Jamais autant de passions partisanes confrontées, unies à autant de conservatisme des pensées économiques de deux camps qui partagent les mêmes fondamentaux ( le régime présidentialiste majoritaire absolu, le libre échange, l'Europe de Lisbonne, la règle d'or, le tabou de l'inflation ) et se déchirent sur quelques variantes n'ont autant marqué une campagne politique d'une vacuité totale sur la recherche de réponses pertinentes aux besoins des Français abreuvés de spectacles mais privés de toute ouverture de réflexion.
De manière provocante, celle-ci vient des États Unis par Paul Krugman
voir le Monde du 31/1/12
dont ci dessous des extraits majeurs
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La crise reste considérée uniquement comme un problème de dérives budgétaires. Ce n'est pas le cas. Ces déséquilibres existent, mais il y a aussi un écart de compétitivité et de flux de capitaux. Le seul élément positif est venu de Mario Draghi, le président de la Banque centrale européenne - BCE - , qui a indirectement soulagé le marché des dettes souveraines. Mais, encore une fois, cela ne traite que l'urgence sans apporter de réponse fondamentale.
La BCE devrait-elle agir comme le fait la Réserve fédérale (Fed), qui achète massivement de la dette américaine ?
Si on met de côté les blocages politiques, oui, l'Europe a besoin d'une politique monétaire très agressive. Plus agressive encore que celle des Etats-Unis. Il n'y a pas d'autre moyen de faire les ajustements nécessaires. La BCE devrait racheter plus de dettes d'Etat mais aussi favoriser davantage l'expansion monétaire.
Cela ne risque-t-il pas de faire déraper les prix ?
L'inflation n'est pas le problème, c'est la solution.
Que voulez-vous dire ?
Pour restaurer la compétitivité en Europe, il faudrait que, disons d'ici les cinq prochaines années, les salaires baissent, dans les pays européens moins compétitifs, de 20 % par rapport à l'Allemagne. Avec un peu d'inflation, cet ajustement est plus facile à réaliser - en laissant filer les prix sans faire grimper les salaires en conséquence.
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Aux Etats-Unis, (les) chocs asymétriques sont gérés, pas toujours parfaitement, grâce à un système budgétaire intégré et une mobilité très élevée.
L'Europe n'a aucun de ces deux atouts. II lui faut donc quelque chose d'autre pour donner plus de souplesse au système. Une politique monétaire moins stricte avec une inflation plus élevée - autour de 4 % - offrirait une part de la flexibilité qui manque à la zone euro.
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La crise de la zone euro n'a d'ailleurs rien à voir avec le coût de son système social. Des économies avec un fort Etat-providence ne s'en sortent pas si mal. Regardez la France ! D'un point de vue américain, on se dit que personne n'a aucune incitation à la productivité, que vous avez plus de jours de vacances. Mais, au final, la productivité horaire est la même qu'aux Etats-Unis. En aucune manière cette crise ne montre l'échec de ces systèmes sociaux. Il est possible de préserver un niveau élevé de protection sociale avec une politique budgétaire responsable : il suffit de regarder la Suède.
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Les gouvernements peuvent très bien s'accommoder d'une dette élevée, l'histoire le démontre : le Royaume-Uni a vécu avec une dette s'élevant à 100 % de son produit intérieur brut - PIB - pendant la majorité du XXe siècle. Au Japon, on annonce depuis vingt ans l'imminence d'une crise de dette publique."
Mes premières réactions et au delà ....
ni la myopie socialiste dont un ridicule cheval de bataille est la petite hausse de TVa
ni le strabisme vers le modèle Schrôder/Merkel comme moyen de réduire rémunérations du travail et prestations sociales
deux optiques de benêts de Lisbonne dans l'illusion de l'Europe
alors que celle-ci n'a ni la mobilité humaine, ni l'intégration budgétaire des Etats Unis
et que c'est dans la créativité de la Nation qu'il va falloir après demain trouver des inspirations
4% d'inflation, en acceptant un effet de déflation salariale compétitive (ce qui n'empêcherait d'ailleurs pas de protéger par l'indexation les plus bas
salaires)
mais en sauvant les régimes sociaux grâce à l'abandon de la règle d'or
la souplesse étant apportée par la création monétaire
c'est l'actualité du modèle français des années 60/70 !
Accessoirement - et pour clairement soutenir sur ce point particulier le bon sens de NS pour le remplacement des cotisations famille sur le travail ( ce qui est
aujourd'hui tout à fait illogique) par du produit fiscal ( mais à de la TVA, on aurait dû plus ajouter de la taxation des revenus du capital) , il faut rappeler que toute
protection coûte inévitablement aux consommateurs le prix de cette protection ( tva sociale comme toute autre technique, telle que droits d'entrée, et au moins pour la part relative
aux produits importés même s'il y a répercussion à la baisse des allégements de charges sociales sur les prix nationaux hors taxe, ce qui est le bon objectif poursuivi. Celui-ci, comme dans
d'autres pays sera certainement obtenu, au moins pour la part des entreprises "exposées" qui n'ont aucun intérêt à ne pas répercuter l'avantage dans la compétition par les
prix.
Devant, pour le reste, le risque d'un petit ressac prix de l'indispensable protection, au lieu de crier comme le ps ( qui en est aux années 70 et qui oublie l'exemple Suèdois) que le consommateur populaire est sacrifié,
il faut choisir entre un peu plus d'emploi et donc un peu plus de pouvoir d'achat global contre un peu moins de pouvoir d'achat individuel... pour ceux qui sont employés... c'est un peu la même affaire que celle des heures supplémentaires, mais les économistes socialistes n'y appliquent pas la même jurisprudence)
et trouver dans des moyens budgétaires, surtout si on arrête de privilégier "la règle d'or" sur la souplesse monétaire, les ressources pour compenser d"éventuelles hausses de prix pour les plus nécessiteux.
Avec une prévention de principe contre des hausses même marginales de prix à la consommation, dans l'axe du pacte non écrit fondamental du socio-libéralisme européen (perdre des emplois en acceptant leurs localisations ailleurs dans le monde, mais offrir, par une gamme de bas prix de consommation, des compensations à un pays appauvri par le libre échange ), l'approche économique socialiste ne parviendra jamais à mettre en place les deux outils indispensables au redressement de l'activité et de la croissance : des protections commerciales, des souplesses monétaires modérément inflationnistes.
Et les solutions de rechange ne sont ni dans des postures de père fouettard de la finance, ni de père la rigueur budgétaire. La aussi il faudrait savoir raison et mesure garder : la régulation financière exigeante sans porter atteinte à la capacité concurrentielle internationale de nos grands établissements bancaires; et bien comprendre que si la soumission à la discipline budgétaire ne va pas de pair avec l'obtention de la souplesse monétaire, il n'y aura pas de différence avec la Merkozy. L'objectif ne peut se limiter à revoir l'aimable traité de Paris de 1963 avec l'Allemagne, mais bien de faire réviser le traité de Lisbonne ( sur l'ouverture commerciale et sur le statut de la BCE) . Et si ce n'est pas possible à l'amiable, il faudra bien faire vite comprendre que l'euro présente alors vraiment plus d'inconvénients que d'avantages. Qu'est ce que l'Allemagne est prête à concéder pour le garder ?
Quels que soient les résultats des élections, il y aura vraiment un indispensable chantier à ouvrir pour ne pas laisser ce pays continuer à être géré par un mélange toxique de faible rentabilité entre la tiède pensée post delorienne (qui a même conquis Marianne : voir le dernier édito sur l'an I de Hollande, par J. Julliard !) et la contagion de la psycho rigidité merkelienne ( ne parvenant malgré tout pas à éteindre la capacité d'improvisation parfois talentueuse du président en exercice : l'accélération sur la TVA et les COS à 130% constituent quand même des exercices politiques qu'il faut saluer; ils feront date dans l'histoire : le Président peut être assuré, comme le souhaitait le héros de Malraux dans la Voie Royale qu'il laissera "une trace sur cette carte" , en tout cas sur la carte de l'urbanisme ) .
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