Une réunion d'anciens élèves de ... qui avaient courtoisement convié le président du Sénat m'a conduit il y a quelques jours à me délecter de sa prestation dont la
substance - du moins ce que j'en ai ressenti - a été la suivante.
La récente réforme constitutionnelle ne peut bien porter ses fruits qu'au Sénat : parce qu'il n'y a a pas de majorité absolue d'une formation, mais que des
majorités d'idées qui peuvent être composites sont nécessaires et fructueuses; parce que les différentes novations ( d'ordre du jour, de travail des commissions, de place faite à l'opposition,
etc.) ) s'accordent parfaitement à l'esprit de législateur constructif et conciliateur qu'est le Sénat.
Plus encore : le Sénat a gagné au quinquennat (note de ma part : enfin voilà quelque chose que rapporte le quinquennat ) d'être le seul
organe de la République qui ne procède pas de l'élection présidentielle ( note de ma part : mais voilà un constat énorme que d'apprécier une faille dans la démocratie majoritaire
absolue comme une valeur ).
Et encore plus : si le Sénat est ainsi l'âme d'une chance d'équilibre des pouvoirs, c'est parce qu'il est pour moitié élu a la proportionnelle et que ,
nonobstant les critiques sur sa représentativité démographique ( mais telle n'est pas sa mission comme c'est la fonction du Sénat américain) il est le reflet, même un peu
majoré, de la diversité des conseils municipaux de France.
Comme je souscris à cet éloge de l'équilbre des pouvoirs, de l'obligation de négocier pour trouver des majorités composites , de la vertu de la diversité, du
pluralisme, de la proportionnelle. Avec des pouvoirs séparés, c'est mon modèle de prédilection non pour le seul Sénat, mais pour le corps délibératif de la République.
Mais à quoi peut servir aujourd'hui ce modèle sénatorial
- certes à un heureux mais marginal tempérament de l'absolutisme majoritaire de la république présidentialiste, pouvant un peu s'exprimer dans le travail législatif de modération ou
de perfectionnement;
- à une forme en pointillé , et parfois s'aiguisant dans la réalité, de contre pouvoir, mais qui pourrait surtout intervenir aujourd'hui à l'encontre des avancées considérées comme trop "à
gauche" ou trop "protectionnistes" du président de la république, par sa propre clientèle électorale;
- moins sans doute comme un banc d'essai de collaborations des centres gauche et centres droit qui pourraient constituer une perspective de relève démocrate centriste au sarkozisme
Mais tous les fers sont à l'évidence au feu dans la main habile d'un vétérinaire de talent dont l'ambition pourrait bien être de contribuer à accoucher une autre République et à y jouer un rôle
de premier plan, grâce à une séduction bonhomme et charpentée qui s'exerce autant à gauche qu'à droite et par laquelle il pourrait espérer être, un jour , mieux que le second personnage
protocolaire de l'État.
Avec la question de savoir si cet homme du terroir saurait imaginer une stratégie économique qui saurait maintenir ce qu'il faut maintenir de ce terroir agricole - et industriel
- français.
A suivre en tous cas.
Vendredi 18 septembre 2009
5
18
/09
/Sep
/2009
18:56
-
Par Gérard Bélorgey
-
Publié dans : sciences pol. et institutions
0
Derniers Commentaires