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POURQUOI CE BLOG



L'objet de ce site est de baliser par quelques souvenirs éloquents l'histoire récente et de faire contribuer ces expériences, par des commentaires d'actualité, à éclairer et choisir les changements, en s'interrogeant sur les propositions des politiques et les analyses des essaiystes. Par ailleurs, à côté des problèmes de société (parfois traités de manière si impertinente que la rubrique "hors des clous"a été conçue pour les accueillir), place a été faite à "l'évasion" avec des incursions dans la peinture, le tourisme, la littérature,  des chansons, ce qui constitue aussi des aperçus sur l'histoire vécue.

 
Identité de l’auteur
vous pouvez lui écrire à <gerard.belorgey@wanadoo.fr>

Né en 1933, appartenant à la génération dont l'enfance a été marquée par la deuxième guerre mondiale, l'occupation et la Résistance, l'adolescence par la Libération, la guerre froide, puis par de clairvoyants engagements pour les décolonisations, l'auteur a ensuite partagé sa vie professionnelle entre le service public (il a notamment été préfet, délégué à l’emploi, directeur des affaires économiques de l’outre-mer, président de la chaîne de radio-télévision, RFO), l'enseignement et la publication d’ouvrages de sciences politiques (il est aujourd’hui membre du comité de rédaction et
collaborateur régulier de la "Revue Politique et Parlementaire"). Il a également assumé des missions dans de grandes entreprises en restructuration (Boussac, Usinor/Sacilor), puis a été conseil d’organismes professionnels.

Alors que ses condisciples ont été en particulier Michel Rocard et Jacques Chirac (il a partagé la jeunesse militante du premier dans les années cinquante et fait entrer le second à Matignon dans les années 60, avant d'être son premier collaborateur à l’Emploi, pour la négociation de Grenelle et au secrétariat d’Etat aux Finances, il n'a suivi ni l'un, ni l'autre dans leurs itinéraires. En effet, dans le domaine politique, comme il ressort de ses publications (cf. infra), Gérard Bélorgey n’a rallié ni la vulgate de la Veme république sur les bienfaits de l’alternance entre partis dominants, ni les tenants du catéchisme du libre-échange mondial. Il ne se résigne donc pas à TINA ("there is no alternative" au libéralisme). Tout en reconnaissant les apports autant que les limites de ceux qui ont été aux affaires et avec lesquels il a travaillé, il ne se résigne pas non plus à trouver satisfaction dans tel ou tel programme de camp. Mesurant combien notre société multiculturelle, injuste et caricaturalement mondialisée, souffre aussi bien des impasses de l’angélisme que des progrès de l’inégalité et des dangers de l’autoritarisme, il voudrait contribuer à un réalisme sans démagogie.

Partie de ses archives est déposée dans les Fonds d'Histoire contemporaine de la Fondation des Sciences Poltiques (http://centre-histoire.sciences-po.fr/archives/index.html)

Il a écrit et existé sous d'autres noms que celui sous lequel il a signé des ouvrages fondamentaux que furent "le gouvernement et l'administration de la France" ( 1967), "la France décentralisée" ( 1984), "Les Dom-Tom" (1994)  : le peuso de Serge Adour correspond à l'époque de la guerre d'Algérie et à une grande série de papiers dans Le Monde en  1957 , celui d'Olivier Memling à l'écriture du recueil de poèmes "Sablier " (couronné en 1980 par l'Académie Française et référé  dans l'histoire littéraire du XXeme Siècle de Hachette) et aux chansons qui en sont issues, celui de  Gérard Olivier à son analyse dans de  grands quotidiens de la décentralisation en 1981/82; celui de Solon  (malheureusement partagée par erreur avec d'autres auteurs) à la publication en 1988 de "la démocratie absolue" . Cessant de vivre un peu masqué, il retrouve son nom en 1998 pour "Trois Illusions qui nous gouvernent", puis à compter de 2000 pour "Bulles d'Histoire et autres contes vrais " (série de coups de projecteurs sur notre monde  qui seront souvent repris ci-dessous), ainsi que pour de  nombreux articles dans  diverses revues. En 2009, son récit "la course de printemps" revient sur la guerre d'Algérie.

actualité

On ne peut aujourd'hui se taire après  l'élection américaine.
Ce fut apparemment une compétition entre deux honnêtes gens,
suivi d'un appel à dépasser les camps qu nous donne une leçon:
avant tout une leçon d'ouverture très favorisée 
        - d'un côté, parce que le modèle institutionnel américain (dont la transposition très adaptée  serait opportune pour la France :  des pouvoirs séparés obligés de collaborer et en fait, hors du moment de regroupement pour  l'élection présidentielle, un très large clavier de tendances différentes)  se prête à des réflexes d'union nationale,  sans que chacun perde son identité ou soit asservi à un vainqueur;
         - d'un autre côté, parce que  les programmes de l'un et de l'autre ne sont pas des programmes fermés comme ceux de nos clans
.

Ce qui est l'aspect encourageant
avec un aspect inquiétant

Au delà
-
du principe du changement (une chanson entendue aussi en France)
-
d'une autre posture à l'égard des conflits dans lesquels Bush a engagé les États-Unis, en ruinant leur image dans le monde, encore qu'il faille reconnaître qu'ils ont dans certains cas déclenché des contre-offensives légitimes contre des dictatures abominables
- de la promesse de progrès sociaux, ce qui est  incontournable - tant l'Amérique  est le pays de l'insécurité sociale et des inégalités profondes - mais ce qui suppose une gestion économique trouvant les moyens de payer ces progrès au moment conjoncturel le plus difficile ou de supporter un endettement supplémentaire et les dépendances qu'il entraîne vis à vis de l'Asie,  
 
je n'ai précisément pas vu, lu, trouvé l'expression d'une stratégie économique "ad hoc" et à la dimension des interpellations structurelles de l'économie mondiale, alors que la Chine vient tout de suite d'essayer - avec beaucoup plus d'habileté que l'ours russe qui a grogné contre  le grand concurrent - de se mettre Obama dans la poche, et alors qu'il n'y pas de stratégie américaine efficace qui ne doive combiner
- le respect des pays émergents ( et c'est tout l'espoir de l'Amérique latine)
- mais la fin de la soumission à la politique de conquête commerciale et financière de certains d'entr'eux  : par la recherche avec eux de nouveaux équilibres  fondés sur des deals bien balancés  et non sur le laisser passer/ laisser faire qui est l'une des causes évidentes de la crise de solvabilité américaine et du cyclone boursier  qui en a  résulté .  Espérons que l'Amérique pragmatique saura mieux mener à bien cela que l'Europe.   

Espérons aussi que la bonne volonté de tous d'une part, d'autre part la pugnacité pour restaurer les chances du "rêve"  américain - et, enfin, il la faut,  la "baraka" qui parfois peut accompagner l'aura d'un jeune messie né des métissages  - sauront pallier les lacunes d'un programme  bien flou qu'il va falloir nourrir et mûrir dans la collaboration des partis, de la maison Blanche et d'un Congrès aux forces très multiples.

Mercredi 5 novembre 2008 3 05 /11 /2008 16:05
- Publié dans : actualité
Par Gérard Bélorgey - Voir les commentaires


Serait-il vraiment possible que beaucoup n’aient rien compris aux ressorts de  la crise qui, plus encore que  bancaire et financière, exprime  un déchirement de civilisation ?  Ni les vieux ou jeunes libéraux, toujours traditionnellement confiants dans la libre communication des marchés pour, à tout prix,  comprimer les coûts , ni les « réalistes » socialistes, en service depuis F. Mitterrand ou affichant désormais leur adhésion à un  marché mondial qu’ils veulent imaginer gouvernable ,  ne paraissent percevoir ni le jeu des « fondamentaux qu’il y a plus de dix jours, et avant même des dévissages massifs - nous avons ici mis en exergue, ni les enchaînements très logiques – et qu’on pouvait donc depuis des années  prévoir  si on ne faisait l’autruche – qui ont conduit l’économie mondiale où elle en est : à la merci d’une crevaison de confiance sur un terrain économiquement exposé et socialement explosif. 
 
Le point de départ est dans l’effet de ciseaux entre,  d’une part,  l’offre immobilière souvent insensée proposée par les banques et assurances  américaines et d’autre part,  l’insolvabilité de plus en plus manifeste  des acquéreurs s’endettant sans précaution tant en capital qu’au regard de la mobilité des intérêts sur la durée . Certes, d’un côté,  la responsabilité proprement bancaire est évidente, dans le choix et les méthodes  de la spéculation considérée, aussi bien du fait de l’absence de garanties tant à leur profit que pour la sauvegarde des acquéreurs, puis dans l’envol des expulsions, des cessions massives  de biens caviardant  complètement le marché immobilier , dans les titrisations et transmissions des créances, dans la spirale des risques et par la contagion sur les bilans des grandes compagnies opératrices devant , comme beaucoup d’autres agents économiques  acculés par une d’une faim de liquidités, à  brader des valeurs estimées (et parfois surestimées) qui s’écroulent aujourd’hui comme un château en Espagne dont les plus fragiles des cartes ont été les fameuses ventes à découverts décimant des traders du monde entier. L’acrobatie des cupidités et imprudences entraîne dans sa chute les moyens nécessaires en crédit et en confiance au fonctionnement de l’économie réelle et peut aller, en additionnant les saignées des effectifs financiers et les obligations d’arrêt d’activités des industries et services  perdant à la fois des crédits et  des clients à un désemploi massif avec les pertes de revenus qui entretiendront une dépression. Par la contagion des places boursières, l’épée de Damoclès est aussi suspendue sur nous dont les structures économiques et sociales ont été également très fragilisées par la mondialisaion sans régulation. Et les places des pays tiers ( asiatiques, mais aussi moyen orientales ou russe par exemple)  sont elles mêmes frappées dans la mesure même où les émergents se sont impliqués dans des participations de toute nature aux économies développées qu’ils  ont par ailleurs concurrencées par des expansions fondées avant tout sur l’export, mais les incidences sociales de leurs problèmes seront chez eux cantonnées dans la proportion même ou leur progrès social est resté, lui,  très limité, le ressort de leur pugnacité étant dans la faiblesse des niveaux de vie de leurs populations sous contrôle. 

Cette offre bancaire américaine insuffisamment armée  de  déontologie ou de simples règles prudentielles  s’est d’ailleurs elle même adressée à une société très vulnérable et récemment vulnérabilisée plus encore par un  jeu de facteurs qui tiennent aux données structurelles de l’économie mondiale : autonomie d’action de puissances bancaires privées non contrôlées ;  insécurité fondamentale des nombreuses familles non  couvertes par des régimes de sécurité sociale ;  inégalités considérables de situations entre  couches socio-ethniques,  faiblesse et précarité de bien des rémunérations ;  réduction de l’emploi solide dans une  économie minée – hors  ses secteurs protégés, comme l’agriculture, la logistique militaire   et une part de la sidérurgie -  par les importations asiatiques ; sans répondant de taux d’épargne à la mesure des besoins, fantastique endettement général, des ménages, de bien des entreprises, enfin  de l’appareil public devant se financer à l’extérieur sur les puissances émergentes,  tenant à merci, par ce qu’elles imposent d’imports du fait de leur compétitivité prix  et par ce qu’elles acceptent d’exports ( à conditions de cessions technologiques et d’investissements chez elles ), oui, tenant à merci  le commerce international et les finances publiques de la plus grande et la plus fragile puissance du monde.
 
Les montages bancaires ont été mortels parce qu’ils se sont adressés à une société devenant de plus en plus largement insolvable. Et la cause fondamentale de cette «crise»  est bien dans cette insolvabilité  camouflée par la tolérance du déficit extérieur et la légende du rêve américain, mais bien indiquée par la lente chute du dollar, d’une viabilité toutefois entretenue par le crédit, mais devenant  de plus en plus problématique avec la globalisation et avec  la réduction relative de la croissance  et ses effets sur l’emploi, les revenus salariés  l’épargne, les matières premières, les conditions de vie, les charges de la vie courante. De la même façon que l’insolvabilité des classes populaires et moyennes qui commence à toucher la France eut offert un terrain de déploiement d’une crise de modèle américain si la plupart de nos banques avaient été aussi imprudentes que celles des Etats Unis . Mais l’esprit de précaution ( parce que beaucoup de nos dirigeants bancaires viennent du service public ?)  a plutôt dominé sur cette rive de l’Atlantique : tandis qu’a régné chez nous la difficulté du crédit, a prévalu , aux E. U.  l’excès du crédit. Tout cela veut bien dire que les ressorts et formes de la crise tiennent autant qu’à des comportements bancaires qui peuvent être regrettables, aux données spécifiques de chaque économie expliquant les formes de maladie de chacune devant les assauts de la globalisation.

Depuis les E.U. , ce sont les deux sociétés étroitement liées , bancaire de l’imprudence, et, productive et sociale,  de l’insécurité,  qui ont ensemble engendré ce qui se propage. A tel point que l’on doit se demander qui de la « crise » ou de la « récession » est la cause première de la situation. A notre sens, ce n’est pas tant la crise qui engendre la récession que la tendance récessive pré existante qui a contribué à la dimension de  la crise. C’est parce qu’il y avait  récession  débutante (entraînant  les insolvabilités précitées ) que la crise   a pu se gonfler pareillement du fait de surcroît d’ailleurs d’une série de fausses manœuvres. Celles-ci ont été dans les délais de réactivité des pouvoirs publics alourdis par des préjugés idéologiques contre l’interventionnisme et,  plus encore peut-être,  dans une erreur de cible. On aide aux Etats Unis et dans les pays les plus touchés  les institutions en recapitalisant généreusement, pour les sortir de leurs péripéties , des perdants bancaires,  au lieu d’aider chemin faisant les débiteurs. Une autre manière de faire face aux risques eut été de soutenir, en bout de chaîne, les débiteurs terminaux pour qu’ils puissent honorer leurs mensualités de crédits et intérêts pour acquisition de logement ou leurs échéances d’entreprises emprunteuses. Telle intervention aurait certainement limité l’amplification de la crise en évitant que soit mis d’un  coup sur le marché tous les biens immobiliers que les expulsés ont été obligés de brader  et un gros volume de titres que bien des insolvables ont évidemment  cherché à rendre d’urgence mobilisables en liquidités sans que, pour autant, certaines importantes perspectives de cessations de paiements ne soient écartées, ce qui peut engendrer d'importantes cessations d'activités industrielles et de services. Il  eut fallu, et très vite, pour couper court à une dépression brutale des marchés orienter des subventions (ou des prêts longs et sur mesure )  vers les ménages et les entreprises et non vers les distributeurs bancaires pouvant d’ailleurs  en faire, aux frais du contribuable,  des usages contestables dans la panique généralisée. La technique libérale, il est vrai qui ne se veut pas d’assistance sociale,  n’est pas d’aider les individuels, mais les institutions financières...

Ainsi dans les mesures prises ou envisagées, l’accord des grandes puissances pour écarter  - donc couvrir ? par des nationalisations « provisoires », c’est à dire utiles au service intérimaire du capital - toute faillite bancaire  traduit-il plus  un constat obligé d’un retard à la manoeuvre qu’une action préventive . Décidée  plus précocement la baisse des taux directeurs ( dont on sait que c’est plus un signe psychologique pouvant jouer à froid qu’un remède pouvant  sur une échelle utile jouer à chaud)  eut été peut-être moins inefficace,  encore que quelques économistes réputés  ne croient guère aux effets de ces ajustements, surtout si tout le monde les fait ensemble. C’est, au delà, bien sûr,  une large action par la souplesse  du crédit qui pourrait apporter le plus pertinent des remèdes, mais il vient, au plan politique,  se heurter à la peur récurrente de l’inflation, et au plan technique, au fait que l’injection de liquidités dans des économies ouvertes n’est garanti d’aucun effet  salvateur si leurs entreprises sont trop concurrencées sur leurs marchés externes et internes et si leurs consommateurs préfèrent des biens importés à des biens localement obtenus . Problématique qui renvoie  à la recherche du bon dosage à trouver, au nom même de l’emploi,  entre le nécessaire recours - sans proscription ni abus du protectionnisme - à une part de sauvegarde contre les low costs sur tous les produits  du monde entier , et stimulation de notre compétitivité sans inéquité,  ni désagrégation sociale.

Mais ne croyons surtout pas que nous puissions être sauvés ni par une déontologie bancaire et plus largment patronale aussi indispensable qu’insuffisante, ni par la perspective  bien floue d’une gouvernance mondiale qui aurait du – doit on le rappeler à un  B. Attali  qui a pourtant eu de l’influence sur les affaires au moment où la France a été embarquée sans précaution dans les aventures que nous vivons - accompagner la globalisation et non lui courir après. Que pouvons nous de même attendre de la réflexion sympathique mais sans perspective concrète de Terrra Nova ( in le Monde du 9 octobre)  qui, après nous avoir expliqué que notre type de société est mise en  péril parce qu’elle eut le bonheur, par le compromis social gaulliste,  d’être la plus équitable du monde , semble nous inviter à ne à ne pas nous crisper sur ce passé  (faut-il donc, Michel Rocard , renoncer à nos progrès sociaux ? ) sans nous aligner  sur le  modèle à la Milton Friedmann ( mais comment faire ; depuis que, dans l’ouverture mondiale,  le Keynésianisme dont ne se sont pas consolés ces réformateurs est apparemment devenu assez impuissant ?) .
 
Aussi  nous ne comprenons pas très bien ce que veulent dire des considérations comme les suivantes :  « Cette crise remettra-t-elle en cause le compromis libéral américain au profit d'un modèle progressiste ? Peut-il lui aussi se renouveler sur des bases modernisées ? Ce sera sans doute aussi l'enjeu de la période qui s'ouvre. Les tensions idéologiques devraient également se réveiller dans les pays émergents, singulièrement en Chine. Le modèle de développement de ces pays est fondé sur la compétitivité-prix sur les marchés étrangers. Il repose par construction sur le maintien de bas coûts de production - salaires et charges sociales notamment. Avec la montée en puissance économique, la bataille autour de la répartition de la valeur ajoutée est appelée à s'intensifier. La pression des travailleurs s'accroît rapidement - même si les institutions non démocratiques de la plupart de ces pays freinent cette évolution. »
Est-ce à dire que les rédacteurs de ce texte qui décrit synthétiquement mais abstraitement la dictature capitalo communiste chinoise  s’attendent à un horizon crédible à un progrès social qui marquerait si fortement ce type de pays qu’il changerait le rapport de forces commerciales mondiales ? Ces perspectives nous semblent des souhaits  et non des probabilités. D’ailleurs les auteurs ajoutent au conditionnel : « Un autre modèle de développement, plus progressiste, pourrait en résulter. Europe, Etats-Unis, Chine : partout, le modèle de développement d'hier est remis en cause ou est appelé à l'être. De nouveaux modèles devraient émerger et s'affronter. Et, au-delà des modèles nationaux, il faudra aussi inventer un modèle de gouvernance mondiale. Les enjeux de demain sont avant tout des enjeux globaux : finances, énergie, environnement, eau, migrations, prolifération... Aucune gouvernance capable de faire face à ces défis n'est aujourd'hui en place. La bataille idéologique va s'ouvrir. Elle va concerner le modèle de développement de nos territoires et l'organisation de la planète. Il est urgent que les progressistes entrent dans l'arène. »

Pour ma part je dirai d’abord qu’il n’y a pas « avant tout » des enjeux globaux, mais partout des enjeux globaux  et des enjeux sociaux nationaux totalement imbriqués parce que c’est dans ces enceintes nationales qu’ ont  lieu et le vécu de chacun et la dévolution du pouvoir politique . J’ajouterai surtout : il est urgent que les progressistes soient clairs et définissent ce à quoi ils invitent ..immédiatement pour faire face ;  et ensuite pour gérer .... Quand l’incendie approche la maison, touche notre première réalité tangible, la Nation, avant de nouveaux incertains architectes, il faut des pompiers. Il faut ensuite imaginer - mais enfin... sans tabou, et ce serait pour la première fois, la novation,  le vrai débat toujours interdit  - ce que tel ou tel dosage entre libéralisme, interventionnisme et protectionnisme peut représenter ou non de négociable en interne et en externe, ce que tel ou tel de ces schémas comparés  peut coûter et rapporter aux plans écologique, économique et social. Nous avons moins besoin de batailles idéologiques que de la présentation et de l’explication de schémas alternatifs de gestion établissant comment ceux-ci rentrent ou non dans le respect de telles ou telles  valeurs.  C’est à ce compte que les Français s’y reconnaîtront.
Samedi 11 octobre 2008 6 11 /10 /2008 19:46
- Publié dans : actualité
Par Gérard Bélorgey - Voir les commentaires
Je fais, en ce qui concerne mon ironie sur l'Université d'été du PS,  amende honorable pour mon papier " La Rochelle un port fermé.  J'ai reçu de "reconstruire à gauche" le texte ci-dessous. Il me dit qu'il s'est passé quelque chose à La Rochelle.
J'en prends acte, mais cela ne change rien
- ni quand à mon analyse sur le besoin de changer de mode de scrutin;
- ni sur le besoin de pouvoir en conséquence,  aller, dans des alliances, au delà d'un ancrage à gauche.

"Mais que s’est-il donc passé à la Rochelle  ? C’est la question que se posent les militants, sympathisants, électeurs qui ne s’y trouvaient pas et qui sont souvent déboussolés, voire dégoûtés. On les comprend : à lire les commentaires, les trois jours de l’université d’été n’auraient été que pugilat, divisions, repli du parti sur lui-même… Pour démêler le vrai du faux, j’ai pensé utile de te dire comment, avec Laurent Fabius et les camarades de notre sensibilité, nous avons vécu cette université d’été.
 
            A la Rochelle , nous avons combattu la politique de N. Sarkozy en faisant des propositions pour une alternative crédible en France et en Europe. Dans « université d’été », il y a « université », autrement dit réflexion collective. Celle-ci a été riche, vivante, et il est regrettable que les médias n’aient pas davantage mis en avant la participation active de 4 000 militants, élus locaux, cadres fédéraux, responsables nationaux au sein des 21 ateliers qui ont rythmé le week-end. De nombreux amis ont participé aux tables rondes : Pervenche Berès (« le Manifeste du PSE 2009 »), Bariza Khiari (« le projet socialiste de coopération franco-méditerranéenne »), Guillaume Bachelay (« ce que les sociaux-démocrates peuvent faire du traité de Lisbonne »), Henri Weber (« où en est la présidence française de l’UE ? »), Alain Vidalies (« le code du travail en miette : le vrai projet Sarkozy-Fillon »), André Laignel (« Comment l’UMP étrangle les collectivités locales »), Claude Roiron (« l’école, la recherche, l’université : la droite contre le savoir »), Vincent Léna (« la solidarité urbaine : l’impensé de la droite »), Didier Mathus (« l’audiovisuel selon Sarkozy-Fillon »), moi-même (« quelle politique économique et sociale de gauche ? ») et d’autres encore. Avec conviction, nous avons fait partager aux camarades les analyses et les réponses de « Reconstruire à gauche ».
 
            Je veux tout particulièrement attirer ton attention sur la séance plénière consacrée à l’Europe qui s’est déroulée dès l’ouverture de l’université d’été. Dans le grand auditorium, Laurent Fabius en était le grand témoin. Il a pu développer son diagnostic de la crise de la social-démocratie européenne, sa volonté de substituer le « juste échange » au libre échange pour développer nos économies et protéger nos modèles sociaux, sa critique de la politique européenne de N. Sarkozy qui préfère le magma institutionnel à la relance des politiques concrètes pour les Européens. Afin de mettre le PS et le PSE sur les bons rails en vue des élections européennes de juin 2009, Laurent Fabius a avancé cinq propositions précises sur l'Europe  : une clause de sauvegarde sociale, une coopération renforcée en matière de recherche et d’innovation, une véritable communauté européenne de l'énergie, un programme européen d'investissements massifs et un espace Schengen de la défense. Dans la salle, les 400 militants présents ont, semble-t-il, approuvé ces orientations précises, tournées vers le futur, qui permettent de dépasser les oppositions du Oui et du Non au traité constitutionnel européen. Car tous les socialistes sont des pro-européens convaincus. Et la crise du modèle libéral exige un sursaut de la gauche européenne. Les médias, sans surprise, se sont fait peu l’écho des propositions   concrètes formulées par Laurent. A chacune et chacun de nous, maintenant, de les marteler dans nos sections et nos fédérations. Et poser une question simple : à la Rochelle , quels autres dirigeants socialistes ont fait de même, c’est-à-dire voulu donner à nos militants des outils pour convaincre et tourner le PS vers les Français et vers l’avenir ?
 
            Bien entendu, la Rochelle fut aussi l’acte I du Congrès de Reims. Pour toutes les sensibilités présentes, ce fut le moment d’échanger avec d’autres. Pour tous les animateurs des contributions générales, ce fut la possibilité de promouvoir leurs analyses et leurs propositions. Pour les militants et les dirigeants, ce fut aussi l’occasion de discuter des candidats possibles au poste de premier secrétaire. Et c’est normal ! Dans un peu plus de dix semaines, les militants du Parti socialiste auront à se prononcer sur la ligne politique, la stratégie d’alliances, la direction chargée de mettre le parti en ordre de marche pour préparer l’alternance. Cela mérite que des sensibilités expriment leurs souhaits ! Les projets politiques s’incarnent dans des femmes et des hommes, que départagent les adhérents. On peut se moquer de la passion socialiste pour le débat, comme le font les dirigeants de l’UMP. On peut aussi y voir une richesse, la marque de notre histoire, la preuve de notre vitalité démocratique.
 
            Nous sommes allés à la Rochelle avec la volonté de participer au pôle des Reconstructeurs qui constitue le véritable espoir d’un changement du PS. Voilà près d’un an, lors de notre réunion à Sciences-Po le 29 septembre 2007 , nous avons fait le choix de rencontrer et de débattre avec d’autres sensibilités socialistes pour tenter, dans la fidélité à nos convictions, de reconstruire ensemble notre parti. Nous avons continué le travail et, au fil de nos réunions (en janvier 2008 au Sénat et le 1 er juin lors de la journée nationale des reconstructeurs), un rassemblement possible s’est dessiné. Nous avons publié des textes communs et des tribunes qui ont montré notre convergence sur l’avenir de l’Europe, sur la nécessité d’inventer de nouvelles réponses à l’heure de l’épuisement de la social-démocratie traditionnelle et sur la conception du parti. Au début, notre initiative a suscité l’incrédulité et a été accueillie par une certaine indifférence. C’est sans doute parce qu’elle apparaît maintenant comme plus crédible que certains se déchaînent contre elle !
 
Le week-end dernier nous avons donc échangé avec Martine Aubry et ses amis, avec les partisans de Dominique Strauss-Kahn, avec Arnaud Montebourg et ses camarades, ainsi qu’avec les membres du NPS, notamment Benoît Hamon , avec lesquels nous avons beaucoup de convergences. Nous l’avons fait dans un souci de double transparence : transparence à l’égard des membres de notre sensibilité (en conviant Martine Aubry, Jean-Christophe Cambadélis et Benoît Hamon à notre réunion plénière de sensibilité pour qu’ils nous disent ce qu’ils attendent du Congrès) et transparence à l’égard de la presse (en participant à un large déjeuner auquel tous les responsables avaient été conviés). Là aussi, je pose une question simple : y a-t-il une autre sensibilité du parti qui a, en marge de l’université de la Rochelle , ouvert ses portes à des camarades de sensibilités différentes ? Seuls les reconstructeurs ont fait véritablement le choix de l’ouverture, du dialogue, de la camaraderie, en privilégiant le débat sur le fond aux aventures médiatiques personnelles.
 
Dans ces réunions, il a été surtout question de l’avenir de la gauche . Nous partageons aujourd’hui un même diagnostic : après 20 ans sans victoire présidentielle et 11 ans sans victoire législative, il est vital de changer en profondeur le PS. C’est l’intérêt général du parti qui nous motive. Les Français comprendraient-ils qu’après ces échecs, on maintienne à peu près les mêmes personnes, les mêmes candidats, les mêmes synthèses et les mêmes orientations politiques ? Nous voulons un nouvel Epinay entre des sensibilités et des responsables qui partagent l’essentiel, c’est-à-dire l’ancrage à gauche du PS, le refus de la peopolisation de la vie politique et de la présidentalisation du parti, l’opposition vigoureuse au sarkozysme, et l’exigence d’une refonte de la social-démocratie européenne. Certes, nous ne sommes pas d’accord sur tout. Mais pour gagner des élections, il ne faut pas simplement rassembler des gens qui pensent la même chose. Il faut être capable d’entraîner des sensibilités diverses. Et pour cela, il est indispensable de réunir des militants qui peuvent avoir des approches différentes sur telle ou telle question. Vouloir rassembler uniquement « ceux qui pensent la même chose », comme le proposent certains, est la meilleure recette pour rester éternellement minoritaires dans le pays .
 
Allons plus loin et regardons, là aussi, les faits. Où est le sectarisme ? Où se niche l’incohérence ? Le sectarisme est du côté de ceux qui, ces derniers jours, ont multiplié dans les médias les exclusives, voire les injures à l’égard de notre sensibilité. Que nous reprochent-ils ? D’avoir vu souvent juste, qu’il s’agisse de la laïcité en 2003, de la crise européenne en 2005, de la nécessité d’augmenter le pouvoir d’achat et d’abord le Smic en 2006, du refus de la TVA sociale en 2007 ou encore de la prise de conscience début 2008 d’un virage atlantiste et bushiste de la France en Afghanistan ? Pourquoi un tel rejet à notre égard ? On nous dit : les fabiusiens ne sont pas fréquentables parce qu’ils ont fait un choix différent en 2005. La manœuvre est un peu grosse. Pourquoi étions-nous fréquentables lors du Congrès du Mans, quand nous étions nécessaires à la synthèse, et pourquoi ne le serions-nous plus aujourd’hui ? Pourquoi d’autres responsables qui ont fait le choix du non, sont-il aujourd’hui des interlocuteurs acceptables, alors que nous ne le serions pas ? Tout cela montre bien qu’il ne s’agit que d’arguments de façade. L’ostracisme envers Laurent Fabius traduit avant tout la peur de certains de perdre le confort de la direction du parti ou de devoir se mesurer à l’un des seuls responsables socialistes qui a été capable jusqu’à présent de s’opposer efficacement (60 députés lui doivent leur siège) et de proposer positivement (voir ci-dessus les propositions sur l’Europe) ?
 
Quant à l’incohérence, on se pince pour y croire ! Ceux qui dénoncent les rencontres au grand jour entre socialistes n’oublient-ils pas que certains, entre les deux tours de la présidentielle, se rendaient, à la nuit tombée, au domicile de F. Bayrou pour quémander son soutien ? Sans oublier ceux qui se proclamaient au printemps « socialistes et libéraux » et qui veulent aujourd’hui donner des exemples de cohérence idéologique.
 
Nous ne sommes pas dupes de ces manœuvres qui consistent, par médias interposés, à installer la confusion dans l’esprit des militantes et des militants. Au fond, deux destins s’offrent au Parti socialiste :
 
- soit on réédite les recettes déjà essayées et qui ont conduit à l’échec (la présidentialisation du parti, la droitisation des analyses, la tentation de l’alliance au centre droit, la sous-estimation de la crise de la social-démocratie européenne, ainsi que la prétendue ritournelle de l’unité aux dépens du travail de fond et de la clarté de l’orientation politique). Ce sont des impasses.
 
- soit on change en profondeur – c’est l’autre destin possible pour le PS – pour affirmer un socialisme décomplexé. C’est ce qu’appellent de leurs vœux, chacun avec ses mots, son histoire, sa personnalité, notamment Martine Aubry, Jean-Christophe Cambadélis, Jean-Paul Huchon, Benoît Hamon , d’autres, et bien sûr nous toutes et tous, autour de Laurent Fabius. A ces responsables d’être à la hauteur du moment historique dans lequel se trouve le Parti socialiste en réussissant à bâtir, avec d’autres comme le pôle écologique de notre ami Géraud Guibert , un projet de reconstruction à vocation majoritaire. Y a-t-il aujourd’hui au sein de notre parti une autre proposition de changement à la mesure de celle-ci ? Y a-t-il une autre perspective collective aussi innovante ?
 
Une dernière question : parmi ces deux offres, laquelle redoutent à la fois N. Sarkozy , notre adversaire de droite, et O. Besancenot, notre concurrent d’ultragauche ? Poser la question, c’est y répondre.
 
Refusons la confusion et contribuons à la clarification réclamée par les militants qui s’apprêtent à lire les motions en septembre, à choisir une orientation, puis à désigner une direction nouvelle avec un ou un(e) premier(e) secrétaire courant novembre. Soyons fidèles à notre volonté de « rassembler à gauche ». A ce stade, Martine Aubry présente de nombreux atouts qui font d’elle un pivot de ce rassemblement. Elle symbolise la gauche qui réussit localement. Elle porte une ligne politique qui ne confond pas la gauche et la droite. Elle refuse la présidentialisation et se place sur le terrain collectif. Elle est capable, nous l’espérons, de rassembler largement.
 
Nous sommes déterminés plus que jamais à changer le PS pour éviter qu’il se brise sur ces deux récifs que sont l’immobilisme et le libéralisme. Au cours de ce congrès, nous débattrons dans la sérénité et la clarté, proposerons à gauche, agirons avec d’autres pour bâtir une majorité de renouveau. Je t’invite à suivre cette feuille de route dans ta section et au sein de ta fédération. A nous de montrer l’exemple et le chemin. Pour que Reims soit le début du renouveau socialiste qu’attendent nos camarades, nos électeurs, notre pays et l’Europe.
 
Amicalement"

 

Jeudi 4 septembre 2008 4 04 /09 /2008 16:09
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Par Gérard Bélorgey - Voir les commentaires
Rien n'est plus normal que de confronter tendances, personnalités, hypothèses d'alliances, tactiques,  en une Université d'été préalable à un Congrès. Le procès fait au Ps pour de tels débats est donc totalement illégitime, comme avait pu être dénués de sens les commentaires sur les conflits au sein de la droite il y a deux ou trois ans.

La vraie question n'est pas là, mais que ces confrontations mettent en vis à vis les symboles personnifiés d'erreurs passées ou présentes,   sans qu'on revienne sur la compréhension de celles-ci :

- comment les trente cinq heures  ont signifié la résignation à l'lncapacité d'assurer plus et mieux d'emplois, ce qui obligeait à partager le travail, la solution malthusienne, dès lors qu'on n'imaginait pas de sortir du modèle économique d'ouverture non correctement régulée au marché mondial constituant pour une part une compétition indue à l'encontre des niveaux  de nos emplois nationaux ;
- en quoi s'ancrer à gauche est une double illusion  : d'abord, parce qu'il n'y a pas de majorité dans le pays pour cela ( sauf - peut-être - , dans une alliance stérile et sans lendemain  possible avec l'extrême gauche ); ensuite, parce qu'un bon programme social trouve tout de suite ses contradictions  (comme l'a montré la dernière gestion socialiste)  et ses  limites si la stratégie économique persévère dans les voies libre-échangistes européennes qui imposent au contraire la rigueur libérale;
- à quel point célébrer les valeurs de liberté est donc non seulement "fumeux", mais encore équivoque,  quand il est manifeste que, d'un côté,   la liberté sociétale et politique atteint un tel niveau de tolérance, voire de célébration des égoïsmes et déviances,   qu'elle devrait surtout être équilibrée par des valeurs de respect, de discipline, de solidarité, de citoyenneté  et que, d'un autre côté, le libéralisme  économique - celui qui gouverne les échanges mondiaux et les principes des politiques publiques - mène aux déboires, aux crises et aux abîmes  que l'on sait.

Or ce sont les noms qui sont associés à ces thèmes ( la RTT, inadéquate; la gauche mythique;  le social-libéralisme,  ambigu)  - promis, face au pays,  à des échecs patents -  les noms  d'Aubry, de Jospin, des différents émules de DSK, de Delanoë, qui font sinon recette du moins têtes d'affiche, tandis que les quelques chercheurs  - comme Benoît Hamon - de pistes crédibles  ( car, il faut, hélas,  considérer que la piste participative de la candidate a été  trop lacunaire et trop éventée pour rester créatrice et mobilisatrice) en sont réduits à être cités pour mémoire, voire pour appoint, alors qu'ils s'inscrivent non loin de la ligne d'efforts de renouvellement , malheureusement chaque fois combattus au sein du Ps,  qu'ont illustré, avec cohérence un Chevénement ou,  avec insuffisamment  d'approfondissement stratégique,  un  Fabius.

La Rochelle est un nouveau coup pour rien parce que ce parti , ayant, dans sa majorité,  accouché  la nouvelle ligne de "clair" ralliement au libéralisme intellectuel et international, s'est soumis aux vulgates du temps et, en conséquence,  passe à côté des deux questions essentielles de société qu'il faudrait traiter pour répondre aux attentes de l'opinion et se donner de réelles chances :
-   celle du régime politique :  comment  concevoir des voies de reconquête du pouvoir ?
-  celle du régime économique : comment concevoir les moyens d'une garantie de l'économie et donc du niveau social de la France ?


En matière politique, doit-on penser que c'est avec le double régime majoritaire - l'élection du Président, le scrutin législatif -  qu'une relève pourra efficacement s'opposer à la droite rassemblée par le sarkozisme, alors que - au delà des variations des sondages sur la popularité de tel ou tel - la gauche entière - et la gauche  "classique"  encore moins - n'est pas majoritaire dans ce pays. Une relève ne peut venir que d'une palette de forces démocratiques. Et seule la répartition proportionnelle -  écartant les abstentions, comme les remembrements forcés à droite et le laminage du vrai centre et des petites formations  -  peut assurer que cette palette l'emporte par la coexistence de ses diversités. 

C'est alors qu'on vient nous dire d'abord que la RP est la dictature des partis, ensuite qu'elle rendrait le pays ingouvernable. Double contrevérité.  Dans le cadre de petites circonscriptions  comme le département qui,
autant qu'une circonscription pour un choix uninominal,  reste totalement à l'échelle des besoins de contacts et d'échanges,   la RP ne sépare pas les électeurs des candidats, ni des élus; loin d'assurer l'autorité absolue de partis forts, elle permet tout au contraire à des personnalités,  éventuellement soutenues par de petites formations , d'avoir une chance qu'elle n'auraient en aucun cas au scrutin majoritaire, un mode de scrutin  dans lequel  le second tour est fait pour les éliminer. Elle est bien plus démocratique que la quasi dictature de nos partis dominants sur les  investitures et les alliances dans ce régime des superpartis qu'est notre Veme République d'aujourd'hui.

Si ce super régime des partis est donc gouvernable c'est  par des majorités d'alternance - puisqu'on a fait le choix de l'efficacité pour gouverner - nous dit-on - contre celui de l'équité  pour représenter; et cela  au prix de  la plus exceptionnelle concentration des pouvoirs des démocraties d'Occident, concentration qui a conduit à l'État RPR, à l'État socialiste, à l'État sarkoziste, dans un régime qui unit la puissance de la présidence et la superposition des majorités. Une toute autre gouvernabilité est possible. Porteuse potentielle d'instabilité gouvernementale, la RP est parfaitement compatible avec un régime de séparation des pouvoirs, celui ou l'exécutif n'est pas responsable devant l'Assemblée qui ne peut créer l'instabilité puisqu'elle ne peut pas renverser le gouvernement, pas plus que l'exécutif qui est alors unique ( les fonctions de PR et PM étant fusionnées) ne peut renvoyer l'organe délibératif. C'est ce que les constitutionnalistes appellent le " régime présidentiel" et ce régime présidentiel s'il connaît des risques de divergences entre les pouvoirs, donc de blocage, peut être arbitré par le recours  très démocratique au référendum pour choisir entre les propositions confrontées. Il a surtout la vertu d'instituer le pluralisme, et, au vu des variétés de programmes, de conduire obligatoirement  à des dosages obtenus par  consensus, de permettre et d'exiger la collaboration entre la Présidence et l'Assemblée, sans donner de pouvoir absolu à l'un ou à l'autre.

Voilà le type de débat sur l'avenir souhaitable de la France qu'aurait du engendrer une Université d'été digne de ce nom ! Pace que ce n'est pas du tout incrédible, SI les partis dominants cessent d'espérer qu'ils peuvent tour à tour l'emporter, l'un d'entr'eux, ou un candidat à la Présidence,  devrait bien, un jour, à l'occasion d'une consultation, s'engager à proposer à nos concitoyens un changement d'institutions qui leur rendrait le pouvoir.

L'autre type de débat est celui qui aurait du porter sur le régime économique. N'est-il du devoir d'une opposition et du devoir de notre pays de poser plus clairement la question d'un protectionnisme intelligent. Non pas un  protectionnisme  comme celui d'aujourd'hui, contre les hommes, mais d'un protectionnisme à l'égard de certains  produits des low cost countries. Leurs productions concernent désormais quasiment  toute la gamme des biens et services ( si bien que la théorie des avantages comparatifs sélectifs conduisant à des échanges gagnants/gagnants perd tout son sens)   et se  substituent sur nos marchés internes,  et pour les fournitures  à des pays tiers,   à nos emplois et à des facultés d'équilbre que nous aurions parfaitement si l'Europe était mieux pourvoyeuse de ses propres ressources à ses propres clients  internes que sont ses entreprises et ses habitants. 

Au contraire,  nous nous sommes placés dans la totale dépendance en import et, d'une autre manière,  en export, de pays qui construisent leur avenir d'une part pour près de 90% sur l'exportation, surtout en direction des oays avancés,   d'autre part sur l'importation de technologies qui leur permettent ensuite de se dispenser d'une large part des  importations elles-mêmes. C'est l'inverse du schéma qui a fait la réussite des capitatismes occidentaux bâtis sur  le developpement des marchés intérieurs, le pouvoir d'achat des salariés  étant les débouchés des entreprises. Il est de la responsabilité des pouvoirs des pays émergents de trouver des bases de leur propre progrès dans une meilleure rémunération de leurs populations en cessant de les exploiter pour en exporter les fruits du travail au  prix de leur misère. Pour les pousser à cette part de  conversion - parce qu'elle est réciproquement vitale pour nous -   il n'y a pas de nombreuses variantes. II faut rendre plus difficile leurs ventes  chez nous à des prix qui sont pour nous "imbattables" dès lors que nous voulons sauver une part de notre niveau social. Si des  représailles consistaient  dans le rejet de produits européens,  il faudrait en écouler plus sur nos propres marchés. Ceux-ci  ont la capacité d 'absorbtion pour autoriser quelques recifications de tirs exemplaires indispensables. Bien sûr cette stratégie est le contraire du libre échange non régulé multilatéral. Il faut  débattre de la part de faisabilité de ce changement de point de vue et de la part de prudence comme de ténacité dont il faudrait assortir sa mise en oeuvre, d'abord dans le dialogue intra européen.

C'est le seul débat économique et social essentiel pour demain. Il est présent dans quelques travaux, mais ni leurs auteurs,  ni ces thèmes n'ont réussi à aborder   La Rochelle :  ce port est sans doute bouché.

Lundi 1 septembre 2008 1 01 /09 /2008 11:33
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Par Gérard Bélorgey - Voir les commentaires
La Chine, la Russie n'ont rien à faire des démarches ou protestations européennes, voire américaines.

Alors même que la communauté internationale n'a qu'à s'en prendre à elle-même d'avoir conçu les jeux à Pékin en pensant naïvement que ce serait un levier de libéralisation et que, par aillleurs,  les Etats Unis n'auraient pas du laisser penser au Président géorgien qu'il pouvait commettre impunément  un crime , avec bien des victimes civiles comme les Russes en ont fait  pour leur part en Géorgie - contre le droit des Ossétes  à disposer d'eux-mêmes et , pire, une faute de stratégie politique, force est de constater que quelle que que soit la qualité de la cause en ...cause, nous ne pouvons rien lorque ces régimes de l'Est et d'Asie  nous envoient...faire foutre.

Il n'y  aurait qu'un type possible de sanction ( qu'ils utilisent d'ailleurs un peu contre nous): conditionner l'ouverture de nos marchés à la satisfaction de nos demandes. C'est d'ailleurs, au delà de dossiers particuliers, au plan structurel,  un  lien logique :  si la Chine peut être aussi  conquérante  sur le plan commercial mondial ( en y trouvant un substitut à une demande populaire insuffisante),  c'est bien évidemment parcequ'elle ne respecte ni  les droits de l'homme au travail, ni le patrimoine naturel  ( voir les pollutions), ni les besoins sociaux et de service public qui devraient la conduire à un moindre "taux d'épargne" ( voir notre note précédente sur le livre sur " globlalisation, le pire est à venir" et à une plus grande dépense collective.

Mais fermer ou réduire certains de nos marchés en leur faveur aurait  pour conséquence que nous perdrions les nôtres dans ces pays ou que nous nous couperions de sources d'approvisionment en  énergie  en Russie.

La question toute simple est donc de savoir si l'Europe saurait trouver un autre équilibre, proche de celui imaginé par O. Todd : suffisamment de ressources et clients en elle-même pour ne pas être dans la dépendance de ceux qui, souvent fragilisent son économie et, plus généralement,  la narguent ? Pour un  examen d'ordre  technique  des possibilités de relever ce défi, il faut abandonner  les  "a priori"  idéologiques qui nous font beaucoup de mal : la prémisse de la valeur du libre échange entre Nations totalement différentes dans leurs valeurs, leurs coûts, leurs systèmes sociaux, leurs ambitions politiques.

Cessons d'être les fadas du village global.
Lundi 18 août 2008 1 18 /08 /2008 20:06
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Par Gérard Bélorgey - Voir les commentaires
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