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L'objet de ce site est de baliser par quelques souvenirs éloquents l'histoire récente et de faire contribuer ces expériences, par des commentaires d'actualité, à éclairer et choisir les changements, en s'interrogeant sur les propositions des politiques et les analyses des essaiystes. Donc, à l'origine, deux versants : l'un rétrospectif, l'autre prospectif.

A côté des problèmes de société (parfois traités de manière si impertinente que la rubrique "hors des clous"a été conçue pour les accueillir), place a été faite à "l'évasion" avec des incursions dans la peinture, le tourisme, des poèmes,  des chansons, ce qui constitue aussi des aperçus sur l'histoire vécue.

 

MODE DE CONSULTATION : après avoir ouvert le site, ou cliqué sur un article, un sujet, un mois d'archive, l'affichage du document  recherché s'obtient en descendant la lecture  jusqu'au delà de cette fenêtre de présentation.

L'auteur

 

DSCF0656-copie-1.JPGNé en 1933, appartenant à la génération dont l'enfance a été marquée par la deuxième guerre mondiale, l'occupation et la Résistance, l'adolescence par la Libération, la guerre froide, puis par de clairvoyants engagements pour les décolonisations, l'auteur a ensuite partagé sa vie professionnelle entre le service public (il a notamment été préfet, délégué à l’emploi, directeur des affaires économiques de l’outre-mer, président de sa chaîne de radio-télévision, RFO), l'enseignement et la publication d’ouvrages de sciences politiques (il est aujourd’hui membre du comité de rédaction et collaborateur régulier de la Revue Politique et Parlementaire). Il a également assumé des missions dans de grandes entreprises en restructuration (Boussac, Usinor/Sacilor), puis a été conseil d’organismes professionnels.

 

Alors que ses condisciples ont été en particulier Michel Rocard et Jacques Chirac (il a partagé la jeunesse militante du premier dans les années cinquante et fait entrer le second à Matignon dans les années 60, avant d'être son premier collaborateur à l’Emploi et pour la négociation de Grenelle et au secrétariat d’Etat aux Finances, il n'a suivi ni l'un, ni l'autre dans leurs itinéraires. En effet, dans le domaine politique, comme il ressort de ses publications (cf. infra), Gérard Bélorgey n’a rallié ni la vulgate de la Veme république sur les bienfaits de l’alternance entre partis dominants, ni les tenants du catéchisme du libre-échange mondial. Il ne se résigne donc pas à TINA ("there is no alternative" au libéralisme). Tout en reconnaissant les apports autant que les limites de ceux qui ont été aux affaires et avec lesquels il a travaillé, il ne se résigne pas non plus à trouver satisfaction dans tel ou tel programme de camp. Mesurant combien notre société multiculturelle, injuste et caricaturalement mondialisée, souffre aussi bien des impasses de l’angélisme que des progrès de l’inégalité et des dangers de l’autoritarisme, il voudrait contribuer à un réalisme sans démagogie.

 

Partie de ses archives est déposée dans les Fonds d'Histoire contemporaine de la Fondation des Sciences Poltiques (cf. liens).

 

Il a publié sous d'autres noms que celui sous lequel il a signé des ouvrages fondamentaux que furent "le gouvernement et l'administration de la France" (1967), "la France décentralisée" ( 1984), "Les Dom-Tom" (1994)  : le pseudo de Serge Adour correspond à l'époque de la guerre d'Algérie et à une grande série de papiers dans Le Monde en  1957 , celui d'Olivier Memling au recueil de poèmes et chansons "Sablier " (couronné en 1980 par l'Académie Française et référé, dans l'histoire littéraire du XXeme Siècle de Hachette) celui de  Gérard Olivier à son analyse dans de  grands quotidiens de la décentralisation en 1981/82; celui de Solon  (malheureusement partagée par erreur avec d'autres auteurs) à la publication en 1988 de "la démocratie absolue" . Cessant de vivre un peu masqué, il retrouve son nom en 1998 pour "Trois Illusions qui nous gouvernent", puis en 2000 pour "Bulles d'Histoire et autres contes vrais " (série de coups de projecteurs sur quelques apects du dernier demi siècle qui seront souvent repris ci-dessous), ainsi que pour de  nombreux articles dans  diverses revues. EN 2009, il est revenu sur la guerre d'Algérie avec le roman ( Ed. Baurepaire) "La course de printemps". Il prépare "L'évolution des rapports Gouvernés /Gouvernants sous la Veme République :entre absolutismes et renouvellements?"

politique éco et emploi

Il faut relayer cette rigoureuse et objective démonstration

in Le Monde du 10 mai

M. Hollande n'a plus de marges de manoeuvre.

Certes, le premier problème de la France est le chômage, dont la cause tient à l'absence de croissance. Dans le cadre actuel de l'euro, qui l'a privée de ses souverainetés monétaire et budgétaire, le pays ne dispose plus des leviers qui lui permettraient de retrouver la croissance. La France en est donc réduite à demander à l'Allemagne de mettre en oeuvre une action de relance dont elle serait la bénéficiaire. Pour que l'action de Berlin soit vigoureuse, elle devrait consister à la fois en une politique budgétaire moins rigoureuse et en une politique salariale plus généreuse. Etant donné les contraintes que l'euro fait peser sur l'économie française, la France est donc parfaitement fondée à demander à l'Allemagne d'appliquer cette politique de relance.

Le problème est que le gouvernement allemand ne peut pas appliquer cette politique pour deux raisons : tout d'abord, les Allemands ne comprendraient pas qu'après avoir accompli d'importants efforts pour revenir à l'équilibre budgétaire, le gouvernement décide de s'en écarter délibérément.

Ensuite, parce que le gouvernement n'est pas maître de la politique salariale, qui dépend des partenaires sociaux. Or patronat et syndicats ne souhaitent pas un relâchement de la discipline salariale qui se traduirait par une perte de compétitivité, donc par une diminution des marges des entreprises et une réduction de l'emploi. L'Allemagne est donc parfaitement fondée à refuser les demandes de la France.

De son côté, que demande Berlin à Paris ? L'Allemagne se rend compte que le déficit public et le déficit extérieur de la France ne se réduisent pas. Elle redoute de devoir financer d'une manière ou d'une autre ces déficits auxquels s'ajouteraient ceux des autres pays déficitaires. L'Allemagne est donc parfaitement fondée à demander à la France de réaliser des réformes (économies budgétaires, baisse des prestations sociales, baisse des salaires) afin de réduire son déficit public et son déficit extérieur.

Le problème est ici que le gouvernement français ne peut pas réaliser des réformes de cette ampleur dans une société française au bord de la crise de nerfs. Croire que l'on peut réformer en profondeur la société et l'économie françaises sans croissance est une illusion. La France est donc elle aussi parfaitement fondée à refuser les demandes de l'Allemagne.

Parler dans ces conditions de tension ou de confrontation entre les deux pays est encore inexact et insuffisant. Comme dans une tragédie, Paris et Berlin sont prisonniers d'une situation inextricable qu'ils n'ont pas créée, où chacun est dans son droit, à la fois dans ses exigences et dans ses refus.

Comment cette tragédie peut-elle se dénouer ? Il est vain d'espérer, comme certains veulent le croire, que la France et l'Allemagne vont trouver un compromis : des réformes de ce côté-ci du Rhin et une relance de l'autre côté. Les inerties sont trop grandes, les intérêts trop opposés et les évolutions trop divergentes pour qu'on puisse espérer aboutir à un compromis durable à long terme. Ou les réformes seront insuffisantes pour faire vraiment diminuer les déséquilibres français, ou la relance allemande sera trop faible pour accélérer substantiellement la croissance de la France de façon à lui permettre de réaliser ses réformes. Nécessairement, l'une ou l'autre finira par imposer ses vues.

Ou l'Allemagne imposera les siennes, obligeant le gouvernement français à réformer en dépit de l'absence de croissance, et, dans ce cas, le risque est de provoquer une crise sociale grave pouvant conduire à la sortie de la France de la zone euro. Ou le gouvernement allemand cédera et acceptera d'être le payeur en dernier ressort des pays déficitaires de la zone euro. Mais, dans ce cas, le risque est que l'hostilité de l'opinion allemande à cette solution n'amène l'Allemagne à quitter finalement la zone euro. On voit donc que, quelle que soit la branche de l'alternative que suivront les événements, la tragédie franco-allemande se dénouera de la même manière : par la fin de l'euro.

Il est d'ailleurs logique que la fin de l'euro constitue le dénouement de la tragédie franco-allemande puisque c'est la création de l'euro elle-même qui est à l'origine de cette tragédie. En effet, en faisant perdre à chaque Etat de la zone euro d'abord sa souveraineté monétaire, et maintenant sa souveraineté budgétaire, l'euro aboutit à ce qu'aucun Etat ne puisse suivre la politique économique qui est adaptée à son économie. L'euro empêche la correction des déséquilibres.

En maintenant et en amplifiant les déséquilibres, l'euro crée une divergence croissante entre les Etats de la zone. Ainsi, en bloquant le taux de change entre la France et l'Allemagne, alors que les salaires ont augmenté deux fois plus vite en France qu'en Allemagne, l'euro nourrit un déficit extérieur croissant de la France vis-à-vis de l'Allemagne. Plus généralement, en imposant à l'économie française un taux de change de l'euro surévalué et à l'économie allemande un taux de change sous-évalué, l'euro crée des déficits extérieurs en France et des excédents en Allemagne. En réduisant ainsi les débouchés extérieurs de la France, il affaiblit son économie, tandis qu'en stimulant les débouchés extérieurs de l'Allemagne il renforce son économie.

Dans ces conditions, l'euro ne peut que favoriser une hostilité croissante de la France à l'égard de l'Allemagne. La fin de l'euro, en faisant retrouver sa souveraineté au gouvernement français, ne l'obligerait plus à demander au gouvernement allemand ce que ce dernier ne peut lui accorder.

La disparition de l'euro est donc nécessaire pour deux raisons : d'abord, pour mettre un terme à la lamentable tragédie franco-allemande. Ensuite, pour permettre à la France de retrouver la croissance. Nombreuses sont les voies qui pourront conduire à la fin plus ou moins proche de l'euro. La seule certitude est que cette fin est nécessaire. Nécessaire aux deux sens de ce mot : indispensable et inéluctable.

Jean-Pierre Vesperini

Professeur agrégé des facultés de droit et des sciences économiques

auteur de l'Euro" (Dalloz)

 

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Vendredi 10 mai 2013 5 10 /05 /Mai /2013 15:05
- Par Gérard Bélorgey - Publié dans : politique éco et emploi - Ecrire un commentaire
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Il est bien évident que la ligne européiste française n'est pas la bonne pour trouver l'emploi.
 

 

Il faut donc essayer de comprendre - en sortant de la contre-productive et certainement maladroite attaque de  l'Allemagne merkelienne ( laquelle plaît au contraire à une bonne partie des modérés français , ce que comprend bien la droite qui va encore gagner sur ce terrain comme sur beaucoup d'autres ) - ce que l'opposition socialiste interne propose.

 

On perçoit certes qu'elle  rejette  l' austérité;  mais  les Hollandais ont raison de dire que cette austérité  n'est pas d'ores et déjà installée en France.. On ne s'est pas, en effet,  encore frontalement attaqué aux allocations retraite, chômage et , pour trouver de grosses économies plutôt qu'en réformant enfin le mille feuille administratif (qui a l'intérêt supérieur de  nourrir les réseaux politiques locaux)  en taillant dans  l'assurance maladie.

Mais soyons sûrs que ces régressions sociales sont pour demain s'il n'y a pas de politique de rechange. 

Quelle est donc , derrière les déclarations de principe,  la ligne  que propose la "gauche" socialiste?  Un interview de Emmanuel Maurel que vient de publier" l'Économie Politique - N° 58" nous éclaire concrètement et tristement .

 

On en retiendra effet , en réponse à la question "si vous étiez aux manettes" quelle politique engageriez vous ?" les trois points suivants :

- "une relance par la consommation"; toutes choses égales par ailleurs ( cad sans maîtrise monétaire et commerciale),  on sait que ces choix, s'ils sont socialement équitables, seraient économiquement suicidaires : en dilatant,   par l'effet de demande, dès lors qu'il n'y aurait pas  de protectionnisme,  les importations des pays à bas prix de revient; en compromettant les facultés de la compétitivité ( assurer celle-ci en obtenant comme c'est suggéré un smig européen relève de la fantaisie) ; en exigeant des ressources fiscales supplémentaires pour les minima sociaux... qui ne pourraient  être, comme les services oublics essentiels d'ailleurs, bien  améliorés que si nous étions en économie protégée.

 

- " une relance de l'investissement par le développement des infrastructures publiques et en bâtissant une stratégie de filières" . Très bien, mais avec quelles ressources ?

 

- La troisième proposition ( fusionner IR et CSG) n'est pas assortie de l'idée d'une augmentation du produit  fiscal assuré.

 

C'est qu'en fait -  comme l'illustre ensuite des propos convenus , sinon insipides , sur les entreprises - pas plus que ne sont posées les questions clefs d'un protectionnisme européen et d'une souveraineté monétaire française au moins comparable à celle que la Grande Bretagne s'est garantie hors euro, l'interviewé n'aborde pas le débat de savoir quelle type de modèle économique doit être préféré .

 

Doit-on continuer dans le sens d'une économie que l'on veut certes réguler, mais où, dans le fil de l'idéologie des privatisations,  l'investissement privé est le ressort de l'activité ( ce que dit au fond le Président lorsqu'il voit dans l'entreprise le coeur ( exclusif ? ) de la croissance); ou doit on restaurer l'idée qu'une économie pour être équilibrée doit être mixte, c'est à dire avoir deux piliers : l'entreprise et la puissance publique.

 

 Une économie qui ne passe que par l'entreprise est forcément essentiellement financée par l'épargne et l'investissement privés;  et pour avoir ceux-ci, il faut qu'existent structurellement  de profondes et permanentes  inégalités de revenus  qui fournissent son carburant au système. Seule, une part de financement public de l'investissement, par combinaison de la fiscalité , de l'emprunt et de la rentabilité même d'investissements publics précédents,   peut réapproprier la communauté nationale, diminuer les inégalités ou ne plus en faire une fatalité,  et permettre des choix stratégiques de filières, voire de saisir des opportunités de profits . Il  n'est pas nécessaire pour cela d'avoir un secteur nationalisé; mais il faut un système de contribution publique à l'investissement lui conférant le devoir d'intervention dans certain cas et un droit d'association à des opérations très profitables dans d'autres. Pour y parvenir c'est une autre conception ( celle qui a été exposé sur ce site le 04/09/12 ) d'une banque publique d'investissement que celle qui a été mise en place qui serait nécessaire.

 

Si l'interviewé pointe les insuffisances de la loi bancaire ( encore qu'on se fasse beaucoup d'illusion sur les vertus qu'aurait une plus forte  séparation entre "dépôts" et activités d'"affaires") , il n'envisage pas un  instant que l'un des outils  d'une stratégie nouvelle  serait  dans un  rôle de banquier d'affaires à conférer à la puissance publique .

 

 

En bref l'opposition socialiste interne ne sort pas des clous. Elle ne traite  pas de la pertinence ou de l'inadéquation  de la construction européenne et de l'euro et ne demande pas une vraie renégociation qui - bien au delà de  crédits pour la croissance - doit poser les questions de  l'exercice du pouvoir monétaire et de la mise en cause du principe d'ouverture commerciale; elle ne traite pas du besoin d'une intervention publique économique dotée de légitimité démocratique, de capacité juridique et de  moyens effectifs de participation financière à des opérations devant non seulement répondre à de nouveaux besoins de civilisation, mais aussi être, sous des délais raisonnables, capables ( il ne faut pas laisser aux privés le monopole des prises de risques et faculté de  profit)  de  rentabilité capitaliste au bénéfice de la Nation.   

 

Ces propositions "de gauche" sont aussi dangereuses que les politiques mises en oeuvre, parce qu'elles s'inscrivent pareillement  dans un profond conservatisme social libéral européiste  : celui qui a fondé l'Union Euroéenne sur l'illusion de l'harmonisation par le haut  et l'euro sur les démissions nationales ou les incompétences de ses fondateurs ; celui qui prend pour un dogme l'absence de la puissance publique parmi les grands acteurs nécessaires à  l'expansion économique dans l'équité sociale.  

 

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Dimanche 28 avril 2013 7 28 /04 /Avr /2013 18:34
- Par Gérard Bélorgey - Publié dans : politique éco et emploi - Ecrire un commentaire
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Il y a deux voies pour la compétitivité

- l'une est d' écraser les salaires et les droits sociaux

- l'autre est de rendre compatibles entre eux un niveau social correct et une capacité de production assurée de débouchés  ...

au moyen d'une politique économique dépréciant la devise et protégeant des dumpings commerciaux (en remplaçant le tout libre-échange par une part d' accords de réciprocité conciliant les intérêts des Émergents et des "Pays avancés") .

Si l'on ne s'engage pas dans la seconde voie, il n'y a que la première.

 

Moscovici, sensibilisé, on peut le penser,  par son ambition de jouer un rôle majeur dans l'eurogroup - ce qui ne peut se faire qu'avec l'alliance de la France et  des pays du sud européen - sort enfin une banalité - l'euro sur évalué - ce qui a peut-être valeur d'un clignotant de changement stratégique.

 

Espérons-le .

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Lundi 4 février 2013 1 04 /02 /Fév /2013 18:52
- Par Gérard Bélorgey - Publié dans : politique éco et emploi - Ecrire un commentaire
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Comme Galbraith ne cessait de le répéter, le fonctionnement d'une économie repose sur des choses simples. On ne peut pas créer de l'activité rentable et sérieusement créatrice d'emplois sans que cette activité ait un  débouché. La seule clé réelle de l'emploi ce sont les marchés, l'ensemble des autres dispositifs (prix de  d'argent, système de crédit, soutiens publics, etc.) n'ayant que des fonctions d'adjuvants.


Or nos marché interne et externe ont été et sont toujours conquis par des concurrents ayant de meilleurs prix de revient ou un  plus appréciable rapport qualité/ prix. Nos marchés sont aussi pénalisés par un taux de change qui les place en position handicapée tandis que l'importation est facilitée par le rapport de change et par la recherche d'optimisation de la capacité de pouvoir d'achat.


La  conjugaison d'une monnaie forte et de la liberté des échanges crée les ciseaux de la croissance : lorsqu'il existe de la demande elle bénéficie aux économies externes et plus compétitives dont la croissance par des exportations prédatrices indues continue ( au détriment de leur propre  progrès social  comme de notre simple préservation sociale) significativement  tandis  que la stagnation est caractéristique de l'Europe  qui ne recourt même pas  à quelques précautions  protectionnistes minimates comme le font les États-Unis.

 

De plus, les soutiens français à la compétitivité ne sont pas ciblés au bénéfice des entreprises exposées à la concurrence internationale, mais bénéficient indifféremment  à toutes les activités en créant pour la plupart  de simples effets d'aubaine.qui accroissent les inégalités.

 
Aussi longtemps que ni l'Europe  dans son entier,  ni la France par elle-même si l'Europe ne se résout pas à le faire, ne sortiront de ce cercle vicieux et s'obstineront d'une part dans des idéologies économiques ( monétariste et libre échangiste) aux effets suicidaires, d'autre part dans le gaspillage de l'argent public au bénéfice des entreprises qui n'en ont pas besoin en ne pouvant donc assez soutenir celles qui en ont besoin,  il ne pourra y avoir en France qu'une augmentation du chômage.

 

À  quand le chemin de Damas ?

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Mardi 1 janvier 2013 2 01 /01 /Jan /2013 20:28
- Par Gérard Bélorgey - Publié dans : politique éco et emploi - Ecrire un commentaire
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Le gouvernement boit le calice de revenir à l'obligation d'utiliser la hausse de la TVA (un  bon ciselage des taux mettant du baume social sur l'opération) , ce que nous avons toujours préconisé si c'était au bénéfice des secteurs exposés ( l'enjeu portant  sur  3 millions d'emplois "nomades" dont près de la moitié sous risques réels de délocalisations )*  . Ce changement de cap est preuve de réalisme économique et de courage politique, mais sa mise en oeuvre sera rendue compliquée et amortie du fait des contraintes européennes.

Versant recettes, celles provenant de tva ne seront à percevoir qu'en  2014, de même qu'alors serait obtenue  la réalisation d'un train d'économies budgétaires supplémentaires, ce qui est toutefois difficile et aléatoire et appelle surtout cette  sélectivité dans la dépense publique qui est impérieuse,  comme nous le soulignions hier - pour pouvoir sauvegarder le régime social des Français.

L'habileté du montage est que le système de crédit d'impôt - qui a quand même l'inconvénient noté par le medef de concerner à l'aval les résultats des entreprises et non, à l'amont,  leurs structures de coûts - permet d' anticiper l'effet recherché sur la réalisation de la dépense ( ce qui est  conforme aux besoins conjoncturels ) mais - comme beaucoup l'ont signalé  - n'y a-t-il un  risque d'usine à gaz ?

 La quadrature du cercle est, en effet,  de tenter de cibler la réforme au bénéfice de l'industrie  (non seulement en  favorisant  des baisses de prix, mais aussi en poussant à du rattrapage d'investissement en retard en particulier dans la robotique), alors que les entreprises de tous les secteurs d'activité sont éligibles. D'où le recours au critère du  niveau des salaires pris en compte (jusqu'à 2,5 fois le SMIC et ce qui est un peu court), au concept de proportionnalité du crédit d'impôt au volume de l'emploi en France (il faut voir comment ce sera construit et pourra marcher) et à l'idée d'un suivi des effets investissements.

Or,  toute cette complexité - qui risque de nuire à l'efficacité du dispositif - est le résultat de l'obligation de prendre en compte l'obligation européenne : au titre de l'interdiction de toute discrimination pouvant nuire à l'égalité des conditions de concurrence,  il est sans doute  impossible d'exprimer  tout simplement en clair que les crédits d'impôts correspondant à des allégements de cotisations sont réservés aux secteurs de l'agriculture, de l' industrie, de la recherche et de certains transports; dès lors des activités, comme le bâtiment et les travaux publics ainsi que la grande distribution, non délocalisables,  et  des services tertiaires ou logistiques de toute nature ( bancaires et financiers,  commerciaux,  de proximité, etc.) vont pouvoir bénéficier de tels crédits d'impôt leur donnant  latitude de l'utiliser au mieux de leurs intérêts, alors qu'ils n'en ont pas besoin au titre d'être exposés à la concurrence internationale par les prix.

Il est vrai que - normalement,  du moins,  comme le soutiennent les économistes libéraux - toute diminution du coût du travail bénéficiant à tous les secteurs qui sont les fournisseurs de services ou de biens intermédiaires des secteurs exposés  doit diminuer les coûts d'approvisionnements de ceux-ci et donc augmenter leur compétitivité... pour autant que les allégements de charges (= crédits d'impôt) de ces entreprises de toute nature qui vont en bénéficier  ne soient pas des effets d'aubaine, des surplus de marges affectés à tout ce qu'on veut, y compris à la rémunération du capital,  et  soient au contraire, dans le bon sens,  bien  répercutés dans les facturations ou les améliorations des services et prestations fournis aux entreprises sur la brèche de la compétition mondiale. 

Ce ressac positif là est bien aléatoire et dilué par rapport à une focalisation qui eut été souhaitable en  faveur de la réindustrialisation française, en contrepartie  des efforts demandés aux ménages par la TVA et des insatisfactions infligées  aux administrés par la réduction des services publics  et des garanties sociales qui pourraient bien être le résultat des économies budgétaires supplémentaires . Déjà la suppression de la TP (cf. rapport Laignel qui sort ces jours-ci) ayant allégé les entreprises d'un total de charges d'environ 7 milliards ( en les reportant pour les trois quarts, via l'impôt local ou des subventions payées par le contribuable national, sur les ménages) a plutôt bénéficié à l'industrie, mais a eu quand même un effet de saupoudrage et non de coup de fouet . 

Notre soumission aux règles européennes en vigueur  - celles de l'Europe qu'il faut changer ou quitter -  nous interdit donc

- non seulement de voir traiter les deux grandes questions quasi absentes des préconisations du rapport Gallois -  deux thèmes qui étaient pourtant apparus, même sous la précédente gestion présidentielle , notamment au moment des États généraux de l'industrie  : la question monétaire du taux de change, la question commerciale du besoin de protections,

-   mais encore, de pouvoir conduire une action sélective nationale très significative au profit réellement prioritaire des activités porteuses sur notre territoire d'emplois par réindustrialisation, c'est à dire de  celles qui en ont le plus besoin et peuvent mériter donc les sacrifices demandés à chacun de nos concitoyens. 

 *Cf. une variante à la "tva sociale" proposée par A. Godart ( in « Alternatives Économiques », lettre d’information du 05/012012) qui présentait l’intérêt de combattre le saupoudrage  en ciblant, par le bénéfice du « coup de fouet » d’une forte diminution des cotisations,  les seules entreprises exposées en ce sens qu’elles sont celles portant des emplois « nomades » ou « instables » sensibles au risque de délocalisation. , 

.

 

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Mardi 6 novembre 2012 2 06 /11 /Nov /2012 19:11
- Par Gérard Bélorgey - Publié dans : politique éco et emploi - Ecrire un commentaire
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