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POURQUOI CE BLOG



L'objet de ce site est de baliser par quelques souvenirs éloquents l'histoire récente et de faire contribuer ces expériences, par des commentaires d'actualité, à éclairer et choisir les changements, en s'interrogeant sur les propositions des politiques et les analyses des essaiystes. Par ailleurs, à côté des problèmes de société (parfois traités de manière si impertinente que la rubrique "hors des clous"a été conçue pour les accueillir), place a été faite à "l'évasion" avec des incursions dans la peinture, le tourisme, la littérature,  des chansons, ce qui constitue aussi des aperçus sur l'histoire vécue.

 
Identité de l’auteur
vous pouvez lui écrire à <gerard.belorgey@wanadoo.fr>

Né en 1933, appartenant à la génération dont l'enfance a été marquée par la deuxième guerre mondiale, l'occupation et la Résistance, l'adolescence par la Libération, la guerre froide, puis par de clairvoyants engagements pour les décolonisations, l'auteur a ensuite partagé sa vie professionnelle entre le service public (il a notamment été préfet, délégué à l’emploi, directeur des affaires économiques de l’outre-mer, président de la chaîne de radio-télévision, RFO), l'enseignement et la publication d’ouvrages de sciences politiques (il est aujourd’hui membre du comité de rédaction et
collaborateur régulier de la "Revue Politique et Parlementaire"). Il a également assumé des missions dans de grandes entreprises en restructuration (Boussac, Usinor/Sacilor), puis a été conseil d’organismes professionnels.

Alors que ses condisciples ont été en particulier Michel Rocard et Jacques Chirac (il a partagé la jeunesse militante du premier dans les années cinquante et fait entrer le second à Matignon dans les années 60, avant d'être son premier collaborateur à l’Emploi, pour la négociation de Grenelle et au secrétariat d’Etat aux Finances, il n'a suivi ni l'un, ni l'autre dans leurs itinéraires. En effet, dans le domaine politique, comme il ressort de ses publications (cf. infra), Gérard Bélorgey n’a rallié ni la vulgate de la Veme république sur les bienfaits de l’alternance entre partis dominants, ni les tenants du catéchisme du libre-échange mondial. Il ne se résigne donc pas à TINA ("there is no alternative" au libéralisme). Tout en reconnaissant les apports autant que les limites de ceux qui ont été aux affaires et avec lesquels il a travaillé, il ne se résigne pas non plus à trouver satisfaction dans tel ou tel programme de camp. Mesurant combien notre société multiculturelle, injuste et caricaturalement mondialisée, souffre aussi bien des impasses de l’angélisme que des progrès de l’inégalité et des dangers de l’autoritarisme, il voudrait contribuer à un réalisme sans démagogie.

Partie de ses archives est déposée dans les Fonds d'Histoire contemporaine de la Fondation des Sciences Poltiques (http://centre-histoire.sciences-po.fr/archives/index.html)

Il a écrit et existé sous d'autres noms que celui sous lequel il a signé des ouvrages fondamentaux que furent "le gouvernement et l'administration de la France" ( 1967), "la France décentralisée" ( 1984), "Les Dom-Tom" (1994)  : le peuso de Serge Adour correspond à l'époque de la guerre d'Algérie et à une grande série de papiers dans Le Monde en  1957 , celui d'Olivier Memling à l'écriture du recueil de poèmes "Sablier " (couronné en 1980 par l'Académie Française et référé  dans l'histoire littéraire du XXeme Siècle de Hachette) et aux chansons qui en sont issues, celui de  Gérard Olivier à son analyse dans de  grands quotidiens de la décentralisation en 1981/82; celui de Solon  (malheureusement partagée par erreur avec d'autres auteurs) à la publication en 1988 de "la démocratie absolue" . Cessant de vivre un peu masqué, il retrouve son nom en 1998 pour "Trois Illusions qui nous gouvernent", puis à compter de 2000 pour "Bulles d'Histoire et autres contes vrais " (série de coups de projecteurs sur notre monde  qui seront souvent repris ci-dessous), ainsi que pour de  nombreux articles dans  diverses revues. En 2009, son récit "la course de printemps" revient sur la guerre d'Algérie.

hors des clous

1 - Aux Pays Bas, le tabac est désormas interdit dans les lieux publics, mais pas le canabis. On fumera donc des joints; meilleurs pour la  santé. Et les  amateurs de cigarettes passeront à la drogue. Félicitations .

2 - Comme ancien officier,  je fais observer que les chargeurs de PM,  d'une part en balles à blanc , d'autres part en balles réelles,  devraient être marquées de couleurs différentes. C'est la première des sécurités, à contrôler par le chef de corps. "Paille,  foin", avec les  soldats de base,  il faut toujours faire simple.
Je fais observer ensuite que le responsable ne peut être un lointain chef d'état-major, ou si c'est lui, c'est a fortiori  le chef des armées, c'est à dire le chef de l'État; mais c'est, en fait, à mes yeux, sur le terrain,  le chef de corps dont le rôle est de pallier par bon sens la vacuité des instructions.

Enfin, se garder toujours des troupes "d'élite". elles "se croient"; et leurs membres "la ramènent" en prenant et en créant  des risques. Si en temps de fêtes on arrive à ce qui est arrivé , à quoi peut-on aboutir, en situation de guerre, comme dommage sur soi même ( voir "ça, c'est pour mes marins" dans mes "Bulles d'Histoire" : pour faire enlever un point de résistance ALN parfaitement soluble au canon de char, un contre-amiral envoit, pour la gloire de son arme, ses marins fantassins à l'assaut et à la mort ) et comme dommages collatéraux,  C'est cet esprit "para" qu'il faut extirper de l'armée qui devrait être une armée de citoyens. Plus difficile encore quand elle est devenue une armée de métier ? Là encore le modèle suisse plutôt que le modèle européen devrait parfois inspirer les Français.
 

3- Cette armée avait le bon décrassage matinal pour mettre en forme les recrues encore endormies. Aujourd'hui c'est une entreprise française de BTP qui impose ce décrassage sportif à ses salariés. Ce grotesque obligatoire me paraît justifier une saisine de la Cour européenne des droits de l'homme : si ce n'est pas dans le contrat de travail, c'est illégal. Tout le monde a droit à la préférence de Churchill : "no sport" . Mais l'engouement médiatisé pour le sport  ( et juteux pour ceux qui en vivent)  au lieu et à la place de tout,  vaut absolution, alors que ce n'est rien d'autre qu'une religion. Que dirait-on si une entreprise imposait la prière  ( ou la lecture du petit livre rouge) - pour la mise en état spirituelle ou politique  - avant le boulot. Or c'est la même chose.
Mardi 1 juillet 2008 2 01 /07 /2008 13:27
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Par Gérard Bélorgey - Voir les commentaires
PS : quel investissement politique de mes valeurs morales, sociales, économiques?

Naturellement, défendre des valeurs morales et sociales de gauche exclut de soutenir ce que la droite classique a si souvent offert comme adhésion à  l'injustice. Naturellement, croire en des valeurs morales et nationales de droite exclut de rallier des formations de gauche soit soutenant des thèses hyper libérales en matière de moeurs, soit ralliées aux nouveaux canons économiques. Et, comme beaucoup, je suis  entre deux (ou trois)  chaises, ne pouvant adhérer à aucune vulgate.

Alors même que mes convictions de valeurs ne m’ont pas personnellement écarté, avec
(ai-je au moins essayé) toute précaution vis à vis des intérêts des autres, d’obéir aux forces propres qui conduisent chaque existence et de vivre, car on ne peut faire autrement,  mes métiers dans les contraintes du siècle, ce qui m’importe est de ne pas voir louer par principe les transgressions à l'équité ou à la dignité que les uns ou les autres érigent en règles de conduites.

C’est dire que je ne peux adhérer à cette gauche (d’ailleurs non communiste)  de la gauche qui a fait religion de tous les libéralismes sociétaux, ni à la droite de la gauche qui accepte le libéralisme économique international impliquant en fait les excès de  tous les autres.

Et il me semble qu’il n’existe plus guère de "gauche centrale", c’est à dire centrée sur l’essentiel : dans la recherche de la faisabilité économique, sur l’équité sociale, l’honneur individuel, le respect des autres, l’intérêt de sa communauté d’appartenance. Cette communauté aujourd’hui toujours «nationale» est celle à l’intérieur de laquelle on doit gagner sa vie sans, pour gagner plus,  lui en préférer une autre, et à l’intérieur de laquelle on choisit par le vote ceux qui se prétendent aptes à exercer les responsabilités de la vie collective . 

Dans ces champs de valeurs,  la "gauche centrale" et centrée ne pourrait d’ailleurs que retrouver une "droite de progrès" ; mais si, de même, je cherche celle-ci, je trouve plutôt  dans les familles qui s’en réclament sans complexe une  adhésion idéologique au libéralisme mondial, ne valant pas mieux que l’adhésion résignée des « révolutionnaires » convertis et une indifférence à l’injustice souvent mariée à des courants de bien grande complaisance pour accueillir tout ce qui a plus valeur électorale que valeur éthique. Etre démodé ou être en avance est toujours une solitude. 
Jeudi 22 mai 2008 4 22 /05 /2008 08:00
- Publié dans : hors des clous
Par Gérard Bélorgey - Voir les commentaires
         Dans le même mauvais esprit qu'hier, où j'ai évoqué, selon des propos rétro,  l'évolution de la répartition des tâches et des fonctions  sociales  entre les sexes,  je reprends ci-dessous un texte datant de 2000   (extrait de "Bulles d'Histoire et autres contes vrais", livre disponible sur www.alapage.com, et étant exceptionnellement un vrai conte (et non un "conte vrai"), une fiction illustrant la dérive de la pensée politique dans la préoccupation de suivre les évolutions des moeurs et combien ces soucis de la libéralisation des  moeurs ont transformé l'interpellation de l' "internationale " sur le futur  du "genre humain".


- C'EST LA LUTTE FINALE - fiction 2000


Dans ce dîner mondain, il n'était question que de la gauche. Les convives s'accordaient à constater que pour garder le pouvoir, elle n'avait que le choix du cumul. Le service du marché, parce qu'on ne pouvait y échapper et pour mieux rallier les électorats qui en vivaient. Le service des exclus du marché, pour rester fidèle et se faire pardonner par ceux qui en souffraient. Mais telle stratégie n'était pas son monopole. Il était clair que la droite, la culpabilité en moins, cherchait à faire aussi bien. En outre, il n'était pas toujours évident que concilier les deux, autrement que dans les colonnes d'un quotidien du soir, soit bien aisé et convainquant. Il fallait trouver "le plus" qui l'emporte : un projet de société, pouvant répondre aux attentes de beaucoup et dont l'ossature lisible était une idéologie, malgré la disparition de ce phénomène datant des dinosaures. Ne suffisait-il de mettre à la mode du temps le triptyque de la République : liberté, égalité, fraternité? La liberté des moeurs, l'égalité des sexes, la fraternité des fêtes.

C'est sans difficulté que le dîner s'accorda à trouver qu'il était primordial de poursuivre un combat tenace pour la promotion des femmes, pour la reconnaissance de l'homosexualité, pour une vie collective ludique.

Un impertinent idéologue d'autrefois rappela que le marché mondial aggravait les inégalités sociales, creusait  le fossé du monde entre les riches et les pauvres. Si l'originalité de la gauche devenait de planter d'autres cadres pour les  moeurs privées - alors que toute libération repousse les frontières des désirs pour en faire renaître d'inépuisables - ne passait-elle pas  de l'universalisme au nombrilisme? C'était le cas de le dire. Ne  sortait-elle pas de sa mission historique, en quelque sorte de ses voies ?

De telles priorités n'en feraient-elle - dit-il pour conclure et provoquer- au sens étymologique de l'adjectif, "une gauche dévoyée" ?

Alors que le Pacs venait de connaître l'enlisement des navettes entre les deux assemblées, ce fut une  incongruité. Que pouvait-on à l'encontre des ravages du libéralisme, des effets de dumping, à l'égard de la misère des pays faisant travailler les enfants comme des esclaves, quant aux conséquences, en Afrique, de la  chute des cours mondiaux du café ! Il fallait vivre dans son espace d'influences possibles : certes améliorer les minima sociaux et aider les exclus, mais  être à l'écoute de toutes les aspirations : veiller aux pétitions des associations libertaires, aux motions des chiennes de garde, aux chances populaires qu'offrait la bourse, à la promotion culturelle par le net et, pour soutenir le moral de tous, préparer la prochaine célébration d'un anniversaire révolutionnaire. L'énergumène qui était intervenu passa d'emblée pour un esprit faux au service de la réaction.

Battu sur ce terrain, il se porta sur un autre. Il parvint à expliquer au café à l'un de ses voisins ( qui consentait encore à l'écouter) que si l'on devait se centrer sur la logique de libération des moeurs et d'égalité des sexes, ce n'était pas le contrat de mariage qu'il fallait singer. C'était - et il invoqua l'approfondissement nécessaire de la réflexion de début de siècle d'un Léon Blum ( mais de quoi parlez-vous?) - le mariage lui-même qu'il fallait réformer.

Il ne s'agirait certes pas de donner un cadre légal aux seuls cas de polygamie, infâme trace - au demeurant très répandue - d'un machisme représentant l'hydre à combattre. Il conviendrait, aussi, de construire un régime reconnu pour organiser en droit l'existence des cas - sans doute aussi nombreux, quoique très polymorphes - de polyandrie. Il fallait instituer l'union libre et légale d'une femme avec plusieurs hommes. Voilà ce qui allait  enfin permettre, par le partage du devoir conjugal,  le repos du guerrier. Voilà ce qui allait assurer, du même coup,  l'épanouissement multiple et légitime de sa compagne avec d'autres hommes. Voilà ce qui allait garantir qu'elle en tirerait non seulement, peut-être, du plaisir, mais aussi, le jour venu, si nécessaire, des sécurités matérielles complétant celles qu'un seul partenaire peut lui fournir.

Au delà, ne devrait-on aller à la reconnaissance d'une légitimité plurielle : celle, par les croisements d'unions polygamiques ou polyandriques, de réunir divers couples dans la même tendresse,  les mêmes ébats, les mêmes intérêts. Aucune obligation d'échangismes ou d'orgies. Rien d'autre au fond que le rêve des pauvres vieilles communautés hippies. Son accès, sans préjudice, ni ostracisme, serait seulement , dans la justice et l'égalité,  ouvert à toutes et à tous. Un beau chantier de droit civil - constata son interlocuteur - mais dont les bonnes retombées électorales, "le monde étant ce qu'il est" -  n'étaient pas garanties.


Ils convinrent après boire que ce ne pourrait être pour demain, mais que le temps de l'Histoire n'était pas fini. C'était un objectif à ne pas lâcher. Ils partirent bras dessus, bras dessous, en se promettant de faire campagne et en chantant :

«  C'est la lutte finale
        L'inter-sexu-u-ale sera le genre humain ».



 
Mercredi 14 mai 2008 3 14 /05 /2008 11:13
- Publié dans : hors des clous
Par Gérard Bélorgey - Voir les commentaires
Une ministre de la défense d'Espagne passant, enceinte, la revue des troupes a certainement réjoui toutes et  tous les féministes.

Néanmoins, je m'interroge sur de tels progrès de l'égalité/parité. Non que l'on puisse contester au sexe féminin la capacité de gérer la Défense comme l'a bien montré l'exemple français. Mais notre cas ne mettait pas de la même manière en évidence la contradiction que je ressens dans le spectacle  d'une  maternité de la paix  au commandement   des moyens  de la guerre. Car il s'agit bien d'une femme portant un enfant et chef des armées, alors qu'on ne manquait certainement pas d'autres  compétences pour cette responsabilité.   Ce  cas de figure a pu être  parfaitement légitime dans  des  sociétés menacées, aux hommes  en fuite, épuisés ou insuffisants et  dont les femmes,  enceintes ou non,  se retrouvaient  être les bras armés, comme le furent des Romaines, des Israéliennes ou des Franques,  défendant  leur sol et leur familles : les lionnes.

L'apparition des femmes dans la Défense et dans la guerre a  été aussi historiquement de pair soit avec une spécialisation (celle des Amazones se retranchant de la fécondité comme elles se tranchaient un sein), soit avec le besoin d'une  missionnaire pour le salut de la communauté  comme  Sainte Geneviève, Jeanne Hachette ou Jeanne d'Arc; en bref : les saintes.

Mais si des kamikazes féminines dépassent aujourd'hui en sacrifice des poseuses de bombes d'hier, il en est fini des lionnes et des saintes ( dont la synthèse fut dans la Kharidja des soulèvements berbère ) . Le temps est venu des tout venantes, interchangeables avec les hommes.  Nous sommes rentrés - et c'est un autre univers -  dans la banalisation des capacités de mission de  l'un et l'autre des  sexes, faisant que les femmes - sans qu'il y en ait nécessité, mais par principe -  peuvent être, quasiment dans tous les pays du monde ( avec des modalités particulières encore dans les pays d'Islam) soldats, policiers, gendarmes ou ministres des uns et des autres, après d'ailleurs que l'Histoire ait conféré à certaines - comme Impératrice de Russie ou de Chine - des pouvoirs englobant celui là, mais au titre de destins  hors du commun. Or rien n'est plus commun présentement qu'une femme dans des unités de combat ou aux affaires de  Défense  .
 
Pourquoi cacherai-je que j' éprouve comme un regret de cette utilisation à toutes fins des femmes comme des hommes : non pas pour conserver à ceux-ci - en dehors des cas de nécessité appelant les femmes aux armes -  le monopole de préparer ou de faire donner la mort. Mais parce que si j'adhère au féminisme de l'égalité , je ne parviens pas à adhérer véritablement au féminisme de l'indifférence.

C'est, sans doute que j'aime trop l'irremplaçable des femmes - qu'elles soient aïeules, mères, soeurs et/ ou compagnes ( et de travail autant que de vie, d'amours et d'épreuves voire  comme en parlait  Anouilh dans "la Sauvage" , en étant ce petit camarade qui se déshabille le soir et dont tu t'aperçois qu'il est une femme) -  pour que s'efface dans mon regard ce que ma conscience identifie en chacune comme irréductiblement féminin. La femme est  le seul des deux versants de notre espèce qui  peut  (
ou qui a pu) porter des enfants - notre éternité - . Voilà  ce qu'aucune poursuite fanatique de l'interchangeabilité ne pourra jamais effacer, que cette poursuite soit conduite, au plan professionnel, affectif ou sexuel,  par des femmes ou par des hommes pouvant aller en fait jusqu'à refuser  leur identité, et en la refusant en vain, une fécondation, quelle qu'en soit la modalité,  étant toujours nécessaire à une femme pour enfanter, enfanter  ce qui est  impossible  au plus réussi des transsexuels ( sauf si on pouvait le changer par greffe interne , en en faisant génétiquement tout  entier une  personne de l'autre sexe ). Il y a donc l'irreductible   spécificité du sexe féminin  faisant  l'estime sans pareille que je lui porte, l'admiration  et le tropisme qu'il m'inspire, allant de pair  avec ma volonté d'égalité de sa condition dans la reconnaissance de sa  singularité.

Lorsqu'au nom de l'égalité, les fonctions du corps social sont interchangeables entre sexes - et doivent même être portées à la parité - les singularités sont dissoutes.
Et c'est  comme la marque d'une ambition typique de la société contemporaine de vouloir pouvoir  placer n'importe qui - homme ou femme - dans une fonction qui peut ne pas répondre à ce que le titulaire qui l'occupe a d'irremplacable et de spécifique. Sinon par principe, en niant qu'il y a ici ou là de l'irremplacable, mais en voulant partout voir  uniquement de l'interchangeable. Et cette société conserve néanmoins , voire exacerbe,   en parallèle tout un relationnel propre aux  rapports masculin/féminin, relationnel   caricaturant dans ses  dérivées les héritages des rapports de rôles  et de libidos. Il y a ainsi paradoxe  entre dissolution fonctionnelle - l'aptitude de tous et toutes à tout emploi -  et exacerbation fétichiste - le rappel permanent des caractères masculins et féminins - des différences. Paradoxe qui est producteur de bien d'étrangetés.

Au delà de ce paradoxe et des étrangetés qu'il engendre et qui nourrissent conflits, publicités, spectacles et  médias, en donnant aux femmes la double arme ambigue de l'égalité et de la féminité et aux hommes le double clair devoir d'honorer  les deux,    la question est de savoir quelle  devrait  être, dans une société rationnelle, le sort à faire aux spécificités, aux aptitudes singulières irremplacables. Incontestablement, à l'inverse des affectations militaires du temps du sapeur Camembert, lorsquon  envoyait les charpentiers aux cuisines et les cuisiniers à la réfection des toitures, le bon critère serait de faire occuper une fonction par qui serait le seul, ou du moins le mieux,  apte à bien la tenir. Mais c'est 
- hors emploi très particulier - un critère très peu utilisable, chaque individu s'estimant  largement apte, formation aidant,  à beaucoup d'hypothèses de fonction. Pourtant il me semble qu'il y a bien des fonctions ( et je ne m'engagerai pas dans la dangereuse illustration de celles-ci) que les femmes sont bien plus aptes à remplir que ne le sont les hommes ( ce qui ne signifie pas qu'elles ne soient pas parfaitement aptes à remplir toutes les fonctions tenues par des hommes).  En ne pouvant quand même faire mieux que leur attribuer  cette supériorité fonctionnelle ( elles valent tout homme, mais les hommes ne peuvent pas les valoir ),  il est certain, néanmoins,  que  je suis  aux yeux des féministes - qui ne veulent pas l'égalité, mais la non spécialisation (comme garantie contre le cantonnement des femmes dans des fonctions familiales  ou réputées féminines ) -  un dangereux rétrograde. Certes non; j'imagine  bien une société idéale construite par et pour les féministes  : une société sans homme, sauf quelques géniteurs sélectionnés dont les semences pourraient être utilisées sans contact direct si celui ci n'était pas souhaité.  Est-ce l'étape d'après la parité ?
Mardi 13 mai 2008 2 13 /05 /2008 20:59
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Par Gérard Bélorgey - Voir les commentaires
C'est la fin des voeux; c'est l'ouverture des promotions de décorations; c'est le plein des soldes; les deux derniers allant parfois de pair, mieux vaut ne pas dire comment.

Appartenant pour ma part à la sociélé semi secrète de ceux qui ont fait, pour épargner tout le monde,  le voeu de ne pas en envoyer ( pas plus aux autorités d'État qu'aux anciens collaborataurs, mais exceptionnellement aux seules vieilles dames oubliées), j'ai étendu  mon abstinence aux félicitations que je n'adresse plus de longue date ni pour des promotions dans les ordres prestigieux de la République ( bien que les progrès du principe de parité me conduirait ainsi à des adresses féminines multipliées en vérifiant que la beauté et ce qui l'accompagne valent bien des mérites et des talents) et, dans la foulée, je ne félicite même plus pour les nominations ( mon hypocrisie ne parviendrait pas à être au niveau du turn over).

Je vous encourage tous à rejoindre de fait notre société secrète qui n'est lisible qu'en creux. Si vous ne recevez pas de voeux ou de félicitations de tel ou tel c'est peut-être qu'il en fait partie.

Mais en souvenir des temps anciens où les décorations et les promo comptaient déjà tant, sinon plus, et où les femmes tenaient plus à celles de leurs compagnons de carrière  qu'à celles qu'elles ne recevaient pas encore aussi largement qu'aujourd'hui à titre personnel,  je vous cadeau de ce petit billet de souvenirs extrait de mes "Bulles d'Histoire et Autres Contes Vrais", livre disponible sur www. alapage.com

Bulle N° 24 - TU L'AS OU TU L'AS PAS? POURQUOI TU L'AS PAS? / 1966



Les invités se pressaient, après avoir déposé leurs manteaux au vestiaire, dans les petites antichambres donnant accès aux grands salons de l'Élysée. C'était une soirée en uniforme et habit, avec les décorations pendantes, ces adorables petits rubans multicolores auxquels sont suspendues des médailles plus ou moins nobles, mais qui font, sur la ligne de leur brochette, un merveilleux effet sur les poitrines des sombres tenues.

Chaque couple était pressé dans le sas d'attente, avant d'être présenté au général et à Madame de Gaulle qui recevaient quelque chef d'État africain auquel ils donneraient ensuite un ballet ou un concert. Tous ces personnages debout, se tenaient coi ou se faisaient quelques sourires, le plus droit possible dans les redingotes masculines ou s'efforçant d'offrir, sous l'arc des écharpes, leur meilleure ligne d'épaules féminines. Ils refrénaient, dans ce côtoiement, les uns l'envie de fumer, les autres de remettre un point de maquillage ou de parfum. C'était  une vraie galerie de dessins de Sempé.

Devraient-ils, comme une fois précédente, se lever avant d'avoir fini de dîner?  Au bas bout de la table, les hôtes d'honneur ayant été servis en premier, avant que la longue rangée des invités n'aient pu l'être, ils avaient du suivre lorsque le président s'était lentement déplié pour inviter son visiteur à gagner la pièce voisine. Ou devraient-ils, à l'unisson de ce que le président fit un jour, pour mettre à l'aise un convive exotique ayant absorbé comme rafraîchissement la coupe de lave-doigts, porter encore à leurs lèvres cette eau citronnée ? Aurait-elle, notre voisine en robe lamée, cette chance que le vieil homme toujours sensible, garde un peu sa main dans la sienne, la hume de son grand nez  et lui dise, comme il avait dit un soir à ma femme :

«  Madame, je ne vois plus bien clair, mais je sens votre parfum. Je souhaite que vous reveniez dans cette maison ».

En attendant, cette voisine regardait la poitrine de chaque tenue qui rentrait, puis celle de l'homme qui l'accompagnait. Son regard allait d'un buste à l'autre pour inspecter et comparer les brochettes de décorations.

«  Celle-là, il l'a; celle-là tu l'as. Celle-la aussi. Celle-là, il l'a ».

Puis, tout d'un coup, elle dit à son mari  qui en fut tout chose :

« Mais celle-là? Tu l'as ou tu l'as pas?  Pourquoi tu l'as pas ? ».
Samedi 2 février 2008 6 02 /02 /2008 17:13
- Publié dans : hors des clous
Par Gérard Bélorgey - Voir les commentaires
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