C'est la faute aux subprimes; c'est la faute aux bonus, c'est la faute aux paradis fiscaux; c'est la faute aux hedges funds; c'est la faute à l'immoralité des
spéculations et des banques... comme si l'économie pouvait être morale.
Tous les abus détraquants sont rendus possibles parce que les terrains s'y prêtent. La responsabilité des politiques et des Étals c'est de garantir les
terrains les moins propices aux abus, non d'être des gardiens d'une impossible morale lorsque les tentations sont là, lorsque - pire, parce qu'inéluctable - pour survivre, les acteurs économiques
doivent chercher par tous moyens, à maximiser leurs chances de profit pour être aptes à la concurrence mondiale.
Double colonisation industrielle par les moins disants sociaux et par les dominants économiques, fragilité des activités, impuissance à faire prévaloir une
fiscalité efficace, déséquilibre du commerce extérieur, voilà les véritables causes fondamentales de la crise grecque, comme de celles qui guettent d'autres européens dont nous-mêmes.
Il ne faut pas courir après l'écume des choses, mais mieux les traiter sur le fond. Le salut n'est pas dans des contrôles
souvent incrédibles, mais dans des dispositifs stratégiques qui écartent la possibilité de dépasser les bornes; donc dans une régulation des échanges qui exclurait les facultés
aujourd'hui multiples d'exploiter les distorsions des termes de ces échanges .
Tous les problèmes qui assaillent les Français - et leurs voisins - cherchent leur réponses légitimes dans plus de moyens publics pour la gestion du social, des
services publics, la lutte contre l'exclusion et pour l'égalité des chances. Or il est naïf - et il devient criminel - de joindre à la compassion l'appel à la dépense publique quand l'état
des activités nationales n'offre plus les moyens de faire rentrer un impôt nécessaire plus important qu'aujourd'hui et dont les charges ne compromettraient pas notre
compétitivité.
Les moyens de l'État et de la fiscalité - qui est depuis toujours son outil majeur - sont dans une économie prospère et les conditions d'une économie prospère sont qu'elle soit
protégée. Quand les hôpitaux manquent de personnels, quand les prisons sont souvent une honte, quand l'école est à bout de capacités par rapport aux besoins d'enseignement et de sécurité , quand
les retraites sont menacées, quand les Caf n'ont plus les outils pour gérer l'afflux des demandes, quand les transports tombent en quenouille, il y a toujours la même explication que ne
comprennent d'ailleurs pas les usagers, les opposants ou les contribuables qui s'arrêtent à l'injustice à leurs yeux des prélèvements fiscaux selon les catégories sociales : un facteur réel, mais
assez marginal par rapport à l'ampleur des besoins . La cause essentielle est le manque de ressources possibles, une carence devenant structurelle , imputable à une économie
déchiquetée, dévastée par la prédation mondiale, ue prédation souvent pilotée par les firmes dont les labels restent nationaux mais qui font leur profit ailleurs qu'avec des emplois dans
notre territoire. Or il faut que profit et emplois puissent être obtenus beaucoup plus largement dans nos limites territoriales, par l'ardente obligation d'une économie nationale.
Jeudi 11 mars 2010
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22:27
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Par Gérard Bélorgey
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Publié dans : politique éco et emploi
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