Des générations d'élèves de l'ena ont considéré que le classement de sortie de l'École leur pourrissait la vie pendant la
scolarité et souvent, longtemps au delà. Il est supprimé et voilà que les critiques et protestations fusent...
Ayant été, de trois ou quatre manières dans cette école - comme élève à la fin des années cinquante, comme
directeur adjoint des stages en 65/66, comme membre de son conseil et comme enseignant par la suite, j'avais naturellement eu, comme tout le monde, ma petite idée de réforme : que l'ena
soit l'institution dans laquelle il fallait être entré et avoir été (un peu) formé pour pouvoir se présenter à un panel de concours donnant accès à tel ou tel corps ou à telle ou telle fonction
du service public, ce qui garantissait un recrutement de l"ensemble au mérite et, grâce à la possibilité ( que je suggérai) de tenter plusieurs fois une entrée dans la filière de sa préférence (
alors que le plus dur de "l'amphi garnison" est que ses résultats sont sans appel, sauf tournants incertains ultérieurs de carrière) , un certain respect des préférences et des vocations de
chacun.
On n'arrive pas aujourd'hui à quelque chose de très différent si de la souplesse préside aux affectations
définitives après sortie et il reste effectivement à savoir comment se feront les passages de la qualité d'élève à telle ou telle institution ou administration, mais l'on vient de se
se donner le délai pour y réfléchir et ce n'est pas si mal.
Une vraie question qui subsiste était de savoir s'il eut fallu "débrancher" l'accès à certains grands
corps (IGF, CE, CC) de la fin de la scolarité et n'ouvrir cet accès qu'après une certaine ancienneté dans d'autres fonctions. Le problème du choix eut été retardé, mais il n'aurait pas été
plus facile, peut-être même avec des critères plus aisément biaisés. De surcroît certaines vocations ont intérêt à être affirmées assez tôt, et pas si tôt d'ailleurs lorsque les élèves sont
issus du concours fonctionnaire avec déjà un temps de vie professionnelle précédente.
De fait "l'alimentation de ces "grands corps " peut être influencée de bien des manières et au premier chef par de
nombreux recrutements parallèles à ceux de l'ena qui est le seul système à maintenir la méritocratie de base ( à mieux nourrir encore par la troisième voie si celle-ci est bâtie avec plus
de rigueur que d'arbitraire). Il faut donc surtout que les "tours extérieurs" restent en proportion raisonnable. Au delà une circulation entre "corps" pour l'instant, et métiers de toutes les
façons sans doute dans l'avenir, est le moyen par lequel écarter des carrières trop linéaires, trop enfermées ou trop débitrices d' heureuses influences.
Il n'y aura jamais de perfection, mais la leçon du service public est d'apprendre à savoir bien doser par des compromis
intelligents et hors des passions politiques. Sur la réforme appréciable en son principe qui vient d'intervenir enfin, sachons donc raison garder...
Jeudi 26 mars 2009
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15:23
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Par Gérard Bélorgey
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Publié dans : services publics
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