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L'objet de ce site est de baliser par quelques souvenirs éloquents l'histoire récente et de faire contribuer ces expériences, par des commentaires d'actualité, à éclairer et choisir les changements, en s'interrogeant sur les propositions des politiques et les analyses des essaiystes. Donc, à l'origine, deux versants : l'un rétrospectif, l'autre prospectif.

A côté des problèmes de société (parfois traités de manière si impertinente que la rubrique "hors des clous"a été conçue pour les accueillir), place a été faite à "l'évasion" avec des incursions dans la peinture, le tourisme, des poèmes,  des chansons, ce qui constitue aussi des aperçus sur l'histoire vécue.

 

MODE DE CONSULTATION : après avoir ouvert le site, ou cliqué sur un article, un sujet, un mois d'archive, l'affichage du document  recherché s'obtient en descendant la lecture  jusqu'au delà de cette fenêtre de présentation.

L'auteur

 

DSCF0656-copie-1.JPGNé en 1933, appartenant à la génération dont l'enfance a été marquée par la deuxième guerre mondiale, l'occupation et la Résistance, l'adolescence par la Libération, la guerre froide, puis par de clairvoyants engagements pour les décolonisations, l'auteur a ensuite partagé sa vie professionnelle entre le service public (il a notamment été préfet, délégué à l’emploi, directeur des affaires économiques de l’outre-mer, président de sa chaîne de radio-télévision, RFO), l'enseignement et la publication d’ouvrages de sciences politiques (il est aujourd’hui membre du comité de rédaction et collaborateur régulier de la Revue Politique et Parlementaire). Il a également assumé des missions dans de grandes entreprises en restructuration (Boussac, Usinor/Sacilor), puis a été conseil d’organismes professionnels.

 

Alors que ses condisciples ont été en particulier Michel Rocard et Jacques Chirac (il a partagé la jeunesse militante du premier dans les années cinquante et fait entrer le second à Matignon dans les années 60, avant d'être son premier collaborateur à l’Emploi et pour la négociation de Grenelle et au secrétariat d’Etat aux Finances, il n'a suivi ni l'un, ni l'autre dans leurs itinéraires. En effet, dans le domaine politique, comme il ressort de ses publications (cf. infra), Gérard Bélorgey n’a rallié ni la vulgate de la Veme république sur les bienfaits de l’alternance entre partis dominants, ni les tenants du catéchisme du libre-échange mondial. Il ne se résigne donc pas à TINA ("there is no alternative" au libéralisme). Tout en reconnaissant les apports autant que les limites de ceux qui ont été aux affaires et avec lesquels il a travaillé, il ne se résigne pas non plus à trouver satisfaction dans tel ou tel programme de camp. Mesurant combien notre société multiculturelle, injuste et caricaturalement mondialisée, souffre aussi bien des impasses de l’angélisme que des progrès de l’inégalité et des dangers de l’autoritarisme, il voudrait contribuer à un réalisme sans démagogie.

 

Partie de ses archives est déposée dans les Fonds d'Histoire contemporaine de la Fondation des Sciences Poltiques (cf. liens).

 

Il a publié sous d'autres noms que celui sous lequel il a signé des ouvrages fondamentaux que furent "le gouvernement et l'administration de la France" (1967), "la France décentralisée" ( 1984), "Les Dom-Tom" (1994)  : le pseudo de Serge Adour correspond à l'époque de la guerre d'Algérie et à une grande série de papiers dans Le Monde en  1957 , celui d'Olivier Memling au recueil de poèmes et chansons "Sablier " (couronné en 1980 par l'Académie Française et référé, dans l'histoire littéraire du XXeme Siècle de Hachette) celui de  Gérard Olivier à son analyse dans de  grands quotidiens de la décentralisation en 1981/82; celui de Solon  (malheureusement partagée par erreur avec d'autres auteurs) à la publication en 1988 de "la démocratie absolue" . Cessant de vivre un peu masqué, il retrouve son nom en 1998 pour "Trois Illusions qui nous gouvernent", puis en 2000 pour "Bulles d'Histoire et autres contes vrais " (série de coups de projecteurs sur quelques apects du dernier demi siècle qui seront souvent repris ci-dessous), ainsi que pour de  nombreux articles dans  diverses revues. EN 2009, il est revenu sur la guerre d'Algérie avec le roman ( Ed. Baurepaire) "La course de printemps". Il prépare "L'évolution des rapports Gouvernés /Gouvernants sous la Veme République :entre absolutismes et renouvellements?"

actualité

 Voici pour cet anniversaire, la représentation de ce qui fut fait

pour le centcinquantenaire

de cette Abolition de l’esclavage

 "BALISES ET RÉSONANCES"

  

  Un canevas de Gérard Bélorgey

 pour  Émilie Benoît et ses musiciens


abolition 1

                           


   Quand, sur l'air de la Marseillaise
le Chant des Esclaves

devient l'hymne des Citoyens de couleurs
à ces accents s'ouvrent les cœurs...


(Émilie chante....)

Divinité de la patrie

Raison et Sainte Liberté
Sœurs immortelles du Génie
Compagnes de la Liberté
.......
Raison et vérité
Daignez, daignez
Sourire aux vœux de la Fraternité"

 

Entendez comme se mêlent

le chant de la Révolution
et la voix de la Liberté.

Mais comme il faudra du temps pour que le souffle de la Révolution
devienne le souffle de la Liberté;
il faudra deux fois du temps.

Il faudra d'abord un demi  siècle
de 1793 à 1848
pour que l'Esclavage soit aboli.
La Révolution l'efface un moment en Guadeloupe.

L'aristocratie anglo-française

le maintient en Martinique.
L'Empire le rétablit partout dans le sang.

1848 proclame enfin l'Abolition.

 

 Mais on ne change pas, d'un coup, la société par décret.
Il faut ensuite un siècle entier pour que l'égalité républicaine au bénéfice de l'outre mer,
soit établie par la loi d'Aimé CÉSAIRE.

Voilà ce qu'il dit alors à L'Assemblée Nationale, le 26 Février 1946 :


« Dans l'état actuel des choses, près d'un million de citoyens français sont livrés sans défense à l'avidité d'un capitalisme sans conscience et d'une administration sans contrôle. Et alors on se prend à répéter le mot de Diderot : “Avoir des esclaves n'est rien. Ce qui est intolérable, c'est d'avoir des esclaves en les appelant citoyens “.

 

Pour passer de la Liberté à l'Égalité, il faudra encore un demi siècle, le temps que les droits sociaux soient portés au niveau de ceux de la métropole.

Quelle longue et dure histoire, et qui n'est pas finie.
Il reste cent millions d'enfants esclaves à travers le monde...triste épopée de l'inachevé...


 

L'esclavage, c'était les razzias d'hommes, de femmes et d'enfants... déportés, décimés, séparés, mutilés, embarqués comme sardines dans les fers et les maladies par des cargaisons d'infamie, jetés, s'il le fallait, à la mer et aux requins et dont il n'arrivait, franchis des océans de calvaire, qu'une fraction à vendre aux plantations de coton, de café, de canne.

Ce négoce reçoit ses lettres royales de droit, il est doté des blasons de son ignominie.
En septembre 1698, le Prince accorde ce qui suit à la Flotte Royale de Saint-Domingue :

 

 

"Portera la dite Compagnie pour Armoiries, un Écu en cartouche d'Azur à deux Vaisseaux équipé d'Or allant vent arrière sur une mer de Sinople, un Soleil d'Or en chef, à côté de deux Fleurs de Lys de même, pour supports un Américain au naturel à droite, et un Nègre à gauche... " 

 

En janvier 1716, le Roi de France persiste... Perseverare…diabolicum. :

"Nous avons permis et permettons à tous les Négociants de notre Royaume, de faire librement à l'avenir, le commerce des Nègres, de la Poudre d'or et de toutes les autres Marchandises qu'ils pourront tirer des Côtes d'Afrique, à condition qu'ils ne pourront armer ni équiper leurs vaisseaux que dans les Ports de Rouen, la Rochelle, Bordeaux et Nantes."


La traite organisée comme un trust du temps, c'est la sauvagerie pour le lucre.

 

Le Code Noir lui donne son ordre économique;
le Code Noir ose fixer les règles d'une abomination .


"Louis, par la grâce de Dieu, Roi de France et de Navarre: À tous présents et à venir,
Salut.
• Tous les esclaves qui seront dans nos Iles seront baptisés et instruits dans la Religion Catholique, Apostolique et Romaine...
• Déclarons les esclaves être meubles...
• Défendons aux curés de procéder aux mariages des esclaves sans le consentement de leurs maîtres...
• Les enfants qui naîtront seront esclaves...
• Les esclaves abandonnés seront adjugés à l'hôpital...
• Les esclaves non baptisés seront enterrés de nuit dans un champ voisin...
• Déclarons les esclaves ne pouvoir avoir rien qui ne soit à leur maître...
• Voulons que l'esclave qui aura frappé son maître au visage soit puni même de mort...
• L'esclave fugitif aura les oreilles coupées, s'il récidive il aura le jarret tranché et la troisième fois il sera puni de mort...
• Enjoignons de gouverner les esclaves comme bons pères de famille...

Car tel est notre plaisir... “



L'esclavage, ce fut le pire, ce fut la nostalgie, c'est devenu la servitude imitative.

David DIOP illustre ainsi le pire...

"Le Blanc a tué mon père
Mon père était fier
le Blanc a violé ma mère
Ma mère était belle
Le Blanc a courbé mon frère sous le soleil des routes
Mon frère était fort
Le Blanc a tourné vers moi
Ses mains rouges de sang Noir
et sa voix de Maître:
"Hé boy, un berger, une serviette et de l'eau "
 

 

 

Guy TIROLIEN évoque la nostalgie...

"Rendez les moi mes poupées noires
que je joue avec elles les jeux naïfs de mon instinct
Le sauront ils jamais cette rancune de mon cœur
à l'œil de ma méfiance ouvert trop tard
Ils ont cambriolé l'espace qui était mien
la coutume les jours la vie
la chanson le rythme l'effort
le sentier l'eau la case
la terre enfumée grise
la sagesse les mots les palabres
les vieux
la cadence les mains la mesure les mains
les piétinements du sol
Rendez les moi mes poupées noires
mes poupées noires
poupées noires
noires"

 

 

Léon DAMAS traduit la servitude imitative.

"Ma mère voulant d'un fils très bonnes manières à table
les mains sur la table
le pain ne se coupe pas
le pain se rompt
le pain ne se gaspille pas le pain de Dieu
le pain de la sueur du front de votre père
le pain du pain
Ma mère voulant d'un fils mémorandum
si votre leçon d'histoire n'est pas sue
vous n'irez pas à la messe Dimanche avec vos effets de Dimanche
cet enfant sera la honte de notre nom
cet enfant sera notre
nom de Dieu, Taisez vous
Vous ai-je dit qu'il vous fallait parler français
le français de France
le français du français
le français français...
Il m'est revenu que vous n'étiez encore pas
à votre leçon de violon
un banjo

vous dites un banjo
comment dites vous un banjo
vous dites bien un banjo
non monsieur vous saurez qu'on ne souffre chez nous
ni ban
ni jo
ni gui
ni tare
les mulâtres ne font pas ça
Laissez donc ça aux nègres."

 

Émilie chante ici…

 

 

abolition 3 POV' ESCLAV'


suivi du CHANT DES PARTISANS


“ C'est nous qui brisons les barreaux des prisons pour nos frères...”


 

Comment ?
Par l'insurrection et la mort
par la réforme
par l'affirmation de soi
et par la révolution
grâce enfin aux Nouveaux Chants du Monde.


 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

L'insurrection et la mort,

c'est TOUSSAINT LOUVERTURE

Affranchi en 1776, il entre à 18 ans dans la bataille à la tête d'une armée d'esclaves. Colonel chez les espagnols, il rallie l'armée abolitionniste française à Saint Domingue. Devenu général en chef et symbole du pouvoir noir, il tente de proclamer une république haïtienne. I1 est vaincu par l'armée de Bonaparte. Déporté en France, il meurt en 1803.

 

“Point d'esclavage, vive la mort “
Ce fut, à Matouba, le cri de 500 soldats, femmes et enfants. Sous la conduite de Louis DELGRES,
ils choisirent de sauter avec le fort
plutôt que de se rendre.
L'esclavage venait, en 1802 d'être rétabli en Guadeloupe.


Pourtant, la volonté de réforme s'était fait jour dès avant la Convention.
Ce  fut le prosélytisme de la Société des Amis de Noirs. 
Ce fut, devant l'Assemblée Constituante,
la passion de l'Abbé GRÉGOIRE pour la cause des hommes de couleur.

C'est seulement en 1848 qu'une autre croisade sera couronnée de succès
celle de Victor SCHŒLCHER.
Le décret ARAGO du 27 Avril porte abolition de l'esclavage dans les colonies.

 

L'article 6 de la Constitution du 4 Novembre 1848 confirme:

"L'esclavage ne peut exister sur aucune terre française".

Il faudra du temps, encore du temps, pour faire rentrer ces textes dans les  mœurs.
Des accords internationaux de 1841 et 1845
ont bien défini la traite comme crime de piraterie.
Mais des vaisseaux négriers sillonnent toujours les océans:
rapides bâtiments coursiers
qui s'allègent de leurs humaines cargaisons en les virant à la mer
s'ils risquent d'être pris.

Et la mort et la souffrance continuent à rôder par le monde.

 


Dans bien des pays reste vraie la légende de cette vieille gravure de 1772:

 


abolition 4


Et c’est par l'affirmation de son identité
que l'on peut rompre les chaînes de la dépendance et de la ressemblance.


 

Aimé CÉSAIRE dans le "Cahier d’un retour au pays natal”
retrouve la force des sources:

"Ma négritude n'est pas une pierre, sa surdité ruée contre la clameur du jour
Ma négritude n'est pas une taie d'eau morte sur l'œil mort de la terre
Ma négritude n'est ni une tour ni une cathédrale
Elle plonge dans la chair rouge du sol
Elle plonge dans la chair ardente du ciel
Elle troue l'accablement opaque de sa droite patience

 

 

 

La voie de la Révolution  est celle de Jacques ROUMAIN

"Afrique j'ai gardé ta mémoire
Afrique tu es en moi
Comme l'écharde dans la blessure
Comme un fétiche tutélaire au centre du village
Fais de moi la pierre de ta fronde
de ma bouche les lèvres de ta plaie
de mes genoux les colonnes brisés de ton abaissement

Pourtant
je ne veux être que de votre race
ouvriers paysans de tous les pays
Ouvrier blanc de Detroit
péon noir d'Alabama...
Peuple innombrable des galères capitalistes
le destin nous dresse épaule contre épaule
et reniant l'antique maléfice des tabous du sang
nous foulons les décombres de nos solitudes
Comme la contradiction des traits se résout en l'harmonie du visage
nous proclamons l'unité de la souffrance
et de la révolte
de tous les peuples sur toute la surface de la terre
et nous brassons le mortier des temps fraternels
dans la poussière des idoles”

 

Ces temps fraternels sont ceux que cherchera Frantz FANON.

"Je suis nègre, et des tonnes de chaînes, des orages de coups, des fleuves de crachats ruissellent sur mes épaules. ( pour autant ) La densité de l'Histoire ne détermine aucun de mes actes. Ne perdons pas de temps en stériles litanies ou en mimétismes nauséabonds. (... ) Pour l'Europe, pour nous mêmes et pour l'humanité, camarades, il faut faire peau neuve, développer une pensé neuve, tenter de mettre sur pied un homme neuf."



 

 N'a-t-il pas commencé à grandir cet homme neuf
grâce aux Nouveaux Chants du Monde ?
abolition 2

 

C'est d'abord le chant de SAINT JOHN PERSE :

"Il est temps de brûler nos vieilles coques chargées d'algues. La Croix du Sud est sur la Douane. La frégate aigle a regagné les îles; l'aigle harpie est dans la jungle, avec le singe et le serpent devin. Et l'estuaire est immense sous la charge du ciel. Grand âge, vois nos prises: vaines sont elles, et nos mains libres. La course est faite; la chose est dite et n'est point dite. Et nous rentrons chargés de nuit, sachant de naissance et de mort plus que n'enseigne le songe d'homme. Après l'orgueil, voici l'honneur, et cette clarté de l'âme florissante dans l'épée grande et bleue."

 

Ils apprendront aussi, peu à peu, à vivre moins durement ensemble, ces hommes et ces femmes de toutes origines qui peuplent les îles: malgré les férocités, les mépris, les haines, affrontés, confrontés, mais unis les uns aux autres, par la terre, les fruits, par les vents, les eaux, les cyclones, portés par les changements de l'Histoire, sous le grand mouvement pendulaire des jours et des nuits des tropiques, sans larges aubes, ni lents crépuscules, ils font un long chemin de mutuelle reconnaissance. Elle n'est jamais parfaite; elle n'est jamais finie.


 

Bien des femmes y travailleront par la force de leur race, par des talents faisant éclater leurs sincérités: qu'elles disent les mondes noirs et clair obscurs comme Maryse CONDÉ, ou la violence des ravines comme Gisèle PINEAU; qu'elles soient blanches comme Marie Reine de JAHAM dont l'Or des Isles dit la saga des sangs.

 

"Mon aïeul était Soundiata Kango Tara le Sculpteur, mais je suis née aux îles. Les Blancs ont fait de moi une esclave et pourtant j'ai aimé un Blanc. Son sang coule dans les veines de mon fils. Crois tu qu'il soit plus heureux que toi ? Ni nègre ni blanc. Nulle part à sa place. Beaucoup d'enfants naissent ainsi dans les cases. Beaucoup d'enfants ni blancs ni noirs ni indiens. Ils sont là, semés comme des graines dans le ventre de la terre. Mais le temps passe et les graines germent. Elles deviennent des arbres. Un jour, la forêt lèvera. Tous ces enfants, au lieu de se cacher, réclameront leur place. Alors, peut être qu'un peuple naîtra, un peuple nouveau, mélange de Caraïbes, de Blancs et de Nègres. C'est ce que je me dis parfois quand je regarde la lune un soir comme celui ci.”


 

 "Trois fleuves
trois fleuves coulent ~
trois fleuves coulent dans mes veines"



Ainsi parlait déjà Léon. G.  DAMAS.
Ces fleuves s'unissent dans un même estuaire, la créolité caraïbe.

Edouard GLISSANT
voit dans cette créolité:


" Non seulement une rencontre, un choc, un métissage, mais une dimension inédite qui permet à chacun d'être là et ailleurs, enracinés et ouvert, perdu, dans la montagne et libre sous la mer, en accord et en errance ".

 

Dans "l'Eloge de la créolité",  BERNABÉ , CHAMOISEAU, CONFIANT, ni Européens, ni
Africains, ni Asiatiques, se proclament Créoles.

" Cela sera pour nous une attitude intérieure, mieux: une vigilance. ou mieux encore une sorte d'enveloppe mentale au mitan de laquelle se bâtira notre monde en pleine conscience du monde. Notre Histoire est une tresse d'histoires. Véritable galaxie en formation autour de la langue créole comme noyau

 

 

À la Réunion, on se souvient certes de LECONTE DE LISLE, on promène sur la société le regard tamoul d'un personnage romanesque d'Alex GAUVIN ; on célèbre la "créolie", unissant des essayistes et des poètes à l'évêque Gilbert AUBRY.
Celui ci en est naturellement le porte-foi :

" Ici nous vivons de Créolie, comme ailleurs de négritude ou d'Occitanie. Nous savons que nul ne peut nous assimiler à une autre histoire. Au contraire. dans la recherche et le respect des racines propres aux divers groupes, c'est l'ensemble qui prend les cultures des quatre horizons pour en faire son trésor et son partage quotidien ".



Tous ces Nouveaux Chants du Monde
parviennent ils à dissoudre l'héritage de l'esclavage
dans la fécondité des métissages ?
Devons nous dire ensemble, comme il est de mode
 “le métissage est l'avenir du monde” ?
Ou, respectueux aussi de chaque identité
dire à plusieurs voix que l'Autre existe sans pareil.
Chacun - égal et irremplaçable - se nourrit des réciproques différences. 

 

Qu'elles perdurent pour la richesse de l’univers.

Que notre monde s'enrichisse aussi de brasser
- dans l'exaltation de la pensée et la chamade des corps - tous les esprits et tous les sangs.

Un monde réconcilié
si loin encore et pour lequel tant reste â faire    
celui où il n'y a plus de férocité, de boucs émissaires, d'humiliation...

Il n'est pas de vraie joie tant qu'il y aura encore tant d'esclaves sur notre planète.


Parmi tant d'autres d'outre mer
qui portent et disent les joies et les douleurs de ce temps


Edouard MAUNICK, de l'Océan Indien,
ne cédera jamais
dans son fertile combat

avec l'Histoire et avec la Mer:

".. Mon Ile est un ghetto
si mes yeux ne se rivent qu'au nombril de la terre...
Mon Ile est une aubaine
si je monte à l'assaut des chemins océans
.................. ...
Que le rêve se casse
que cesse le va et vient
entre imposture du jour et menaces de la nuit
.................
Que je dise bois d'ébène
et que l'aubier durcisse au seul nom du bois noir...
Que je dise outremer
pour dire nous sommes vivants
pour scinder la lumière en égal héritage...

Que le rêve se casse
que je revienne ici
vers ma foule arc en ciel

... De quel peuple sommes nous plus
neuf que l'an deux mille
nos visages confondus
nos langues s'entremêlant
nos veines se tutoyant
nos dieux plantés en terre de même cérémonial
et nos gorges mouillées par les mêmes prières
Nous sommes le lendemain des siècles à venir
avec danse à nos reins
.................
Nous fûmes de toutes les cales
nous sommes sur tous les ponts
de l'Ile notre navire..."



Voilà ses ”Paroles pour solder la Mer "
la mer qui n'était pas l'évasion
mais le support de la traite
et le mur de la prison des îles
dans lesquelles on rattrapait
presque toujours les esclaves  enfuis
sauf dans ces forêts de Guyane

où les marrons ont fait les bonis

 

MWEN SÉ LAN MÈ..
Une vision pour solder l'Esclavage.

____________________________________________________

 

On trouvera aussi ce texte sonorisé

par les liens de Calaméo

en allant sur

 

http://fr.calameo.com/accounts/1859285 

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Vendredi 10 mai 2013 5 10 /05 /Mai /2013 11:12
- Par Gérard Bélorgey - Publié dans : actualité - Ecrire un commentaire
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Réformes exigées de Bruxelles : c’est l‘ordre que, sans sourciller, relaie cette brochure économique européenne  qui s‘accroche au journal  Le Monde bien que ce soit encore  un titre français.

 

Il ne s’agit pas  de tel ou tel objectif à satisfaire, mais d’une obligation de moyens : sur les retraites ;  en baissant le coût du travail ;  en s’ouvrant encore plus à la concurrence (contre évidemment nos services publics).

 
Ce n’est pas de la politique économique globale commune ; c’est de l’ingérence totale – qui n’examine (pas plus que "Le Monde ")  aucune alternative de ligne de conduite - et, une nouvelle fois, ainsi bien soutenu par ce média et tant d'autres, après le petit Vizir, le père la Vertu va se soumettre à la mère Ubu.

L’eurolâtrie, la germanolâtrie consistent à se féliciter et à être heureux de se voir imposer ce qu’il faut faire et, le comble, en parallèle, d’interdire à des Français, simplement,  d’exprimer des critiques envers ce qui se passe ailleurs. Dire que l’absence de Smig en Allemagne (et dans d’autres pays dont l’entrée n’a été subordonnée à aucune condition sociale !) ) est une mauvaise chose pour tous est un crime de lèse Europe, et il faut aller s’excuser .. que certains ( oh , pas les gouvernants, mais quelques irresponsables...dont on remonte les bretelles ) osent préconiser une Europe autrement harmonisée que par la régression.

 

C’est que garantir une situation correcte - c’est à dire,  à la fois les moyens des niveaux de vie et les moyens de la compétition ( je dis "compétition" dans laquelle on doit compenser des conditions sociales, fiscales, environnementales inégales et non pas "compétitivité" qui appelle, pour pouvoir rivaliser,  à renoncer aux acquis de civilisation)  -  exigerait évidemment une autre Europe.  Une Europe mieux protégée dans laquelle on pourrait soutenir sélectivement les secteurs exposés à la concurrence internationale et, non - comme par notre crédit d’impôt si mal bâti selon les normes bruxelloises - indifféremment toutes les entreprises,  même celles qui sont ( en particulier dans les très profitables secteurs bancaires, de beaucoup de services, du négoce et de la distribution de proximité), dans des situations évidentes de rente subventionnée  : en dépensant, à compte d'État, pour maximiser leurs marges, ces nombreux milliards qui manquent tant au budget de la puissance publique  pour faire fonctionner désormais les services régaliens eux-mêmes, comme la justice, les prisons, la sécurité, la défense.

 

C'est seulement dans une Europe sociale oubliée qu'il serait enfin possible, si elle était protégée  et autrement uniformisée, de  ...

 

Garantir des minima sociaux...

 

Ne pas ajouter au désastre d'être en chômage, la réduction ( qui est évidemment programmée comme moyen de flexibiliser le marché du travail... selon la recette Schroeder),  des montants et durées des allocations pour perte d'emploi ...

 

Garantir, alors qu’elle s’est déjà bien dégradée, une réelle couverture maladie pour tous...

 

Assurer aux anciens ces revenus différés si légitimes qu’ils ont achetés par des vies de cotisations ( et s'il le faut, pour les nouveaux,  ajuster ces durées) , mais que l'on veut,  pour réduire bientôt leurs allocations, faire passer – par de très contestables exploitations statistiques – pour les privilégiés de notre société ... alors qu'il y a tant de différences de situations et  que, souvent,   chez  les couples les plus âgés (dont autrefois seul un membre a longtemps travaillé ), les ressources sont fréquemment , pour l’essentiel, constitués d’une seule retraite pour deux personnes.

 

Oui, respecter ces besoins - qui seront , c'est évident, bien méconnus  demain -  exigerait à la fois des  réformes audacieuses de l'appareil public ( comme la suppression d'un échelon territorial d'administration), et, simultanément, une Europe plus solidaire qu’intra compétitive. Mais comme ceux qui veulent continuer à bénéficier des avantages singuliers que leur apportent et l’Europe et l’Euro ne veulent pas payer le prix des solidarités géographiques et sociales  qui devraient aller de pair, ce système n’a plus aucun sens.

 

Elle n’a également aucun  sens notre Europe monétaire alors qu’elle devrait être armée d’un euro non surévalué, tandis que l’euro mark ne profite  qu’à quelques uns, en Allemagne notamment,  comme par ailleurs, ici et là,  à des  activités pour lesquelles c’est une aubaine, au prix de la mise à mort, par les concurrences des low cost de toutes origines et combinaisons, d’autres secteurs d’emploi…

 

Autant de questions que le détenteur du pouvoir ne paraît guère prendre en compte aujourd’hui, parce que le candidat – c’était manifeste par ses absentions de réflexion en profondeur  sur l’Europe et sur les échanges mondiaux  - les a occultées hier à son propre camp  (ou beaucoup ont fermé les yeux en croyant pouvoir se satisfaire de l’éviction - actuellement sans grande conséquence - de son prédécesseur qui en vient à penser se faire regretter).

 

Il n’y a aucune déception à ressentir envers la politique conduite par le Président en exercice parce qu’elle était prévisible, lisible à l’avance, d’une part dans ses silences, d’autre part – dès lors, comme nous l’avons toujours dit - dans la logique du système : inévitable si des déterminants fondamentaux – qui sont ( bien plus que l’indispensable capitalisme financier ayant engendré le leurre du combat contre « la finance » ) le libre échange et  la fonction de la monnaie unique – n’étaient pas préalablement mis en question.

 

Or, pour les mettre en question,  il est évident qu’il faut sortir de l’héritage fumeux - aux effets toxiques de toute nature - de l’idéologie centro socialo européenne. D’une certaine manière, des gens  de  droite (dont certains autour de N. Sarkozy), un moment,  ont mieux senti le besoin de cette réorientation que la gauche captive de Solférino n’a su le percevoir . C’est dire que les rendez vous historiques qui sont inéluctables  doivent être conçus hors du champ trompeur du clivage droite/gauche ; leur alternance jusqu’alors n’a apporté que l’addition des excès du libéralisme économique et des dérives du libéralisme sociétal.

 

De chacune de leurs familles politiques, les Français ont reçu ce qu’elles avaient de moins bon. La vraie question est aujourd’hui de savoir comment ils pourraient,  un jour, chercher à obtenir l’union des valeurs sociales de gauche, des valeurs morales de droite  et des valeurs économiques nationales ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Jeudi 9 mai 2013 4 09 /05 /Mai /2013 15:50
- Par Gérard Bélorgey - Publié dans : actualité - Ecrire un commentaire
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Voilà ce que j'avais publié ici le 2 décembre 2011

sous la présidence de N. Sarkozy

et qui vaut, sans en changer un mot,  tout autant, sous la présidence de F. Hollande

au moment où les critiques envers le gouvernement allemand et envers les options européennes  sont retournées contre la France et contre ses protections sociales. 

Ni germanolâtrie, ni germanophobie, mais comment faire bouger Merkel...

La "germanophobie" que certains bien à tort,  croient déceler - en y trouvant prétexte pour enfoncer le clou d'une campagne contre Montebourg  et Hollande -  pourrait bien être comprise comme  l'écho inversé de la "germanolâtrie"  dont le pouvoir - et d'autres...-  font religion.

 

P rospèrant largement  au delà de la droite, la "germanolâtrie"   est  l'idôlatrie d'une Allemagne capitaliste libérale ayant su profiter de  la zone euro. Sans cesse, de partout,  le modèle allemand  est loué comme le meilleur exemple de gestion d'une économie et d'une société. Un président de la République française a invité ses concitoyens à s'y conformer;  des seconds couteaux se relaient en permanence pour en faire  les louanges et des harkas de journalistes ne cessent d'en montrer des sélections d'images et des résultats (pas tous)  pour nous inviter à "faire comme les allemands". C'est d'emblée nous mettre - on y reviendra - à merci de leurs positions dans les négociations : dans la gueule du loup, avec pour ambition d'être le bon second   de la meute.

 

 Cette - invitation qui porte quelques mauvais  relents des années trente et quarante  -  est une forme de détestation des Français qui sont dénigrés; (comme ils le furent par les "Ligues" d'autrefois ) , un appel à renier une part de notre culture  exprimant le mépris pour ce que nous avons  réussi à assurer de positif  dans notre  type de  société   et  ne s'embarrassant pas  de ce que nous risquons  en la jetant aux orties, puisqu'on ne nous cache même plus que ce qu'il faut boucher c'est, à n'importe quel prix, "le trou de la sécurité sociale" . Cette  germanolâtrie  est une injure à nos concitoyens : elle  demande à  reconnaître, et sans barguigner, dans l'Allemagne une  société  exigeante mais bonne  sur laquelle  s'aligner. 

 

 La germanolâtrie ne  respecte pas la France; elle est bien soeur de la germanophobie : une posture qui ne respecterait pas le peuple  allemand, en invitant  à détester l'Allemagne . Or il n'y a rien de germanophobe dans une juste critique portée sur d'intraitables et inadmissibles positions de l'actuel  gouvernement de la RFA.

 

Il faut bien distinguer le regard d'estime à porter sur un  peuple et le jugement qu'appelle son pouvoir d'un moment. Depuis l'écrasement des révolutions succédant à la première guerre mondiale,  en passant par les terreurs puis l'anesthésie, la tétanisation collective par lesquelles  le nazisme  a pu faire des robots de tant d'honnêtes gens, jusqu'aux victoires  alliées qui n'ont pas été obtenues sans un nombre considérable de  victimes civiles, puis avec  des occupations dures ayant engendré  bien des détresses, avant que les alliés n'aident  à se tirer d'une misère souvent inouïe des populations ayant, dans les ruines, démontré  un courage remarquable, les Allemands ont fait preuve  de capacités exemplaires  incluant, à grand prix, d'assumer les coûts de la réunification.

 

Mais la chute du mur et celle du communisme (dont la disparition a permis au capitalisme  de penser qu'il ne risquait plus rien et pouvait tout faire)  ont ouvert -  à la faveur en même temps de la fin de l'isolement de la Chine - un monde de concurrences sans règles et sans limites .

 

L'Allemagne a su bien y jouer, mieux que d'autres,  ses propres cartes : par ses talents propres enracinés dans une culture du "savoir bien faire" et du "devoir d'obéir ", et aussi,  très largement, parce que l'Union Européenne a été de plus en plus  conçue et pilotée   d'une manière si déséquilibrée entre développement des libéralisations économiques et insuffisance des contrepoids et contrôles démocratiques, que la main est forcément passée, après des périodes de flottement,  à ceux qu'ont servi  les atouts de faire prendre le niveau de leur monnaie pour celui de la monnaie partagée, d'avoir un type d'industries pouvant s'accommoder mieux que d'autres du libre échange, et de préférer les  arbitrages des banques à ceux d'une autorité politique qui aurait pu être régulatrice des échanges, des crédits  et des marchés. Et c'est aunsi que Maastricht, puis Amsterdam, puis Lisbonne  furent vendus à des responsables français soit convaincus par les nouvelles valeurs du libéralisme, soit  inconscients des risques qu'ils faisaient prendre à notre communauté.

 

Ceux de ces responsables qui sont au pouvoir en sont venus à la double adoration de l'intouchable euro et de l'exemple allemand , et ces adorations  désarment la France. En effet - en ne laissant même pas imaginer à nos interlocuteurs qu'il puisse advenir des circonstances ou nous (et d'autres) préfererions sortir de l'euro plutôt que se soumettre à des diktats -  on se prive de pouvoir mettre notre partenaire au pied du mur.  Or, au contraire, le langage  à tenir  - celui d'un  rapport de forces, le seul que peut entendre l'interlocutrice et son entourage - est le suivant : ou  bien l'Allemagne consent aux demandes d'assouplissement de politique monétaire, de réforme de la BCE  et de partielle mutualisation d'émission de titres d'emprunts d'État (la contrepartie bien normale des avantages qu'elle a tirés de la Zone); ou bien il faut imaginer que la France - et d'autres -  ne voit plus d'intérêt à rester dans  cette zone euro. Or sans celle-ci - qui n'y survivrait pas - l'Allemagne serait conduite à assumer un  isolement de monnaie encore plus renforcée, en perdant bien des avantages d'être centre de gravité de l'ensemble européen. Elle devrait donc plutôt  entendre ceux qui demandent un fonctionnement plus solidaire de l'Europe et sa protection contre l'extérieur que d'envisager de  faire cavalier seul, d'autant  qu'elle n'a pas la solidité qu'on lui prête.

 

  Le succès actuel de la RFA - essentiellement en matière de commerce extérieur et, à proportion, en matière d'emploi, mais tournant le dos au progrès du marché intérieur et des conditions de vie -  a pour origine  les grandes réformes des sociaux démocrates (les  lois Hartz) ayant mis en place flexibilité et précarisation des contrats de travail et réduction des allocations des chômeurs  obligeant ceux-ci à reprendre emploi quel qu'il soit  - réductions de coûts  qui ont donné un avantage relatif appréciable à l'Allemagne dans les échanges  intra européens - puis a été favorisé par  la  fiscalité  ciselée   par la coalition d'A. Merkel   pesant largement sur tous les contribuables, et favorable, par ailleurs,   aux investisseurs ainsi qu'aux entreprises.   Enfin (comme nous  l'avons déjà indiqué sur ce site), le suréquilibre des comptes commerciaux   tient notamment à des  importations faites avec le bénéfice d'un euro fort  nourrissant  en particulier la position charnière d'activités de montage dont les produits finis de haute gamme sont vendus hors compétition  prix .   Ces niveaux d'activité autorisent des assiettes fiscales convenables pour les recettes publiques,  ce qui permet le faible apparent déficit public allemand (tandis que nos  insuffisances de croissance, unies à nos évasions ou fraudes considérables envers les impôts, et aux réductions bien inopportunes de ceux-ci sont les causes majeures des trous de nos finances publiques)  .

 

Mais, avec les plans d'austérité généralisés,  la diminution des demandes de ses clientèles  va toucher l'Allemagne dans son niveau d'activité , comme dans ses recettes fiscales et cette donnée conjoncturelle va se télescoper avec des problèmes structurels  qui la fragilisent  : une  démographie  déclinante et vieillissante qui diminue aussi les recettes et fera exploser les coûts de la sécurité sociale  et de l'assurance maladie ; un endettement cumulé des collectivités publiques et des ménages qui est globalement un des plus lourds d'Europe et sur lequel pèse le doute d'un redressement un jour de comptes publics que certains estiment  "truqués" (1) : " les dizaines de milliards déboursés , après le choc de 2008, pour relancer l'économie et sauver le secteur financier auraient été logés dans un fonds spécial qui a contribué à faire grossir la dette , mais qui n'est pas pris en compte dans le déficit public". Enfin,  comme l'indique le constat  d'un défaut  récent de couverture d'une émission de titres du Bund, montrant que  l'Allemagne va, sans doute,  devoir consentir, elle aussi, des taux d'intérêt plus élevés au regard d'une certaine réserve des  souscripteurs,   la RFA  " a des fondamentaux solides, mais pas inébranlables" (2).

 

  Cette équation plus nuancée qu'on ne le pense souvent doit permettre - si l'on cesse  de se désarmer et par notre   germanolâtrie,  et par l'exclusion de toute hypothèse de "négociation musclée" (oui, E. Todd a raison, c'est la seule qui peut marcher )  - de faire bouger la position des dirigeants allemands et, par là, de chercher à faire évoluer l'Europe , plutôt que d'être un  jour contraint à l'abandonner.

 

 

 

 

(1) comme l'indique un  article en date du 19/11/11 in Le  Monde de ses correspondants  à Berlin et reprenant  les propos d'un  analyste de Natixis.

(2)in  Le monde du 24/11/11.

 

 

Le  Vendredi 2 décembre 2011

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Mardi 30 avril 2013 2 30 /04 /Avr /2013 09:30
- Par Gérard Bélorgey - Publié dans : actualité - Ecrire un commentaire
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merci à ORANGE  qui avait refusé mon  commentaire de la déclaration de Mosco , mais  le prend comme commentaire de la déclaration de Ayrault !

à  ALeph qui a écrit ( en commentaire de ma réaction) 

«  Les attaques contre la chancelière s'expliquent par la perspective des prochaines législatives allemandes. L'Europe veut se mêler à la campagne électorale Allemande, Il faut donc s'attendre à voir se multiplier les attaques à l'emporte- pièce, où la chancelière allemande sera décrite comme une personne sans coeur, refusant l'argent à des États en crise qui n'auraient besoin que d'un bon plan de relance pour sortir de l'ornière. Preuve de la panique et des divisions qui règnent au PS. La seule chose qui les réunit encore, c'est de se trouver la chancelière allemande comme ennemi commun. Le gouvernement français paie surtout sa perte d'influence en Europe. Les socialistes promettaient il y a quelques temps de montrer la voie à l'Europe. Cela sonne, un an après la conquête de l'Élysée, comme une plaisanterie. »

 

Et qui fait donc du commentaire politicien contre les socialistes, je tiens à dire que je ne me plaçais pas sur ce plan partisan , mais sur celui de la stratégie: 

ce qui est à changer c'est la stratégie européenne conformiste commune à Sarkozy et à Hollande. Il faut aller à une autre politique monétaire et à une certaine dose de protectionnisme commercial. Ce sont les seules voies : ou l'UE les adopte, où l'UE n'a plus de sens, ni d'intérêt.

 

PS : MAIS ORANGE VIENT DE NOUVEAU DE REFUSER CE TEXTE

SA CENSURE UN INSTANT SUSPENDUE SE POURSUIT DÈS LORS QUE L'ON INVITE À RÉFLECHIR À  UNE AUTRE EUROPE

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Lundi 29 avril 2013 1 29 /04 /Avr /2013 13:25
- Par Gérard Bélorgey - Publié dans : actualité - Ecrire un commentaire
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Au regard de la déclaration de Moscovici selon laquelle la mise en cause de Merkel était - ce que je pense aussi - contre productive, j'ai envoyé à Orange comme réaction le texte suivant :

 


"Les intérêts et les conceptions allemandes ne sont pas les nôtres et une série de particularités de l'économie allemande fait qu'elle est seule à bénéficier d'une monnaie trop forte : une solution réaliste serait donc que l'Allemagne ( son opinion y est prête ) sorte de l'euro, ce qui permettrait par les autres États partageant cette monnaie commune de remettre les pendules à l'heure en dévaluant "

 

 

 

Quelques moments plus tard consultant "mes réactiions " j'ai lu

`"statut réfusé"

 

j'ai donc relancé ce censeur en lui écrivant

 

" vous venez de  refuser ce commentaire

pourquoi?
sachez que je rendrai public cet échange"

 

et il a naturellement à nouveau répondu

`"STATUT REFUSÉ" 

sans s'expliquer

 

alors qu'il publie régulièrement  beaucoup plus d'insanités que de réflexioins

 


 

 La plus complète des censures régne donc sur le net de la place publique française à  l'encontre de tout ce qui n'est pas dans les clous de la pensée obligatoire européenne et du conformisme économique intégral.

 

Je vais saisir d'autres media

 

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Lundi 29 avril 2013 1 29 /04 /Avr /2013 12:16
- Par Gérard Bélorgey - Publié dans : actualité - Ecrire un commentaire
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