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POURQUOI CE BLOG



L'objet de ce site est de baliser par quelques souvenirs éloquents l'histoire récente et de faire contribuer ces expériences, par des commentaires d'actualité, à éclairer et choisir les changements, en s'interrogeant sur les propositions des politiques et les analyses des essaiystes. Par ailleurs, à côté des problèmes de société (parfois traités de manière si impertinente que la rubrique "hors des clous"a été conçue pour les accueillir), place a été faite à "l'évasion" avec des incursions dans la peinture, le tourisme, la littérature,  des chansons, ce qui constitue aussi des aperçus sur l'histoire vécue.

 

Identité de l’auteur
vous pouvez lui écrire à <gerard.belorgey@wanadoo.fr>


Né en 1933, appartenant à la génération dont l'enfance a été marquée par la deuxième guerre mondiale, l'occupation et la Résistance, l'adolescence par la Libération, la guerre froide, puis par de clairvoyants engagements pour les décolonisations, l'auteur a ensuite partagé sa vie professionnelle entre le service public (il a notamment été préfet, délégué à l’emploi, directeur des affaires économiques de l’outre-mer, président de la chaîne de radio-télévision, RFO), l'enseignement et la publication d’ouvrages de sciences politiques (il est aujourd’hui membre du comité de rédaction et
collaborateur régulier de la "Revue Politique et Parlementaire"). Il a également assumé des missions dans de grandes entreprises en restructuration (Boussac, Usinor/Sacilor), puis a été conseil d’organismes professionnels.


Alors que ses condisciples ont été en particulier Michel Rocard et Jacques Chirac (il a partagé la jeunesse militante du premier dans les années cinquante et fait entrer le second à Matignon dans les années 60, avant d'être son premier collaborateur à l’Emploi, pour la négociation de Grenelle et au secrétariat d’Etat aux Finances, il n'a suivi ni l'un, ni l'autre dans leurs itinéraires. En effet, dans le domaine politique, comme il ressort de ses publications (cf. infra), Gérard Bélorgey n’a rallié ni la vulgate de la Veme république sur les bienfaits de l’alternance entre partis dominants, ni les tenants du catéchisme du libre-échange mondial. Il ne se résigne donc pas à TINA ("there is no alternative" au libéralisme). Tout en reconnaissant les apports autant que les limites de ceux qui ont été aux affaires et avec lesquels il a travaillé, il ne se résigne pas non plus à trouver satisfaction dans tel ou tel programme de camp. Mesurant combien notre société multiculturelle, injuste et caricaturalement mondialisée, souffre aussi bien des impasses de l’angélisme que des progrès de l’inégalité et des dangers de l’autoritarisme, il voudrait contribuer à un réalisme sans démagogie.

Partie de ses archives est déposée dans les Fonds d'Histoire contemporaine de la Fondation des Sciences Poltiques (http://centre-histoire.sciences-po.fr/archives/index.html)

Il a écrit et existé sous d'autres noms que celui sous lequel il a signé des ouvrages fondamentaux que furent "le gouvernement et l'administration de la France" ( 1967), "la France décentralisée" ( 1984), "Les Dom-Tom" (1994)  : le peuso de Serge Adour correspond à l'époque de la guerre d'Algérie et à une grande série de papiers dans Le Monde en  1957 , celui d'Olivier Memling à l'écriture du recueil de poèmes "Sablier " (couronné en 1980 par l'Académie Française et référé  dans l'histoire littéraire du XXeme Siècle de Hachette) et aux chansons qui en sont issues, celui de  Gérard Olivier à son analyse dans de  grands quotidiens de la décentralisation en 1981/82; celui de Solon  (malheureusement partagée par erreur avec d'autres auteurs) à la publication en 1988 de "la démocratie absolue" . Cessant de vivre un peu masqué, il retrouve son nom en 1998 pour "Trois Illusions qui nous gouvernent", puis à compter de 2000 pour "Bulles d'Histoire et autres contes vrais " (série de coups de projecteurs sur notre monde  qui seront souvent repris ci-dessous), ainsi que pour de  nombreux articles dans  diverses revues. En 2009, son récit "la course de printemps" revient sur la guerre d'Algérie.

actualité

Il faut prendre  garde à ne pas se faire récupérer par tout le monde et n'importe qui lorsque que l'on s'éteint. Un raison supplémentaire de se battre pour continuer à vivre dans sa clarté. Sinon tous les grands sont récupérés, un Césaire hier, un Druon aujourd'hui et de façons des plus paradoxales , parfois, par ceux qui les ont combattus.

Alors qu'en fait Maurice Druon n'appartenait à personne, sinon à la légende. Je l'ai un peu connu lorsque j'étais préfet de Loir et Cher et qu'il souhaitait, en 1976, se défaire de la propriété d'une ruine gallo romane largement étalée sur un grand espace à Thésée, et que je fis en sorte que le Département en accepte le don. J'allais de temps en temps le chercher à la gare  ou il débarquait dans sa houppelande en loden, avec cape sur les épaules et sous un beau borsalino , presque une touche de Bruand - mais l'écharpe n'était pas rouge - et jouant au grand seigneur au langage vert.

Lorsque je cherchais un auteur pour renouveler le "son et lumière" de Chambord, j'avais demandé de le faire à Genevoix, à Vialar - qui refusèrent -et  enfin à Druon auquel j'expliquai comment je voyais les choses. Après un long dîner d'hiver dans l'une des salles d'apparat du Château, entre chandelles ne parvenant à réchauffer l'humidité de l'air sous les hauts caissons  et cheminées aux bûches ardentes brûlant les reins,  il était partant, et j'en étais satisfait car il avait la force pour ce genre de spectacle et l'expérience de Vézelay. Puis il devint ministre de la culture et me dit . "Je ne peux plus faire votre texte, mais vous m'avez si bien expliqué  comment vous concevez ces soirées que c'est vous qui allez le faire". Et c'est ainsi que je le fis, avec ses conseils.

Comment cet homme avait-il pu être des mêmes équipes gouvernementales qu'un Papon alors aux Finances et put-il chercher ensuite , je crois, à l'exonérer de l responsabilité de ses  actes de l'Occupation  ? Mystère des filtres qui conduisent des personnes si différentes en même temps  aux Affaires;  mais aussi, République française des titres et des lettres qui de si longue date fait que des adversaires intellectuels font partie d'un même monde où ils veulent se faire reconnaître et estimer les uns par les autres.

Ce code de conduite me fait souvenir du problème que j'eu avec Hubert Beuve -Méry lorsqu'il publia, en 1957,  mon grand témoignage ( sous le pseudo de Serge Adour) sur la pacification   "En Algérie,  de l'utopie au totalitarisme " . Traitant dans l'une des pages de la guerre psychologique  dont une publication  militaire qui s'appelait "Contacts" donnait les recettes, j'avais fait un raccourci un peu trop rapide sur l'un des développements présentés par "un capitaine" de Kabylie". Comme mes articles étaient pris à partie par "la Nation Française" sous l'impulsion et la signature de PIerre Boutang, ce défaut  de mon texte fut exploité a fons, c'était de bonne guerre- et je fus accusé de travestir la réalité. Et  Beuve  en fut très marri, me demandant toutes explications et justifications car il ne voulait pas que Pierre Boutang - dont il appréciait le commerce -  put un  instant douter de la probité du Monde ( j'ai gardé tout un échanges de notes avec lui sur cette petite affaire révélatrice de tout un "monde" d'alors ).

Ce qui est patent c'est que les intellectuels de ce temps - et encore un  peu d'aujourd'hui - alors même qu'ils sont dans des engagements contraires entretiennent entre eux   une communauté de l'intelligentsia  qui transgresse les frontières. C'est aussi parfaitement sensible dans cet ouvrage d'enquête familiale sur la période de l'occupation qu'est "Ramon"  de Dominique Fernandez  : l'histoire minutieusement reconstituée du père de l'académicien s'étant égaré dans le soutien à la Révolution nationale", mais faisant l'objet jusque sur son lit de mort d'une attention quasi confraternelle des gens de son monde et et de son niveau  culturel,  risquant, pour leur part,  leurs vies dans la cause de la Résistance. Alors même que tous ces partenaires ne sont pas des normaliens c'est une espèce de projection de l'esprit de la rue d'Ulm sur le versant culturel de la vie politique . Un effet mandarinal que jamais l'Ena n'aura porté aussi loin. Parce que la première École a été celle des privilèges de  l'esprit et l"autre celle des compétitions pour le  pouvoir ? Et que la tolérance s'exerce peut-être mieux dans le virtuel que dans le concret ?

Ce qui est frappant encore c'est que ce milieu se trouve en quelque sorte, aujourd'hui encore, superposé au pays réel. Celui ci peut se déchirer dans des tensions très dures; ses intellectuels se retrouveront souvent complices pour le plaisir autour d'un micro ou dans un studio de prise de vues, partageant les délices de leurs commentaires, jouant leus rôles respectifs ( l'ais- je bien joué se disent-ils, in petto,  l'un à l'autre)  comme dans une pièce irréelle au regard de la vraie vie. Finalement, malgré leurs défauts, souvent leurs langues de bois, parfois  leur démagogie, les politiques sont mieux en prise  parce qu'ils sont au combat, parce qu'ils ont des comptes électoraux à rendre.

Ce modèle français de la République des Lettres s'est projeté jusques dans une tragique caricature à Haïti , comme je l'ai constaté à la faveur notamment d'une mission pour l'ONU,  je crois, sur la formation de la haute fonction publique haïtenne. Une classe intellectuelle d'une finesse et d'une culture extrêmes y disserte abstraitement avec compétence juridique et talent littéraire  de bien des thèmes, en étant en même temps comme suspendue au dessus du bourbier des pauvretés et de l"engrenage des violences. A la première République Noire dont la France a fait payer longtemps par des annuités de versement en or, le prix de son indépendance , à cette République que notre culture et nos conflits ont tant marquée et qui avait inscrit dans le préambule de sa Constitution le principe d' ''une haine éternelle à la France" , nous avons donné le modèle d'un monde coupé entre des "élites" qui se délectent  et des populations qui payent  leur impuissance.   
Mardi 21 avril 2009 2 21 /04 /2009 08:04
- Par Gérard Bélorgey - Publié dans : actualité
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Nous sommes envahis par tant de commentaires écrits et oraux, de  propos en radio, en talk show, en boucles, etc.   de tant d'économistes, de sociologues, de politologues, d'écrivains, de journalistes, d'intervenants et de discutants  qu'une chatte n'y retrouverait pas ses petits dans cette ronde unissant à quelques compétences beaucoup d'apparences usurpant le droit de diagnostiquer et d'expliquer ce qu'il n'ont pas compris mais  souvent imaginé ou reconstruit selon leurs préjugés ou les éclairages  du jour .Et ce sont bien souvent ceux qui n'ont qui n'ont à sortir que du "prêt à penser" de travers  qui sont les plus formels et osent des opinions sans fondement et sans expérience. Et le pire c'est qu'ils peuvent croire ce qu'ils disent et que les bouffons sont doués pour faire croîre des bêtises.

Or le nombre d'inexactitudes, de contre sens, d'affabulations  qui peut se dire en ces temps ci sur l'outre-mer, la  réalité  économique ou l'organisation du territoire par des gens qui n'ont de chacune de ces questions  qu'une vague connaissance discursive, sans avoir été responsable de situations, d'hommes et/ ou d'entreprises est effarant.

En permanence, en plus, par tous les canaux, on demande son  avis à chaud sur n'importe quoi à n'importe qui  se décrète apte à "causer" .: c'est la démocratie continue du café du commerce par sites interposés

 Les choses et les acteurs de la vie réelle  font l'objet de sentences définitives par des commentateurs totalement irresponsables , par des analystes qui n'ont jamais été les acteurs concrets de quoi que ce soit.  Un système mandarinal ou aléatoire d'intoxications est installé par  des potentats  n'ayant d'autre  titre à le faire que des notoriétés de  tréteaux ou de  chapelle,  mais ayant  rarement   une connaissance approfondie de ce dont ils traitent, et en général,  aucune réflexion expérimentalement fondée pouvant justifier ce qu'ils assènent. Des autorités indues couvrent des contenus souvent fumeux. A ce compte les politiques ne sont pas les pires, car on sait au moins pourquoi il veulent faire penser ceci ou cela et l'on décrypte  leurs langues de bois, comme on voit tous leurs stratagèmes. Ils ont au moins la vertu de n'être pas bien crédibles, tandis que trop d'intellectuels sont bien plus dangereux,  car , par définition,  on les croit "intellectuellement  honnêtes" et armés.

Le développement du niveau culturel est en fait plus celui de savoir exprimer n'importe quoi que celui de savoir et comprendre ce qu'il faut. Nous sommes dans une culture des mots   au service des prétentions de jouer un rôle.

En fait, comme toujours,   les explications des grandes questions  sont simples :
l'outre-mer est en défaut  d'emplois; la situation économique mondiale est en défaut de   marchés pour les entreprises, l'organisation du territoire est en défaut de rationnalité. Mais lorsqu'on fait précéder les préconisations  par des réponses inspirées d'opinions hasardeuses  ou de manoeuvres poliiques , on emmêle tout .

Le pouvoir en place devrait avoir les moyens de la compétence et de la pédagogie; les oppositions qu'il rencontre devraient être responsables. Mais le pouvoir souvent vit d'inspirations qui se retournent contre lui par la maladresse des mises en oeuvre, tandis que les oppositions prospèrent sur des caricatures de solutions qui se retourneront contre les Français.

Ayant toujours, par l'expérience d'avoir servi des pouvoirs passés, comme une indulgence pour ceux qui sont en affaires, même lorsqu'ils sont bien irritants car j'e mesure toutes leurs difficultés, j'ai réciproquement une exigence insatisfaite vis à vis de ceux qui les bombardent de critiques et d'interpellations parce que c'est  trop facile de faire ainsi quand on n'est pas responsable de ce qui se passerait si l'on cherchait  à appliquer  ce que l'on dit. Pour sortir de telles compétitions absurdes, il faut sortir du système bipartisan qui pervertit toute approche constructive des questions à traiter

Il faudrait enfin que les commentateurs aient en permanence trois "garde fous "dans l'esprit :

-  sur l’absence d’anticipation : les origines profondes de la situation sont de natures bien différentes de celles des crises passées ( c’est le système du libre échange qui et en cause, pas un dysfonctionnement susceptible de traitement par des régulations restant dans la logique du système) et les dimensions inégalées  de la dépression en cours n’ont été vues par quasiment personne, ni par le Nobel Paul Krugmann, conseiller des démocrates américains et libre échangiste modéré, ni par le rapport de la CIA sur l"’état du monde en 2025" ayant mobilisé des centaines d’experts internationaux . Ce rapport montre l’inévitable renforcement d’un univers multipolaire ou l’Occident n’aura plus la même place , mais ne met pas le rééquilibrage des échanges au même titre des urgences que les réponses à donner aux défis alimentaire et énergétique, ce qui va quand même de pair. L’Union européenne , quant à elle, n’avait  fait aucune anticipation sérieuse. Les quelques économistes et généralistes qui tirent  depuis un bon moment des sonnettes d’alarme sur le fait que l’on a réuni par la mondialisation telle qu’elle fonctionne les conditions d’un cyclone non maîtrisable ont été considérés comme « hors des clous ».

- il faut surtout remettre les choses à l’endroit -  sans chercher à faire des préconisations à buts électoraux - alors qu’elles sont interpellées à l’envers : une forte demande légitime  de justice et de redistribution sociale est amplifiée par la crise, sans que la puissance publique,  sous une responsabilité politique ou une autre  ait la faculté de dilater  de manière non artificielle ses moyens, tout simplement parce que l’économie ne produit plus assez, faute des marchés rentables que les formes prises par la concurrence internationale lui ont enlevé . Aussi faudrait-il s’attacher à concevoir  dans l’ordre inverse,  la stratégie économique « ad hoc », apte à donner les moyens des prélèvements publics qui permettraient de mieux faire face aux besoins sociaux exprimés.  

- ce ne sont pas les remèdes aujourd’hui affichés par les uns et les autres - la régulation  technique prudentielle, bancaire  et monétaire d’une part, d’autre part la transformation de la « croissance inégalitaire » en « croissance par le pouvoir d’achat »  qui peuvent suffire ; C’est la mise au point ( pas une refondation ) non pas solennelle, mais opérationnelle   d’un   système viable qui est à obtenir par une série de mesures concrètes, pragmatiques combinant, sans recherche de cohérence idéologique -  effets de relance, effets de protection des emplois et effets de confiance .  Sinon à des spasmes sociaux et politique graves, avec une part d’aveuglement sur les causes des situations de pauvreté (dont les dom offrent des exemples) succéderont des déceptions économiques encore plus fortes parce que le culte de l’ erreur, au niveau  des diagnostics, n’est ni le bon chemin ni des réformes, ni de l’ouverture d’une nouvelle chance de prospérité.






 
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Samedi 7 mars 2009 6 07 /03 /2009 12:11
- Par Gérard Bélorgey - Publié dans : actualité - Ecrire un commentaire
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Ni certains Palestiniens, ni tout l'État Hébreu n'ont  rien appris des meurtriers  engagements qui ont coûté tant de vies de civils et d'enfants dans la bande de Gaza. Les premiers se couvrent du ridicule d'envoyer des projectiles artisanaux qui provoquent sans nuire en faisant le jeu de la pire  droite israëlienne; le second  ose afficher aux yeux du monde son intention  de  "sévérité" (comme s'il était le parent alors qu'il est le voleur des populations palestiniennes) "disproportionnée" dans la riposte à une  bêtise qui va de pair avec de graves exactions, voire exécutions (?)  perpétrées par des gens du Hamas à Gaza. La honte sur les uns et sur les autres.   Les manoeuvres pour compétitions électorales des uns et des autres  auront leurs factures d'enfants et de sang.

C'est ce qu'il faut arrêter et qu'a si peu de chances d'arrêter le process de négociation sur ses rails rouillés des vieux mythes mortels  : celui d'un État Hébreu ne recueillant  pas les réfugiés arabes qu'il a engendrés , comme celui d'un rejet de la présence  juive par les anciens habitants arabes de la Judée et par des éléments extrémistes de puissances voisines.

Un État palestinien unique multiculturel et fédéral absorberait l'État hébreu - dont on ne peut contester le mode actuel d'existence que si l'on accepte et garantit autrement la vie en Palestine de communautés issues du judaïsme et des persécutions qu'il a subies - dans une pluralité palestinienne . Au sein de celle-ci, la question des réfugiés perdrait son sens dès lors qu'il y aurait partout liberté de circulation de tous ses citoyens,  ou arabes, ou de souche  israélite, ou de toutes autres communautés et confessions; les questions des facultés économiques et des droits civiques de chacun pourraient être traitées dans un pot commun, et  la question de Jérusalem ne se poserait pas comme aujourd'hui parce qu'il y aurait une unique  Capitale fédérale pour tous. Quant aux  rivalités communautaires  primaires, elles devraient se dissoudre dans les compétitions politiques laïques démocratiques transgressant les appartenances d'origine. Vraiment un nouveau monde.

Mais pour cela, il faut qu'Israël entende qu'il n'a pas de droit à l'existence telle qu'il la veut aujourd'hui en ne reconnaissant pas le droit à l'existence des autres habitants de la Palestine au sein d'un ensemble donnant à tous des possibilités  - précisément - d'existence en commun . Et pour qu'il y ait une toute petite chance qu'un jour Israël entende cela, il faudrait que quelqu'un d'autre que les opprimés le lui dise. Oui, c'est bien la forme d'existence actuelle de l'entité israélienne qu'il faut mettre en cause , avec en contrepartie l'abandon par les extrémistes de Gaza ou d'ailleurs  de l'idée de bouter un jour les Juifs à la mer.  Ce sont des voies  que devrait chercher à ouvrir une médiation internationale, posant enfin, mais de manière renouvelée,  les problèmes au fond.
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Dimanche 1 février 2009 7 01 /02 /2009 19:33
- Par Gérard Bélorgey - Publié dans : actualité - Ecrire un commentaire
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L’hypothèse - présentée ici il y a quelques jours - que les massacres  de Gaza puissent être jugés par un tribunal international a été regardée comme invraisemblable par certains de mes lecteurs. Or depuis lors, au vu des suspicions d’emplois  d’armes démesurées et meurtrières (avec phosphore,  et aussi avec uranium appauvri ?), et au vu de la destruction d’une installation de l’ONU, c’est le secrétaire général de cette institution qui évoque un  tel type de plainte.

De la même façon que ce qui était hier considéré comme invraisemblable ne doit être exclu, il faut aller à une nouvelle hypothèse de réglement des drames de Palestine, hypothèse que beaucoup regarderont, bien sûr,  comme à contre courant de l'Histoire, mais qui serait peut-être  en fait la chance de l'Histoire. 

L’État hébreu s’est mis sur la sellette sous bien des collimateurs, au milieu de ses impasses . Il a conduit une offensive inspirée par la loi du talion à la puissance X et  construite sur une erreur  d’estimation militaire . En voulant détruire les combattants du Hamas, il  n’a pas vu à temps à quel point le bouclier humain  dont on  leur fait honte est automatique puisque ceux-ci  sont immergés dans un camp assiégé et que pour les détruire il faut quasiment taper dans le tas. Ce qui s’est pratiquement fait jusqu’à un point  levant l’indignation internationale  et a du, en conséquence,  être stoppé. Tel est l’échec de la stratégie d‘Israël. Tandis que l’on s’interroge par ailleurs sur celles qui peuvent ressortir des deux camps palestiniens dont la plus pertinente serait apparemment que ceux-ci  - également aujourd'hui dans leurs impasses - se rapprochent en un gouvernement d’union pour des renégociations.

Mais sur quelles bases? celles de deux États, l’un hébreu et l’autre palestinien, ce qui renouvellera  les occasions de conflits et résoudrait si difficilement les questions des territoires occupés, des populations déracinées, des moyens des uns et des autres.  N‘y a-t- il une totale  révision conceptuelle à imaginer un jour ? Ne devrait -on regarder les chances que pourrait avoir  un État multi culturel ? Un État - comme devraient l’être tous les États sérieux du monde -  sachant gérer, s’il le faut, par le fédéralisme,  des différences religieuses et ethniques , mais refusant d’avoir un  pays né de leurs  héritages,  éclaté entre entités coexistant mal. Un État abandonnant donc ces voies nées  à une autre époque, sous d'autres circonstances et s’engageant, au contraire,  dans une Histoire enfin tournée vers un avenir commun, libérée de  l’inégalité des conditions humaines,  du malheur des vaincus et du malaise de bien des occupants, hors  des passés  fantasmés des uns et des autres?
 


Mercredi 21 janvier 2009 3 21 /01 /2009 17:33
- Par Gérard Bélorgey - Publié dans : actualité
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Je vous propose une recette de rupture qui consolide les tares de l'existant :

- temps 1 : faire une annonce répondant   à une forte attente de l'opinion  ( exemples : arrêter la  pollution publicitaire de l'audiovisuel public ; résoudre enfin les menaces que fait, depuis des siècles,  peser sur la liberté, l"'homme le plus puissant de France", le juge - si mal contrôlé - de l'instruction; apporter un meilleur équilibre à l'enseignement secondaire  )
- temps 2 : satisfaire sur ce très bon prétexte un tout autre but ( dans les exemples choisis: réserver le produit de la pub aux chaînes privées; faire contrôler l'instruction par le Pouvoir; faire des économies)
- temps 3 : si  difficulté de mise en oeuvre démocratique, trouver une voie d'accomplissement détournée, soit autoritaire, soit démagogique, soit à l'usure ( dans les exemples choisis : ordonner de le faire à une autorité dépendante; déconsidérer le corps d'appartenance de la cible ? ; différer pour laisser le temps au temps de ronger la contestation ? )

A l'arrivée, les résultats peuvent être :
- une part du  public satisfait de l'effort de recherche de solution à une vraie question
- des gagnants bien déterminés correspondant à des  clientèles  d'un Pouvoir
- assez peu de changements pour la vie réelle des citoyens
- un certain  rideau de fumées divertissant des vrais problèmes

Cette version contemporaine du bien connu  "changement dans la continuité", baptisé désormais "réforme par la rupture" ,  est un cas d'appliication enseigné par les écoles de marketing politique sous le vocable d'"attrape-nigauds" :
- "attrape"  parce qu'il ya une vraie bonne  question
- "nigauds", parce que ceux qui s'attendent à une réponse assurant leur protection ou l'amélioration de leur situation voient se mettre en place une formule  organisée en faveurs d'autres intérêts que les leurs : au service de ceux qui ont toujours été dominants.

Le grand art est de sortir tous les trois jours une réforme du chapeau. Plus le prestidigateur a un rythme rapide , plus les nigauds sont ébahis.   

 
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Dimanche 11 janvier 2009 7 11 /01 /2009 15:10
- Par Gérard Bélorgey - Publié dans : actualité - Ecrire un commentaire
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