudrait réactualiser. Ce n’est pas
bien difficile.

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Vendredi 9 décembre 2011 5 09 /12 /Déc /2011 17:57
- Par Gérard Bélorgey - Publié dans : politique éco et emploi - Ecrire un commentaire
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Le choix fait pour gérer les surcoûts qu'engendreraient les dockers français a été la privatisation, et je crois que l'orientation en ce sens date de la période socialiste. Et c'est là l'erreur dans laquelle on s'est entêté. SI bien que le débat acharné - et qui coûte si cher - est un débat de doctrine : la CGT veut le régime public , les pouvoirs la privatisation. On s'entend bien moins sur des affrontements de doctrine que dans des négociations salariales et sur les conditions de travail  . iI fallait maintenir la gestion publique et montrer qu'elle serait parfaitement capable ne faire cesser et réformer des abus s'il y en a. Le service public est apte à montrer , comme il l'a fait  auprès de corps difficiles que leurs caractères et leurs prétentions ne sont pas irréductibles si on sait y faire. Et le premier pas pour bien faire, c'est de les conserver dans le champ public. Ceci posé comme cadre et garantie il doit être possible d'obtenir d'une profession dont on sait, depuis qu'il y a des ports au monde,  les qualités comme les excès, qu'elle ne scie pas la branche sur laquelle elle trouve son boulot:  Une conduite dure et sûre explicative des concurrences et des enjeux, avec une vraie  dose de participation à la définition du travail comme celle qui a mis dans le coup du redressement de certaines activités minières et  sidérurgiques des salariés parfois aussi difficiles que ces dockers eut été préférable à la tactique de passer la main. IL fallait reconnaître  l'aura d'un métier noble  comme celui des mineurs de fond, d'un métier  qui fut de force et d'exécution et qui devient de plus en plus  de précision et de responsabilité ,  et je ne doute guère qu'avec un statut associant bien les intéressés en responsables à la gestion de sa transformation,  bien des plus durs seraient devenus coopératifs, mieux , ingénieux,  pour passer dans les prix de la concurrence et en perdant le sentiment qui les soulève aujourd'hui   : "ils ne nous ont pas reconnus, ils veulent tuer notre profession".

Quant à la privatisation de la manutention portuaire redoutons qu'elle conduise  à ce qu'est devenu une bonne part du transports routier. Revoyez "Envoyé Spécial' de ce soir sur les esclaves, surtout étrangers,  de la route.    Demandons nous si la privatisation des dockers ne pourrait pas conduire à une série de combines à la mode du transport routier caviardé par des chauffeurs de Pologne, des Balkans ou de Turquie: Des salariés sous statut social étranger deux fois plus payés que chez eux,et deux fois moins bien payés chez nous que nos routiers français, et trichant  encore mieux  que bien des nôtres, tous obligés de le faire pour satisfaire des patrons qui veulent faire passer , sur les disques de contrôle, du temps travaillé pour du temps de repos et qui,additionnent toutes les autres  économies :mauvais campement, sous méchante surveillance des équipes attendant des camions livrés par bateau ,  système de relèves par roulement , utilisation obligatoire du plus possible de voies non payantes bien plus créatrices d'accident en conduite et en mauvais stationnement, Etc.... avec le licenciement à la clef pour le conducteur malhabile ou indocile . Voilà tout  ce qui  fait de ces pauvres bougres exploités par des patrons de lointaines Tartarie  ( et parfois de proches banlieues) des dangers publics autant que des Attila économique  opérant sous des constructions juridiques qui se succèdent les unes après les autres pour remplacer le dernier bricolage juridique reconnu illégal, mais bien difficile à poursuivre par une Commission peu empressée, avant que tout ne se légalise largement par la "libération "des transports routiers européens prévue pour 2OI4 par le diabolique programme super concurrentiel de Bruxelles . Ce sera le  triomphe définitivement ruineux pour la Frabce de toutes les ouvertures de droit au sein de l'UE , et vis à vis de proches pays  externes, avec quelques astuces à l'appui. Le plombier polonais n'est pas un mythe, le chauffeur tchèque non plus et le turc est bien vrai ( son pays  n'a pas même besoin d'être admis  en Europe, des transporteurs  -  Français inclus - ont trouvé des bretelles pour qu'il y rentre assez..) IL faudra que le  Musée Grévin fasse place dans un camion réformé à deux à trois trognes traditionnelles d'ancien français transporteurs routiers ( de type arabe, chti' , cévenol ou parigot representant l'époque où des gens vivant dans notre pays en sillonnaient les routes pour gagner leur vies et approvisionner leurs concitoyens
.

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Jeudi 3 février 2011 4 03 /02 /Fév /2011 22:22
- Par Gérard Bélorgey - Publié dans : politique éco et emploi - Ecrire un commentaire
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Ci dessous un article du Monde sur la politique de Zapatero

 

"

José Luis Rodriguez Zapatero a annoncé, mercredi, la fin d'une allocation pour les chômeurs en fin de droits dans le cadre d'un nouveau "paquet de mesures" économiques que "le gouvernement va adopter vendredi prochain pour favoriser l'investissement et l'emploi".

L'allocation de 426 euros, adoptée en août 2009 pour aider le nombre grandissant des chômeurs de longue durée dans un pays durement touché par la crise économique, ne sera pas renouvelée à son échéance, en février, a indiqué le chef du gouvernement socialiste.

"Nous allons privatiser 30 % de la société publique des loteries et paris", a-t-il poursuivi. "Nous allons donner accès au capital privé pour la gestion des aéroports à hauteur de 49 %, et la gestion des aéroports de Madrid et de Barcelone deviendra privée à travers un régime de concession", a-t-il également annoncé.

BAISSE DES IMPÔTS POUR LES PME

Le chef du gouvernement a parallèlement annoncé une baisse des impôts pour les petites et moyennes entreprises (PME) à travers l'assouplissement des critères pour l'attribution du taux d'imposition réduit, une mesure qui bénéficiera à 40 000 PME.

L'Espagne peine à sortir de la profonde crise économique qui l'affecte depuis fin 2008, avec une croissance atone et un taux de chômage à 20 %, le double de la moyenne de la zone euro. La Commission européenne a émis, cette semaine, des doutes sur l'objectif du gouvernement espagnol de réduction à 6 % du PIB pour le déficit public en 2011, et a indiqué qu'elle tablait pour sa part sur un déficit espagnol à 6,4 % du PIB pour 2011, après 9,3 % cette année.

Des tensions sont réapparues ces derniers jours sur les marchés obligataires européens, concernant en particulier la dette espagnole, les opérateurs se mettant à douter à nouveau de la solidité financière du pays après la crise irlandaise."

 

   

 

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Vendredi 3 décembre 2010 5 03 /12 /Déc /2010 19:10
- Par Gérard Bélorgey - Publié dans : politique éco et emploi - Ecrire un commentaire
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Je regrette d'avoir tardé à rediffuser ce papier

dont le point essentiel tiré de l'Expansion de Novembre 2010 est celui-ci :

"depuis trois ans les ténors du Cac 40 se délestent chaque mois  de 1900 salariés français, mais en même temps augmentent leurs effectifs à l'étranger de 7600 personnes".

Et l'on continue à nous dire que les délocalisations sont marginales, alors que ce qui est essentiel ce sont les nouvelles localisations. Et il est bien qu'elles assurent l'expansion et des marchés pour nos firmes et nos marques; mais - si l'on veut que celles-ci non seulement gagnent de l'argent, mais rapportent aussi de l'emploi national -  le bon dosage qui devrait résulter de certaines protections contre l'importation
sans régulation et d'appuis aux activités se developpant préférentiellement sur notre sol  , serait que les créations de postes de travail concernent plus largement le territoire hexagonal...

 

 

 

 

 

extrait marianne nov 2010

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Samedi 20 novembre 2010 6 20 /11 /Nov /2010 19:06
- Par Gérard Bélorgey - Publié dans : politique éco et emploi - Ecrire un commentaire
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