Il est connu qu'il y a de la jouissance sensuelle dans la part d'ivresse qui s'empare d'un politique goûtant des
ovations; j'ai vu en cet état évident des candidats notoires notamment lors d'une campagne électorale lorsqu'ils pouvaient croire que cette communication avec une foule était la porte
du pouvoir .
Le terme de "conquêtes" ne s'applique-t-il pas d'ailleurs "indifféremment" à celles du pouvoir, des richesses, des femmes et ...des hommes, depuis ces temps antiques où les moeurs
reconnaissaient, au demeurant comme une banalité, aux puissants - comme aux philosophes et en fait à pas mal d'autres - la normalité d'avoir des "amants".
Affirmation de "normalité" dans la libre diversité et revendication de non discrimination qui constituent bien aujourd'hui ensemble la plateforme de la
force homosexuelle dans la cité. A ceux là mêmes qui ne portent aucune hostilité, aucune aggressivité envers ceux qui pratiquent l'homosexualité , le fait humain et social qu'elle
représente aujourd'hui peut faire interrogation, voire malaise. En d'autres termes, le rejet total de l'homophobie (
au nom des principes de liberté et d'égalité ) n'implique pas nécessairement la pleine compréhension, la pleine réception, de l'homosexualité ( au titre de la conscience personnelle)
.
Cette difficulté de pleinement concevoir l'homosexualité - bien qu'elle puisse aller totalement de pair avec la volonté
politique d'en reconnaître, autant que se peut , avec l'hétéro sexualité, les facultés d'exercice - pourrait bien s'expliquer par le fait que ceux qui éprouvent cette
difficulté sont enracinés dans l'idée et l'expérience que leur propre libido ne peut être gouvernée que par l"altérité : c'est à dire par leur impulsion vers un corps exprimant un être
différent d'eux-même (ou symétrique) et par leur lndifférence ( voire leur rejet ) à l'égard d'un corps exprimant un être semblable à eux (ou identique) . Cette libido de
l'hétérosexualité est sans doute manifestement commandée en profondeur par l'instinct de procréation - impossible entre deux personnes de même sexe - alors même que nos
relations sexuelles peuvent être, ce qui est sauf rares exceptions animales, le propre ( ou du moins souvent la pratique) de l'espèce humaine, déconnectées de cette finalité. On voit bien
du même coup comment en général les Églises lient bien entre eux principes moraux, faits de nature et droit positif et, particulièrement, que tout ce qui relève des valeurs de la famille (c'est à
dire la parentalité ) ne saurait échapper à ce triptyque.
Et toute critique libérale, "progressiste", égalitaire de ces positions - comme des sensibilités rétives à la banalisation de l'homosexualité et croyant subir le
lobbying d'une franc-maçonnerie des tenants de ces moeurs - ne peut que se casser les dents sur cette donnée immédiate de la conscience et des sens qu'est le besoin d'altérité pour être
porté à des relations sexuelles et plus encore pour les nouer. D'où le thème de fait toujours présent chez les promoteurs de la banalisation homosexuelle que le besoin d'altérité
n'est qu'une création culturelle tandis que celui de la bipolarité d'un couple pour assurer la continuation de l'espèce n'aurait aucun sens dès lors qu'il y
a bien d'autres manières de féconder et de faire venir des enfants au monde ...ainsi que de les élever.
Et c'est à ces stades que les débats bloquent et que parfois les amalgames des uns et des autres se font. En réalité, de longue date certaines tranches de l'homosexualité ont trouvé
leurs explications, leurs tolérances, mieux leur accueil positif Le défaut d'accès à l'autre sexe - naissant traditionnellement du cantonnement ensemble de personnes du
même sexe comme dans les lieux d'enseignement autrefois sans mixité et, parfois, comme au temps des légions, sous les armes, en a été un chef d'accueil tout à fait "classique" dans
les faits comme dans les lettres. Les abus du sexe masculin sur le sexe féminin pouvant aller de pair avec
les besoins de réconfort des femmes entre elles ou avec celui de se passer d'homme (ce qui conduit ensuite à la question des voies de la fécondation) en a été un autre. Depuis
les assauts de "la parité", la montée en puissance d'une part de femmes doublement armées (par leur féminité et par des discriminations positives) peut faire naître un désarroi masculin ( cf. sur
ce site notre article de mars 2009) pouvant pousser des hommes à se préférer ( avec parallèlement aux questions de la fécondation, les questions de la gestation) est certainement un troisième
facteur de développement et d'intelligence de l'homosexualité masculine . De la à la banalisation de l'accueil dans la foulée d'un droit de Cité sans spécificité , il reste des abîmes.
Celui chez beaucoup qu'il ya deux "natures" irréductibles l'une à l'autre de la femme et de l'homme qui ne sont pas des faits sociaux, mais des faits génétiques avec l'avalanche des conséquences
qui en résultent. Et - qu'lis aient tort ou raison - ce qui les en convainc tous les jours c'est leur propre libido, leurs élans ou leurs blocages. Sur ces bases, ils ne peuvent évidemment
pas concevoir que le sexe masculin d'une part et le sexe féminin d"autre part soient regardés ressentis, vécus, traités de manière indifférente : toutes les égalités juridiques ne pourront à
leurs yeux abolir la part structurelle et féconde d'irréductible;(1) mais doivent simplement - ce qui est déjà bien diffcile - chercher à obtenir que les différences ne soient pas transgressées,
fossilisées, en inégalités.
De surcroît, la libéralisation des moeurs a ouvert tellement de variantes de celles-ci et de pluralismes sexuels et tellement de lieux où on peut en avoir le spectacle ( voire la
jouissance) que toute libéralisation de plus, même légitime, inquiète plus fortement qu'il ya quelques décennies .
Ils sont sans doute nombreux et ne relevant d'aucun sectarisme tous ceux qui sont conscients du risque de voir glisser du couple homo ou hetéro offrant à chaque
partenaire sa chance de bonheur, d'affection, de solidarité ou d'équilibre, en bref d'alliance , non seulement aux pratiques de toute nature que peut se choisir la liberté de
chacun s'il ne met pas en cause l'intégrité des autres, mais aussi à des franchissements de frontières au delà desquelles, il ne s'agit plus de la normalité de la diversité et des
préférences, mais de transgressions. De bien difficiles transgressions à déceler peuvent tenir à l'âge d'un partenaire ou - dans notre univers de l'exploitation économique et de l'exploitation
des détresses du monde et des misères psychiques de chacun - à la réalité de la liberté de l'autre souvent bien douteuse lorsque, comme le disait E. Mounier, "les âmes sont esclaves
de l'esclavage des corps".
Ce qu'il faut naturellement plus prendre comme une image que comme l'appel à une formule spiritualiste qui serait bien désuète. Tout pouvoir dans la Cité, issu de la sublimation
politique de la libidio fondamentale ( conquérir pour se reproduire) parmi tous les conflits qu'il arbitre de manière nécessairement imparfaite ( sinon partiale , puisque par définition le
pouvoir fait prévaloir ce qu'il pense être son intérêt de survie) est aussi confronté à celui des différences considérables et concurrentes entre les libidos des membres de la société qu'il
gouverne; différences de libido qui sont naturellemment exaltées les unes et les autres par les stratégies des business qui en vivent...
La conscience qu'il existe, de fait, même sans ministère "ad hoc", une politique des moeurs - à ne pas afficher peut-être, mais à piloter tant avec le principe de précaution
qu'avec le principe de liberté - devrait bien être au coeur des exercices des pouvoirs.
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(1) Il faut rappeler que deux hommes ensemble, non fécondables, ne peuvent donner la vie ni la porter
tandis que l'une et l'autre des femmes, d'un couple féminin sont fécondables et peuvent donc donner et porter la vie ( on supposerait même que des gamètes féminines pourraient,
moyennant certaines interventions sur le noyau, engendrer sans gamète masculine)
Lundi 12 octobre 2009
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16:15
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Par Gérard Bélorgey
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Publié dans : histoire et societe
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