L’hypothèse - présentée ici il y a quelques jours - que les massacres de Gaza puissent être jugés par un tribunal international a été regardée comme
invraisemblable par certains de mes lecteurs. Or depuis lors, au vu des suspicions d’emplois d’armes démesurées et meurtrières (avec phosphore, et aussi avec uranium appauvri ?), et
au vu de la destruction d’une installation de l’ONU, c’est le secrétaire général de cette institution qui évoque un tel type de plainte.
De la même façon que ce qui était hier considéré comme invraisemblable ne doit être exclu, il faut aller à une nouvelle hypothèse de réglement des drames de Palestine, hypothèse que beaucoup
regarderont, bien sûr, comme à contre courant de l'Histoire, mais qui serait peut-être en fait la chance de l'Histoire.
L’État hébreu s’est mis sur la sellette sous bien des collimateurs, au milieu de ses impasses . Il a conduit une offensive inspirée par la loi du talion à la puissance X et construite sur
une erreur d’estimation militaire . En voulant détruire les combattants du Hamas, il n’a pas vu à temps à quel point le bouclier humain dont on leur fait honte est
automatique puisque ceux-ci sont immergés dans un camp assiégé et que pour les détruire il faut quasiment taper dans le tas. Ce qui s’est pratiquement fait jusqu’à un point levant
l’indignation internationale et a du, en conséquence, être stoppé. Tel est l’échec de la stratégie d‘Israël. Tandis que l’on s’interroge par ailleurs sur celles qui peuvent ressortir
des deux camps palestiniens dont la plus pertinente serait apparemment que ceux-ci - également aujourd'hui dans leurs impasses - se rapprochent en un gouvernement d’union pour des
renégociations.
Mais sur quelles bases? celles de deux États, l’un hébreu et l’autre palestinien, ce qui renouvellera les occasions de conflits et résoudrait si difficilement les questions des territoires
occupés, des populations déracinées, des moyens des uns et des autres. N‘y a-t- il une totale révision conceptuelle à imaginer un jour ? Ne devrait -on regarder les chances que
pourrait avoir un État multi culturel ? Un État - comme devraient l’être tous les États sérieux du monde - sachant gérer, s’il le faut, par le fédéralisme, des différences
religieuses et ethniques , mais refusant d’avoir un pays né de leurs héritages, éclaté entre entités coexistant mal. Un État abandonnant donc ces voies nées à une autre
époque, sous d'autres circonstances et s’engageant, au contraire, dans une Histoire enfin tournée vers un avenir commun, libérée de l’inégalité des conditions humaines, du
malheur des vaincus et du malaise de bien des occupants, hors des passés fantasmés des uns et des autres?
Mercredi 21 janvier 2009
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17:33
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Par Gérard Bélorgey
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