Lorsqu'entre les deux guerres un couple "réussissait" , sa gloire était que la femme puisse s'arrêter de travailler . Et j'entends encore ces affreux maris annoncer
avec joie "tu vas pouvoir t'arrêter" à une compagne épuisée par la double vie de la famille et du boulot.
Dans ces heureux cas, finie la servitude - pour faire cuire la marmite - de l'usine, des champs, du commerce, du bureau, de la blanchisserie ou des ménages chez les autres et
délices de materner chez soi une descendance qu'on n'avait plus à confier à des grands parents ou à des étrangers .
Il est vrai qu'alors le travail des femmes - comme celui des hommes - était, avec de surcroît la charge des horaires de l'époque, souvent bien plus dur sans
doute en général qu'il ne l'est maintenant malgré les stress contemporains.
Aussi le progrès pour la plupart des femmes - des femmes du peuple au moins, mais le "peuple" n'était-il alors aussi autre chose qu'aujourd'hui - était de pouvoir s'en
passer, de pouvoir être libérées de cette aliénation, même si elle allait de pair avec quelques satisfactions et libertés.
Le progrès est devenu - les femmes du "peuple" ayant largement pris modèle sur les femmes "d'avant garde"- que les femmes travaillent et d'autant plus que les couples modestes ont encore bien besoin d'un double revenu pour boucler leurs fins de mois, face aux types de consommation du monde actuel.
Sic transit les valeurs sociales... ou l'habillage parfois en "valeurs sociales" des simples obligations de la vie.
Lundi 8 mars 2010
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14:46
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Par Gérard Bélorgey
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Publié dans : hors des clous
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