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histoire et societe

A soixante quinze ans - et sans doute suis-je ringard –je regarde le monde, je consulte bien des médias dont l’explosion, en donnant la parole à n’importe qui,  ne fait guère progresser que les confusions , je me réfère à quelques expériences personnelles dont la tenace inutilité me consterne  -  et j’en viens à ce que je veux dire.

Partout le fil de l’eau mène aux impasses ou, au mieux, à des crises radicales mais sans conséquences, et la perspective des unes ou des autres décourage définitivement de chercher à penser et de continuer à vivre.

Au plan mondial, la compétition pour être de ceux que la saturation des capacités de la planète ne condamnera pas à être les vaincus,  est engagée dans la voie de la régression de l’occident – et donc de notre niveau et qualité  de vie -   au bénéfice de ceux qui veulent le remplacer  en compensation des dominations passées ;  l’inconscience de ces enjeux conduit à poursuivre, apparemment avec réalisme économique , mais en fait avec un total angélisme entretenu par les intérêts les plus puissants dans la voie d’une globalisation économique suicidaire, alors qu’il y aurait, rationnellement, des moyens de trouver de bons dosages.

Mais les fausses questions – qui passionnent des opinions se croyant éclairées, alors qu’elles sont largement aliénées, mais que nos types de  démocraties leur donnent l’auto pouvoir de destruction dans les délices de la communication – prévalent sur les questions vitales : Quelles seront nos ressources dans un univers où nous serons plus chers que beaucoup sans être meilleurs et alors que nous ne nous serons pas protégés  ? Quelles seront nos moeurs  lorsque les paradigmes de la télé réalité auront fini de triompher de tous les mystères  de l’union des corps et des esprits ? Quels seront nos repères quand l’essentiel de ce qui est publié et /ou fait l’objet de large communication est porté par le goût de la morbidité, de l’orgie , de l’horreur par procuration ou, au mieux, du divertissement  et de la dérision ? Quelles seront nos identités lorsque la laïcité aura interdit tout ce qui caractérise une appartenance, une communauté, sinon chacun de nos propres corps réduit à sa couleur, ses muscles, ses charmes périssables, ses instincts, ses performances et ses  maladies  ? Car il n’est plus question de faire entendre des voix et des interrogations sur ce qui, à travers des morceaux vécus d’histoire des  communautés , réellement taraude tout simplement chacun, sauf si c’est pour donner dans les jeux politiques de la compassion et les records télévisuels d’audience .

La recherche de l’exercice d’un  pouvoir éclairé ( dont le devoir est de servir la conciliation des intérêts des habitants d’une nation) et d’une écriture utile (dont les ouvrages ne tombent pas des mains comme tant de livres qu’on célèbre aujourd’hui , écrits par des copains) – tout ce qui pouvait faire le sens d’un destin – ne sont pas à la portée de ceux qui ne font partie des chapelles de people, de  démagogues, de communicants de profession, de chercheurs et docteurs en banalités,  de corporations monopolisant les journaux et les ondes  et, parfois,  de quelques comédiens dont le talent a connu le miracle d’être reconnu, grâce à quelque scandale.

Le monde est fermé au bon sens et les tribunes sont interdites à qui n’a pas payé de longue date d’allégeance  le prix d’une soumission aux modes ou au puissants, ce qui est d’ailleurs la même chose .
Je dois faire partie des imbéciles.      

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Vendredi 19 juin 2009 5 19 /06 /Juin /2009 14:36
- Par Gérard Bélorgey - Publié dans : histoire et societe - Ecrire un commentaire
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Dans moins de de dix ans, les trois quarts des Français seront des salariés ou des sous-traitants de groupes et d'entreprises possédés par les capitalismes d'Asie, et  le moins possible payés et garantis par ceux-ci qui contrôleront aussi notre pouvoir politique.

Pour se prémunir contre cette perspective vraisemblable qu'aura fait notre État ? Il s'en sera remis à l'Europe comme l'exige le traité de Lisbonne. Et l'Europe n'aura rien fait pour nous protéger, car elle ne peut décider qu'au plus petit dénominateur commun de ses vingt sept pays. Et ce plus petit dénominateur commun c'est rien.

Alors quel sens peut avoir l'élection du Parlement de l'Union?  Aucun sens. C'est bien pourquoi l'abstention va partout être majoritaire. Personne - même ceux qui le demandent - ne peut en effet croire que l'on peut construire "une autre Europe". Il est trop évident  qu'aucune Europe garantissant des capacités économiques et un bon modèle social ne peut se faire sans l'harmonisation interne et sans la préférence communautaire. Et il n'y  aura jamais  un concours de forces nationales européennes pour le vouloir ensemble, du moins dans le périmètre actuel.

il faut donc tirer les conséquences de ces lucidités.
- reconnaître que les seuls périmètres utiles dans lesquels pourraient -  si elles ne s'étaient dessaisies - opérer des institutions efficaces,  sont ceux dans lesquels se délègue démocratiquement le pouvoir : les périmètres nationaux dans lesquels sont élus les gouvernants;
- arrêter la chanson sur "le besoin d'Europe", car, dans l'impuissance aujourd'hui de celle-ci,  les besoins sont tout au contraire  :
             * ceux de pouvoirs nationaux aptes à assurer les responsabilités que les citoyens - qui les élisent et quand même les contrôlent -  leur demandent d"exercer;
              *  ceux d'une coordination inter-étatique entre les nations qui seraient d'accord pour une stratégie de reconquête et de préférence européennes, dans une vraie négociation avec les autres puissances mondiales, en donnant un coup d'arrêt à tout ce qui porte certains de nos propres acteurs économiques à jouer contre l'emploi dans nos  pays. 
        
Lundi 13 avril 2009 1 13 /04 /Avr /2009 22:02
- Par Gérard Bélorgey - Publié dans : histoire et societe
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En ce jour des femmes,  je reviens à une esquisse de commentaire que j'avais laissé de côté pour tenter de le perfectionner il y a quelque temps , mais auquel ce jour  donne de  l'actualité et que je laisserai donc bien imparfait pour le sortir en ce moment opportun.

Parmi tant d'ouvrages de femmes sur les femmes, l'équilibre peut être trouvé entre l'intensité de la motivation et l'objectivité de l'approche. Parce que ce site s'est permis une chronique d'humeur un peu railleuse sur " la femme est l'avenir de l'homme" , il tient à revenir sur un  livre apportat beaucoup, celui que la grande historienne Michelle Perrot  a titré en 2007 " Mon histoire des femmes" ,issu d'une série d'émissions qui avaient été diffusées sur "France Culture" .

La qualité des tracés historiques s'exprime d'abord dans la pertinence de la répartition par thèmes ( le corps: ses âges, ses apparences, le sexe, la maternité, ses  assujettissements; l'âme : femmes et religions, hérétiques et sorcières, l'accès au savoir, la création par les  femmes; le travail : les paysannes, lla vie domestique, les ouvrières, les nouveaux métiers, les comédiennes; femmes dans la cité : migrations et voyages , dans le temps et l'Histoire, les formes de l'action collective , féminismes. Ensuite  la précision  de l'écriture, la profusion des références bibliographiques s'unissent  dans ce livre assez court pour aller dans bien des mains, mais  qui est aussi une excellente présentation d'autres travaux . L'ouvrage met  enfin  en parfaite évidence le long cheminement des femmes à travers les exclusions, les soumissions, les difficultés, les préjugés, les représailles,  vers l'accession encore bien imparfaite à l'égalité pour certaines, tout simplement au moins à la cité longtemps interdite ,pour beaucoup d'autres.

Pour tous ceux qui  aiment et estiment en chaque femme toute la virtualité des visages, toute la diversité des possibles et des facultés, l'irremplaçable qu'elles représentent en tant de domaines et d'abord pour notre éternité, cette fresque du passage de la "domination masculine" à la montée et à la diversification de la puissance  féminine est une prodigieuse leçon des raisons de respect envers les femmes , selon ce que souhaitent tant d'auteures, mais aussi - dans une double lecture qui n'est pas forcement féministe - une  autre prodigieuse invitation à revenir sur les rapports entre  les sexes  leurs relations personnelles, fonctionnelles et sociales et sur les "fondamentaux" naturels qui régnent toujours.


En même temps que l'on mesure ce que  fut longtemps  la misère de la condition de bien des femmes  et ce qu'elle est toujours dans la grande majorité du monde, on ne peut s'empêcher de mesurer leur force. Constituée d'abord de ces atouts ne devant qu'à leur nature  propre (inspirant respect et émerveillement tant de courtois chevaliers que de vilains libertins et même des papes pour l'irremplaçable du féminin et de la maternité), ces atouts  faits, de la séduction à la vigilance sur les enfants et sur leur éducation, autant de réalismes que de charmes et  qui ont contribué, par des voies que le féminisme réprouve souvent mais que l'Histoire a parfois validées, à  faire progresser leurs influences et positions. A l'attractivité fondamentale de leur fécondité assurant l'espèce,  s'est ajoutée la valeur distincte  de leur attraction sensuelle, cultivée en tant que telle. Cet "éternel féminin" - l'affreux cliché du siècle passé - se combine désormais non seulement avec leur savoir faire, mais aussi avec ces  compétences que valident des titres culturels, universitaires et sociaux dont les possibilités ont été acquises, en même temps que l'évolution du droit civil,  de haute lutte et par de longues ténacités.

N'en résulte-t-il un effet de cumul qui fait la force exceptionnelle de certains profils de femmes, assurant d'ailleurs, à grands frais pour elles, des fonctions et des rôles multiples et majeurs dans les vies privées et dans la cité ?


Parallèlement   par un jeu de balance, certains profils d'hommes perdent leur reliefs et  bien des  hommes leurs sentiments de privilèges et, glissant au delà, leur équilibre lorsqu'ils trouvent matière à penser qu'ils entrent dans un lacis de  dépendances (affective, sexuelle, pratique, professionnelle) envers  des femmes, de la même façon qu'ils le  sont déjà souvent devenus, sauf s'ils fuient dans la distance,  dans les rapports avec  leurs fils et leurs filles.  Ces hommes  ressentent alors avec un certain désarroi (un "théma" de Arte" en septembre dernier y a été consacré *) une nouvelle société peuplée d'enfant-rois et de plus en plus  de femmes-reines,  doublement armées que sont désormais les femmes  par  la  parité qu'on veut leur garantir et par une féminité aux puissants effets de laquelle elles n'ont pas renoncé (d'autant qu'elles peuvent être en impitoyable  compétition  entre elles). 

Des réactions de défense peuvent se former aux antipodes les unes des autres, parfois de machisme, parfois de soumission, parfois de compétition, et sans doute aussi d'évasion de la sphère des femmes pour retrouver une liberté , une identité d'homme :  en privilégiant des  relation intermasculines pouvant mener aussi bien aux pratiques sportives qu'à des pulsions d'évasion vers l'homosexualité masculine. Après toutes celles recensées par les auteurs classiques ou spécialisés ( comme H. Joyeux), la montée en puissance des femmes ne serait-elle l'une des causes de la montée en revendication de la légitimité de cette homosexualité masculine (  y compris de la légitimité de l'exposer en public ), la fuite hors du pouvoir de la  femme relayant  la fuite hors du pouvoir de la mère. Tout en maintenant  les complicités pour la cause commune des homosexuels des deux sexes : progresser des étapes de persécution/stigmatisation à celle où ils sont tolérés, puis reconnus , puis enfin de parvenir à la phase,  presque celle du prosélytisme, victorieuse et conquérante,  où ils sont célébrés.

Une victoire qui peut-être mine le ressort même qui a contribué à nourrir ce courant de moeurs, dans sa part d' inspiration plus mentale que physique. Comme le fait si bien sentir Cholodenko, dans les sulfureux "états du désert" ; la volonté de transgresser qui peut porter à l'homosexualité ne peut jouer qu'autant que cette sexualité  reste regardée comme une transgression peu ou prou réprouvée. Lorsqu'elle sera pleinement entrée dans le droit commun,  n'en sera-t-il comme de toutes les banalisations par l'égalité : la naissance - par la réussite même de la lutte contre l'homophobie, lutte fondée sur le respect des préférences personnelles de chacun  ( dès lors que les frontières sont claires par rapport à des pratiques pédophiles proscrites par ce même respect) - d'une forme d'indifférence...

Celle-ci
butte toutefois  sur la question sociétale centrale : celle du statut de parenté de couples homosexuels masculins . En en revendiquant si fort la faculté juridique, les intéressés ne veulent-ils pas, tout simplement, faire artificiellement nier  l'incapacité physique de la procréation  entre deux hommes, démontrer ainsi que, pour  avoir une famille,  ils pourraient complètement échapper à l'emprise des femmes et même à leur irremplaçable rôle  .... évasion qui restera toujours impossible : en  amont d'une adoption ou d'une famille recomposée, et même d'une vie suscitée  "in vitro',  il aura toujours fallu  le sexe qui puisse être "l'origine du monde "...

Merci à toutes.




__________________________________________________________

* on y voyait notamment la psychanaliste Hélène Vecchiali, auteure de "Ainsi soient-ils "- sur le thème un peu humoristique  "sans de vrais hommes, pas de vraies femmes" - expliquer que les hommes d'aujourd'hui sont sommés d'exprimer leur "part féminine ", ce qui provoque chez eux une "crise identitaire" assortie de perte de désir, de défiance en soi, et de besoin d'être maternés.  Pour comprendre ces dérives, l'auteure et le médecin sexologue Arnold Virag, remontaient , un peu contre les modes, aux  natures différenciées des petits garçons et des petites filles et aux rapports en résultant à leur père et à leur mère.
Dimanche 8 mars 2009 7 08 /03 /Mars /2009 17:58
- Par Gérard Bélorgey - Publié dans : histoire et societe
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M'étant trouvé appelé à réfléchir à la manière dont présenter des questions de bio-éthique - pour lesquelles je n'ai aucune compétence, mais les questionnements d'un honnête homme  - j'en suis arrivé à penser que le bon angle d'approche ne devait en aucun cas, pour cet objet de faire prendre conscience à un assez large public de ce dont il s'agissait ,  être celui d'un  scientifique,  d’un historien, d'un  sociologue, d'un  philosophe , mais une  synthèse interrogative de généraliste devant être intelligible aux autres . Ce qu'a fait , dans son style de spécialistes néanmoins, le livre Khan/Godin ( cité déjà sur ce site, "L'Homme, le bien le mal" ).

Les interpellations de bioéthique sont à la confluence de cinq série de données :

1 - des avancées scientifiques et médicales permettant des interventions de plus en plus pointues sur le vivant
2 - une demande sociétale de plus en plus forte d’utiliser ces capacités pour traiter  des angoisses éternelles de l’homme
3 - des réactions éthiques très diversifiées  au vu des implications possibles
4 - des normalisations juridiques spécifiques offrant des réponses propres à chaque législation nationale, ces domaines n’ayant guère fait l’objet de transferts à des compétences internationales
5 - avec, en conséquences économiques, au vu des demandes, des pratiques  et des droits, la naissance, selon les différences nationales, d’un marché mondial non homogène des techniques d’intervention sur le vivant.

C’est cette « grille » de réflexion qui pourrait servir à un ouvrage de "vulgarisation" ( c'est à dire d'expllcitation pour tous des "avancées" des sciences et techniques , des demandes qu'elles suscitent ou auxquelles elles répondent et des phénomènes politiques et économiques qui résultent de ce croisement d'offres et d ' attentes, sous l'analyse critique des religions, des morales ou des philosophies : les confrontations des idéologies aux faits.

Tel est le fil directeur qui permettrait  de confronter les découvertes, leurs utilisations, au vu des réactions des opinions , sous
les apprériations qu'en font les religions et les philosophies, les conditions de recours aux moyens créés qu'établissent les légistes; les conséquences nationales et internationales qui en résultent. et comment elles contribuent à modèler et chaque sociéte et le "village" mondial . Ce fil conducteur devrait être offert à des contributeurs spécialisés ou engagés; hautement compétents,  de telle sorte qu'ils puissent y insérer  leur apports ou  contester la pertinence de cette grille.


Je reviens maintenant sur chacun des rails qui la constituent

-  LE POINT  1 doit être nourri par l’apport des spécialistes  que couronne le comité national de bioéthique et dont les travaux sont recensés sur des sites ad hoc

- RECENSER  LES DEMANDES DU POINT 2 constitue LES NOEUDS  DE L’AFFAIRE, permettant de connecter une demande , une technique ( c’est le 1) , un problème éthique (c’est le 3), une réponse juridique ( 4) , une conséquence économique (5) .

C’est donc autour des pivots ci-dessous que pourrait se construire un plan

A - les demandes angoissées de l'homme
- d’avoir une vie plus longue restant belle et bonne
- et celle  d’écarter la souffrance
portent
    * aux thèmes de la lutte contre le vieillissement
    * ainsi qu’aux marchés en très forte expansion liés aux moyens de protection, de  rajeunissement et de réparation du corps humain,  (chimiques, chirurgicaux, d’apport d’organes, avec un éclairage international), avec les arbitrages possibles (médicaux,budgétaires) entre différentes procédés et l’inégalité sociale et géographique des accès possibles à ces prorogations de séduction, de confort ou d’existence
    * à la question des diverses « euthanasies »
    * au thème de l’utilisation d’éléments d’embryons pour des opérations de sauvegarde de la vie : état du droit (cf. également B, deuxième paragraphe )
    * et, à la limite au thème de la reproduction/perfectionnement d’un modèle vivant ( le clonage et ses perspectives humaines ? ), ce qui fait charnière avec ....
     

B- l'ambition humaine  de s’assurer une descendance  ( substitut à l’immortalité que ne peut assurer le A ) en en contrôlant l’apparition, voire en s’en garantissant la qualité, conduirait
    * aux moyens de pallier les stérilités (adoption ,fécondation in vitro, don de semences, mères porteuses, etc.) avec les problèmes humains et juridiques de maternité/paternité et l’utilisation des offres des pays laxistes ou pauvres par des sociétés plus rigoureuses et plus riches ; des problèmes éthiques moindres que dans d’autres matières ( ?)  ; un marché en forte expansion
    * au rappel des définitions de la vie et de l’embryon ( de St Augustin à aujourd’hui... situation en matière d’interruption volontaire de grossesse ; et autres utilisations de l’embryon (notamment en obtenant des cellules souches , ce qui entraîne sa mort) qu’être la descendance de sa parenté : un marché encore limité ?
    * aux moyens de garantir la qualité du foetus  : c’est le néo-eugénisme, ( à placer ou non dans la filiation de cet eugénisme qui a été important jusqu'après la guerre hors même de l'idéologie nazie, cf. CL Ambroselli et son ancien  "Que sais-je" sur "l'éthique médicale" qui traite en fait de cela )
     * jusqu’où peut mener la possibilité de connaître à l’avance
- le sexe (les arbitrages utilitaires ou démographiques entre fille et garçon) 
- les mal formations de l’embryon  (des interruptions « médicale » et « volontaire »  à l’interruption  « eugéniste » de grossesse) ; les problèmes de frontière  : qu’est ce qu’une mal formation ?  L’état dans différents pays du droit ( * )  des pratiques  et des consciences.
(*) en France, les suites de l'engagement extrème de la responsabiluté médicale, avec la jurisprudence Perruche, définies par des textes législatifs ad hoc pour encadrer les pratiques et les jurisprudences


Cette "grille" n'est que l'expression d'un profane pour replacer les interpellations nées des développements scientifiques et des capacités techniques - qui à la fois font la une de l'information et gardent leurs mystères - dans la sensibilité de diverses consciences et dans la capacité de compréhenion des enjeux et des conséquences par la foule intelligente des non prix Nobel.







     
Vendredi 6 mars 2009 5 06 /03 /Mars /2009 08:25
- Par Gérard Bélorgey - Publié dans : histoire et societe
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 Les images qu’évoque le papier qui précède sont celles d’un type de vie familiale à laquelle notre société a choisi, sous l’impulsion de la soif de libération et du besoin de travail des femmes ( leurs ressources contribuant à faire tourner la société de consommation qu’elles nourrissent réciproquement de leurs désirs) de renoncer , en se plongeant dans les déséquilibres d’aujourd’hui, succédant à ses conservatismes d’hier.

En acceptant de mettre de côté ( tellement c’est contesté ...) que la mère biologique est d’abord la première femme irremplaçable et en voulant bien admettre que le père pourrait, s'il en avait le temps ( et la nature;..) , pallier cette absence ou du moins la relayer, le ringard que je suis tient à cette occasion à dire combien un modèle social qui aboutit, disons, à faire travailler non pas la femme mais les deux parents, sans que l'un ou l'autre soit couramment disponible, et en remettant donc largement leurs enfants à la collectivité dès leur très jeune âge, est, à tous les titres, un très mauvais modèle.
 
Trois fois mauvais, parce que contre nature, contre productif, antisocial et accélérateur de dérives.

Il est contre nature que le jeune enfant, un petit mammifère aux fragilités multiples, souvent très tôt abandonné aux autres, ne s’élève pas dans l’odeur de la mère, au moins de l’un des parents qui sont sa bulle d’accompagnement dans les premières relations au monde. Et que l’exemple des enfants placés autrefois en nourrice ne soit pas a contrario invoqué quand on sait que des médecins et philosophes ( cf. Kahn et Godin, "l’Homme, le bien le mal") voient dans ses placements, accompagnés de tant de mortalité infantile, pratiqués par des bourgeoisies d’autrefois, une rémanence hypocrite d’une forme d’infanticide laissé au hasard. Aujourd’hui, c’est au plan psychologique que peut s’accomplir un acte comparable dans sa portée affective : les enfants n’auront plus à tuer le père ( ou la mère) : ceux-ci sont eux-mêmes supprimés, ou souvent largement gommés de leur horizon d’enfance.

Et beaucoup du reste en résultera : le fait de ne pas regarder leurs parents comme des autorités nourricières, mais comme, parmi d’autres, des serviteurs devant les satisfaire ; la dépendance fanatique envers ces substituts de parents que sont télévision, clans d’écoles ; publicités, modes, etc. . l’absence de valeurs de référence et – souvent – des vulnérabilités physiques ( qu’occultent les progrès médicaux car ils rattrapent ce que la carence de vigilances et soins parentaux a engendré ) et plus encore psychiques : tous ces déséquilibres des enfants en manque de présence parentale permanente qui vont s’épanouir dans les détresses et violences d’adolescences montées en graine sans terreau maternel d'abord et paternel ensuite.

Et en plus, cela coûte cher : ce modèle est contre-productif et anti social. Le système du couple au travail et des enfants ailleurs que sous la surveillance assurée quand nécessaire et sous l’attention soutenue d’au moins l’un des deux parents qui ne peut être disponible à cette fin, appelle ces accompagnements à charge de la collectivité que sont les  gardes d’enfants, par des emplois de proximité, des crèches, des organisations particulières des débuts de la vie scolaire remplissant autant une fonction de gardiennage que d’éducation, des recueils sanitaires de rattrapage des insécurités de l'enfance, etc... Ce n’est par hasard ou par perversité masculine, conservatisme social et brimade des femmes que celles-ci ne sont venues à travailler dans la chronologie des sociétés contemporaines que par une seconde rafale succédant à celle des hommes.

Dans une économie approchant du plein emploi, le coût de mise au travail d’une personne supplémentaire est beaucoup plus élevé si cette personne a la charge d'un ou  de plusieurs jeunes enfants,  que si elle n’en a pas la responsabilité directe. Si elle a cette responsabilité, la société qui a besoin de son travail est appelée à en payer le prix : lui trouver un substitut auprès des enfants. Voilà pourquoi les femmes – quand il était de fait qu’elles avaient charge quotidienne des jeunes enfants sont entrées dans le travail après les hommes . D’autant que ces femmes n’étant pas pour autant délivrés de leurs servitudes naturelles liées à la maternité,  leur travail en coût total direct et indirect est supérieur en général aux moyennes nationales, ce qui explique pour partie le fait qu’en moyenne également elles restent moins bien payées;  sauf, progressivement, lorsque, un peu contre nature ou du moins contre bon sens, elles se sont totalement délivrées de ces servitudes).

Dans une économie de sous-emploi, c’est un peu l’inverse qui se produit. L’appétit des femmes pour le travail soit libérateur, soit obligatoire - parce qu’elles sont seules dans une société de moins en moins solidaire au plan familial, de plus en plus dissoute, sinon dissolue au sens étymologique (c.a,d. dans laquelle pas mal de géniteurs n’assurent pas leurs devoirs), ou parce leur ménage n’a pas assez de moyens, lorsque basse rémunération ou chômage affectent leur couple – les met à merci d'offreurs d’emplois. Dans une atmosphère de concurrence des salariés entre eux, la collectivité payant le surcoût du travail des personnes responsables d’enfants, les femmes sont prisées comme travailleurs moins chers, plus flexibles, souvent moins armés. L’empire du travail précaire à temps partiel va gouverner les chances et les malchances d’équilibre, ou tout simplement de salubrité d’existence,  des enfants.

Pour finir, troisième vice du modèle "tous adultes au travail/ enfants ailleurs qu’auprès d’un parent" , les socialisations/formations des enfants vont être caricaturales. Confiés à des tiers, à des institutions ad hoc  ou à des machines commerciales ( télévisions, spectacles), les enfants qui n’ont pas mûri dans l’odeur de leur mère vont pourrir sous les feux du monde actuel.

Sans un enracinement - qui ne doit pas être exclusif, mais qui doit exister - dans une part de filiation, de tradition (ne serait-ce que pour avoir ensuite l’épreuve formatrice de se battre contre elles) , ils sont livrés aux spectacles, aux dérives, aux spasmes de l’univers que nous connaissons. Excellente, compensatrice aussi des inégalités lorsqu’elle est partielle , la socialisation par le collectif ( l’école et les autres milieux de rencontre ou de regards vers les mêmes choses, les mêmes modèles, les mêmes excès  va plus développer les violences réciproques que des solidarités affectives auxquelles se substituent des systèmes dépersonnalisés d’assurance et garantie ( la médecine scolaire, les tests, etc..); puis, très vite, va venir la concurrence, à partir de critères d’utilité ou de façade sociales, au sein de l’enseignement,  sans
un appui, affectivement au moins, compensateur sur des milieux familiaux- dès lors que les parents sont largement ailleurs d’abord par leur double travail obligatoire et, en plus, parfois pour d’autres motifs . 

Or les parents  - même lorsqu’ils sont modestes et dans ce cas en offrant
au minimum , plus tard,  dans la vie des jeunes qui en sont issus, des références d’émotions et parfois de valeurs (tel est bien le cas d’un Goffette, d’un Mordillat, de bien d’autres et de moi-même) – sont les seuls à même d’équilibrer les parts funestes des socialisations collectives et d'apporter un entourage irremplaçable et une alternative de modèles aux jeunes en face des jungles qui les attendent .

Ou ces « barbares » sont socialisés par  la famille et par la société. Ou ils ne sont formatés que par la seconde - largement tournée, dans les compétitions et démesures  du présent, au moyen des dérisions des passés, vers les délires d’avenir - et ils en seront des caricatures dont elle-même souffrira dans le cercle vicieux des mimétismes : lorsque les  autocritiques collectives sont de plus en plus difficiles, ou simplement hypocrites, par l’appauvrissement ou l'affadissement de la boite à outils des exemples et des valeurs. Et lorsque les hommes et les femmes sont devenus hyper fragiles de n'avoir plus de racines identitaires personnelles, mais sont à la merci de la crédibilité de l'instant de civilisation auquel  ils appartienent pour le meilleur et pour le pire. 

Que ce mauvais modèle du couple au travail et des jenes enfants largement et mal surveillés, élevés, socialisés ailleurs, soit triomphant dans notre monde occidental explique certainement la dose de refus qu’il engendre de la part de sociétés traditionalistes , comme l’hindouisme ou l’islam. Qui ne sont pas pour autant elles non plus de bons modèles . Cessons donc tout simplement de faire de l’auto satisfaction sur notre univers de destruction des liens familiaux et de distanciation parents/enfants, alors même que l’obsession d’avoir des enfants habitent tant de ceux qui n’y parviennent plus naturellement, tandis que trop de ceux qui y parviennent naturellement sont conduits par la force des choses et des contraintes ou par des préférences personnelles à trouver souvent les moyens de ne pas les avoir en charge.

Engendrer – et adopter aussi - n’est pas tirer un coup, ou une carte, une fois pour toutes; c’est un long chemin de défis et de devoirs. Sachons, malgré les obligations économiques de notre monde, réfléchir à la portée de mauvaises façons de vivre et doser nos convictions et nos comportements.
Jeudi 15 janvier 2009 4 15 /01 /Jan /2009 13:48
- Par Gérard Bélorgey - Publié dans : histoire et societe
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