Recherche

Calendrier

Septembre 2010
L M M J V S D
    1 2 3 4 5
6 7 8 9 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28 29 30      
<< < > >>

Partager

POURQUOI CE BLOG



L'objet de ce site est de baliser par quelques souvenirs éloquents l'histoire récente et de faire contribuer ces expériences, par des commentaires d'actualité, à éclairer et choisir les changements, en s'interrogeant sur les propositions des politiques et les analyses des essaiystes. Par ailleurs, à côté des problèmes de société (parfois traités de manière si impertinente que la rubrique "hors des clous"a été conçue pour les accueillir), place a été faite à "l'évasion" avec des incursions dans la peinture, le tourisme, la littérature,  des chansons, ce qui constitue aussi des aperçus sur l'histoire vécue.

 

Identité de l’auteur
vous pouvez lui écrire à <gerard.belorgey@wanadoo.fr>


Né en 1933, appartenant à la génération dont l'enfance a été marquée par la deuxième guerre mondiale, l'occupation et la Résistance, l'adolescence par la Libération, la guerre froide, puis par de clairvoyants engagements pour les décolonisations, l'auteur a ensuite partagé sa vie professionnelle entre le service public (il a notamment été préfet, délégué à l’emploi, directeur des affaires économiques de l’outre-mer, président de la chaîne de radio-télévision, RFO), l'enseignement et la publication d’ouvrages de sciences politiques (il est aujourd’hui membre du comité de rédaction et
collaborateur régulier de la "Revue Politique et Parlementaire"). Il a également assumé des missions dans de grandes entreprises en restructuration (Boussac, Usinor/Sacilor), puis a été conseil d’organismes professionnels.


Alors que ses condisciples ont été en particulier Michel Rocard et Jacques Chirac (il a partagé la jeunesse militante du premier dans les années cinquante et fait entrer le second à Matignon dans les années 60, avant d'être son premier collaborateur à l’Emploi, pour la négociation de Grenelle et au secrétariat d’Etat aux Finances, il n'a suivi ni l'un, ni l'autre dans leurs itinéraires. En effet, dans le domaine politique, comme il ressort de ses publications (cf. infra), Gérard Bélorgey n’a rallié ni la vulgate de la Veme république sur les bienfaits de l’alternance entre partis dominants, ni les tenants du catéchisme du libre-échange mondial. Il ne se résigne donc pas à TINA ("there is no alternative" au libéralisme). Tout en reconnaissant les apports autant que les limites de ceux qui ont été aux affaires et avec lesquels il a travaillé, il ne se résigne pas non plus à trouver satisfaction dans tel ou tel programme de camp. Mesurant combien notre société multiculturelle, injuste et caricaturalement mondialisée, souffre aussi bien des impasses de l’angélisme que des progrès de l’inégalité et des dangers de l’autoritarisme, il voudrait contribuer à un réalisme sans démagogie.

Partie de ses archives est déposée dans les Fonds d'Histoire contemporaine de la Fondation des Sciences Poltiques (http://centre-histoire.sciences-po.fr/archives/index.html)

Il a écrit et existé sous d'autres noms que celui sous lequel il a signé des ouvrages fondamentaux que furent "le gouvernement et l'administration de la France" ( 1967), "la France décentralisée" ( 1984), "Les Dom-Tom" (1994)  : le peuso de Serge Adour correspond à l'époque de la guerre d'Algérie et à une grande série de papiers dans Le Monde en  1957 , celui d'Olivier Memling à l'écriture du recueil de poèmes "Sablier " (couronné en 1980 par l'Académie Française et référé  dans l'histoire littéraire du XXeme Siècle de Hachette) et aux chansons qui en sont issues, celui de  Gérard Olivier à son analyse dans de  grands quotidiens de la décentralisation en 1981/82; celui de Solon  (malheureusement partagée par erreur avec d'autres auteurs) à la publication en 1988 de "la démocratie absolue" . Cessant de vivre un peu masqué, il retrouve son nom en 1998 pour "Trois Illusions qui nous gouvernent", puis à compter de 2000 pour "Bulles d'Histoire et autres contes vrais " (série de coups de projecteurs sur notre monde  qui seront souvent repris ci-dessous), ainsi que pour de  nombreux articles dans  diverses revues. En 2009, son récit "la course de printemps" revient sur la guerre d'Algérie.
        L'ART ÉQUESTRE : deux qui ne sont qu' UN SEUL CORPS






Dans le couple équestre 
l'homme se prolonge en chaque fibre du cheval
qu'il épouse
touche le sol des sabots de sa monture
le  guide de son seul regard
devient le mouvement de son encolure
sent tout ce que sent son double équidé
qui, de même, intégre son cavalier

L'impulsion de l'un est l'acte des deux


 




Il est venu à l'inverse, une année passée, aux réalisateurs du spectacle de Saxe
d'imaginer ce qu'aurait été

 

"La leçon d'équitation du  BOURGEOIS GENTILHOMME"

On n'est point gentilhomme si l'on ne porte une épée, mais aussi, si l'on ne sait monter. Molière aurait il oublié de faire donner à Monsieur Jourdain la lecon d'un écuyer après celle des maitres d'armes, du tailleur, des maitres de musique et à danser?

C'est ainsi qu'il suit qu'on pourrait l'imaginer


Entrent MR JOURDAIN, NICOLE, UN MAITRE BOTTIER

MR JOURDAIN: "sortez coquine, j'attends mon écuyer. Ce n'est pas pour une bonne femme comme vous"
NICOLE, en regardant les jambes de Mr Jourdain: "comment Monsieur a encore depensé tout cela pour un maitre bottier"
 -  "sans bottes, vilaine, comment voulez vous monter?"
Mr Jourdain donne sa bourse au bottier
  "Mille grâces, Monsieur, vous m'avez fait chevalier
LE BOTTIER: "Monseigneur....."
MR JOURDAIN: "Ah ! il m'appelle Monseigneur!" ... Il double la bourse
NICOLE (en aparté): "mon maître est de ceux qui prennent l'habit pour le moine"

ENTRE L'ÉCUYER à CHEVAL  :  "morbleu, votre altesse, comme vous êtes bellement accoutrée"  
MR JOURDAIN : " c'est pour mieux servir votre cheval, Monsieur l'Ecuyer"

L'ECUYER DESCEND ET PROPOSELA TENUE DES RENES A MRJOURDAIN qui fait un saut terrorisé en arrière. Il le rattrape et essaye de lui faire poser la main sur le cheval:

 
"Il en est, Monsieur, pour l'art équestre, comme pour tous les autres, encore qu'il les surpasse en tout, car vous n'êtes rien sans un cheval..."
MR JOURDAIN: "Nenni, je suis, Monsieur, et j'ai été, bien vivant, sans chevaux; mais je voudrais être gentilhomme par ces animaux"  
L'ECUYER: "Alors, il vous faut, Monseigneur, comme j'essayais de vous le faire entendre; en cet art comme dans d'autres, bien mineurs en vérité par rapport à celui que je veux vous enseigner, distinguer entre la théorie et la pratique. Nous allons commencer par la théorie et je veux vous faire apprendre comment un cheval est composé"

Suit une petite scène silencieuse au cours de laquelle  les deux personnages tournent autour du cheval, s'accroupissent pour l'examiner par en dessous, regardent de partout la monture dont chaque mouvement effraie MrJOURDAIN.

 L'ECUYER: "venons en à la pratique. ll vous faut maintenant monter"

Scène muette et acrobatique :  MR JOURDAIN essaie,  s'asseoit
à l'envers, puis  réussit enfin, après une ou deux chutes, à  s'aggripper à la crinière.

 L'ECUYER: " Je vais vous dire les allures, céant.                           
Il y en a trois.
Le pas.
Cogner du talon, Monsieur. Allons au pas"

Le cheval avance et MrJourdain s'écrie
" je sais monter. je marche au pas ".
Mais le cheval s 'en va et il ne sait l'arrêter.
L'Ecuyer le rattrape, essaie de faire bien positionner les jambes et les mains de Mr Jourdain.
 
L'ECUYER: " La deuxième allure est le trot, Votre altesse .Il y en deux:   le trot assis et le trot enlevé.
Le galop, la dernière allure sera pour une  autre fois".  

 MR JOURDAIN: " Vous m'embrouillez: vous m'avez dit deux et en voilà   déjà quatre"   
L'ECUYER: "Nous allons en rester au trot assis, Monseigneur; allez y, penchez vous en arrière"
Il fait partir le cheval sur lequel Mr Jourdain, penché en avant, tressaute comme un sac. Le couple sort en farce, l'écuyer criant, "en arrière, Votre altesse, en arrière". Le corps du bourgeois gentillhomme glisse à terre pendant que le cheval s'éclipse.....
(cette scène ne fut jamais intégralement jouée, car sa longueur eut trop rompu le rythme du spectacle)

Molière, pour sa part, fut bien sage de ne pas mettre en scène pareille leçon.
Ce bourgeois ne sera jamais, ni gentilhomme, ni centaure.
C'est un destin pour d'autres corps.











                                                                       
Mercredi 11 juin 2008 3 11 /06 /2008 17:10
- Par Gérard Bélorgey - Publié dans : Chambord
0 Partager    
Retour à l'accueil
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés