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hors des clous

On jette, on change, on se met à la mode. La société Kleenex gouverne les achats personnels et domestiques et  beaucoup des rapports de couples . Nombreux sont ceux qui changent de partenaires comme de chemises, ce qui est pire que les polyandrie et polygamie, par lesquelles , au moins,  on est fidèle et solidaire au pluriel, sans que des familles bien recomposées en série laissent sur le bord de la route le ou la partenaire qui a confondu la belle liberté de jeunesse ou de maturité avec la triste solitude des vieillesses ...

Voilà tout ce qui
fait marcher la machine et les sites de rencontres  ( on attend les occasions de reprises de conjoint ou compagnon sur E bay).   Tout est provisoire et versatile; les livres ont leur chance une saison comme les amours un été et ceux qui survivent sont des héros, célébrés comme des anormaux, parce que l' anormal - ce qui fait vendre - a toujours la vedette.

Des milliards de photos se font par des particuliers et, hélas, par des professionnels qui n'en retiennent que quelques unes. La photo est une orgie électronique loin de ce qu'elle se voulait lorsqu'elle acquit son rôle historique ,   un produit témoin d'éternité . Désormais, les matériels, les techniques sont renouvelables et dépassés tous les jours, tandis que ce que l'on photographie n'est plus sélectionné, mais tout est saisi en multiple et n'importe quoi en multiple aussi, gaspillage et hasard remplaçant rigueur et talent. Régnent vanité , fugacité,  oubli,  rebut .

Contre cette versatilité, Willy Ronis témoigne : une, une seule,  prise de vue chez Renault en 37 et l'allocution dans les usines occupées  fait le tour du monde; trois appareils dans toute son existence de 99 ans. La fidélité conserve.                   
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Dimanche 13 septembre 2009 7 13 /09 /Sep /2009 19:08
- Par Gérard Bélorgey - Publié dans : hors des clous - Ecrire un commentaire
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Pour cet anniversaire des vivants et des morts
que fut la Toussaint
un compagnon de mes chemins
né entre les deux guerres
m'avait  communiqué ce pamphlet amer
dont j'ai mal fait la publication
et que donc je renouvelle
en escomptant qu'il secoue
une rafale de coups
méritant d'être reçus
à "bout portant"
?


" De métiers que j’ai faits
de choses que j’ai vues
il me faut dire un peu
ce que j’ai sur le coeur
 
Ce peu que j’en dirai sera déjà bien sévère
ne pouvant comme Maïakovski
brandir par dessus les murs de l’Histoire
la carte d’un parti

et n’ayant eu à sa manière
le courage de dire "au revoir"
Cette planète est  mal outillée  pour la joie
la joie, il faut l’arracher aux temps futurs


Je n’ai jamais trouvé le pouvoir que j’eu voulu servir
mais ceux qui se sont fait complices en désespoir de cause
de sottise et complaisance en tous lieux accueillis
J’en fus trop l’auxiliaire ou le bouc émissaire
nomade ne sachant conduire ses ruptures
Pas plus que dans mes autres vies
je n’ai jamais su choisir
En voulant découvrir des compromis d’honneur
plutôt que le meilleur que chercha mon orgueil
dans les fumées de mes débats de conscience
jugeant bien, agissant à revers
solitaire par fidèle inconstance
n’aurai-je été des pires ?

Je ne connaîtrai plus
l’un de ces matins d’avant l’été
où l’on descend boire le café
allumer  la première cigarette
voire passer une ou deux amourettes
sous les marronniers de Paris
les platanes du Midi
ou les pins de Bretagne et Provence
prendre à la maison de la presse
les journaux  dont les infos vous inspirent
pourquoi et comment votre génération
peut et doit faire un monde plus heureux 

Oui, j’ai eu ce goût de sang, de cendre dans la bouche
depuis bien longtemps
depuis que je cours après l’adolescent
ayant cru à l’unisson
de l’écriture, de l’amour et de l’action

En voulant être de ceux
qui écrivent l’Histoire en même temps qu’ils la font
je n’ai rien eu en fin de comptes
que ce goût de cendre et de sang
Faute de talent, faute de marché
en retard ou à contretemps
dédié d’abord à ses devoirs de vie
il n’est pas venu au bon moment
il n’a guère eu d’audience
ça n’intéresse plus personne
ce n’est plus l’écriture d’aujourd’hui
Il y a des ateliers pour cela désormais
et il n’y pas pas été, ce n’est pas un initié

rien que des fumées pour se consoler
dans ces domaines aussi
on m’a volé ma vie

En regardant dans ses rétroviseurs
il voit ses amours qui furent si vivantes
se faner en floues brassées d’erreurs
de nostalgies et de dettes entassées
ses cigarettes pour oublier

Et l’action toujours à recommencer
- sauf si Sisyphe devient Kamikaze -
est parvenue à le lasser
Comment ne pas en allumer une de plus
pour essayer de se retrouver
dès qu’on peut au matin
à nouveau respirer
après s’être juré dans les étouffements
dans les éternuements
de ne jamais recommencer

Ils avaient rêvé des héros en série
avec de grosses têtes, de grosses mitraillettes
de gros sexes sur des corps de fil de fer
et en voilà beaucoup qui sont des patrons ronds
potelés pelotant
des secrétaires platinées et multilingues
derrière des bureaux mordorés
dans de grands immeubles de verre

Quelques uns font encore semblant
entre deux whiskies, entre trois parties
malgré leurs privilèges garantis
de faire la révolution ou d'apprécier celle des autres
mais ce qu'ils aiment par dessus tout
c'est qu'il n'y ait plus d'idéologies
plus d'idéologie du tout
mais des sociologies du néant

Nous voulions libérer les peuples
Ils ont libéré les mœurs
Nous cherchions un  juste marché
Ils ont fait le libre échange
Leur  prurit libertaire s’est converti en laisser faire
sans laisser faire bien évidemment
les courants concurrents

Une génération s’est partout poussée devant
Ses réseaux ont occupé tant de postes influents
chez les uns et les autres, copains et adversaires
qu’elle a aisément écarté des facultés d’expression
ceux venant de plus loin qu’elle
ne sentant pas, ne pensant pas, ne jugeant pas comme elle
et qui n’étant de leurs chapelles
se sont, bel et bien, souvent faits censurer
- il suffit tout simplement de refuser ou de ne pas commenter -
ce qu’ils voulaient faire connaître et publier

Les chiens de garde nés d’un mai d’illusions
les ont tenu à l’écart plus encore par l’éditorial
qu’ils ont largement colonisé
 le poisson pourrit par la tête
que par le capital dont  l’intérêt libéral
- ça tombe bien - du même tonnneau
a su récupérer la critique artiste
pour mieux neutraliser la critique sociale

C’est qu’en soixante ans de sarabande
un autre monde est né que j’ai laissé passé
dont je ne connais ni les musiks
ni les people, ni les albums
ni les gadgets de com
dont je ne veux ni des disciplines
ni des libertés
ni que fictions et réalités
y rivalisent d’effets spéciaux
d’instincts dragués et de culots 

Ce monde, s’il s’est un peu amélioré
a aussi multiplié les malades
les faméliques, les rats et les égorgés
Partout les imbéciles et les déshonneurs
y ont allumé des brandons dispersés
et la guerre du feu y a bien prospéré

Trop en a été dit et chaque jour en est répété
pour à nouveau le raconter
sinon que le charcutent les scalpels prétentieux
d’intellectuels au goût de jours vite passés
redécouvrant en termes souvent illisibles
mais heureusement volatils
ou propageant par stéréotypes
les vulgates ou trahisons des prêts à penser

De la terreur et des rires
du napalm et des sunlights
du show biz et de la misère
la vermine, la peur et le froid des camps
les familles broyées dans l'incendie des villes
des jungles enlacées de pièges et de flammes

Les loups rassasiés dorment dans les poubelles
l'informatique irrigue les charniers
chacun couche avec la femme de l’autre
et l’autre méprise la vôtre
Il n’est que l'innocence pour ne pas s'ennuyer

On n'a pas encore trouvé le moyen
de faire sortir les enfants du ventre de leur père
mais il est revendiqué
que, sans mère
deux hommes accouplés puissent en élever
en attendant que le clonage humain
rende inutile de procréer ?

Femme, tu n’es plus l’avenir de l’homme
mais le fantôme d’un passé
dont il faisait les lois et toi les mœurs
la partenaire moins égale que suprême
comme la mort elle-même
qui joue les atouts des deux sexes
qui paye et prend à ses manières
sur tous les tableaux paritaires
où chacune joue, gagne ou perd

Et, dès qu’ils sont sortis des tripes nourricières
peut-être ensemencées par un père masqué
tes enfants vont en masse dans des pouponnières
avant de former les nouveaux régiments
de chômeurs consommateurs
s’éclatant ou grappillant
sur la misère des autres continents

Dans les stades, des coupes et des jeux
des mercenaires dopés qui valent très cher
galvanisent des foules pour changer en fêtes
des instincts d’agression et de domination
C’est la bonne école de la concurrence mondiale

L’offre de sexe exponentielle
ne fait plus deviner mais elle expose
faisant flamber l’envie du rut
et vendre le viagra
En attendant, pauvres adolescents
que vous soyez blasés avant d’être impuissants
"voyez mon nombril sur ce doux ventre rond
votez pour le string qui me sculpte les fesses
apprécier le relief de mes parties
les pruneaux de mes seins et ma fente incrustée"
l’enfant moulée premier et dernier cri
que sa tenue d’emblée offre à violer
Belle impunie au nom des libertés
la provoc, lorsqu’elle ne tue qui la pratique
dans le boomerang de quelques tournantes
a installé l’endémie d’une peste
et l’on a mis au pilori qui la conteste
tous ces ringards
dont je suis

Les signes d’autres Fois
et d’autres droits que ceux du tout permis
sont incompris
voile et foulard collectent les lazzis
alors que j’aime y voir sous les apparences pudiques
le meilleur qui soit de l’érotique
le risque et l’interdit
l’inaccessible est mieux que le promis
et sa valeur est ainsi sans prix

Ne manque pas d'avoir un peu de drogue en poche
pour oublier l’appel de ces épaules nues
et le duvet des bras, le velouté des peaux
ces gorges offertes dans l’odeur des aisselles 
ces parfums de femmes que tout homme idolâtre
lorsque bus et métros plaquent contre ton corps
l’essence d’inconnues un instant inhalées

Va donc les semer de tabacs en cinés
Il y a tant de films que dans le lot du nombre
il  s’en trouvera bien un qui te conviendra
pour chercher un temps dans des destins fantômes
ce que le tien n’assouvit pas

Mais détournons nous tous
des estrades qui firent le Verbe théâtre
devenues "burlesques"  par le plein des ordures
en proposant l’ennui collectif de l’obscène
ou ces contes ravaudés en caricatures
de mythes éternels ainsi remis en scène 
pour redire à grand prix, mais pas mieux qu’autrefois
ce que l’on sait des dieux, des hommes et des rois

Dans l’éventail de mille fictions historiques
je retrouve parfum ou puanteur des siècles
qu’illustrent tour à tour de crédibles remakes
et j’aime aussi y lire une pendule ou deux
qu’un écrivain fouineur a su bien mettre à l’heure

Mais je suis bien heureux de n’être pas au nombre
de ces morts illustres dont le nom sert d’appât
ou de ces « Grands » qu’on ne déguise même pas
pour en vendre l’histoire en quelque travesti
prétendant écrire ce qu’ils firent et furent
Quand le scénario est la fable qui ment
quand l’imaginaire se prétend document
il n’est plus d’identité qui soit garantie
et mieux vaudrait garder le secret de leurs vies
Que la postérité s‘y trompe est bien le but
des marchands de soupes, d’intox et mascarade
qui font passer des faux pour des faits avérés
auxquels croient des publics sans formation critique
dont l’illusion de savoir va de pair
avec des navigations de hasard
sur des sites aléatoires

Et je ne parle pas des créations plastiques
allant d’installations
en point mathématique
de millions de gélules
aux espaces tout nus
de monuments faits de scories coriaces
en éphémères pestilentiels
ou difformités célébrées par des cerceaux criards
Si je fus compétent, je suis perdu
surtout depuis qu’un farceur monochrome
du gland de son pinceau, je ne peux mieux le dire
s’est avoué chaud lapin
« j’ai des bourses en or »
grace au ripolin

Quand on a la puissance d’argent ou de cul
- ce qui réserve l’extase à quelques élites -
on peut se choisir l’absurde ou l’insolite
et admirer ainsi des commandes publiques
                  
Plus jubilatoire est l’horreur
et mieux les thrillers sont vendeurs
J’aime mieux ne pas avoir de nom
que d’avoir écrit ces saloperies
grâce auxquelles des auteurs nominés
courent après les  prix

Mort, torture et possession par procuration
en attendant plus de live
sont en libre accès sur tous les écrans
dans toutes les collections

Pour bien jouir au verso
il faut se protéger au recto
La vente et le goût des perversions
doit aller de pair avec santé, sécurité
et précautions
l’obsession d’hygiène est reine
la discipline est citoyenne

Si elle est  contraire au règlement
la juste vitesse, l’audace individuelle
l’intelligence est criminelle
  
Délits et rackets font rimer
cliques, fric, triques et parfois flics
parmi toutes les nouvelles musiques
c’est d’ailleurs ce rapp seul que je reçois le mieux
parce que c’est chansons de texte

Trouille et délation sont des vertus
Tout aliment et tout médicament est suspect
et tout sexe doit l’être
mais chacun peut faire n’importe quoi
si le préservatif est là

ou avec les drogues qui ne s’affichent pas
mais pas de tabac , ça se sent, ça se voit
surtout pas de nicotine
parce qu’elle contamine
le voisin non fumeur qui a vraiment très peur
bien qu’on disait pourtant
entre Français et Allemands survivants
sortant des lignes au jour de l’armistice
échangeons du tabac, c’est la passion des honnêtes gens
Lucky Luke et Malraux sont privés de leur cibiche
Pour l’action, la réflexion, la résignation
par compassion, provocation, évasion
ils fumaient presque tous nos héros
beaucoup y ont laissé leur peau
leurs films mêmes ne seront-ils épurés ou proscrits ?
Le péché de fumer ne sera-t-il  bientôt puni
de perte d’emploi comme de droits aux soins ?

Faute de sauver la planète
l’écologie arbitre le pouvoir
mais certains disent qu’elle s’est trompée
à cent quatre vingt degrés
On s'est aperçu récemment
que le soleil n'en finissait pas d'arriver
mais qu'il n'existait plus depuis longtemps
Aussi va-t-on multiplier les chantiers nucléaires
puis envoyer les déchets dans la lune
heureusement pour réchauffer la terre

I1 y a des mots qui deviennent interdits
comme "douleur" et "agonie"
On a doublé les gardes-barrière
Aucun train ne s’arrête plus avant l’enfer

L’erreur détruisant des innocents
se nourrit toujours des délations jalouses
qu’accueillent des magistrats imprudents
Certains de ne jamais plus perdre complètement un client
les avocats ont élevé une stèle
à un garde des sceaux funéraires
La vengeance n’est à aucun menu judiciaire
On regrette la vendetta
On n'assassine plus les assassins
même ceux des grands mères
ni les tortionnaires d'enfants
Le même respect de la vie
s’arrange au nom de la diplomatie
des tueries en masse
perpétrées au nom des peuples élus

C’est en vain que quelques uns s’épuisent enfin 
à dénoncer les grandes impostures
libérale, majoritaire, européenne

Celle des économistes dont l’idéologie 
fait passer des choix pour des faits
nie toute alternative en maintenant à jamais
sous le boisseau des concurrences
des mondes si différents
qu’ils se détruisent réciproquement 

Celle des démocraties absolues
dont le pouvoir au lieu de résulter
d’un nécessaire compromis intelligent
est issu, par hasard, de majorités obtenues
à quelques voix près dont on sait le prix
mais qui devraient n’avoir le droit de fonder
ni légitimité, ni autocratie d’un clan

Celles des humanistes du vieux continent
consentant aux conséquences mécaniques
de ces économies, de ces démocraties
aspirant  sur leurs plages interdites
tant de cadavres évadés de l’Afrique
majeure responsabilité historique
de l’Europe coloniale et des blancs "

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Dimanche 7 décembre 2008 7 07 /12 /Déc /2008 07:48
- Par anonyme - Publié dans : hors des clous - Ecrire un commentaire
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1 - Aux Pays Bas, le tabac est désormas interdit dans les lieux publics, mais pas le canabis. On fumera donc des joints; meilleurs pour la  santé. Et les  amateurs de cigarettes passeront à la drogue. Félicitations .

2 - Comme ancien officier,  je fais observer que les chargeurs de PM,  d'une part en balles à blanc , d'autres part en balles réelles,  devraient être marquées de couleurs différentes. C'est la première des sécurités, à contrôler par le chef de corps. "Paille,  foin", avec les  soldats de base,  il faut toujours faire simple.
Je fais observer ensuite que le responsable ne peut être un lointain chef d'état-major, ou si c'est lui, c'est a fortiori  le chef des armées, c'est à dire le chef de l'État; mais c'est, en fait, à mes yeux, sur le terrain,  le chef de corps dont le rôle est de pallier par bon sens la vacuité des instructions.

Enfin, se garder toujours des troupes "d'élite". elles "se croient"; et leurs membres "la ramènent" en prenant et en créant  des risques. Si en temps de fêtes on arrive à ce qui est arrivé , à quoi peut-on aboutir, en situation de guerre, comme dommage sur soi même ( voir "ça, c'est pour mes marins" dans mes "Bulles d'Histoire" : pour faire enlever un point de résistance ALN parfaitement soluble au canon de char, un contre-amiral envoit, pour la gloire de son arme, ses marins fantassins à l'assaut et à la mort ) et comme dommages collatéraux,  C'est cet esprit "para" qu'il faut extirper de l'armée qui devrait être une armée de citoyens. Plus difficile encore quand elle est devenue une armée de métier ? Là encore le modèle suisse plutôt que le modèle européen devrait parfois inspirer les Français.
 

3- Cette armée avait le bon décrassage matinal pour mettre en forme les recrues encore endormies. Aujourd'hui c'est une entreprise française de BTP qui impose ce décrassage sportif à ses salariés. Ce grotesque obligatoire me paraît justifier une saisine de la Cour européenne des droits de l'homme : si ce n'est pas dans le contrat de travail, c'est illégal. Tout le monde a droit à la préférence de Churchill : "no sport" . Mais l'engouement médiatisé pour le sport  ( et juteux pour ceux qui en vivent)  au lieu et à la place de tout,  vaut absolution, alors que ce n'est rien d'autre qu'une religion. Que dirait-on si une entreprise imposait la prière  ( ou la lecture du petit livre rouge) - pour la mise en état spirituelle ou politique  - avant le boulot. Or c'est la même chose.
Mardi 1 juillet 2008 2 01 /07 /Juil /2008 13:27
- Par Gérard Bélorgey - Publié dans : hors des clous
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PS : quel investissement politique de mes valeurs morales, sociales, économiques?

Naturellement, défendre des valeurs morales et sociales de gauche exclut de soutenir ce que la droite classique a si souvent offert comme adhésion à  l'injustice. Naturellement, croire en des valeurs morales et nationales de droite exclut de rallier des formations de gauche soit soutenant des thèses hyper libérales en matière de moeurs, soit ralliées aux nouveaux canons économiques. Et, comme beaucoup, je suis  entre deux (ou trois)  chaises, ne pouvant adhérer à aucune vulgate.

Alors même que mes convictions de valeurs ne m’ont pas personnellement écarté, avec
(ai-je au moins essayé) toute précaution vis à vis des intérêts des autres, d’obéir aux forces propres qui conduisent chaque existence et de vivre, car on ne peut faire autrement,  mes métiers dans les contraintes du siècle, ce qui m’importe est de ne pas voir louer par principe les transgressions à l'équité ou à la dignité que les uns ou les autres érigent en règles de conduites.

C’est dire que je ne peux adhérer à cette gauche (d’ailleurs non communiste)  de la gauche qui a fait religion de tous les libéralismes sociétaux, ni à la droite de la gauche qui accepte le libéralisme économique international impliquant en fait les excès de  tous les autres.

Et il me semble qu’il n’existe plus guère de "gauche centrale", c’est à dire centrée sur l’essentiel : dans la recherche de la faisabilité économique, sur l’équité sociale, l’honneur individuel, le respect des autres, l’intérêt de sa communauté d’appartenance. Cette communauté aujourd’hui toujours «nationale» est celle à l’intérieur de laquelle on doit gagner sa vie sans, pour gagner plus,  lui en préférer une autre, et à l’intérieur de laquelle on choisit par le vote ceux qui se prétendent aptes à exercer les responsabilités de la vie collective . 

Dans ces champs de valeurs,  la "gauche centrale" et centrée ne pourrait d’ailleurs que retrouver une "droite de progrès" ; mais si, de même, je cherche celle-ci, je trouve plutôt  dans les familles qui s’en réclament sans complexe une  adhésion idéologique au libéralisme mondial, ne valant pas mieux que l’adhésion résignée des « révolutionnaires » convertis et une indifférence à l’injustice souvent mariée à des courants de bien grande complaisance pour accueillir tout ce qui a plus valeur électorale que valeur éthique. Etre démodé ou être en avance est toujours une solitude. 
Jeudi 22 mai 2008 4 22 /05 /Mai /2008 08:00
- Par Gérard Bélorgey - Publié dans : hors des clous
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         Dans le même mauvais esprit qu'hier, où j'ai évoqué, selon des propos rétro,  l'évolution de la répartition des tâches et des fonctions  sociales  entre les sexes,  je reprends ci-dessous un texte datant de 2000   (extrait de "Bulles d'Histoire et autres contes vrais", livre disponible sur www.alapage.com, et étant exceptionnellement un vrai conte (et non un "conte vrai"), une fiction illustrant la dérive de la pensée politique dans la préoccupation de suivre les évolutions des moeurs et combien ces soucis de la libéralisation des  moeurs ont transformé l'interpellation de l' "internationale " sur le futur  du "genre humain".


- C'EST LA LUTTE FINALE - fiction 2000


Dans ce dîner mondain, il n'était question que de la gauche. Les convives s'accordaient à constater que pour garder le pouvoir, elle n'avait que le choix du cumul. Le service du marché, parce qu'on ne pouvait y échapper et pour mieux rallier les électorats qui en vivaient. Le service des exclus du marché, pour rester fidèle et se faire pardonner par ceux qui en souffraient. Mais telle stratégie n'était pas son monopole. Il était clair que la droite, la culpabilité en moins, cherchait à faire aussi bien. En outre, il n'était pas toujours évident que concilier les deux, autrement que dans les colonnes d'un quotidien du soir, soit bien aisé et convainquant. Il fallait trouver "le plus" qui l'emporte : un projet de société, pouvant répondre aux attentes de beaucoup et dont l'ossature lisible était une idéologie, malgré la disparition de ce phénomène datant des dinosaures. Ne suffisait-il de mettre à la mode du temps le triptyque de la République : liberté, égalité, fraternité? La liberté des moeurs, l'égalité des sexes, la fraternité des fêtes.

C'est sans difficulté que le dîner s'accorda à trouver qu'il était primordial de poursuivre un combat tenace pour la promotion des femmes, pour la reconnaissance de l'homosexualité, pour une vie collective ludique.

Un impertinent idéologue d'autrefois rappela que le marché mondial aggravait les inégalités sociales, creusait  le fossé du monde entre les riches et les pauvres. Si l'originalité de la gauche devenait de planter d'autres cadres pour les  moeurs privées - alors que toute libération repousse les frontières des désirs pour en faire renaître d'inépuisables - ne passait-elle pas  de l'universalisme au nombrilisme? C'était le cas de le dire. Ne  sortait-elle pas de sa mission historique, en quelque sorte de ses voies ?

De telles priorités n'en feraient-elle - dit-il pour conclure et provoquer- au sens étymologique de l'adjectif, "une gauche dévoyée" ?

Alors que le Pacs venait de connaître l'enlisement des navettes entre les deux assemblées, ce fut une  incongruité. Que pouvait-on à l'encontre des ravages du libéralisme, des effets de dumping, à l'égard de la misère des pays faisant travailler les enfants comme des esclaves, quant aux conséquences, en Afrique, de la  chute des cours mondiaux du café ! Il fallait vivre dans son espace d'influences possibles : certes améliorer les minima sociaux et aider les exclus, mais  être à l'écoute de toutes les aspirations : veiller aux pétitions des associations libertaires, aux motions des chiennes de garde, aux chances populaires qu'offrait la bourse, à la promotion culturelle par le net et, pour soutenir le moral de tous, préparer la prochaine célébration d'un anniversaire révolutionnaire. L'énergumène qui était intervenu passa d'emblée pour un esprit faux au service de la réaction.

Battu sur ce terrain, il se porta sur un autre. Il parvint à expliquer au café à l'un de ses voisins ( qui consentait encore à l'écouter) que si l'on devait se centrer sur la logique de libération des moeurs et d'égalité des sexes, ce n'était pas le contrat de mariage qu'il fallait singer. C'était - et il invoqua l'approfondissement nécessaire de la réflexion de début de siècle d'un Léon Blum ( mais de quoi parlez-vous?) - le mariage lui-même qu'il fallait réformer.

Il ne s'agirait certes pas de donner un cadre légal aux seuls cas de polygamie, infâme trace - au demeurant très répandue - d'un machisme représentant l'hydre à combattre. Il conviendrait, aussi, de construire un régime reconnu pour organiser en droit l'existence des cas - sans doute aussi nombreux, quoique très polymorphes - de polyandrie. Il fallait instituer l'union libre et légale d'une femme avec plusieurs hommes. Voilà ce qui allait  enfin permettre, par le partage du devoir conjugal,  le repos du guerrier. Voilà ce qui allait assurer, du même coup,  l'épanouissement multiple et légitime de sa compagne avec d'autres hommes. Voilà ce qui allait garantir qu'elle en tirerait non seulement, peut-être, du plaisir, mais aussi, le jour venu, si nécessaire, des sécurités matérielles complétant celles qu'un seul partenaire peut lui fournir.

Au delà, ne devrait-on aller à la reconnaissance d'une légitimité plurielle : celle, par les croisements d'unions polygamiques ou polyandriques, de réunir divers couples dans la même tendresse,  les mêmes ébats, les mêmes intérêts. Aucune obligation d'échangismes ou d'orgies. Rien d'autre au fond que le rêve des pauvres vieilles communautés hippies. Son accès, sans préjudice, ni ostracisme, serait seulement , dans la justice et l'égalité,  ouvert à toutes et à tous. Un beau chantier de droit civil - constata son interlocuteur - mais dont les bonnes retombées électorales, "le monde étant ce qu'il est" -  n'étaient pas garanties.


Ils convinrent après boire que ce ne pourrait être pour demain, mais que le temps de l'Histoire n'était pas fini. C'était un objectif à ne pas lâcher. Ils partirent bras dessus, bras dessous, en se promettant de faire campagne et en chantant :

«  C'est la lutte finale
        L'inter-sexu-u-ale sera le genre humain ».



 
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Mercredi 14 mai 2008 3 14 /05 /Mai /2008 11:13
- Par Gérard Bélorgey - Publié dans : hors des clous - Ecrire un commentaire
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