« LES ANNÉES GISCARD »
De 1974 à 1981, « Les années Giscard » constituent une phase transformatrice cruciale de la Cinquième République, voire une véritable rupture : pour la première fois, les institutions ne sont plus aux mains de gaullistes et le septennat n’est pas interrompu, ni par une démission, ni par un décès (de Gaulle ou Pompidou). Ces novations s’expriment dans quatre champs principaux.
- Dans la manière dont sont vécues les institutions, tant lors de l’élection présidentielle que dans le déroulement de ce mandat : la volonté du « changement sans le risque » porte à la conduite présidentielle d’ « une ère nouvelle » pour « une société libérale avancée » ; la définition du « bon choix » pour les élections de 1978 pose la question de la possibilité de l'alternance législative ; le Président de la République enfin doit trouver les voies de ses relations avec ses gouvernements et avec la majorité.
- Dans le traitement des questions de société : elles sollicitent fortement le titulaire du pouvoir présidentiel qui y répond de manière renouvelée ; affronté au double héritage de Mai 1968 et de la crise structurelle suscitée par les deux chocs pétroliers de 1973 et de 1979, Valéry Giscard d'Estaing entend placer son septennat sous le signe de la modernisation de la société française. Avec le recul, quatre axes apparaissent tout particulièrement : la lutte contre le chômage, l'effort de réinsertion des exclus (personnes âgées, handicapés, immigrés, veuves, inadaptés sociaux, détenus...), la promotion de la condition féminine (incluant le traitement des questions sensibles de l’interruption de grossesse, de capacité civile, de divorce, etc.), l'éducation de la jeunesse ( avec en particulier création du collège unique) et l'abaissement à 18 ans de l'âge de la majorité civile et électorale.
- Dans le positionnement qu’adopte la France dans le monde, du fait particulièrement de son engagement pour la construction européenne : les initiatives fondatrices sont la rencontre régulière des chefs d'État et de gouvernement, l'élection au suffrage universel des députés au Parlement européen, la création du système monétaire européen. Ce chantier considérable de l'histoire de l'Europe a une autre particularité, celle de reposer sur l'entente franco-allemande et sur cette singulière complicité entre le chancelier Helmut Schmidt et le président français.
- Dans la recherche de l’assainissement économique dans la cohésion sociale : en voulant passer en souplesse des méthodes précédentes à la mise en oeuvre d’un libéralisme pondéré ; en mobilisant ses ministres et l’opinion , dans le cadre de cette ligne directrice de la conduite de l’économie, pour la garantie de notre capacité énergétique, pour des réformes de structures en vue d’une fortification industrielle, et pour une pédagogie faisant débuter une vraie protection de l’environnement.
Une série de séminaires du Centre d’histoire de l’Europe du vingtième siècle et de l’Institut pour la démocratie en Europe (colloques qui ont eu lieu en 2002, 2004, 2006, 2008, sous les auspices de la Fondation des Sciences politiques) ont été consacrés à cette période. Ils ont associé des historiens, des chercheurs, des « grands témoins » (dont l’ancien Président lui-même, et, participant au comité scientifique, avec les directeurs des ouvrages, Jean Claude Casanova et des collaborateurs ou proches du Président comme Jean Sérisé et Olivier Revol, Pascal Cauchy, Florence de Bollardière, George de La Loyère,). Ces travaux ont engendré, sous la direction de Serge Berstein, Jean-François Sirinelli et René Rémond, les publications suivantes :
- Institutions et pratiques politiques ; 1974/1978, Novelles Études contemporaines, Fayard, 2003.
- Valery Giscard d’Estaing et l’Europe ; 1974/81, Armand Colin, 2006.
- Les réformes de société ; 1974/81, Armand Colin, 2007.
A la suite des journées d’études tenues au Sénat en février 2008 ( avec notamment pour grand témoins, Marcel Boiteux, François de Combret, Alain Lamassoure) , est attendu l’ouvrage sur « le septennat de Valéry Giscard d’Estaing : la politique économique ».
En outre, les Archives de la Présidence de la République ( 74/81) ont donné lieu à un ouvrage co édité par Somigy, Editions d’Art et les Archives Nationales.
De 1974 à 1981, « Les années Giscard » constituent une phase transformatrice cruciale de la Cinquième République, voire une véritable rupture : pour la première fois, les institutions ne sont plus aux mains de gaullistes et le septennat n’est pas interrompu, ni par une démission, ni par un décès (de Gaulle ou Pompidou). Ces novations s’expriment dans quatre champs principaux.
- Dans la manière dont sont vécues les institutions, tant lors de l’élection présidentielle que dans le déroulement de ce mandat : la volonté du « changement sans le risque » porte à la conduite présidentielle d’ « une ère nouvelle » pour « une société libérale avancée » ; la définition du « bon choix » pour les élections de 1978 pose la question de la possibilité de l'alternance législative ; le Président de la République enfin doit trouver les voies de ses relations avec ses gouvernements et avec la majorité.
- Dans le traitement des questions de société : elles sollicitent fortement le titulaire du pouvoir présidentiel qui y répond de manière renouvelée ; affronté au double héritage de Mai 1968 et de la crise structurelle suscitée par les deux chocs pétroliers de 1973 et de 1979, Valéry Giscard d'Estaing entend placer son septennat sous le signe de la modernisation de la société française. Avec le recul, quatre axes apparaissent tout particulièrement : la lutte contre le chômage, l'effort de réinsertion des exclus (personnes âgées, handicapés, immigrés, veuves, inadaptés sociaux, détenus...), la promotion de la condition féminine (incluant le traitement des questions sensibles de l’interruption de grossesse, de capacité civile, de divorce, etc.), l'éducation de la jeunesse ( avec en particulier création du collège unique) et l'abaissement à 18 ans de l'âge de la majorité civile et électorale.
- Dans le positionnement qu’adopte la France dans le monde, du fait particulièrement de son engagement pour la construction européenne : les initiatives fondatrices sont la rencontre régulière des chefs d'État et de gouvernement, l'élection au suffrage universel des députés au Parlement européen, la création du système monétaire européen. Ce chantier considérable de l'histoire de l'Europe a une autre particularité, celle de reposer sur l'entente franco-allemande et sur cette singulière complicité entre le chancelier Helmut Schmidt et le président français.
- Dans la recherche de l’assainissement économique dans la cohésion sociale : en voulant passer en souplesse des méthodes précédentes à la mise en oeuvre d’un libéralisme pondéré ; en mobilisant ses ministres et l’opinion , dans le cadre de cette ligne directrice de la conduite de l’économie, pour la garantie de notre capacité énergétique, pour des réformes de structures en vue d’une fortification industrielle, et pour une pédagogie faisant débuter une vraie protection de l’environnement.
Une série de séminaires du Centre d’histoire de l’Europe du vingtième siècle et de l’Institut pour la démocratie en Europe (colloques qui ont eu lieu en 2002, 2004, 2006, 2008, sous les auspices de la Fondation des Sciences politiques) ont été consacrés à cette période. Ils ont associé des historiens, des chercheurs, des « grands témoins » (dont l’ancien Président lui-même, et, participant au comité scientifique, avec les directeurs des ouvrages, Jean Claude Casanova et des collaborateurs ou proches du Président comme Jean Sérisé et Olivier Revol, Pascal Cauchy, Florence de Bollardière, George de La Loyère,). Ces travaux ont engendré, sous la direction de Serge Berstein, Jean-François Sirinelli et René Rémond, les publications suivantes :
- Institutions et pratiques politiques ; 1974/1978, Novelles Études contemporaines, Fayard, 2003.
- Valery Giscard d’Estaing et l’Europe ; 1974/81, Armand Colin, 2006.
- Les réformes de société ; 1974/81, Armand Colin, 2007.
A la suite des journées d’études tenues au Sénat en février 2008 ( avec notamment pour grand témoins, Marcel Boiteux, François de Combret, Alain Lamassoure) , est attendu l’ouvrage sur « le septennat de Valéry Giscard d’Estaing : la politique économique ».
En outre, les Archives de la Présidence de la République ( 74/81) ont donné lieu à un ouvrage co édité par Somigy, Editions d’Art et les Archives Nationales.
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Vendredi 19 septembre 2008
5
19
/09
/Sep
/2008
06:58
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Par Gérard Bélorgey
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Publié dans : livres
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