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Ce matin , enfin,  sur une radio, un représentant de l'État a expliqué comment ses services avaient de longue date essayé de freiner le laxisme des autorisations de construire en zone inondable.
Mais voici plus de quarante ans qu'une conception démagogique de la décentralisation a donné à des élus locaux , forcément vulnérables , des compétences sur lesquelles l'autorité beaucoup plus libre de fonctionnaires de l'État trouvait autrefois moyen de s'exercer : soit que le préfet ait un fréquent pouvoir d'arbitrage sur les délivrances de permis de construire;  soit qu'il ait les moyens de maintenir des dispositions de sauvegarde ( dont la capacité de refuser les autorisations en l'absence de plans d'occupation du sol menés sérieusement  à leur terme  )  aussi longtemps que les documents d'urbanisme n'étaient pas satisfaisants. Dans ces combats un certain nombre de collègues ayant déplu aux bâtisseurs locaux  ont d'ailleurs laissé  des plumes.


Rendons à l'État ce que lui seul peut exercer avec indépendance.


Soyons aussi étonnés que ces préfets n'aient pas été portés - et pour quelles raisons - à intervenir à temps, avant les drames des noyades,  avec des moyens à  déterminer, voire à inventer, par leurs soins.
A la différence de bien des corps administratifs dont les compétences  juridiques définissent les responsabilités,  le propre, de fait,  de la fonction préfectorale est d'être responsable - et au premier chef de l'évènement et de la sécurité - et d'en trouver les moyens
de quelque  registre et nature qu'ils soient . Au vu des météos, des infos marine et des rapports sur la fragilité des digues, pourquoi quelques heures avant  ce raz de marée n'a-t-on pas évacué, quand la précaution le commande envers des milliers de résidents pour une bombe  perdue de la deuxième guerre mondiale ?

Pourquoi encore - et alors même que cet appel est soumis à des procédures strictes, mais la théorie des circonstances exceptionnelles est faite pour quelque chose ,  n'a-t-on pas fait appel à chaud  - par des relations de proximité entre autorités civiles et militaires - aux concours de l'armée pour soulager et soutenir les corps de secours ?

Il faut que les préfets  exercent le pouvoir et l'initiative qui a fait des siècles durant la réputation et l'efficacité de ces missionnaires de la République devant pouvoir s'affranchir des formalismes lorsque ceux-ci ne sont pas protecteurs des  libertés et devant jouer, en toute plénitude,  hors des contraintes de tout mandat électoral,  le rôle de garant des citoyens.           
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Dimanche 7 mars 2010 7 07 /03 /Mars /2010 11:07
- Par Gérard Bélorgey - Publié dans : actualité - Ecrire un commentaire
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