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Jamais autant de passions partisanes confrontées, unies à autant de conservatisme des pensées économiques de deux camps qui partagent les mêmes fondamentaux ( le régime présidentialiste majoritaire absolu,  le libre échange, l'Europe de Lisbonne, la règle d'or, le tabou de l'inflation ) et se déchirent sur quelques  variantes n'ont autant marqué une campagne politique d'une vacuité totale sur la recherche de réponses pertinentes aux besoins des Français abreuvés de spectacles mais privés de toute ouverture de réflexion.

 

 

De manière provocante, celle-ci vient des États Unis par Paul Krugman

voir le Monde du 31/1/12

dont ci dessous des extraits majeurs

 

"

La crise reste considérée uniquement comme un problème de dérives budgétaires. Ce n'est pas le cas. Ces déséquilibres existent, mais il y a aussi un écart de compétitivité et de flux de capitaux. Le seul élément positif est venu de Mario Draghi, le président de la Banque centrale européenne - BCE - , qui a indirectement soulagé le marché des dettes souveraines. Mais, encore une fois, cela ne traite que l'urgence sans apporter de réponse fondamentale.


La BCE devrait-elle agir comme le fait la Réserve fédérale (Fed), qui achète massivement de la dette américaine ?

Si on met de côté les blocages politiques, oui, l'Europe a besoin d'une politique monétaire très agressive. Plus agressive encore que celle des Etats-Unis. Il n'y a pas d'autre moyen de faire les ajustements nécessaires. La BCE devrait racheter plus de dettes d'Etat mais aussi favoriser davantage l'expansion monétaire.


Cela ne risque-t-il pas de faire déraper les prix ?

L'inflation n'est pas le problème, c'est la solution.


Que voulez-vous dire ?

Pour restaurer la compétitivité en Europe, il faudrait que, disons d'ici les cinq prochaines années, les salaires baissent, dans les pays européens moins compétitifs, de 20 % par rapport à l'Allemagne. Avec un peu d'inflation, cet ajustement est plus facile à réaliser - en laissant filer les prix sans faire grimper les salaires en conséquence.

......

 

Aux Etats-Unis, (les) chocs asymétriques sont gérés, pas toujours parfaitement, grâce à un système budgétaire intégré et une mobilité très élevée.

L'Europe n'a aucun de ces deux atouts. II lui faut donc quelque chose d'autre pour donner plus de souplesse au système. Une politique monétaire moins stricte avec une inflation plus élevée - autour de 4 % - offrirait une part de la flexibilité qui manque à la zone euro.

.....

 La crise de la zone euro n'a d'ailleurs rien à voir avec le coût de son système social. Des économies avec un fort Etat-providence ne s'en sortent pas si mal. Regardez la France ! D'un point de vue américain, on se dit que personne n'a aucune incitation à la productivité, que vous avez plus de jours de vacances. Mais, au final, la productivité horaire est la même qu'aux Etats-Unis. En aucune manière cette crise ne montre l'échec de ces systèmes sociaux. Il est possible de préserver un niveau élevé de protection sociale avec une politique budgétaire responsable : il suffit de regarder la Suède.

....

 

Les gouvernements peuvent très bien s'accommoder d'une dette élevée, l'histoire le démontre : le Royaume-Uni a vécu avec une dette s'élevant à 100 % de son produit intérieur brut - PIB - pendant la majorité du XXe siècle. Au Japon, on annonce depuis vingt ans l'imminence d'une crise de dette publique."

 

Mes premières réactions et au delà ....

 

ni la myopie socialiste dont un  ridicule cheval de bataille est la petite hausse de TVa
ni le strabisme  vers  le modèle Schrôder/Merkel comme  moyen de  réduire rémunérations du travail et prestations sociales
deux optiques de benêts de Lisbonne  dans l'illusion de l'Europe
alors que celle-ci  n'a ni la mobilité humaine, ni l'intégration budgétaire des Etats Unis

et que c'est dans la créativité de la Nation qu'il va falloir après demain trouver des inspirations

4% d'inflation, en acceptant un effet de déflation  salariale compétitive (ce qui n'empêcherait d'ailleurs pas de protéger par l'indexation les plus bas salaires)
mais en sauvant les régimes sociaux grâce à l'abandon de la règle d'or
la souplesse étant apportée par la création monétaire

c'est l'actualité du modèle français des années 60/70 !

Accessoirement - et pour clairement soutenir sur ce point particulier le bon sens de NS pour le remplacement des cotisations famille sur le travail ( ce qui est aujourd'hui tout à fait illogique) par du produit fiscal ( mais à de la TVA,  on aurait dû plus  ajouter de la taxation des revenus du capital) , il faut rappeler  que toute protection coûte inévitablement aux consommateurs le prix de cette protection ( tva sociale comme toute autre technique, telle que droits d'entrée,  et au moins pour la part relative aux  produits importés même s'il y a répercussion à la baisse des allégements de charges sociales sur les prix nationaux hors taxe, ce qui est le bon objectif poursuivi. Celui-ci, comme dans d'autres pays  sera  certainement obtenu, au moins pour la part des entreprises "exposées" qui n'ont aucun intérêt à ne pas répercuter l'avantage dans la compétition par les prix.

 

Devant, pour le reste,  le risque d'un  petit ressac prix de l'indispensable protection,  au lieu de crier comme le ps ( qui en est aux années 70 et qui oublie l'exemple Suèdois)  que le consommateur populaire est sacrifié,

il faut choisir entre un peu plus d'emploi et donc un peu plus de pouvoir d'achat global contre un peu moins de pouvoir d'achat individuel... pour ceux qui sont employés... c'est un peu la même affaire que celle  des heures supplémentaires, mais les économistes socialistes n'y appliquent pas la même jurisprudence) 

et trouver dans des moyens budgétaires, surtout si on arrête de privilégier "la règle d'or" sur la souplesse monétaire,  les ressources pour compenser d"éventuelles hausses de prix pour les plus nécessiteux.

 

Avec une prévention de principe contre des hausses même marginales de prix à la consommation, dans l'axe du pacte non écrit fondamental du socio-libéralisme européen (perdre des emplois en acceptant leurs localisations ailleurs dans le monde, mais offrir, par une gamme de bas prix de consommation, des compensations à un pays appauvri par le libre échange ), l'approche économique socialiste ne parviendra jamais à mettre en place les deux outils indispensables au redressement de l'activité et de la croissance : des protections commerciales, des souplesses monétaires modérément  inflationnistes.

Et les solutions de rechange ne sont ni dans des postures de père fouettard de la finance, ni de père la rigueur budgétaire. La aussi il faudrait savoir raison et mesure garder : la régulation financière exigeante sans porter atteinte à la capacité concurrentielle internationale de nos grands établissements bancaires; et bien  comprendre que  si la soumission à la discipline budgétaire ne va pas de pair avec l'obtention de la souplesse  monétaire, il n'y aura pas de différence avec la Merkozy. L'objectif ne peut se limiter à revoir l'aimable traité de Paris de 1963 avec l'Allemagne, mais bien de faire réviser le traité de Lisbonne ( sur l'ouverture commerciale et sur le statut de la BCE) . Et si ce n'est pas possible à l'amiable, il faudra bien faire vite comprendre que l'euro présente alors vraiment plus d'inconvénients que d'avantages. Qu'est ce que l'Allemagne est prête à concéder pour le garder ?     

 

Quels que soient les résultats des élections, il y aura vraiment un indispensable chantier à ouvrir pour ne pas laisser ce pays continuer à être géré par un mélange toxique de faible rentabilité entre la tiède pensée post delorienne  (qui a même conquis Marianne : voir le dernier édito sur l'an I de Hollande, par J. Julliard !) et la contagion de la psycho rigidité merkelienne ( ne parvenant malgré tout pas à éteindre la capacité d'improvisation parfois talentueuse du président en exercice : l'accélération sur la TVA et les COS à 130% constituent quand même des exercices politiques qu'il faut saluer; ils feront date dans l'histoire : le Président peut être assuré, comme le souhaitait le héros de Malraux dans la Voie Royale qu'il laissera "une trace sur cette carte" , en tout cas sur la carte de l'urbanisme ) .

 


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Lundi 30 janvier 2012 1 30 /01 /Jan /2012 17:09
- Par Gérard Bélorgey - Publié dans : actualité - Ecrire un commentaire
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La montagne (enfin....la colline )  accouche de quelques souris

ce n'est pas l'égalité qu'il eut fallu faire ovationner au Bourget

mais c'est l'emploi qui aurait du scander ce discours de... changement ?

 

Alors que la politique (ump, ps, centre)  de Lisbonne a conduit à un désemploi en expansion dramatique

la "plateforme" ne nous offre que bien peu d'espoir pour l'emploi

- oui, 150.000 emplois jeunes, toujours et encore... dont deux décennies d'expériences nous ont montré toute l'efficacité !

- oui 60.000 emploi éducatifs, mais sans augmentation du nombre d'agents publics

- peut-être à terme une bonne incidence de la banque d'investissement ( c'est avec la réforme fiscale le meilleur point de ce pauvre programme)  et des livrets d'épargne

 

Bien d'autres choses inspirées par un esprit de justice ou le simple bon sens, mais sans incidence emploi :

-  la réforme fiscale, mais qui ne traite pas de l'indispensable transfert des financements de la protection sociale vers d'autres sources que l'imposition du travail et qui reste d'une bien  modeste progressivité (il faudra fiscalement gagner plus de 150.000 euros par part (!) pour payer un tout petit peu plus d'impôt sur le revenu

- la réglementation des loyers

- l'augmentation des moyens fonciers pour le logement social

- etc.. 

 

 

Le flou, toujours et beaucoup

et par exemple

- sur le financement des retraites, financement insoutenable sans importante dilminution du chômage

- sur les relais des aides à l'emploi dont certaines vont fondre comme des niches

- plus généralement, sur la manière dont faire face aux concurrences

 

et puis des gesticulations fumigènes :

- la laïcité dans la constitution, mais elle y est déjà et en faire plus c'est contre qui ? Le seul point  sur lequel  le Ps  rejoint le Fn au regard de l'Islam sans avoir compris que la menace du XXIeme siècle n'était pas la menace religieuse, mais la domination capitaliste asiatique

- la décentralisation , pas usée la vieille recette ?  

- la séparation des banques "universelles"  en plusieurs types de fonctions , ce qui, au motif de protéger les épargnants ( ont-ils été vraiment menacés ?)  ne résoud aucun problème de régulation financière , mais pénalisera lourdement les majors françaises ( elles aussi porteuses d'emplois... comme toute activité fut-elle financière mais qui appartient aussi à l'économie réelle)  dans la compétition mondiale

- tout comme la taxe sur les transactions financières qui n'emporte aucune conséquence de régulation  des échanges mondiaux, mais un intérêt fiscal

 

Oui, la finance bouc émissaire ( ce qui est électoralement payant car beaucoup croient qu'elle le mérite bien),  ça sert avant tout à camoufler l'absence totale de stratégie contre la globalisation libérale à l'allemande.

Or il n'y a que deux manières de desserrer l'étau pour redonner chance à l'emploi :

- la souplesse monétaire , en remettant en cause le statut de la BCE , une indépendance qui est l'anomalie mondiale ( tous les grands pays du monde sauf nous, peuvent faire appel à la création monétaire de leur banque centrale si c'est  indispensable à la croissance ) et où réside le véritable pouvoir de la "Finance" ( et celui là a même un visage, n'est-ce pas ?) ; mais celui- là on n'y touche pas,  même pas en intention parce que cela fait partie des pactes de Maastricht et de Lisbonne soutenus lors de ses glorieux passés par le candidat qui a toujours été sur ces points particulièrement entêté

- des capacités de protection commerciale  et là aussi le candidat n'a pas voulu manger son chapeau : la France dans son Europe passoire restera livrée à l'ouverture aux produits de la concurrence par les prix  des  pays aux bas coûts de revient et continuera à voir ses emplois de toute nature ruinés par nos amis chinois et nos amis allemands...

 

sauf si l'alignement par le bas continue, sous l'étiquette socialiste comme sous l'étiquette libérale, à se poursuivre avec les localisations ailleurs, la pression pour les baisses de rémunérations, les diminutions de protection sociale, et autres flexisécurités,   toute une dynamique qui va à l'encontre des autres inspirations de la plateforme.

Sans remise en cause , en chantier,  du Traité de Lisbonne , il n'y a pas d'autre logique que celle du libéralisme : un J. Chirac le niait, ce qui n'a pu durer qu'un temps; le sarkosyme l'affichait, mais au moins il l'avouait et faisait donc bien prendre conscience des dangers courus ce qui aurait du conduire à mettre au coeur de la campagne présidentielle le débat sur l'Europe libérale qu'escamote la plateforme du candidat socialiste avec la fausse fenêtre à la Montebourg de l'attaque contre "la finance"   ;  le modèle Hollande, à la mode Delors et Mitterrand,  nous enfume; même si Zapatero a été sincère il s'est planté et quand à Schröder, c'est qui qui a fait la baisse de la couverture chômage et la flexisécurité ( ça c'est pour la suite du programme ?)  

 

Les Français ont cru faire savoir ce qu'ils espéraient et beaucoup tout nigauds s'y reconnaître au Bourget

Ils vont voir ce qui les attend comme chômage, misères, déceptions, etc..

et ils se consoleront avec quelques grands principes et s'ils ont un boulot, de petites satisfactions comme de pouvoir se marier ( et d'adopter ) entre homos et d'avoir de temps en temps un policier de plus pour veiller sur eux , pouvoir télécharger presque gratis et se dire que les Américains du peuple  sont plus malheureux qu'eux    

 

C'est après les élections qu'il va falloir et - comment ! - engager encore plus fort le combat pour un vrai changement      

 

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Jeudi 26 janvier 2012 4 26 /01 /Jan /2012 08:26
- Par Gérard Bélorgey - Publié dans : actualité - Ecrire un commentaire
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Vous trouverez ci dessous le dernier communiqué de ATTAC

 

Nouveau traité Merkel-Sarkozy : vers un krach démocratique


Nicolas Sarkozy et Angela Merkel viennent d'annoncer leur volonté de faire adopter un nouveau traité européen dès le mois de mars, qui imposerait des sanctions « immédiates » et « automatiques » aux États dont le déficit dépasserait 3 % du PIB. Cette règle des 3% figure déjà dans le Traité de Maastricht, repris dans celui de Lisbonne, mais le nouveau traité la durcirait considérablement.

Ce nouveau traité exclurait explicitement de nouvelles restructurations des dettes publiques, et ce malgré qu’une renégociation de la dette ne se soit déjà avérée nécessaire pour la Grèce : il ne sera plus jamais question de faire contribuer le secteur financier et les banques, qui ont pourtant pris des risques inconsidérés pour elles-mêmes et surtout pour la société.

Ce traité entrainerait tous les signataires dans une nouvelle surenchère de nouvelles politiques d'austérité, de plus en plus injustes et inefficaces. Injustes parce qu'elles font payer aux citoyens une dette provoquée par la crise financière et les cadeaux fiscaux aux privilégiés. Inefficaces parce qu'elles approfondissent la récession et donc les déficits, et empêchent toute relance des investissements écologiques et sociaux.

Un traité Merkel-Sarkozy, décidé en quelques semaines sous la pression des agences de notation, ratifié par des parlements aux ordres et sans consultation des peuples, serait un véritable krach démocratique. Loin de permettre la refondation d’une Europe solidaire, il organiserait la concurrence par l’austérité, et, en dernier lieu, la faillite de la zone Euro. Nous exigeons un référendum en France pour que le peuple puisse se prononcer.

Bien sûr, le traité de Lisbonne a conduit l’Union européenne dans l’impasse et il faut un nouveau traité. Mais pas pour rassurer les marchés : pour sortir l'Europe de leurs griffes ! Il faut permettre à la BCE de prêter directement aux États-membres à des taux raisonnables, voire nuls ; réaliser une profonde réforme fiscale en rétablissant une forte progressivité des prélèvements ; initier une harmonisation sociale et fiscale vers le haut ; construire un vrai budget européen en taxant les transactions financières, les bénéfices des multinationales et les émissions de carbone. Pour engager l'Europe dans la voie de la réduction des inégalités et de la transition écologique.

Un nouveau traité européen ne peut pas se préparer entre quelques chefs d'État mais dans le respect de la volonté des peuples européens. Ce qui est nécessaire aujourd'hui, c'est un vaste processus démocratique européen d'élaboration d'un nouveau traité, qui reflète non pas les exigences des marchés mais celles des peuples désireux de construire leurs solidarités.

Attac France,
Paris, le 6 décembre 2011

__._,_.___

Mercredi 7 décembre 2011 3 07 /12 /Déc /2011 16:52
- Par Gérard Bélorgey - Publié dans : actualité
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        Selon l'interview donnée au JDD du 4 décembre,  François Hollande estime que « l'Allemagne ne peut espérer faire prospérer ses intérêts commerciaux sur l'Europe en récession, (qu'elle) ne peut imaginer une stabilité financière sur le désordre de ses voisins ». Voilà qui est bel et bon et devrait servir de leçon tant à A. Merkel qu’à N.Sarkozy. ( auquel il est opportunément rappelé que sa demande de copie de la RFA s'arrête aux questions du nucléaire).  C’est bien encore d’entendre F. Hollande rappeler que « pour le contrôle de la politique budgétaire des États, une procédure existe…pourquoi faudrait-il l’inclure dans un nouveau traité,  en  prévoir la constitutionnalisation, ou  faire pire encore,  en demandant à la cour de justice européenne des sanctions? » Il "s'y refuse". C’est bien.

 

Pour le reste  que lisons-nous ? Il  déclare en substance que l'Europe a moins besoin d'un traité que d'actions immédiates : «  que la confiance peut revenir rapidement et la spéculation être vaincue si la BCE , même dans ses statuts actuels, assouplit ses interventions, si le FESF se transforme en banque pour venir en soutien des pays les plus vulnérables, si la  BEI engage une politique de grands travaux, si le budget européen dispose de ressources nouvelles en mettant en place la taxe sur les transactions financières et en lançant les euro-obligations » Mais les euro-obligations ne devraient-elles d’abord mutualiser une part de l’endettement ?  Ce point est un signe que, dans cette approche, il s’agit bien seulement  de ce qui pourrait se faire « dès demain ». C’est donc une conception encore bien a minima  des transformations indispensables à la survie de l’Union européenne.

 

      Elle ne suffira pas pour rallier ceux qui croient qu’il faut changer les statuts de la BCE; qu’il faut en finir avec le principe de l’ouverture commerciale (là-dessus - hélas - pas un mot ) ; que doivent appartenir  à un budget de l’Union - et non à de seules actions de prêts de la BEI – des moyens de grands travaux ; et que des moyens d'intervention – forts - doivent être  être trouvés non seulement dans une taxe sur les transactions financières (qui n’aura aucun effet de régulation du libre échange et qui, si elle n’est pas élargie au monde entier,  peut avoir des effets contre productifs sur les flux des négociations financières), mais dans une fiscalité propre de cette union ( taxe carbone ; droits d’importation anti dumping).

 

Nous restons dans une Europe connue – celle de Lisbonne - qu’on ne peut guère barrer dans les déferlantes du  libéralisme international ; ce n’est pas encore là le dessein du nouveau bateau qu’il nous faut pour y croire et y rester. SI bien que le coéquipier Hollande pressenti mérite toujours seulement la note « peut mieux faire »  . Peut-être les entretiens avec le SPD le feront-il progresser ... à condition que ce vieux parti n’en soit pas resté aux recettes Hartz/ Schröder !

 

En toute hypothèse, il faut espérer qu’au delà de l'énoncé de ce qui devrait être possible  « dès demain », viendra de la part du candidat - qui ne saurait oublier qu'il lui faut absolument rallier selon des lignes de fond  le démarquant beaucoup plus réellement de N.Sarkozy  -  le programme,  sur la durée,  d'une plus ambitieuse nécessaire réforme de l’Europe... pour qu'elle puisse  continuer.

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Dimanche 4 décembre 2011 7 04 /12 /Déc /2011 17:51
- Par Gérard Bélorgey - Publié dans : actualité - Ecrire un commentaire
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La "germanophobie" que certains bien à tort,  croient déceler - en y trouvant prétexte pour enfoncer le clou d'une campagne contre Montebourg  et Hollande -  pourrait bien être comprise comme  l'écho inversé de la "germanolâtrie"  dont le pouvoir - et d'autres...-  font religion.

 

P rospèrant largement  au delà de la droite, la "germanolâtrie"   est  l'idôlatrie d'une Allemagne capitaliste libérale ayant su profiter de  la zone euro. Sans cesse, de partout,  le modèle allemand  est loué comme le meilleur exemple de gestion d'une économie et d'une société. Un président de la République française a invité ses concitoyens à s'y conformer;  des seconds couteaux se relaient en permanence pour en faire  les louanges et des harkas de journalistes ne cessent d'en montrer des sélections d'images et des résultats (pas tous)  pour nous inviter à "faire comme les allemands". C'est d'emblée nous mettre - on y reviendra - à merci de leurs positions dans les négociations : dans la gueule du loup, avec pour ambition d'être le bon second   de la meute.

 

 Cette - invitation qui porte quelques mauvais  relents des années trente et quarante  -  est une forme de détestation des Français qui sont dénigrés; (comme ils le furent par les "Ligues" d'autrefois ) , un appel à renier une part de notre culture  exprimant le mépris pour ce que nous avons  réussi à assurer de positif  dans notre  type de  société   et  ne s'embarrassant pas  de ce que nous risquons  en la jetant aux orties, puisqu'on ne nous cache même plus que ce qu'il faut boucher c'est, à n'importe quel prix, "le trou de la sécurité sociale" . Cette  germanolâtrie  est une injure à nos concitoyens : elle  demande à  reconnaître, et sans barguigner, dans l'Allemagne une  société  exigeante mais bonne  sur laquelle  s'aligner. 

 

 La germanolâtrie ne  respecte pas la France; elle est bien soeur de la germanophobie : une posture qui ne respecterait pas le peuple  allemand, en invitant  à détester l'Allemagne . Or il n'y a rien de germanophobe dans une juste critique portée sur d'intraitables et inadmissibles positions de l'actuel  gouvernement de la RFA.

 

Il faut bien distinguer le regard d'estime à porter sur un  peuple et le jugement qu'appelle son pouvoir d'un moment. Depuis l'écrasement des révolutions succédant à la première guerre mondiale,  en passant par les terreurs puis l'anesthésie, la tétanisation collective par lesquelles  le nazisme  a pu faire des robots de tant d'honnêtes gens, jusqu'aux victoires  alliées qui n'ont pas été obtenues sans un nombre considérable de  victimes civiles, puis avec  des occupations dures ayant engendré  bien des détresses, avant que les alliés n'aident  à se tirer d'une misère souvent inouïe des populations ayant, dans les ruines, démontré  un courage remarquable, les Allemands ont fait preuve  de capacités exemplaires  incluant, à grand prix, d'assumer les coûts de la réunification.

 

Mais la chute du mur et celle du communisme (dont la disparition a permis au capitalisme  de penser qu'il ne risquait plus rien et pouvait tout faire)  ont ouvert -  à la faveur en même temps de la fin de l'isolement de la Chine - un monde de concurrences sans règles et sans limites .

 

L'Allemagne a su bien y jouer, mieux que d'autres,  ses propres cartes : par ses talents propres enracinés dans une culture du "savoir bien faire" et du "devoir d'obéir ", et aussi,  très largement, parce que l'Union Européenne a été de plus en plus  conçue et pilotée   d'une manière si déséquilibrée entre développement des libéralisations économiques et insuffisance des contrepoids et contrôles démocratiques, que la main est forcément passée, après des périodes de flottement,  à ceux qu'ont servi  les atouts de faire prendre le niveau de leur monnaie pour celui de la monnaie partagée, d'avoir un type d'industries pouvant s'accommoder mieux que d'autres du libre échange, et de préférer les  arbitrages des banques à ceux d'une autorité politique qui aurait pu être régulatrice des échanges, des crédits  et des marchés. Et c'est aunsi que Maastricht, puis Amsterdam, puis Lisbonne  furent vendus à des responsables français soit convaincus par les nouvelles valeurs du libéralisme, soit  inconscients des risques qu'ils faisaient prendre à notre communauté.

 

Ceux de ces responsables qui sont au pouvoir en sont venus à la double adoration de l'intouchable euro et de l'exemple allemand , et ces adorations  désarment la France. En effet - en ne laissant même pas imaginer à nos interlocuteurs qu'il puisse advenir des circonstances ou nous (et d'autres) préfererions sortir de l'euro plutôt que se soumettre à des diktats -  on se prive de pouvoir mettre notre partenaire au pied du mur.  Or, au contraire, le langage  à tenir  - celui d'un  rapport de forces, le seul que peut entendre l'interlocutrice et son entourage - est le suivant : ou  bien l'Allemagne consent aux demandes d'assouplissement de politique monétaire, de réforme de la BCE  et de partielle mutualisation d'émission de titres d'emprunts d'État (la contrepartie bien normale des avantages qu'elle a tirés de la Zone); ou bien il faut imaginer que la France - et d'autres -  ne voit plus d'intérêt à rester dans  cette zone euro. Or sans celle-ci - qui n'y survivrait pas - l'Allemagne serait conduite à assumer un  isolement de monnaie encore plus renforcée, en perdant bien des avantages d'être centre de gravité de l'ensemble européen. Elle devrait donc plutôt  entendre ceux qui demandent un fonctionnement plus solidaire de l'Europe et sa protection contre l'extérieur que d'envisager de  faire cavalier seul, d'autant  qu'elle n'a pas la solidité qu'on lui prête.

 

  Le succès actuel de la RFA - essentiellement en matière de commerce extérieur et, à proportion, en matière d'emploi, mais tournant le dos au progrès du marché intérieur et des conditions de vie -  a pour origine  les grandes réformes des sociaux démocrates (les  lois Hartz) ayant mis en place flexibilité et précarisation des contrats de travail et réduction des allocations des chômeurs  obligeant ceux-ci à reprendre emploi quel qu'il soit  - réductions de coûts  qui ont donné un avantage relatif appréciable à l'Allemagne dans les échanges  intra européens - puis a été favorisé par  la  fiscalité  ciselée   par la coalition d'A. Merkel   pesant largement sur tous les contribuables, et favorable, par ailleurs,   aux investisseurs ainsi qu'aux entreprises.   Enfin (comme nous  l'avons déjà indiqué sur ce site), le suréquilibre des comptes commerciaux   tient notamment à des  importations faites avec le bénéfice d'un euro fort  nourrissant  en particulier la position charnière d'activités de montage dont les produits finis de haute gamme sont vendus hors compétition  prix .   Ces niveaux d'activité autorisent des assiettes fiscales convenables pour les recettes publiques,  ce qui permet le faible apparent déficit public allemand (tandis que nos  insuffisances de croissance, unies à nos évasions ou fraudes considérables envers les impôts, et aux réductions bien inopportunes de ceux-ci sont les causes majeures des trous de nos finances publiques)  .

 

Mais, avec les plans d'austérité généralisés,  la diminution des demandes de ses clientèles  va toucher l'Allemagne dans son niveau d'activité , comme dans ses recettes fiscales et cette donnée conjoncturelle va se télescoper avec des problèmes structurels  qui la fragilisent  : une  démographie  déclinante et vieillissante qui diminue aussi les recettes et fera exploser les coûts de la sécurité sociale  et de l'assurance maladie ; un endettement cumulé des collectivités publiques et des ménages qui est globalement un des plus lourds d'Europe et sur lequel pèse le doute d'un redressement un jour de comptes publics que certains estiment  "truqués" (1) : " les dizaines de milliards déboursés , après le choc de 2008, pour relancer l'économie et sauver le secteur financier auraient été logés dans un fonds spécial qui a contribué à faire grossir la dette , mais qui n'est pas pris en compte dans le déficit public". Enfin,  comme l'indique le constat  d'un défaut  récent de couverture d'une émission de titres du Bund, montrant que  l'Allemagne va, sans doute,  devoir consentir, elle aussi, des taux d'intérêt plus élevés au regard d'une certaine réserve des  souscripteurs,   la RFA  " a des fondamentaux solides, mais pas inébranlables" (2).

 

  Cette équation plus nuancée qu'on ne le pense souvent doit permettre - si l'on cesse  de se désarmer et par notre   germanolâtrie,  et par l'exclusion de toute hypothèse de "négociation musclée" (oui, E. Todd a raison, c'est la seule qui peut marcher )  - de faire bouger la position des dirigeants allemands et, par là, de chercher à faire évoluer l'Europe , plutôt que d'être un  jour contraint à l'abandonner.

 

 

 

 

(1) comme l'indique un  article en date du 19/11/11 in Le  Monde de ses correspondants  à Berlin et reprenant  les propos d'un  analyste de Natixis.

(2)in  Le monde du 24/11/11.

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Vendredi 2 décembre 2011 5 02 /12 /Déc /2011 19:39
- Par Gérard Bélorgey - Publié dans : actualité - Ecrire un commentaire
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