Le 31 octobre 1957
avec en coeur de la Une, LA PRÉSENTATION REPRODUITE CI-APRÈS des 6 articles qui vont suivre en page intérieure jusqu'au 6 novembre.
CES TEXTES SONT DISPONIBLES SUR L'ADRESSE du fichier correspondant :
http://ddata.over-blog.com/xxxyyy/0/50/69/19/les-art-du-monde.html
(avec quelques erreurs de transcription grahique)
et l'article que jai publié à leur propos "L'Algérie dans la Tête" dans la LA REVUE POLITIQUE ET PARLEMENTAIRE de novembre/décembre 2004 sur l'URL :
http://ddata.over-blog.com/xxxyyy/0/50/69/19/alga-rie-rpp.html
Mes motifs de restituer aujourd'hui ces articles et commentaires cinquante ans après ( sur les URL indiquées) sont les suivants :
-1 - Documents datant de 1957, ils ne semblent apparaître dans aucune banque de données sur le net (mais ils sont dans les archives de sciences.po ).
-2 - Ils furent très particulièrement débattus ( on en produira des exemples) au lendemain de leur publication, puis cités notamment par Daniel Guerin dans "Ci-gît le colonialisme " en 1973
(Ed. Mouton) et par Mohammed Harbi en 2001 dans "Une vie Debout" (La découverte) :
- le premier donnant parfaitement le sens du titre : "L'utopie c'était le rêve impossible d'une intégration qui venait vingt ans trop tard et d'une chimérique
pacification. En s'y obstinant l'on risquait fort de s'engager sur la voie d'un totalitarisme où toute opinion discordante est considérée comme danger et traitée comme telle. La guerre était
largement une guerre raciale".
- le second écrivant " la passion des jeunes socialistes pour la Tunisie et le Maroc contrastait avec leur
timidité à l'égard de l'Algérie. Malgré ses réserves à l'endroit des nationalistes, Gérard bélorgey était alors le plus ouvert à notre cause. je ne serai donc pas surpris lorsqu'en 1947 il écrira
dans le Monde, sous le pseudonyme de Serge Adour, l'un des meilleurs articles contre la guerre que nous imposait son pays" -
3- Mais, par ailleurs, ces papiers - qui ont été à l'un des tournants de la prise de conscience de l'impasse algérienne - ont été quasiment ignorés de nombre d'historiens et notamment de
tous les travaux pilotés par B . Stora : ils ne font pas partie de son fonds de commerce, pas plus que du fonds éditorial du Monde.
En effet, les équipes du journal ont changé et ces textes n'ont jamais été cités dans ses n°s spéciaux rétroactifs sur l'Algérie. Il est vrai qu'ils n'étaient ni
d'un journaliste , ni d'une personne de notoriété, mais d'un inconnu ( encore que le pseudo avait déjà déjà utilisé dans des publications de la SFIO et au sein des comités France-Maghreb)
pouvant faire problème de crédibilité . Loin du reportage d'investigation et de scandale, ces constats voulaient , à l'inverse, ne pas faire accuser des exécutants -
comme l'explique le chapeau de présentation fait en 1957, en concertation entre Beuve-Méry et moi-même, par la rédaction du journal, c'est même la raison essentielle de choix d'un pseudonyme -
puisque la conviction de l'auteur est que les vrais responsables de ce qui a pu être le pire n'étaient pas ces exécutants mais les chefs politiques du temps. Ajoutons qu'aux yeux des
consciences engagées dans la défense des droits de l'homme , mes contributions se placèrent plus sur le terrain du réalisme (pourquoi se déshonorer dans un conflit qu'on ne peut pas
gagner) que sur celui des principes .
Ils constituèrent néanmoins , après le témoignage de JJSS et d'autres moins médiatisés d'un certain nombre de rappelés, le premier grand panorama des illusions, des techniques et des
dérives de la "pacification" .
En effet, si l'on ne prend en compte que les écrits "à chaud" de l'époque, les plus notoires furent alors, après les déclarations de principe de J.P. Sartre et D.Guérin, les
dénonciations et appels qui s?échelonnent sous les signatures de Claude Bourdet (13 janvier 1955, votre Gestapo d?Algérie), François Mauriac (15 janvier 55 La Question) de Henri Marrou
(France ma patrie , 5 avril 1956) et les cris d?alarme des sermons de Monseigneur Duval, l?achevêque d?Alger ou de Jean Mairey avant de démissionner en janvier 57, de la fonction de DG de
la sûreté), de Pierre Henri Simon ( 13 mars 1957, Contre la torture) , de Bollardière (lettre à l?Express au printemps 1957). Quelques périodiques accueillent des témoignages cruels et
ponctuels (les Temps modernes, Esprit, l'Observateur ) que reprend notamment le Centre de coordination pour la défense des libertés et de la paix (siège
Clichy, secrétariat Robert Barrat, Roland Marin, Maurice Pagat ) de même que des feuilles confidentielles. Preuves mène à bien quelques
confrontations de points de vue. Robert et Denise Barrat mettent au point leur Livre blanc , mais qui n?aura pas de diffusion et ne sera publié qu?'en 2001 par l'Aube. Hormis la série
d?articles du Monde, je ne vois, à l'automne 1957, aucune publication largement diffusée et qui replace la relation des faits dénoncés dans une fresque sur les comportements des acteurs et
les conduites des opérations militaires.
La suite des publications restera très ciblée sur le combat contre la torture avec en 1958 les affaires Alleg (février ) et Audin (en mai et qui est le point d'ancrage des nombreuses
actions, puis travaux de P.Vidal-Naquet) et avec la « fuite » sur le rapport de synthèse de la Commission de sauvegarde. En 1960, c'est le roman de Jean Maurienne (Jean-Louis Hurst et
ses difficultés avec le P.C.), Le déserteur. D'autres cas individuels illustrent le refus d?aller combattre en Algérie comme ceux de Émile Lorensot (cf.archives Sc.Po.) d?André Moine,
emprisonné en 1957 (cf. Ma guerre d'Algérie, Editions Sociales, 1979)ou de Fernand Yveton (cf. la publication différée à l'Harmattan, 1986, de l'ouvrage de J.L. Einaudi « Pour l?exemple »).L?appel des 121 est publié le 6 septembre 1960. Postérieurement on trouve toutes les
histoires et études sur la guerre d'Algérie, mais qui sont des écritures ou, pour le moins, des publications a posteriori.
-3 - Autant il est aisé aujourd'hui d'écrire à posteriori l'Histoire et d'en juger les acteurs, autant il était difficile de s'exprimer alors quand "la fin de
l'amnésie" (pour reprendre le titre de l'ouvrage collectif publié par la découverte) n'avait pas succédé au "temps du boisseau".
A SUIVRE
Jeudi 11 janvier 2007
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11
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/2007 12:44
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Par Gérard Bélorgey
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Publié dans : Algérie
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