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Après avoir fait il y a quelques jours les deux affligeants constats de la  puissance de la mondialisation ( telle qu'elle existe)  et de l'impuissance de la démocratie (telle qu'elle fonctionne) , la démarche positive consisterait à se demander comment   la mondialisation pourrait être disciplinée et comment la  démocratie pourrait être efficace. Mais dans l'un et l'autre cas il faudrait jugement et  vertu.

Que l'un et l'autre ne soient pas garantis  ne peut évidemment porter à  "la haine de la démocratie" - cette haine  dont traite si éloquemment Jacques Rancière ( La Fabrique, 2005). Mais ce qui est  "le moins mauvais" ou plutôt le réputé moins dangereux  des régimes politiques  peut toutefois engendrer, par les résultats qu'il permet,  comme tout grand attachement qui rencontre des obstacles, une part de  dépit .

Reflet plus ou moins déformé de la réalité des hommes, la démocratie reflète bien aussi, surtout dans les pénuries et les crises,  que "l'homme est un loup pour l'homme" et qu'il n'est sans doute pas - à l'inverse du message des rêves optimistes humanistes - de régime politique qui puisse être la rédemption de la nature humaine.   Et ce qu'il y a de redoutable dans la démocratie c'est que les résultats qu'elle engendre, par sa nature démocratique inspirant une adhésion de principe,  elle les légitime. Quels qu'ils soient ? Si on ne pense pas  que le label "démocratie" peut légitimer tout ce dont ont accouché des démocraties - et on ne  peut pas le penser lorsque qu'on voit ( c'est l'exemple limite, mais il y en a d'autres bien inquiétants aussi...)  comment le fascisme a pu venir aux Nations,  par le jeu démocratique lui-même - il  faut parvenir à expliquer comment une démocratie  peut dérailler . Et alors même qu'on l'explique, cela ne sert  ne sert à rien si on ne parvient pas à réformer à temps le fonctionnement et/ou l'esprit  de telle ou telle démocratie.   

Or ce qui a inspiré mes constats est le sentiment que bien des citoyens confrontés à l'âpreté et aux cupidités du monde, loin de chercher, par un effort de jugement,  des conciliations, mais pour s'assurer, d'instinct,   des dominations ou des sécurités, éprouvent le besoin et sont portés à faire  choix de dirigeants  - qui leur ressemblent -  optant, sous l'habillage des habiletés indispensables, pour les lignes de conduite aussi dures et agressives qu'ils l'estiment nécessaire vis à vis des autres.  

Un bon correspondant  me fait observer que l'idée selon laquelle les Français auraient besoin de tels  dirigeants est en partie diffusée par  ceux-là même qui satisfont  ce profil  et que c'est donc de  l'autojustification. Il laisse entendre  que si j'exprime l'opinion que  ce type de candidats a plus de chances que des candidats "vertueux", c'est  parce que, au fond,  je serais intoxiqué par les idées dont  ces  "contre-modèles" parviennent à imbiber le corps social en faisant promotion d' une forme de prophétie qui vise à l'auto-réalisation.

 


Je voudrais que mon critique ait raison. Mais  j'estime néanmoins  que ce n'est pas parce que ces "contre-modèle" diffuseraient, soutiendraient ce type d'analyses pessimistes  qu'elles seraient  fausses pour autant .

Plus que jamais les  défis majeurs s'adressent à l'esprit  :  comment l'outiller - alors que tant de facteurs le modèlent quotidiennement  en sens contraire - pour qu'il perçoive   les  dérives de la démocratie, comme les abus de la mondialisation ?

 

 


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Lundi 2 novembre 2009 1 02 /11 /Nov /2009 16:32
- Par Gérard Bélorgey - Publié dans : histoire et societe - Ecrire un commentaire
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