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On apprend ce soir que F. Hollande

- d'une part s'est bien prononcé pour le maintien de la souveraineté budgétaire française

- d'autre  part a bien indiqué que ce n'est pas au couple déséquilibré franco allemand de tout chercher à régler

- enfin  qu'il fallait - et il s'y efforcerait - que la France fasse mieux le poids dans ce dialogue

 

 

Or nous avons déjà perdu

- la souveraineté commerciale , puisque les échanges commerciaux extérieurs de l'UE - aux choix et  règles desquels  nous sommes intégralement soumis - sont gérés par un commissaire européen qui fait marcher, sans besoin des accords des États , le libre échange à tout va;

- la souveraineté monétaire, par la BCE indépendante se refusant à une politique de liquidés en faveur des États.

Ces transferts sont inadmissibles,  car il n'y a pas de contrôle démocratique européen des pouvoirs transférés. C'est évident dans les deux cas précédents : c'est la Commission qui est compétente pour les échanges commerciaux extérieurs; et la BCE ne réfère à aucune autorité politique.

 

 Pour un  contrôle budgétaire souverain européen,  l'autorité politique ne pourrait être  le Conseil des Ministres de l'Union  :  sa légitimité est très indirecte, en ce qu'elle émane de 27 constitutions ayant créé  des habilitations  de pouvoirs pour  leurs gouvernements respectifs   et, surtout,  que la responsabilité de ce Conseil des ministres ne peut pas, en fait, être mise en cause.

 

Il faudrait effectivement un pouvoir délibératif fédéral que le Parlement européen aujourd'hui ne peut pas assurer.  La méthode Monnet de donner des compétences à l'Europe  sans en  construire une légitimité démocratique - la charrue avant les boeufs pour ouvrir des sillons obligatoires - trouve enfin ses limites.

 

Le chantier européen à réouvrir est peut-être celui d'une construction fédérale , mais inimaginable aujourd'hui dans l'étendue et la diversité de l'espace de l'Union. En attendant qu'une autre Union européenne devienne possible,

- il faut maintenir aux États ce qu'ils ont encore de compétences et qu'ils parviennent à coopérer; 

- il faut obtenir que les délégations de compétences législatives soient mieux évaluées : lorsque le Gouvernement demande de faire rentrer dans le droit français par Ordonnances un paquet de directives, ce n'est pas sérieux; car le Parlement est dessaisi du pouvoir d'apprécier ces directives; 

- il faut que les organes indépendants soient  mis au service des intérêts diversifiés existant dans  l'Union :

        - que la Commission soit soumise à  des encadrements et à des approbations formelles avant de négocier des accords commerciaux qui devraient être explicitement approuvés avant entrée en vigueur par le  Parlement;

        - que la BCE soit pilotée par une "gouvernance" politique, puisque l'on fait tant de cas de la "gouvernance"...et que le problème majeur qui vient est - semble-t-il - celui d'une crise de liquidités au regard tant des besoins de l'économie que de ceux des états. 

 

Notons enfin - comme nous avons noté que F. Hollande était sur des positions raisonnables pour les affaires budgétaires - que N. Sarkozy , dans le cadre existant, fait, à nos yeux, face à la Chancelière très entêtée,  tout son possible, pour obtenir un rôle monétaire assoupli de la BCE ; l'idée que celle-ci soit nourrie de concours du FMI pour pouvoir ouvrir des crédits est une voie d'approche, insuffisamment franche  car  trop indirecte,  mais intéressante, vers la faculté de la BCE, en tant que de besoin,  d'émettre des euros ( dans le cas  d'espèce, qui proviendraient en quelque sorte .. du FMI)  de la même façon que peut  le faire dans sa devise,  toute banque centrale  digne de ce nom et  de cette fonction. 


Les hommes politiques français en compétition prendraient-ils en même temps  et sur différents fronts enfin conscience qu'il faut faire fonctionner autrement l'Europe et restaurer la Nation?

 

Il faut espérer que chacun progresse en ce sens puisque aujourd'hui, selon un sondage tout frais, plus de la moitié des Français ne seraient pas satisfaits  du duel avec ces duellistes. Il faut donc , soit qu'une autre offre politique prospère, soit que l'un des  deux intéressés  réponde de mieux en mieux  aux aspirations de nos concitoyens.

 

Et, à nos yeux, la différence ne se fera pas sur la sécurité ou sur l'immigration (les épouvantails correspondants ont fait leur plein et les bénéfices ne s'en disputent plus qu'au prix de surenchères entre  l'extrême droite et une partie de la droite aux affaires ) , mais sur la manière dont une gestion  française saura expliquer, démythifier  et gérer une crise qui est instrumentalisée au niveau européen pour faire du constat de l'endettement  le moyen d'une régression sociale, aux fins de pouvoir continuer dans le libre échange mondial. En effet les bénéfices de celui-ci nourrissent le capitalisme du négoce et de la distribution  - combattant donc toute réglementation du commerce international  -  et les intérêts de la dette versés aux prêteurs nourrissent le capitalisme financier. Celui-ci vit donc largement et bien de la dette même qu'il critique  parce qu'il redoute  tout risque de défaut  de paiement comme l'érosion  des intérêts  qui proviendrait d'une action monétaire entraînant un glissement  des prix  .   (Nous relaierons bientôt  sur partie de ces points une excellente étude sur la dette publique qui vient d'être publiée par Attac).  

 

Bien entendu, ce n'est pas exactement dans ces termes  que tout un chacun perçoit les enjeux. Mais le sentiment est diffus et fort qu'il se joue quelque chose de considérable résultant de la volonté des tenants du raz de marée libéral - qui a déferlé depuis presque un quart de siècle - de poursuivre celui-ci à tout prix  malgré ses effets de désordres des marchés, de dépression des activités et de l'emploi; chacun sait de même  que  les vilaines petites mesures  antisociales qui sont tentées ou prises ces temps-ci ne sont que des prémisses  de très dures perspectives d'austérité, au premier chef de réductions des garanties santé, des rémunérations et des services publics (police, éducation,etc.)   s'il n'y a d'autre stratégie imaginée  que celle des gouvernants en place  .

 

Aussi devant l'accumulation des risques,  ce que l'on veut aujourd'hui, c'est "plus d'État",  et pour réguler les marchés et pour donner du souffle aux économies et pour donner des sécurités à chacun .  Mais nos concitoyens  ne sauraient imaginer - car le seul État protecteur qu'ils  connaissent c'est l'État Nation -  que ce "plus d'État" soit exercé, soit inspiré même,  par un échelon supra national qui leur semble bien pouvoir être le porteur des intérêts et du grand négoce et du capitalisme financier. Ils attendent donc des porteurs d'offre politique qu'ils leur disent comment ils vont pouvoir faire avec  ce pouvoir supra national  et comment ils vont pouvoir conserver  à l'État national un rôle effectif face aux menaces du temps dont ils sentent bien aussi que les véritables explications leur échappent .

Et c'est pourquoi la première tâche des prétendants au pouvoir c'est d'expliquer comment on en est arrivé là,  en faisant la part de ce qui tient à nos excès et à nos erreurs , mais aussi la part  de ce qui tient au système économique et financier mondial et en dessinnant des voies permettant sinon de tout le réformer, du moins d'en cantonner les plus grandes perversités, en se donnant pour but réel de pouvoir un jour mieux les maîtriser.   

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Mercredi 30 novembre 2011 3 30 /11 /Nov /2011 22:05
- Par Gérard Bélorgey - Publié dans : actualité - Ecrire un commentaire
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Oseront-ils faire le coup d'état de la monnaie? Devant le désordre fantastique de la zone euro - désordre moins imputable aux endettements des États  qu'aux effets totalement néfastes résultant, pour la plupart des pays et régions, de la combinaison d'une  monnaie trop forte et du  libre-échange, ce qui a ruiné la capacité de croissance, les comptes extérieurs et publics  -  devant la dégradation des conditions d'emprunt des pays de la zone où l'éventail des taux d'intérêt demandés aux différents États est gigantesque , devant "la foire aux actifs" qu'engendrent  bien des banques, pour retrouver de la marge de manoeuvres - coincées qu'elles sont  entre de mauvais engagements et des réglementations qui se révèlent excessives et inadaptées -  en se délestant de nombreuses valeurs et, au premier chef, de ces titres d'État qu'elles chérissaient auparavant; alors qu'on ne sait plus qui va pouvoir faire du crédit à ces États et aux économies réelles,   nous nous voyons renvoyés à bien pire que la situation qui prévalait  avant la création de l'euro lorsque chaque pays avait sa propre monnaie nationale; et cette crise  est manifestement  imputable au concept même de l'euro et à l'incapacité de ceux  qui le gère ( d'ailleurs est-il géré ?)  à proposer autre chose pour salut que  la dépossession des nations et des peuples.
 

 

Les propositions d'aujourd'hui de la commission européenne directement inspirées par les dirigeants allemands sont de faire viser les lois de finances des états membres par la Commission  avant leur vote par les parlements nationaux.
Nous en sommes au paroxysme de l'agression, avec le soutien de la France,  du souverainisme germano-européen contre les autres pays.

 

 

Et comme il faudrait bien valider cette dépossession du pouvoir démocratique capital de voter les budgets,  on annonce qu'on va réviser le traité de Lisbonne dans ce sens...sans que les gouvernements et les technocrates complices ne s'accordent, même avant cette révision,  pour passer les budgets sous le visa d'une  commission à laquelle on ne peut reconnaître aucune légitimité pour  faire la loi , dire le droit. .Faudrait-il faire juger des budgets pour incompatibilité européenne par la Cour de Justice ? Beau débat qui montre l'absurdité à laquelle nous sommes arrivés

 

Oui il faut réformer le mauvais traité de Lisbonne,  mais autrement :
-pour autant qu'il y ait besoin d'une coordination et d'une discipline budgétaire ce ne doit pas être sous le contrôle de la commission,  mais sous celui en dernière instance du Parlement européen et  par des députés vraiment convenablement élus par le peuple d'Europe... s'il existe
 

 

-Mais les urgences sont ailleurs :
1-réformer la banque centrale européenne en lui permettant de prêter directement aux États,  en lui donnant  la mission de veiller au développement durable et à l'emploi tout autant qu'à la stabilité des prix et à la cotation de la devise dont la surévaluation nous fait tant de tort
2 -au-delà de l'article 123 qui  concerne la BCE, réviser les articles 124 à 126 qui interdisent en fait la solidarité européenne en excluant des transferts financiers d'État à État : tout au contraire permettre la construction d'un budget européen d'investissements qui serait financé d'abord par des ressources fiscales communes établissant une péréquation  équitable sur l'ensemble du territoire, ensuite   par des taxes aux frontières européennes et, au premier chef, par une  taxe carbone
3 ) - dénoncer donc  le principe d'ouverture commerciale, le libre-échange pour y substituer le principe selon lequel les déséquilibres structurels des commerces extérieurs  doivent être écartés, soit par des mesures commerciales, soit par des mesures monétaires,  autoriser donc en tant que de besoin les protections par tarifs et contingents et  donner pour objectif de chercher à passer avec d'autres puissances des accord interrégionaux respectant la réciprocité des intérêts.  

 

La seule manière dont sauver l'Europe,  s'il est encore temps, c'est de lui donner des dimensions et des pouvoirs ne devant  ne pas en faire un  père fouettard mais une mère veillant à la croissance dans  le développement durable et par ces voies , essayer  qu'elle n'explose pas;  sinon elle ne le fera très bientôt sous la colère des peuples.

 

Le débat sur le contenu d'une  révision du traité de Lisbonne doit être au centre des campagnes présidentielles  françaises. C'est  sur ce point  que les Français devront juger de la valeur des candidats et si les  deux  finalistes  sont trop ressemblants, on comprendrait que beaucoup n'aillent pas voter. 

 

Redoutons aussi qu'on nous vole ce débat et que des arrangements interviennent en catastrophe avant l'élection présidentielle  et qui arrangeraient tout le monde pour permettre la discioline budgétaire par la commission sans autre formalités et sans autres changements.

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Mercredi 23 novembre 2011 3 23 /11 /Nov /2011 23:23
- Par Gérard Bélorgey - Publié dans : actualité - Ecrire un commentaire
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Déclaration de Jean-Pierre Chevènement, 5 novembre 2011.
Une monnaie moins chère ; une Europe de la croissance plutôt que de la stagnation ; préserver notre souveraineté budgétaire et fiscale, sauvegarder notre indépendance en matière énergétique, de défense et de politique extérieure ; redresser l’Europe : construire une Europe européenne qui soit un pôle dans le monde multipolaire de demain.


1. Tout au long de cette année, j’ai beaucoup réfléchi et écouté. J’ai décidé d’être candidat à la présidence de la République en 2012, comme je l’avais annoncé, « pour faire bouger les lignes ». Pour mettre la gauche et la France à la hauteur des défis qui sont devant elles.

2. Nous sommes en effet à la veille de très fortes secousses. Avec la crise de l’euro, l’Europe se trouve dans l’œil du cyclone.

3. Ceux qui nous dirigent ou qui aspirent à le faire, pas plus que nos gouvernants de 1940, ne se sont préparés à y faire face. Or, dans cette période de tempêtes, il faudra maintenir le cap des intérêts de la France et de la République, qu’ils ont souvent perdu de vue depuis longtemps (cf.8). C’est pourquoi je suis candidat, pour aider à trouver un chemin.

4. La crise de la monnaie unique a, en effet, sa cause dans la monnaie unique elle-même, que nos dirigeants ont soutenue tous ensemble, à Maastricht, il y a vingt ans. L’erreur du traité que j’ai combattu a consisté à vouloir transférer à un aréopage de banquiers irresponsables la souveraineté monétaire de dix-sept pays très différents par leurs structures économiques, leurs langues, leurs cultures et leurs options politiques. Or, au lieu de converger, leurs économies ont divergé. L’écart s’est creusé entre l’Allemagne industrielle et excédentaire au Nord et les pays du Sud de l’Europe déficitaires et en voie de désindustrialisation rapide. La monnaie unique était censée unir. Elle divise. Les politiques de rigueur conjuguées conduisent à une récession généralisée.

5. Le sommet de Bruxelles n’a rien réglé. Il n’a posé que des rustines. Les ressources disponibles du Fonds européen de solidarité financière sont insuffisantes : 250 milliards face aux 3 400 milliards de dettes des cinq pays « sous tension ». Cette insuffisance ouvre la voie à l’ingérence extérieure. Après la Grèce, qui renâcle devant sa mise en tutelle, c’est le tour de l’Italie d’être attaquée et mise sous le contrôle du FMI. La rigueur s’impose par diktat. Au sommet du G20, à Cannes, la crise de l’euro a occulté le reste : la réforme du système monétaire international n’a pas progressé.


6. Il y a pourtant des solutions pour réconcilier l’Europe avec le progrès et avec la démocratie, essentiellement deux :

a) Pour sauver la monnaie unique, adosser le Fonds européen de solidarité financière aux ressources de la Banque Centrale européenne, comme l’avait proposé initialement le gouvernement français, afin de casser la spéculation. Donner à la Banque Centrale européenne les mêmes prérogatives que la Banque Centrale américaine qui détient 2000 milliards de bons du Trésor américain et soutient la croissance aux Etats-Unis.

b) A défaut d’un accord du gouvernement allemand sur cette première solution, le compte à rebours de la dissociation de la zone euro est enclenché. Mais il est encore possible de limiter les dégâts :
- il faudrait organiser de manière négociée la mutation de la monnaie unique en monnaie commune, projet raisonnable, soutenu il y a une vingtaine d’années par M. Bérégovoy et par M. Balladur ;
- il faudrait pour cela négocier un système de parités stables et ajustables pour corriger les écarts de compétitivité entre les différents pays tout en préservant l’euro comme « toit européen commun ». Cet euro pourrait être utilisé dans les échanges extérieurs, les monnaies nationales étant réservées aux transactions internes. Il n’est pas déshonorant de rectifier une erreur et de revenir à un système monétaire moins rigide et plus souple.

7. Malheureusement les dirigeants de l’Europe ne sont pas capables de faire des choix viables et cohérents, soit pour sauver la monnaie unique en réformant son architecture, ce que j’ai toujours proposé, soit pour revenir à une monnaie commune, plus robuste. Ils manquent du plus élémentaire réalisme pour sortir de l’impasse à moindres frais.

8. Face aux secousses inévitables, il faut garder le cap des intérêts supérieurs de la France et de la République. Ceux qui nous dirigent ou aspirent à le faire, l’ont le plus souvent perdu de vue. Or, il n’est pas de cap pour qui ne connaît pas le port.


Quels sont ces intérêts majeurs que dans les années à venir il faudra conserver à l’esprit ? J’en vois quatre :

a) D’abord une monnaie moins chère que l’euro actuel surévalué de 25 %. Une monnaie moins chère pour permettre la réindustrialisation. Notre base industrielle a rétréci de moitié depuis trente ans. Or, sans base productive solide, pas de protection sociale efficace ! Voilà trente ans que je le répète : une industrie moderne c’est la condition de tout le reste : exportations, recherche, emploi, y compris dans les services, avenir de la jeunesse.

b) Deuxièmement, il faut organiser une Europe de la croissance, avec politique monétaire active, une monnaie non surévaluée, un commerce ouvert aux concurrences loyales, un plan d’investissements dans les secteurs d’avenir (transition énergétique, transports et villes durables, etc.). Il n’est pas normal que l’Europe soit le seul continent voué à la stagnation économique.

c) Troisièmement il faut préserver, avec la démocratie et les droits du Parlement, notre souveraineté budgétaire et fiscale, sauvegarder notre indépendance en matière énergétique, de défense et de politique extérieure. Pas question de brader l’atout nucléaire de la France. Nos centrales nous donnent une électricité 40 % moins chère que celle qu’il faudrait produire en substitut. Pas question de laisser partir en fumée des centaines de milliards investis depuis un demi-siècle ! Pas question de sacrifier sur l’autel de la règle d’airain budgétaire, la dissuasion nucléaire qui garantit notre sécurité à long terme. Pas question de sacrifier non plus notre siège de membre permanent du Conseil de Sécurité de l’O NU ou notre réseau diplomatique, le deuxième du monde.

d) Il faut enfin redresser l’Europe : construire une Europe européenne qui soit un pôle dans le monde multipolaire de demain. Une Europe non pas fédérale – ce n’est pas mûr – mais confédérale, appuyée sur ses nations et sur la démocratie qui vit en chacune d’elle, une Europe à géométrie variable, avec une monnaie non pas unique mais commune. Pour construire cette « Europe européenne » une France forte est nécessaire.

9. Ces quatre grands repères ne sont guère présents à l’esprit de ceux qui nous dirigent ou aspirent à nous diriger.

a) Selon Nicolas Sarkozy, « si l’euro explose, l’Europe disparaît ». Cela n’a pas de sens. La Grande-Bretagne n’est pas dans l’euro mais elle est dans l’Europe. Celle-ci existait avant l’euro. Elle existera après. Nicolas Sarkozy nous dit qu’il faut coller à l’Allemagne. Il faut certes dialoguer avec elle mais en s’appuyant sur nos propres atouts. Nos modèles sont différents et nos intérêts peuvent l’être temporairement. Trouvons avec l’Allemagne les compromis nécessaires. Nicolas Sarkozy nous fixe l’horizon du « triple A ». Ce n’est pas un projet républicain dans lequel le peuple puisse se reconnaître. C’est transférer la souveraineté populaire aux agences de notation ! Au total, Nicolas Sarkozy ne nous offre à travers la règle d’or – en fait d’airain – que l’horizon d’une austérité à perpétuité.

b) François Hollande refuse, lui, d’inscrire la règle d’or dans la Constitution mais il l’appliquerait, en réduisant dès 2013 le déficit budgétaire à 3 % du PIB. Je ne discerne pas la logique alternative qu’il propose. Il évoque les eurobonds mais l’Allemagne n’est pas prête à mutualiser sa dette avec celle des autres. Tout au plus accepterait-elle peut-être un emprunt européen pour financer quelques travaux d’infrastructures …

c) Les invocations au fédéralisme qui se font entendre à gauche et à droite dissimulent le fait que ce fédéralisme ne peut être que coercitif et déboucher sur un espace disciplinaire.


Les Français ont besoin de repères clairs, sur l’Ecole, la sécurité, l’intégration, mais d’abord sur l’Europe car c’est par là que la maison brûle. Il faut donc une vision et d’abord pour remettre l’Europe sur ses pieds.

La France, depuis trop longtemps, minée par le doute, doit retrouver confiance en elle-même : les secousses sont inévitables et l’effort le sera aussi. Mais cet effort doit avoir un sens, et la justice être au rendez-vous.

Il faut enfin parler le langage de la vérité, y compris sur les moyens que nous prendrons. C’est le seul moyen d’éviter les déceptions après 2012. Nous ferons ainsi barrage à l’extrême droite.

Il faut remettre d’aplomb la République et refaire des citoyens. C’est pour cela que j’ai choisi de faire entendre ma voix
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Jeudi 10 novembre 2011 4 10 /11 /Nov /2011 05:00
- Par Gérard Bélorgey - Publié dans : actualité - Ecrire un commentaire
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1 - Tous nos bricoleurs de programmes politiques ont ajouté à leurs fausses fenêtres la proposition de la fameuse taxe sur les transactions financières.

 

SI jamais elle était instituée, on en ferait tant de propos satisfaits qu'elle serait un redoutable alibi : et à un renforcement des régulations des marchés financiers, et un alibi à la nécessaire régulation des échanges commerciaux.

Or la TTF ne réglerait rien dans ces matières : elle n'aurait pour influence sur les flux financiers que de porter  ceux-ci  à s'accomplir dans les les pays qui n'auraient pas de TTF (ou qui feraient semblant de l'avoir sans l'appliquer) et pénaliserait donc les   places financières de nos pays dont les vertueux responsables politiques se seraient tiré, une fois de plus, une balle dans le pied. Par ailleurs, et bien évidemment, une telle taxe  ne concerne pas les échanges de marchandises alors que la libre circulation de celles-ci entre sociétés profondément différentes et inégales  est la vraie cause basique  des désordres mondiaux.

 

Le seul - et réel intérêt de la TTF - serait  de produire des recettes fiscales , avec la question  de savoir à quoi et sous quelles conditions, ces recettes - que la logique porte plutôt à des emplois internationaux - pourraient être affectées?  Il y a gros à parier que notre naïveté habituelle de bon élève du village mondial ne nous porterait sans doute guère à savoir en bénéficier.

2 - Et puisqu'on parle recettes fiscales, cessons de faire les hypocrites. La vraie raison des déficits et des gros besoins d'emprunt est l'insuffisance des produits fiscaux. L'allergie des citoyens contemporains à l'impôt est une forme aggressive et incivique  de nouvelle modernité se diffusant, comme une gangrène, dans tout le monde occidental depuis Reagan...Les habitants des pays avancés veulent des services publics et sociaux mais ne veulent pas les payer.  A droite - regroupant toujours autant d'égoïstes,  on se bat contre l'impôt direct qui est le plus équitable s'il est fortement progressif ; à gauche - où l'on est toujours aussi ringards -  on se bat contre l'impôt indirect, lequel , sous forme d'augmentation de TVA,  serait le plus efficient pour se protéger contre l'importation. Entre les deux, il ne reste plus surtout que des impôts de poche et , en définitive -car c'est l'objet même de toute l'intox - de faire des coupes sombres dans les services publics et les couvertures sociales...

 

....alors qu'il y a des réponses fiscales évidentes:

 

- d'une part, celles du type proposé par le socialiste Cahuzac ou par l'économiste Pikettry  pour une meilleure contribution des revenus du capital et des hauts revenus ( si l'on revenait à la pression fiscale d'il y a dix ans , il y aurait à ce titre de l'ordre de 15 mds de rentrées supplémentaires, tandis qu'une nouvelle tranche d'IR commençant dès 100.000 Euros annuels par foyer fiscal rapporterait beaucoup... );  toutes hypothèses qui ne peuvent toutefois évidemment être mises en oeuvre que dans un espace national protégé contre des systèmes étrangers se présentant en moins-disants fiscaux  ...

 

- d'autre part, celles du type proposé par le radical J. Arthuis el le socialiste M. Valls:, non pas une augmentation de TVA pour remplir un peu les caisses, mais   la TVA sociale  qui transférerait sur la consommation une part de la charge des cotisations pesant sur le travail, mais qui allégerait la consommation en prix hors TVA du coût de ces cotisations. Globalement l'opération devrait être blanche, sous réserve que les entreprises répercutent bien  en diminution de prix les allégements de cotisations sociales. Il faudrait en fait que l'opération dégage un bonus qui paierait le coût d'un contrôle administratif comptable serré des entreprises pour veiller à ce qu'elles fassent effectivement cette répercussion;

 

- encore, le verrouillage des possibilités de fraude et d'évasion les plus connues et  dont l'impact en pertes fiscales est  si considérable en Allemagne, en France,  et dans tous les pays de l'U.E. ( cf. une récente émission d'"envoye spécial" quasiment  validée par le syndicat unifié des impôts ), que le tarissement de ces voies d'eau  renouvellerait complètement les termes de la fausse crise des déficits à laquelle nous sommes abusivement confrontés : nos pays sont riches et ont toujours des facultés considérables; mais nombreux sont ceux qui soit pratiquant l'économie clandestine, soit  se faisant payer à l'étranger ( ce que permet la totale absence des contrôles des mouvement de fonds ) et/ou sous des noms d'emprunts, échappent quasi totalement à l'impôt qu'ils soient des salariés confortablement payés par des entreprises internationales ou des professions libérales facturant leurs services en off shore, avec  complicité de spécialistes  opérant depuis des plaques tournantes comme par exemple le Luxembourg.  Les moyens de juguler  ces pratiques qui plombent nos finances publiques bien plus que la sécurité sociale   existent en droit; pour les mettre en oeuvre en fait ( en particulier par les prélèvements obligatoires à la source et par des missions de contrôle dans les pays support des fraudes - en voilà une bonne collaboration européenne !  et un bon test de neutralisation des paradis fiscaux !  ) il faut, là aussi, des fonctionnaires des finances en plus.

 

 

L'"État stratége" cher aux libéraux  est certainement  un versant indispensable de la puissance publique - surtout si on avait encore une capacité de stratégie souveraine - mais c'est  un État impuissant s'il n'est aussi un État outillé par de bons services publics. 

 

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Samedi 5 novembre 2011 6 05 /11 /Nov /2011 07:58
- Par Gérard Bélorgey - Publié dans : actualité - Ecrire un commentaire
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Immédiatement après l'annonce du référendum grec , nous avons pronostiqué  sur ce site, qu'il était "trop démocratique pour avoir lieu".

 

Il n'a pas fallu trois jours pour que ce soit vérifié.

 

Peut-être ce référendum eut-il pu aboutir à valider l'accord passé sur le dos des Grecs ( car il y avait bien un ou deux plans B pour résoudre ce type d'affaire...) terrorisés par la menace de se voir couper les vivres.

Peut-être eut-il pu aboutir à ce qu'un peuple debout dise qu'il préfère choisir ses sacrifices plutôt que de se les voir dicter et qu'il sorte de l'euro.

 

Mais la communauté internationale financière ( et son avatar européen) ne joue quitte ou double que dans l' économie casino.

Pour le reste, pour écarter  les épreuves de vérité ( comme la claque qu'elle reçut par le   "non" français au projet de   Constitution européenne,et qui ne lui a rien appris qu'à frauder par une adoption parlementaire du Traité de Lisbonne ),  l'Union Européenne professe avant tout la haine de la démocratie directe. 

 

Dans la filiation d'un Jean Monnet - dont l'idéologie fut d'écarter les électeurs de chaque nation des affaires pour les confier aux apatrides financiers et technocrates  -,  ce qu'aiment les équipes et partis de gouvernement,   ce sont les  systèmes institutionnels  qui dépouillent deux fois ce peuple imbécile dont ils ne peuvent accepter ni les intérêts, ni les élans,  par des mécanismes de  dévolution du pouvoir deux fois indirects et deux fois déformants . Voilà ce qu'obtient la superposition   à des  scrutins nationaux pervers  lorsqu'ils sont tous de type majoritaire comme les nôtres, de  ces transferts de souverainetés ( monétaire, commerciale, budgétaire, etc.) négociés en coulisse et  court circuitant le souverain populaire, et qu'il  se trouve  des majorités de coalition pour injecter les Traités correspondants  dans  une Constitutions ne pouvant plus, dès lors, être un pacte de confiance entre gouvernants et gouvernés.

E. Todd a bien raison; c'est bien "la fin de la démocratie".

 

C'est aussi la fin d'une Europe que ses patrons dictatoriaux ont définitivement discréditée auprès  de tous les démocrates.

 

Il faut que ce soit également  la fin d'une Veme République qui a dérivé loin de ses ambitions d'origine : celles de pouvoir accorder - dans la clarté, plus encore grâce au référendum que grâce à l'élection du président au suffrage universel -   un  peuple et un responsable du pilotage national sur un choix de cap et de   destin. 

 

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Vendredi 4 novembre 2011 5 04 /11 /Nov /2011 17:38
- Par Gérard Bélorgey - Publié dans : actualité - Ecrire un commentaire
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