L'objet de ce site est de baliser par quelques souvenirs éloquents l'histoire récente et de faire contribuer ces expériences, par des
commentaires d'actualité, à éclairer et choisir les changements, en s'interrogeant sur les propositions des politiques et les analyses des essaiystes. Donc, à l'origine, deux versants : l'un
rétrospectif, l'autre prospectif.
A côté des problèmes de société (parfois traités de manière si impertinente que la rubrique "hors des clous"a été conçue pour les accueillir),
place a été faite à "l'évasion" avec des incursions dans la peinture, le tourisme, des poèmes, des chansons, ce qui constitue aussi des aperçus sur l'histoire vécue.
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L'auteur
Né en 1933,
appartenant à la génération dont l'enfance a été marquée par la deuxième guerre mondiale, l'occupation et la Résistance, l'adolescence par la Libération, la guerre froide, puis par de
clairvoyants engagements pour les décolonisations, l'auteur a ensuite partagé sa vie professionnelle entre le service public (il a notamment été préfet, délégué à l’emploi, directeur des affaires
économiques de l’outre-mer, président de sa chaîne de radio-télévision, RFO), l'enseignement et la publication d’ouvrages de sciences politiques (il est aujourd’hui membre du comité de rédaction
et collaborateur régulier de la Revue Politique et Parlementaire). Il a également assumé des missions dans de grandes entreprises en restructuration (Boussac, Usinor/Sacilor), puis a été conseil
d’organismes professionnels.
Alors que ses condisciples ont été en particulier Michel Rocard et Jacques Chirac (il a partagé la jeunesse militante du premier dans les années cinquante et fait
entrer le second à Matignon dans les années 60, avant d'être son premier collaborateur à l’Emploi et pour la négociation de Grenelle et au secrétariat d’Etat aux Finances, il n'a suivi ni l'un,
ni l'autre dans leurs itinéraires. En effet, dans le domaine politique, comme il ressort de ses publications (cf. infra), Gérard Bélorgey n’a rallié ni la vulgate de la Veme république sur les
bienfaits de l’alternance entre partis dominants, ni les tenants du catéchisme du libre-échange mondial. Il ne se résigne donc pas à TINA ("there is no alternative" au libéralisme). Tout en
reconnaissant les apports autant que les limites de ceux qui ont été aux affaires et avec lesquels il a travaillé, il ne se résigne pas non plus à trouver satisfaction dans tel ou tel programme
de camp. Mesurant combien notre société multiculturelle, injuste et caricaturalement mondialisée, souffre aussi bien des impasses de l’angélisme que des progrès de l’inégalité et des dangers de
l’autoritarisme, il voudrait contribuer à un réalisme sans démagogie.
Partie de ses archives est déposée dans les Fonds d'Histoire contemporaine de la Fondation des Sciences Poltiques (cf. liens).
Il a publié sous d'autres noms que celui sous lequel il a signé des ouvrages fondamentaux que furent "le gouvernement et l'administration de la France"
(1967), "la France décentralisée" ( 1984), "Les Dom-Tom" (1994) : le pseudo de Serge Adour correspond à l'époque de la guerre d'Algérie et à une grande série
de papiers dans Le Monde en 1957 , celui d'Olivier Memling au recueil de poèmes et chansons "Sablier " (couronné en 1980 par l'Académie Française et référé, dans
l'histoire littéraire du XXeme Siècle de Hachette) celui de Gérard Olivier à son analyse dans de grands quotidiens de la décentralisation en 1981/82; celui
de Solon (malheureusement partagée par erreur avec d'autres auteurs) à la publication en 1988 de "la démocratie absolue" . Cessant de vivre un peu masqué, il retrouve
son nom en 1998 pour "Trois Illusions qui nous gouvernent", puis en 2000 pour "Bulles d'Histoire et autres contes vrais " (série de coups de projecteurs sur quelques apects du
dernier demi siècle qui seront souvent repris ci-dessous), ainsi que pour de nombreux articles dans diverses revues. EN 2009, il est revenu sur la guerre
d'Algérie avec le roman ( Ed. Baurepaire) "La course de printemps". Il prépare "L'évolution des rapports Gouvernés /Gouvernants sous la Veme République :entre absolutismes et
renouvellements?"
- d'une part s'est bien prononcé pour le maintien de la souveraineté budgétaire française
- d'autre part a bien indiqué que ce n'est pas au couple déséquilibré franco allemand de tout chercher à régler
- enfin qu'il fallait - et il s'y efforcerait - que la France fasse mieux le poids dans ce dialogue
Or nous avons déjà perdu
- la souveraineté commerciale , puisque les échanges commerciaux extérieurs de l'UE - aux choix et règles desquels nous sommes intégralement soumis -
sont gérés par un commissaire européen qui fait marcher, sans besoin des accords des États , le libre échange à tout va;
- la souveraineté monétaire, par la BCE indépendante se refusant à une politique de liquidés en faveur des États.
Ces transferts sont inadmissibles, car il n'y a pas de contrôle démocratique européen des pouvoirs transférés. C'est évident dans les deux cas précédents : c'est la Commission qui est
compétente pour les échanges commerciaux extérieurs; et la BCE ne réfère à aucune autorité politique.
Pour un contrôle budgétaire souverain européen, l'autorité politique ne pourrait être le Conseil des Ministres de l'Union : sa
légitimité est très indirecte, en ce qu'elle émane de 27 constitutions ayant créé des habilitations de pouvoirs pour leurs gouvernements respectifs et,
surtout, que la responsabilité de ce Conseil des ministres ne peut pas, en fait, être mise en cause.
Il faudrait effectivement un pouvoir délibératif fédéral que le Parlement européen aujourd'hui ne peut pas assurer. La méthode Monnet de donner des
compétences à l'Europe sans en construire une légitimité démocratique - la charrue avant les boeufs pour ouvrir des sillons obligatoires - trouve enfin ses limites.
Le chantier européen à réouvrir est peut-être celui d'une construction fédérale , mais inimaginable aujourd'hui dans l'étendue et la diversité de l'espace de
l'Union. En attendant qu'une autre Union européenne devienne possible,
- il faut maintenir aux États ce qu'ils ont encore de compétences et qu'ils parviennent à coopérer;
- il faut obtenir que les délégations de compétences législatives soient mieux évaluées : lorsque le Gouvernement demande de faire rentrer dans le droit français
par Ordonnances un paquet de directives, ce n'est pas sérieux; car le Parlement est dessaisi du pouvoir d'apprécier ces directives;
- il faut que les organes indépendants soient mis au service des intérêts diversifiés existant dans l'Union :
- que la Commission soit soumise à des encadrements et à des approbations formelles avant de négocier des accords
commerciaux qui devraient être explicitement approuvés avant entrée en vigueur par le Parlement;
- que la BCE soit pilotée par une "gouvernance" politique, puisque l'on fait tant de cas de la "gouvernance"...et que le
problème majeur qui vient est - semble-t-il - celui d'une crise de liquidités au regard tant des besoins de l'économie que de ceux des états.
Notons enfin - comme nous avons noté que F. Hollande était sur des positions raisonnables pour les affaires budgétaires - que N. Sarkozy , dans le cadre existant,
fait, à nos yeux, face à la Chancelière très entêtée, tout son possible, pour obtenir un rôle monétaire assoupli de la BCE ; l'idée que celle-ci soit nourrie de concours du FMI pour pouvoir
ouvrir des crédits est une voie d'approche, insuffisamment franche car trop indirecte, mais intéressante, vers la faculté de la BCE, en tant que de besoin, d'émettre des
euros ( dans le cas d'espèce, qui proviendraient en quelque sorte .. du FMI) de la même façon que peut le faire dans sa devise, toute banque centrale digne de ce nom
et de cette fonction.
Les hommes politiques français en compétition prendraient-ils en même temps et sur différents fronts enfin conscience qu'il faut faire fonctionner autrement
l'Europe et restaurer la Nation?
Il faut espérer que chacun progresse en ce sens puisque aujourd'hui, selon un sondage tout frais, plus de la moitié des Français ne seraient pas satisfaits du
duel avec ces duellistes. Il faut donc , soit qu'une autre offre politique prospère, soit que l'un des deux intéressés réponde de mieux en mieux aux aspirations de nos
concitoyens.
Et, à nos yeux, la différence ne se fera pas sur la sécurité ou sur l'immigration (les épouvantails correspondants ont fait leur plein et les bénéfices ne s'en
disputent plus qu'au prix de surenchères entre l'extrême droite et une partie dela droite aux affaires ) , mais
sur la manière dont une gestion française saura expliquer, démythifier et gérer une crise qui est instrumentalisée au niveau européen
pour faire du constat de l'endettement le moyen d'une régression sociale, aux fins de pouvoir continuer dans le libre échange mondial. En effetles bénéfices de celui-cinourrissent le capitalisme du négoce et de la distribution - combattant donc toute
réglementation du commerce international - etles intérêts de la dette versés aux prêteursnourrissent le capitalisme financier. Celui-ci vit donc largement et bien de la dette même qu'il critique parce qu'il redoute tout risque de
défaut de paiement comme l'érosion des intérêts qui proviendrait d'une action monétaire entraînant un glissement des
prix . (Nous relaierons bientôt sur partie de ces points une excellente étude sur la dette publique qui vient d'être publiée par Attac).
Bien entendu, ce n'est pas exactement dans ces termes que tout un chacun perçoit les enjeux. Mais le sentiment est
diffus et fort qu'il se joue quelque chose de considérable résultant de la volonté des tenants du raz de marée libéral- qui a déferlé depuis presque
un quart de siècle -de poursuivre celui-ci à tout prix malgré ses effets de désordres des marchés, de dépression des activités et de l'emploi; chacun
sait de même que les vilaines petites mesures antisociales qui sont tentées ou prises ces temps-ci ne sont que des prémisses de très
dures perspectives d'austérité, au premier chef de réductions des garanties santé, des rémunérations et des services publics (police, éducation,etc.) s'il n'y a d'autre stratégie
imaginée que celle des gouvernants en place .
Aussi devant l'accumulation des risques, ceque l'on veut aujourd'hui, c'est "plus d'État", et pour réguler les
marchés et pour donner du souffle aux économies et pour donner des sécurités à chacun . Mais nos concitoyens ne sauraient imaginer - car le seul État protecteur qu'ils
connaissent c'est l'État Nation - que ce "plus d'État" soit exercé, soit inspiré même, par un échelon supra national qui leur semble bien pouvoir être le porteur des intérêts et du
grand négoce et du capitalisme financier. Ils attendent donc des porteurs d'offre politique qu'ils leur disent comment ils vont pouvoir faire avec ce pouvoir supra national et comment
ils vont pouvoir conserver à l'État national un rôle effectif face aux menaces du temps dont ils sentent bien aussi que les véritables explications leur échappent .
Et c'est pourquoi la première tâche des prétendants au pouvoir c'est d'expliquer comment on en est arrivé là, en faisant la part de ce qui tient à nos excès et à nos erreurs , mais aussi la
part de ce qui tient au système économique et financier mondial et en dessinnant des voies permettant sinon de tout le réformer, du moins d'en cantonner les plus grandes perversités, en se
donnant pour but réel de pouvoir un jour mieux les maîtriser.
J'ai suivi l'itinéraire souvent courageux, toujours réfléchi, souvent sachant se remettre en cause, de Jacques Julliard avec lequel, du temps de la lutte pour
les décolonisations, j'ai d'ailleurs partagé quelques combats .
C'est dire combien j'ai été surpris de lire dans son éditorial du numéro du19 au 25/11 de l'hebdomadaire les lignes suivantes, sous sa signature :
" Ce déclin industriel ( de la France) n'est pas une fatalité. La comparaison avec l'Allemagne réduit à néant la plus paresseuse des excuses nationales :la
mondialisation et les délocalisations. La vérité est que nous n'avons pas voulu nous adapter et que nous avons fait volontairement, mais stupidement, le choix quasi exclusif du tertiaire
contre le secondaire" .
Ces lignes m'ont semblé spécialement mal venues et j'ai adressé à "Marianne" ce trop long ci-dessous courrier pour J.J. et le "journal des
lecteurs" que "Marianne" naturellement n'a pas publié. Je suis donc appelé à le reprendre ci-dessous en lettrre ouverte à Jacques Julliard. Je me crois d'autant plus fondé à
m'obstiner que , malheureusement, dans le numéro de cette semaine, JJ continue, dans sa contribution , à donner le sentiment qu'une gestion socialiste pourrait faire de bonnes réformes internes
(au premier chef, une juste fiscalité) sans changer de stratégie internationale, alors qu'à l'évidence l'ouverture à la compétition commerciale par les prix, l'obligation de compétitivité, la
possibilité pour les mieux pourvus d'aller chercher hors frontière des rendements très élevés de placements plutôt que d'investir chez nous, les concurrences des moins disants
fiscaux dans le même espace économique européen etc, mettraient immédiatment en cause beaucoup des effets positifs d'une bonne réforme de la fiscalité. C'est qu'en fait nombreux sont
les esprits nourris comme lui de bonnes intentions et de peu de réalisme qui n'ont pas perçu que l'inégalité étant le carburant nécessaire au fonctionnement de l'économie internationale de
marché...il fallait donc se protéger un peu contre cette économie internationale de compétition par les prix, pour pouvoir mettre en oeuvre, avec une petite chance de résultats, des outifs
de diminution de l'inégalité...
Voici donc ma lettre
Vous faites, je le redoute, malheureusement parti, Jacques Julliard, de ces grands
chroniqueurs qui sont aujourd’hui, plus capables d’entourer d’incantations pour l’avenir ce qui vous paraît (un peu vite) les derniers moments d’un pouvoir en faillite, que d’orienter
une éventuelle relève par des conseils bien dosés, tant pour faire campagne que pour gouverner. C'est que la qualité de votre plume me paraît excéder celle de votre jugement. Il faut vous
le dire parce que vous avez écrit des choses inadmissibles dans le dernier numéro de cet hebdomadaire sur lequel depuis quelque temps plane votre talent d’illusionniste sur les
compétences d’une gauche européiste qui n’a pas fait ses révolutions nécessaires.
Au contraire de ce que vous écrivez, le déclin industriel a bien été une fatalité contre
laquelle nous nous sommes battus, mais qui a été la conséquence inéluctable du ciseau créé par la combinaison de l'euro fort et de l'ouverture inconsidérée des
frontières commerciales; et celui qui vous le dit est un homme qui a contribué, dans des fonctions d’entreprises, à gérer la peau de chagrin du textile, les restructurations
éternelles de la sidérurgie, etc. et qui a connu, dans des fonctions administratives, l’angoisse de bien des impuissances : les effets catastrophiques non même pas des
délocalisations, mais, dix fois plus importantes, des localisations d’emblée ailleurs dans le monde de ce que nous ne pouvons plus produire de manière compétitive face à des concurrences
mondiales aujourd’hui capables de proposer tous les produits à des prix imbattables.
Quant à votre germanolâtrie à la mode, elle n’a aucun sens : si l’Allemagne, surtout de
l’Ouest (et quelques régions européennes qui lui ressemblent) a pu valoriser les exportations de ses industries de haute qualité, c’est au bénéfice d’un euro trop cher pour
presque tous les autres pays de la zone, mais lui donnant un très sérieux avantage de change vis-à-vis des tiers, car bonifiant ses prix d’importation et se cumulant avec celui d’acheter
des composants dans des pays à très bas salaires et prix de revient, ainsi – ne le cachons pas – qu’au moyen simultané d’une politique sociale sévère sur l’injustice de laquelle presque
tout le monde se tait. Voilà comment et pourquoi notre voisin est quasiment le seul à avoir tiré avantage commercial d’une euro zone qui fut assez inepte pour avoir imposé une monnaie unique à
des économies hétérogènes qu’elle a encore fait plus diverger et au sein de laquelle aucune solidarité ne peut entrer en œuvre sans l’accord de la Chancelière et du Bund… à se
demander si le mieux ne serait pas que ce soit l’Allemagne qui sorte du système pour vivre sa vie de monnaie forte dont les dirigeants hésitent à payer le prix d’être le très profitable
centre de gravité .
Alors, si nous, nous avons été obligés, à bien des reprises, d’aller sur le terrain
annoncer des licenciements ( je vous souhaite l’expérience) à ces « paresseux » de salariés, de sous-traitants, de cadres et d’élus locaux qui cherchent pour excuses
la mondialisation, et si, la plupart du temps, nous n’avons pu laisser espérer à leurs enfants que des reconversions aléatoires dans le tertiaire (dont la distribution qui est devenue un
rare secteur où gagner sa vie…) , c’est parce qu’il n’y avait guère autre chose à trouver de non délocalisable, après que les gestions libérale et socialiste, bénies par tout
l’estasblishment des économistes et objectivement complices par aveuglement partagé, aient contribué par leurs abandons de souverainetés et par leurs insuffisances stratégiques à laisser se
délabrer la capacité nationale. Que vous n’aimiez pas ceux qui vous mettent du poil à gratter en appelant, à la « démondialisation », je veux bien le comprendre, parce que
le terme est trop démagogique, alors qu’il faut accepter ce phénomène, mais bien le discipliner pour en particulier éviter de devenir le protectorat de la grande créancière, la
Chine des droits de l’homme.
D’abord en réformant ce traité de Lisbonne dont votre poulain a soutenu la version
constitutionnelle rejetée par le peuple et voté, avec les sarkozystes et autres, la version parlementaire sans en mesurer les perversités. Mais, pour avoir une chance
absolue d’être bien placé au second tour (et même tout simplement d’y être), alors qu’il n’engrange aujourd’hui que le rejet d’un pouvoir en place n’ayant pas dit ses derniers mots,
il faut – Paris vaut bien une demi messe - qu’il mange au moins la moitié de son chapeau. Ce qu’on attend - et ce qu’on espère même de lui, pour ne pas lui apporter nos voix par résignation - car
il se fait plus, hélas, remarquer par un profil de « sachant tout » vexé d’être contesté, que par la clarté de ses préconisations - c’est qu’il annonce aux Français qui l’attendent au
tournant son intention de tout faire pour obtenir – et c’est possible en suivant un exemple gaullien - la révision de ce traité de Lisbonne :
1) -pour revenir sur l’ouverture de principe des frontières commerciales ( et aller à des
régimes de protections et réciprocités parfaitement négociables ) ; 2)- pour obtenir que la BCE puisse faire une plus souple politique monétaire comportant, en pouvant prêter aux
États, des possibilités de monétarisation partielle de la dette (comme peut le faire la Réserve Fédérale Américaine ) ; 3)- pour construire enfin - parallèlement aux révisions
budgétaires nationales devant extirper abus, niches et injustices - un budget complémentaire européen fondé sur une fiscalité équitable et partagée permettant le financement de
leviers de développement .
Peut-être qu’en prenant en compte ces transformations conceptuelles, l’Union et l’euro,
pourront servir à quelque chose…tandis qu’il est probable, à défaut, que les nations fassent légitimement exploser l’ambition disciplinaire souverainiste européenne. C’est aussi le moyen
qu’une nouvelle gestion socialiste n’aille pas à l’échec par conservatisme européen. Il lui appartient, au contraire, de réunir les conditions d’une sanctuarisation des protections françaises
sociales essentielles qui devraient inclure des compensations de pouvoir d’achat aux consommateurs modestes que pourraient le plus pénaliser des droits sur des produits importés et des risques
d’inflation.
Tout le reste, Cher Auteur, est plutôt littérature qui n’est plus la compagne de la
politique ; celle-ci a renié le romantisme… même celui de Mitterrand pour épouser le contrôle de gestion…et j’espère faire l’objet d’un vrai contrôle
populaire.
Sans qu'il soit fait appel à une quelconque décision politique solennelle, même pas à un vote du parlement, en aucun cas au référendum qui
s'imposerait, le gouvernement de la France est en train de consentir le coeur de la conquête démocratique, le moyen même d'une souveraineté internationale, le droit des citoyens au choix d'une
politique économique, oui, de consentir à là ruine de ces piliers essentiels de la République française , un abandon assumé sans honte pour obéir aux injonctions d'un gouvernement
allemand n'ayant aucune légitimité pour faire valoir de telles exigences aboutissant à remettre, de manière furtive, le pouvoir de la Nation à des technocrates porteurs d'une idéologie
dominante, mais qui ne sont responsables devant personne. .
Qu'il faille des disciplines budgétaires est évident, comme il est évident que c'est à une France en charge d'elle-même ( puisqu'elle élit son
pouvoir politique) de définir les siennes, en même temps que ses recettes, les deux étant indissociables et ne pouvant relever d'un arbitrage externe . Avons-nous si peu de confiance
en nous-mêmes, ou voulons nous fuir le devoir de faire des économies et celui de concevoir une bonne fiscalité, pour qu'il faille confierà des
anonymesle soin de veiller à des équilibres globaux qui n'ont aucun sens si l'on ne choisit pas en même temps les dépenses prioritaires et les recettes équitables et
possibles ? On ne peut pas dissocier l'aspect macro-économique d'un budget qui appartiendrait à on ne sait quel pouvoir européen et les contenus en dépenses et ressources de chaque loi de
finances qui composeraient la sauce nationale - libérale ou socialiste - du plat unique de l'austérité . Avons-nous aussi peu de respect de notre liberté qu'il faille en sacrifier le
principe pour satisfaire l'ingérence étrangère ?
Car c'est bien la question de principe cruciale, elle-même qui est posée. Au nom de quelle fuite en avant - parce que nous avons été d'échec
international à réguler la planète financière en échec européen à rétablir confiance et croissance - devrions- nous renoncer à nos propres compétences, comme si l'abdication
était la condition de la survie ?
Or, hormis hélas aux extrêmes, je ne vois aucune déclaration d'hommes politiques éminents, et notamment pas d'un candidat ou un autre à la
présidence de la république, qui exprime son indignation , et même seulement son inquiétude à l'égard du coup d'état qui est en train de s'accomplir.
Je ne lis aucun article à la une, aucun éditorial, aucun dossier spécial de tel ou tel hebdomadaire autrefois plus combatif , mais devenu
bien conformiste, même aucun papier dans une revue hétérodoxe , aucune prise de position des médias, ni même des intellectuels, qui sonne l'alerte pour annoncer qu'on est
en train de laisser en douce assassiner la Nation .
Ce silence assourdissant recouvre bien sûr aussi l'absence de toute réflexion de proposition stratégique pour remplacer la dépendance européenne
actuelle:
- Qui pourrait nous parler sérieusement d'une réforme de la banque centrale européenne dont on cherche en vain dans les interviews de tel ou tel
( et même de J. Attali) des bases sérieuses ?
- Qui voudrait nous proposer une politique protectionniste intelligente, c'est à dire sur laquelle - cessant de faire de la démagogie dans
un sens anti impôt indirect, ou dans un sens anti cotisations sociales - convergeraient des hommes qui pourraient s'entendre pour une TVA renforcée mais sans incidence globale
sur les prix à la consommation des produits nationaux, comme première marche nationale de soutien de nos productions dans l'attente de voir bientôt reconstruitedans l'esprit d'autrefoisune véritable nouvelle efficace préférence communautaire
?
-Qui pourrait nous inviter à savoir comment trouver le moyen de mobiliser nos ressources d'épargne intérieure pour ne pas dépendre complètement des
marchés apatrides ?
- Qui saurait tirer les conséquences des facteurs qui vont handicaper l'économie allemande elle-même? Celle d'un Bund qui, prétendant vouloir
continuer à emprunter à un taux ridiculement bas, n'est pas parvenu à couvrir son dernier appel à l'emprunt et a du, en contravention flagrante avec l'article 123 du traité de Lisbonne
interdisant au système bancaire européen de faire des prêts aux états, faire couvrir près de la moitié de son émission par un achat de titres de l'état allemand par la Bundesbank, si bien
,au moment même où la chancelière refuse les rachats massifs d'obligations d'état comme les euro obligations , que le système s'est permis une illustration limite de ce que pourrait être , avec
d'ailleurs bien plus de prudence, d'adéquation et de solidarité ,un fonctionnement bancaire européen réformé ;
- Qui saurait dire en clair qu'on ne peut obéir à une Allemagne n'ayant aucun titre à imposer ses propres règles nées de ses propres
charges et de ses propres paris , qui est encore ( parce qu'elle a dû payer le coût de sa réunification) plus endettée que la France, qui a largement misé sur l'export, mais qui voit
celle-ci fléchir parce que partout diminue la demande compromise par la politique de déflation que l'Allemagne actuelle elle-même veut imposer et qui la conduit à son
propre affaiblissement ?
- Qui saurait proposer aujourd'hui la construction d'une autre équation que celle qui a fait , depuis J. Delors, marcher du même pas l'ouverture
commerciale internationale, la construction européenne élargie et impuissante et les récessions successives et - sans que personne ne crie désormais au scandale, des résultats
européens - à un chômage qui continue à augmenter au rythme des réunions Merkel Sarkozy.
Il faut sonner l'alerte et faire cesser - sous la puissance de ces appels d'alerte devant porter sur l'essentiel - les débats ridicules
( dont les contenus surréalistes sur l'avenir du nucléaire ou de l'onu) nourrissant aujourd'hui les colonnes de l'information politique, pour focaliser enfin l'attention
des Français sur le rapt de souveraineté dont ils sont les victimes.
Oseront-ils faire le coup d'état de la monnaie? Devant le désordre fantastique de la zone euro - désordre
moins imputable aux endettements des États qu'aux effets totalement néfastes résultant, pour la plupart des pays et régions, de la combinaison d'une monnaie trop forte et du
libre-échange, ce qui a ruiné la capacité de croissance, les comptes extérieurs et publics - devant la dégradation des conditions d'emprunt des pays de la zone où l'éventail des taux
d'intérêt demandés aux différents États est gigantesque , devant "la foire aux actifs" qu'engendrent bien des banques, pour retrouver de la marge de manoeuvres - coincées qu'elles
sont entre de mauvais engagements et des réglementations qui se révèlent excessives et inadaptées - en se délestant de nombreuses valeurs et, au premier chef, de ces titres d'État
qu'elles chérissaient auparavant; alors qu'on ne sait plus qui va pouvoir faire du crédit à ces États et aux économies réelles, nous nous voyons renvoyés à bien pire que la situation qui
prévalait avant la création de l'euro lorsque chaque pays avait sa propre monnaie nationale; et cette crise est manifestement imputable au concept même de l'euro et à
l'incapacité de ceux qui le gère ( d'ailleurs est-il géré ?) à proposer autre chose pour salut que la dépossession des nations et des peuples.
Les propositions d'aujourd'hui de la commission européenne directement inspirées par les dirigeants allemands sont
de faire viser les lois de finances des états membres par la Commission avant leur vote par les parlements nationaux.
Nous en sommes au paroxysme de l'agression, avec le soutien de la France, du souverainisme germano-européen contre les autres pays.
Et comme il faudrait bien valider cette dépossession du pouvoir démocratique capital de voter les budgets, on annonce
qu'on va réviser le traité de Lisbonne dans ce sens...sans que les gouvernements et les technocrates complices ne s'accordent, même avant cette révision, pour passer les budgets sous le
visa d'une commission à laquelle on ne peut reconnaître aucune légitimité pour faire la loi , dire le droit. .Faudrait-il faire juger des budgets pour incompatibilité européenne par
la Cour de Justice ? Beau débat qui montre l'absurdité à laquelle nous sommes arrivés
Oui il faut réformer le mauvais traité de Lisbonne, mais autrement : -pour autant qu'il y ait besoin d'une coordination et d'une discipline budgétaire ce ne doit pas être sous le contrôle de
la commission, mais sous celui en dernière instance du Parlement européen et par des députés vraiment convenablement élus par le peuple d'Europe... s'il existe
-Mais les urgences sont ailleurs : 1-réformer la banque centrale européenne en lui permettant de prêter directement aux États, en lui
donnant la mission de veiller au développement durable et à l'emploi tout autant qu'à la stabilité des prixet à la cotation de la devise dont la
surévaluation nous fait tant de tort; 2 -au-delà de l'article 123 qui concerne la BCE, réviser les articles 124 à 126 qui interdisent en fait la solidarité
européenne en excluant des transferts financiers d'État à État : tout au contraire permettre la construction d'un budget européen d'investissementsqui serait financé d'abord
par des ressources fiscales communes établissant une péréquation équitable sur l'ensemble du territoire, ensuite par des taxes aux frontières européennes et, au premier chef, par
une taxe carbone 3 ) - dénoncer donc le principe d'ouverture commerciale, le libre-échange pour y substituer le
principe selon lequel les déséquilibres structurels des commerces extérieurs doivent être écartés, soit par des mesures commerciales, soit par des mesures monétaires, autoriser donc
en tant que de besoin les protections par tarifs et contingents et donner pour objectif de chercher à passer avec d'autres puissances des accord interrégionaux respectant la réciprocité des intérêts.
La seule manière dont sauver l'Europe, s'il est encore temps, c'est de lui donner des dimensions et des pouvoirs ne
devant ne pas en faire un père fouettard mais une mère veillant à la croissance dans le développement durable et par ces voies , essayer qu'elle n'explose pas; sinon
elle ne le fera très bientôt sous la colère des peuples.
Le débat sur le contenu d'une révision du traité de Lisbonne doit être au centre des campagnes présidentielles françaises. C'est sur ce
point que les Français devront juger de la valeur des candidats et si les deux finalistes sont trop ressemblants, on comprendrait que beaucoup n'aillent pas
voter.
Redoutons aussi qu'on nous vole ce débat et que des arrangements interviennent en catastrophe avant l'élection présidentielle et qui arrangeraient tout le
monde pour permettre la discioline budgétaire par la commission sans autre formalités et sans autres changements.
Déclaration de Jean-Pierre Chevènement, 5 novembre 2011.
Une monnaie moins chère ; une Europe de la croissance plutôt que de la stagnation ; préserver notre souveraineté budgétaire et fiscale, sauvegarder notre indépendance en matière énergétique, de
défense et de politique extérieure ; redresser l’Europe : construire une Europe européenne qui soit un pôle dans le monde multipolaire de demain.
1. Tout au long de cette année, j’ai beaucoup réfléchi et écouté. J’ai décidé d’être candidat à la présidence de la République en 2012, comme je l’avais
annoncé, « pour faire bouger les lignes ». Pour mettre la gauche et la France à la hauteur des défis qui sont devant elles.
2. Nous sommes en effet à la veille de très fortes secousses. Avec la crise de l’euro, l’Europe se trouve dans l’œil du cyclone.
3. Ceux qui nous dirigent ou qui aspirent à le faire, pas plus que nos gouvernants de 1940, ne se sont préparés à y faire face. Or, dans cette période de tempêtes, il faudra
maintenir le cap des intérêts de la France et de la République, qu’ils ont souvent perdu de vue depuis longtemps (cf.8). C’est pourquoi je suis candidat, pour aider à trouver un chemin.
4. La crise de la monnaie unique a, en effet, sa cause dans la monnaie unique elle-même, que nos dirigeants ont soutenue tous ensemble, à Maastricht, il y a vingt ans.
L’erreur du traité que j’ai combattu a consisté à vouloir transférer à un aréopage de banquiers irresponsables la souveraineté monétaire de dix-sept pays très différents par leurs structures
économiques, leurs langues, leurs cultures et leurs options politiques. Or, au lieu de converger, leurs économies ont divergé. L’écart s’est creusé entre l’Allemagne industrielle et
excédentaire au Nord et les pays du Sud de l’Europe déficitaires et en voie de désindustrialisation rapide. La monnaie unique était censée unir. Elle divise. Les politiques de rigueur
conjuguées conduisent à une récession généralisée.
5. Le sommet de Bruxelles n’a rien réglé. Il n’a posé que des rustines. Les ressources disponibles du Fonds européen de solidarité financière sont insuffisantes : 250
milliards face aux 3 400 milliards de dettes des cinq pays « sous tension ». Cette insuffisance ouvre la voie à l’ingérence extérieure. Après la Grèce, qui renâcle devant sa mise en tutelle,
c’est le tour de l’Italie d’être attaquée et mise sous le contrôle du FMI. La rigueur s’impose par diktat. Au sommet du G20, à Cannes, la crise de l’euro a occulté le reste : la réforme du
système monétaire international n’a pas progressé.
6. Il y a pourtant des solutions pour réconcilier l’Europe avec le progrès et avec la démocratie, essentiellement deux :
a) Pour sauver la monnaie unique, adosser le Fonds européen de solidarité financière aux ressources de la Banque Centrale européenne, comme l’avait proposé initialement le gouvernement
français, afin de casser la spéculation. Donner à la Banque Centrale européenne les mêmes prérogatives que la Banque Centrale américaine qui détient 2000 milliards de bons du Trésor américain
et soutient la croissance aux Etats-Unis.
b) A défaut d’un accord du gouvernement allemand sur cette première solution, le compte à rebours de la dissociation de la zone euro est enclenché. Mais il est encore possible de limiter les
dégâts :
- il faudrait organiser de manière négociée la mutation de la monnaie unique en monnaie commune, projet raisonnable, soutenu il y a une vingtaine d’années par M. Bérégovoy et par M. Balladur
;
- il faudrait pour cela négocier un système de parités stables et ajustables pour corriger les écarts de compétitivité entre les différents pays tout en préservant l’euro comme « toit européen
commun ». Cet euro pourrait être utilisé dans les échanges extérieurs, les monnaies nationales étant réservées aux transactions internes. Il n’est pas déshonorant de rectifier une erreur et de
revenir à un système monétaire moins rigide et plus souple.
7. Malheureusement les dirigeants de l’Europe ne sont pas capables de faire des choix viables et cohérents, soit pour sauver la monnaie unique en réformant son architecture, ce
que j’ai toujours proposé, soit pour revenir à une monnaie commune, plus robuste. Ils manquent du plus élémentaire réalisme pour sortir de l’impasse à moindres frais.
8. Face aux secousses inévitables, il faut garder le cap des intérêts supérieurs de la France et de la République. Ceux qui nous dirigent ou aspirent à le faire, l’ont le plus
souvent perdu de vue. Or, il n’est pas de cap pour qui ne connaît pas le port.
Quels sont ces intérêts majeurs que dans les années à venir il faudra conserver à l’esprit ? J’en vois quatre :
a) D’abord une monnaie moins chère que l’euro actuel surévalué de 25 %. Une monnaie moins chère pour permettre la réindustrialisation. Notre base industrielle a rétréci
de moitié depuis trente ans. Or, sans base productive solide, pas de protection sociale efficace ! Voilà trente ans que je le répète : une industrie moderne c’est la condition de tout le reste
: exportations, recherche, emploi, y compris dans les services, avenir de la jeunesse.
b) Deuxièmement, il faut organiser une Europe de la croissance, avec politique monétaire active, une monnaie non surévaluée, un commerce ouvert aux concurrences loyales,
un plan d’investissements dans les secteurs d’avenir (transition énergétique, transports et villes durables, etc.). Il n’est pas normal que l’Europe soit le seul continent voué à la stagnation
économique.
c) Troisièmement il faut préserver, avec la démocratie et les droits du Parlement, notre souveraineté budgétaire et fiscale, sauvegarder notre indépendance en matière
énergétique, de défense et de politique extérieure. Pas question de brader l’atout nucléaire de la France. Nos centrales nous donnent une électricité 40 % moins chère que celle qu’il
faudrait produire en substitut. Pas question de laisser partir en fumée des centaines de milliards investis depuis un demi-siècle ! Pas question de sacrifier sur l’autel de la règle d’airain
budgétaire, la dissuasion nucléaire qui garantit notre sécurité à long terme. Pas question de sacrifier non plus notre siège de membre permanent du Conseil de Sécurité de l’O NU ou notre réseau
diplomatique, le deuxième du monde.
d) Il faut enfin redresser l’Europe : construire une Europe européenne qui soit un pôle dans le monde multipolaire de demain. Une Europe non pas fédérale – ce n’est pas
mûr – mais confédérale, appuyée sur ses nations et sur la démocratie qui vit en chacune d’elle, une Europe à géométrie variable, avec une monnaie non pas unique mais commune. Pour construire
cette « Europe européenne » une France forte est nécessaire.
9. Ces quatre grands repères ne sont guère présents à l’esprit de ceux qui nous dirigent ou aspirent à nous diriger.
a) Selon Nicolas Sarkozy, « si l’euro explose, l’Europe disparaît ». Cela n’a pas de sens. La Grande-Bretagne n’est pas dans l’euro mais elle est dans l’Europe. Celle-ci existait avant l’euro.
Elle existera après. Nicolas Sarkozy nous dit qu’il faut coller à l’Allemagne. Il faut certes dialoguer avec elle mais en s’appuyant sur nos propres atouts. Nos modèles sont différents et nos
intérêts peuvent l’être temporairement. Trouvons avec l’Allemagne les compromis nécessaires. Nicolas Sarkozy nous fixe l’horizon du « triple A ». Ce n’est pas un projet républicain dans lequel
le peuple puisse se reconnaître. C’est transférer la souveraineté populaire aux agences de notation ! Au total, Nicolas Sarkozy ne nous offre à travers la règle d’or – en fait d’airain – que
l’horizon d’une austérité à perpétuité.
b) François Hollande refuse, lui, d’inscrire la règle d’or dans la Constitution mais il l’appliquerait, en réduisant dès 2013 le déficit budgétaire à 3 % du PIB. Je ne discerne pas la logique
alternative qu’il propose. Il évoque les eurobonds mais l’Allemagne n’est pas prête à mutualiser sa dette avec celle des autres. Tout au plus accepterait-elle peut-être un emprunt européen pour
financer quelques travaux d’infrastructures …
c) Les invocations au fédéralisme qui se font entendre à gauche et à droite dissimulent le fait que ce fédéralisme ne peut être que coercitif et déboucher sur un espace disciplinaire.
Les Français ont besoin de repères clairs, sur l’Ecole, la sécurité, l’intégration, mais d’abord sur l’Europe car c’est par là que la maison brûle. Il faut donc une vision et d’abord pour
remettre l’Europe sur ses pieds.
La France, depuis trop longtemps, minée par le doute, doit retrouver confiance en elle-même : les secousses sont inévitables et l’effort le sera aussi. Mais cet effort doit avoir un sens, et la
justice être au rendez-vous.
Il faut enfin parler le langage de la vérité, y compris sur les moyens que nous prendrons. C’est le seul moyen d’éviter les déceptions après 2012. Nous ferons ainsi barrage à l’extrême
droite.
Il faut remettre d’aplomb la République et refaire des citoyens. C’est pour cela que j’ai choisi de faire entendre ma voix
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