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livres

Le site du prix du livre Orange d'une part m'a répondu, d'autre part a réussi à absorber mes 996 signes dès lors que je les écrivais dans sa police et non par un coupé coller...
Autant pour moi
je vais essayer de continuer à jouer
Mardi 3 février 2009 2 03 /02 /Fév /2009 12:20
- Par Gérard Bélorgey - Publié dans : livres
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Un prix orange du livre
appellant des internautes à se prononcer, à faire des critiques, à se porter candidats à un jury...
Vraiment une idée séduisante
j'ai essayé de jouer
mais je viens de leur écrire ce qui suit


Votre machinerie ne marche pas
vérifié à moins de 1000 caractères ( 996, espaces compris !), mon commentaire est refusé par votre système de transmission
et, en toute hypothèse, une note de cette brièveté est incapable de rendre compte d'un livre ( et de le situer) au delà d'une impression de salon
Je renonce donc à voter, comme à faire ces commentaires
comme à être candidat à votre jury dont vous n'avez d'ailleurs toujours pas donné l'adresse pour l'expédition d' une lettre de motivation


Ma première  note  portait sur Black Bazar que vient de sortir Alain Mabanckou
Voici la note en version courte


Bien qu’il fleurte avec l’Almanach Vermot,«Black Bazar» met avec pertinence en scène ce  Congolais, trompé, se consolant en tapant son livre à la machine (« qui fait clic au bout de chaque ligne » comme eut dit Cendrars),sapé en dandy, exerçant sa compétence de «fessologue», échangeant avec l’épicier Kabyle sur la colonisation et ses suites, avec ses «frères » sur des chefs de l'Afrique, sur leurs aïeux qui vendaient, comme le raconte dans « Devoir de violence » Yambo Ouologuem (auquel l’auteur fait révérence)  leurs sujets aux Arabes et aux Blancs. Pas les plus racistes, par rapport à un voisin Antillais. L’occasion de quelques insolences pour les pontes de la négritude. Voilà sa décapante impertinence mêlée à telle amertume que s’explique une écriture contestable mais éloquente. Elle illustre ces vagues d'écrivains nés après les décolonisations et ne pouvant plus croire aux vertus automatiques de celles-ci : un Yasmina Khadra pour l'Algérie, un Alain Mabanckou pour l’Afrique.

Voici la note en version d'orgine


« Black Bazar » d’Alain Mabanckou doit retenir l’attention malgré bien des défauts : après « Verres cassés », une part d’abonnement dans le genre, la répétition de techniques d’écritures et d’images fleurtant trop avec San Antonio (alors que ce n’est pas le ton du fond) et avec l’Almanach Vermot, parce que c’est précisément le climat de culture de ce Congolais de Paris qui en est le malheureux héros, trompé par son amoureuse « couleur d’origine » enlevée par un tam-tameur du pays, et qui se console en allant taper son livre à la machine (une vraie « qui fait clic au bout de chaque ligne » comme eut dit Cendrars autrefois), dans les squares de la capitale, sapé en dandy parce que c’est ce qui fait la classe et lui permet après une expertise de « fessologue » sur les faces B des clientes des salons de coiffure ou des marchés du quartier de rêver de profiter de leurs chutes de reins. Cette frime coûteuse  qui séduit aussi ses acolytes du bar Jyp’s le nourrissant des musiques afro techno et des bières d’ici ne l’empêche pas ( on ne voit pas bien comment il gagne sa vie)  d’envoyer à sa vieille mère des chèques via la Western Union et d’échanger avec d’autres immigrés comme l’épicier Kabyle - sur la colonisation, ses lendemains ou sur des chefs d’État cruels et pourris de la nouvelle Afrique –, de rappeler à ses frères adverses  du Zaïre et d’ailleurs  que certains de leurs aïeux  ont été  fournisseurs d’esclaves aux Blancs. Pas les plus racistes à son égard par rapport à des « compatriotes » d’autres ethnies » et  surtout par rapport à son voisin si agressif dont on s’aperçoit bien avant dans les pages de... cette fiction que c’est un Antillais  si méprisant d’avoir lui son assimilation de vieux colonisé. L’occasion pour Mabanckou de ricocher par quelques délicates insolences vis à vis des pontes de la négritude et de la révolution  comme Aimé Césaire, en faisant semble-t-il allégeance intellectuelle chemin faisant au contesté « Devoir de violence » de  l’écrivain Yambo Ouologuem (un prix Renaudot, comme notre auteur)  dépeignant la participation africaine au colonialisme à travers des chefs locaux qui vendaient leurs sujets aux marchands arabes, ce qu’ignorent les porteurs des lois mémorielles qui ont voulu faire procès à Olivier Pétré-Grenouilleau de ses travaux sur « les traites négrières » .

Voilà la décapante impertinence de Mabanckou, mêlée à tendresse et nostalgie et derrière ce bouquet, la violence de son amertume expliquant les accents de dérision de son écriture contestable, répétée, mais tellement éloquente qu’elle doit être acceptée. Il illustre ces secondes vagues des écrivains nés des décolonisations et qui  ne pouvant plus croire aux vertus automatiques de celles-ci puisqu’elles ont eu lieu en faisant basculer leur monde natal dans d’autres horreurs, semble parfois avoir  perdu l’espoir en l’homme.  C’est ce que disent Yasmina Khadra pour l'Algérie ou Alain Mabanckou pour l’Afrique sub saharienne. Peut-on entendre leurs cris et les recueillir pour chercher avec eux sans grandiloquence mais avec ténacité  des moyens de salut ?  Il ne semble qu’individuel pour l’auteur de Black Bazar dont le héros s’apaise dans la sollicitude de Sarah...


Lundi 2 février 2009 1 02 /02 /Fév /2009 16:43
- Par Gérard Bélorgey - Publié dans : livres
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On apprend dans un papier du Monde que le film britannique "Slumdog Millionaire", qui fait un triomphe en Occident, est poursuivi en diffamation par une association indienne de résidents d'un bidonville qui se sent salie par l'image véhiculée par le long-métrage décrivant  les bidonvilles en Inde, en particulier celui du plus grand d'Asie. à Bombay. Plusieurs voix se sont élevées en Inde pour s'insurger contre l'image misérable que le film donnait de l'Inde.

Quel est l’intérêt de ces protestations manipulées  : masquer la réalité d’un pays émergent dominé par les exploitations de classes et par celle des lobbies du négoce mondial ! N’oublions pas que si   « Slumdog Millionaire » est un film occidental qui  raconte l'histoire d'un jeune Indien illettré remportant contre toute attente la version locale du jeu télévisé Qui veut gagner des millions, cette réalisation est directement inspiré du roman indien de Vikas Swarup, «Les fabuleuses aventures d’un indien malchanceux qui devint milliardaire », roman que nous avions spécialement cité sur ce blog pour montrer  à quoi mène le système actuel  qui doit être radicalement transformé pour arracher des millions d’enfants aux détritus, aux oppressions et à la faim.

Mais les journaux - dont le Monde au premier chef  - semblent bien oublier que ce témoignage vient de l’Inde elle-même :  le roman souche n’est pas cité... 
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Jeudi 22 janvier 2009 4 22 /01 /Jan /2009 13:22
- Par Gérard Bélorgey - Publié dans : livres - Ecrire un commentaire
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Mode, vanité, morbidité  dominant trop, à quelques exceptions,  les rentrées littéraires, le visiteur régulier de la remarquable librairie qui est la mienne – Atout livres – a été respirer les rayonnages précédemment nourris de sédiments de petites publications  dont beaucoup furent autant de bouteilles à la mer.

Une jolie bouteille – mais pour ceux qui n’ont même pas besoin de cartes marines pour  situer les principaux îlots du semis des Glénans, l’ancienne aristocratie des amateurs, godilleux  et voileux – est le très émouvant journal de Jean Pierre Abraham, "Fort-Cigogne" trois fois réédité depuis 1995, par l’Air du Temps : des souffles furtifs qui donnent envie de repartir ...

Repartir en souriant vers l’enfance, une enfance  accueillant en douceur  des émois sensuels,  c’est le merveilleux voyage que réussit à faire faire Guy Coffette à son lecteur, si celui-ci du moins  , comme moi,  a vécu celle-ci dans des temps déjà reculés (avec treize quatorze  ans de plus que Coffette, qui est né en 1947, j’ai, pour une part,  le même registre de « passés »,  sans doute parce qu’il est de ce Nord qui a moins vite bougé que ma région  parisienne , et que, de toutes façons, les grands basculements de moeurs ne viennent qu’avec les années 55). Est-ce que ceux qui n’ont pas vécu cela peuvent sentir – et donc apprécier ce qu’il écrit si bien dans « une enfance lingère » ? (  Gallimard a eu rare  courage vis à vis d'écritures évoquant des univers dépassés,  de publier ce texte en 2006, en tenant compte il est vrai, certainement  de la notoriété dans les milieux initiés  de cet auteur qui est aussi un des grands prix de poésie de l’Académie Française).

L’écriture parfaite tourne autour de choses qui n’existent plus ; soit publiques : le lavoir, le confessionnal, le corbillard ; soit intimes : la bure des Soeurs, le corset de la mère, les bas de soie des femmes. Ce sera bientôt de l’ethnologie, après avoir été parfum de poésie.
Mardi 13 janvier 2009 2 13 /01 /Jan /2009 12:43
- Par Gérard Bélorgey - Publié dans : livres
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Ces circonstances de "crise" m'ont conduit à reconsulter deux ouvrages simples, d'excellente pédagogie :


 J'ai déjà, sur ce site, évoqué le premier; je veux en venir au second.

C'est une courte plaquette publiée sous forme d'essai par Grasset en 2004 et d'une parfaite lucidité, y compris pour éclairer le présent ....pressenti par cet auteur décédé en 2006 (cf sa bio. et ses oeuvres dans Wikipédia) ; et je vous invite à la lire et méditer.

Les "mensonges de l'économie", c'est , entre autres, nommer  "économie de marché" le capitalisme;  utiliser le même mot "travail" pour ceux qui doivent en être les esclaves et ceux qui en tirent profit; c'est distinguer secteur public et secteur privé, alors que le second a colonisé le premier;  c'est faire confiance aux analystes financiers pour prévoir l'avenir fait de tant d' inconnues ;  c'est encore croire à la souveraineté des consommateurs aussi floués que les citoyens par les acrobaties du tricycle démocratie/média/marchés; c'est enfin croire dans le rôle de la monnaie et des taux d'intérêt comme régulateurs de crises  et levier de prospérité.


Et c'est à ce point que nous mène J.K.G par les propos suivants que je sélectionne ( et parfois souligne de mon fait) dans ses deux derniers ironiques chapitres.

" J’en viens maintenant à notre mensonge le plus prestigieux, à notre plus élégante esquive de la réalité…Aux États-Unis, I'effort pour limiter le chômage et la récession, ainsi que le risque d'inflation, incombe à la Federal Reserve,. .(Ses ) mesures  n'en sont pas moins parfaitement inefficaces. …La réputation aussi flatteuse que fausse de la Federal Reserve s'appuie sur un solide fondement: la puissance et le prestige des banques et des banquiers, et le pouvoir magique qu'on prête à la monnaie….. Si, face à une récession, la Banque centrale réduit le taux d'intérêt, les banques affiliées sont chargées de répercuter cette baisse de taux sur leurs clients, et de les encourager ainsi à emprunter. Les entreprises vont alors produire des biens et des services, acheter les usines et les équipements qu'elles peuvent désormais s'offrir et qui leur font gagner de l'argent; la consommation, financée par des prêts aux meilleurs taux, va s'accroître. L'économie réagira positivement, et la récession prendra fin. S'il y a plus tard une expansion avec menace d'inflation, une hausse du coût de l'emprunt, elle aussi décidée par la Federal Reserve et appliquée à ses prêts aux banques affiliées, relèvera les taux d'intérêt. Les entreprises restreindront alors leurs investissements, les consommateurs leurs emprunts, l'optimisme excessif sera contré, les prix stabilisés, et on sera donc garanti contre l'inflation.

La difficulté, c'est que ce processus, aussi plausible que satisfaisant, est un credo économique bien ancré qui n'existe pas dans la vie réelle. …Les entreprises empruntent quand elles peuvent gagner de l'argent, et non parce que les taux d'intérêt sont bas. ….Lorsque les ventes sont mauvaises, les taux d'intérêt ne sont qu'un détail. ....Les entreprises ne vont pas emprunter pour accroître une production invendable.

…En période faste, la hausse des taux d'intérêt ne ralentit pas l'investissement des entreprises. Elle n'a pas grande importance. Ce qui compte, c'est la perspective de profits. Et, en temps de récession ou de dépression, le facteur déterminant est la perspective de recettes faibles. Si les taux d'intérêt baissent, il y aura refinancement des prêts immobiliers, ils trouveront de nouveaux financements; mais, globalement, les sommes que les débiteurs y gagneront seront assez minimes…. Autant dire que l'effet sur l'ensemble de l'économie sera nul ou insignifiant….. Les forces qui détermineront le retour de la récession sont.... le niveau de dépense des consommateurs et celui (dépendant du premier) de l'investissement des entreprises. Sur ces réalités, I'action de la Banque centrale a un impact minimal: les entreprises réagissent à la baisse de leurs ventes. La Federal Reserve ne joue ici aucun rôle décisif. Elle ne contrôle les dépenses des consommateurs et des entreprises que dans le monde de la candeur naÏve…"

 Ce que Galbraith nous donne à comprendre en termes très simples c’est que la santé  économique et sociale d’une société demande trois conditions :
-    la première est  que ses entreprises aient des marchés et que rien ne peut remplacer cela
-    la seconde est que ces marchés soient profitables et que le jeu des taux n’y suffit pas
-    la troisième est que le niveau de la demande produise, par l’emploi,  des effets de revenus chez les consommateurs s’adressant à ces entreprises.

SI Galbraith ne va pas jusque là,  on voit clairement que la dernière condition n’est bien remplie que si l’emploi est assez largement généré dans la communauté de clientèles des entreprises considérées, c’est à dire pour une proportion correcte en emplois nationaux.
Sinon, dans le cas où des commandes rentables sont honorées par des tâches confiées à l’extérieur, on peut avoir une économie un temps florissante au plan de la profitabilité et un désemploi  dans le périmètres d’implantation de sièges sociaux gagnant beaucoup d’argent, mais créant beaucoup de chômage et donc, à terme, un effet récessif par défaut de demande solvable interne. N’est-ce un peu ce qui vient de se passer dans les économies d’Occident ?  
 

Les considération terminales de JFG sur la fiscalité notamment sont aussi parfaitement d’actualité. Leurs passages les plus éloquents sont les suivants :

"…. Une des caractéristiques majeures de l'économie actuelle est l'ampleur des revenus que rapporte la «marchandisation» de l'inconnu. La renommée que peuvent s'attirer ce « non savoir » et les diverses « non-compétences » qui le fondent constitue un aspect rien moins qu'innocent de la vie économique moderne.

J'ai résisté ici à la tentation de décrire l'inconnu. En revanche, on peut savoir si une politique est salutaire ou nocive.Rien n'indique, notamment, que des réductions d'impôts comme celles qui ont été préconisées et décidées ces derniers temps aient un effet positif sur la récession. On a supposé que l'investissement, la production et l'emploi seraient stimulés par le supplément de revenus après impôt ainsi promis aux entreprises, à leurs directeurs et aux actionnaires financièrement bien lotis, sous la forme d'un allégement de la ponction fiscale sur les dividendes touchés par les riches…. Mais rien ne prouve que ces sommes offertes aux cadres supérieurs prospères auront un effet positif - qu'elles seront dépensées. Pour cette petite élite, la réduction d'impôts accroï des revenus déjà plus que substantiels. Et trop c'est trop, même pour les riches. Impossible d'être sûr que les revenus supplémentaires dus à la réduction d'impôts seront réellement dépensés. La mesure risque donc de n'avoir aucun effet.

Dans son histoire aux incontournables leçons, la politique économique a souvent été aux antipodes de l'intérêt économique lui-même. Et elle peut sembler fondée sans pour autant avoir d'impact net. Cela peut se traduire par de l'argent pour ceux qui ne le dépenseront pas et des privations pour ceux qui le dépenseraient

J.K G. contribue à nous faire percevoir que moraliser le système ne peut être que d'effet marginal et que c'est à le changer qu'il faut s'attacher. Prendre les erreurs, les cupidités, les abus et leurs auteurs pour boucs émissaires peut satisfaire le café du commerce; mais les punitions ne frappent en fait que ce que  le système a permis. La condamnation des comportements individuels est un alibi servant plus à "sauver le capitalisme "qu'à le dépasser, de la même façon que les politiques conjoncturelles sont des esquives du besoin  de réforme structurelle de l'économie mondiale et des échanges internationaux.













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Mardi 28 octobre 2008 2 28 /10 /Oct /2008 21:45
- Par Gérard Bélorgey - Publié dans : livres - Ecrire un commentaire
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