L ‘article auquel je renvoie – et que j’ai déjà repris au commencement de ce blog, mais, dans ce genre notamment, pour se faire entendre, ne faut-il se répéter ? - a été
publié au cours de l’été 2005 dans la revue « Passages », en même temps que l’association ADAPES support de cette revue tenait sur les délocalisations un colloque que j’avais préparé (cf. La
revue Politique et Parlementaire N°1035 avril/juin 2005) . La reprise un peu allégée qui est faite ci-dessous tend à établir le caractère très grave d’un phénomène souvent minimisé
.
Deux ans plus tard, l’actualité de ces informations et réflexions reste entière, en méritant toutefois d’être complétée par trois importantes indications.
1- L’un tient à la publication – elle aussi déjà signalée sur ce site - fin novembre 2006 du rapport Assemblée Nationale N° 3467 de Chantal Brunel (« les délocalisations, subir ou réagir »)
montrant bien, combien pour prendre la mesure de la menace, il faut tenir compte des non localisations ( qui représentent au moins six fois les délocalisations). Mais dans sa recherche de
réponses , la députée UMP fait essentiellement proposition de mesures visant à la compétitivité nationale, en considérant qu’on ne peut guère changer le monde.
2- Il faut en second lieu rappeler que la campagne pour l‘élection présidentielle n’avait pas méconnu la question, mais que celle-ci n’a guère été vraiment traitée. Certes le programme du PS
comportait des préconisations pertinentes: «Une meilleure protection de l’Union dans une concurrence commerciale désormais mondiale en établissant des règles sociales et environnementales
applicables aux produits importés – ce qui suppose un débat sur les règles de l’OMC - et en unifiant la représentation de l’Union Européenne dans les institutions financières internationale »… «
Il faut mettre – ajoutait-il - en œuvre des instruments capables de mieux protéger l’industrie européenne et son avenir notamment contre les délocalisations extra-européennes. Cette
exigence appelle un renforcement du tarif extérieur commun ». Enfin, - disait toujours cette plateforme – « nous devons être à l’origine d’un projet fiscal fondé au départ sur la détermination de
règles d’harmonisation entre les pays de la zone euro, qui ouvrira la voie à un impôt européen ». Mais ces thèmes n’ont guère fait de la part de la candidate, l’objet d’une grande valorisation,
tandis que son compétiteur n’a pas manqué de mettre, à nos yeux, plus énergiquement en garde contre les effets du libre -échange incontrôlé. Pour autant, il n’a pas apporté jusqu’alors dans
ce domaine des propositions de « rupture » en matière de stratégie économique internationale.
3 - Depuis lors, la question de la TVA « sociale » semble bien mettre en évidence qu’une disposition transférant sur la consommation des charges qui pèsent aujourd’hui sur nos coûts de production
aurait les effets intéressants de mieux nous protéger des importations des « low cost countries » et d’alléger les coûts de nos exports, tout en devant théoriquement maintenir stables
les prix des produits français sur notre marché intérieur (s’il y avait effectivement répercussion sur les prix H.T. aux consommateurs des allégements qui seraient accordées aux entreprises,
allégements qui pourraient d’ailleurs porter autant sur les cotisations salariales que sur les cotisations patronales, puisque celle-ci font déjà l’objet d’importantes exonérations insuffisamment
sélectives).
Néanmoins, dans la mesure où les ménages, du fait notamment de la grande distribution, s’approvisionnent largement en produits importés et où ils ne se reporteraient pas ou ne pourraient se
reporter sur des produits nationaux , leur pouvoir d’achat s’en trouverait au moins, à due proportion, affecté ( sauf partielle compensation par les ajustements SMIC) . C’est bien pourquoi les
socialistes ont dénoncé avec vigueur un tel projet. Il doit donc être clair que si le texte ci-dessous indique l’intérêt marginal du point de vue des coûts comparatifs d’une telle réforme, le
risque de caractère négatif de son impact social la rend inadmissible si elle ne va de pair avec une politique compensatrice (notamment par l’augmentation des basses rémunérations et retraites)
en matière de pouvoir d’achat. Tel est du moins le point de vue de l’auteur qui considère que les deux rapports Besson et Lagarde montrent bien les variantes et à quelles conditions une telle
réforme pourrait ne pas pénaliser les plus modestes. Mais bien la conduire supposerait d’une part un tout autre contexte de politique économique et sociale que celle d’aujourd’hui, et
d’autre part – étant entendu qu’il faut bien tenir les deux rênes des actions nationales et européo-internationales pour relever le défi des coûts comparatifs - la conduite simultanée d’actions
de régulation du commerce mondial. Or, ce sont ces orientations que ne souhaite certainement pas le très influent négoce importateur qui tire ses meilleurs profits de la mondialisation sauvage et
rejette pour « protectionnisme » tout ce qui veut la discipliner. De la même façon, l’avantage que conférerait la réforme TVA « sociale » aux produits français n’est manifestement pas de
son intérêt. C’est pourquoi il y a de fortes chances pour que cette idée fasse long feu.
l'ARTICLE DE L'ETÉ 2005 est consultable sur CE BLOG ( aller au SUJET "LOCALISATIONS/DÉLOCALISATIONS" )
- et sur mon site mac : http://web.mac.com/gerard.belorgey
où il est suivi d'un large extrait du rapport de H. Védrine sur la France et la mondialisation
Dimanche 16 septembre 2007
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Par Gérard Bélorgey
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Publié dans : libre échange ou juste monde
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