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politique éco et emploi

C'est la faute aux subprimes; c'est la faute aux bonus, c'est la faute aux paradis fiscaux; c'est la faute aux hedges funds; c'est la faute à l'immoralité des spéculations et des banques... comme si l'économie pouvait être morale.

Tous les abus détraquants sont rendus possibles parce que les terrains s'y prêtent. La  responsabilité des politiques et des Étals c'est de garantir les terrains les moins propices aux abus, non d'être des gardiens d'une impossible morale lorsque les tentations sont là, lorsque - pire, parce qu'inéluctable - pour survivre, les acteurs économiques doivent chercher par tous moyens, à maximiser leurs chances de profit pour être aptes à la concurrence mondiale. 

Double colonisation industrielle par les moins disants sociaux et par les dominants économiques, fragilité des activités, impuissance à faire prévaloir  une fiscalité efficace, déséquilibre du commerce extérieur, voilà les véritables causes fondamentales de la crise grecque, comme de celles qui guettent d'autres européens dont nous-mêmes.

Il ne faut pas courir après l'écume des choses, mais mieux les traiter sur le fond. Le salut n'est pas dans des contrôles souvent incrédibles, mais dans des dispositifs stratégiques qui écartent la possibilité de dépasser les bornes; donc dans une régulation des échanges  qui exclurait  les  facultés aujourd'hui multiples  d'exploiter les distorsions des termes de ces échanges .


Tous les problèmes qui assaillent les Français - et leurs voisins - cherchent leur réponses légitimes dans plus de moyens publics pour la gestion du social, des services publics, la lutte contre l'exclusion et pour l'égalité des chances. Or il est naïf  - et il devient criminel - de joindre à la compassion l'appel à la dépense publique quand l'état des activités nationales n'offre plus   les moyens de faire rentrer un impôt nécessaire plus important qu'aujourd'hui et dont les charges ne compromettraient pas notre compétitivité. 
 
Les moyens de l'État et de la fiscalité - qui est depuis toujours son outil majeur -  sont dans une économie prospère et les conditions d'une économie prospère sont  qu'elle soit protégée. Quand les hôpitaux manquent de personnels, quand les prisons sont souvent une honte, quand l'école est à bout de capacités par rapport aux besoins d'enseignement et de sécurité , quand les retraites sont menacées, quand les Caf n'ont plus les outils pour  gérer l'afflux des demandes, quand les transports tombent en quenouille, il y a toujours la même explication que ne comprennent d'ailleurs pas les usagers, les opposants ou les contribuables qui s'arrêtent à l'injustice à leurs yeux des prélèvements fiscaux selon les catégories sociales : un facteur réel, mais assez marginal par rapport à l'ampleur des besoins  . La cause essentielle est le  manque de ressources possibles, une carence devenant structurelle , imputable à une économie déchiquetée, dévastée par la prédation mondiale, ue prédation souvent pilotée par les firmes dont les labels restent  nationaux mais qui font leur profit ailleurs qu'avec des emplois dans notre territoire.   Or il faut que profit et emplois puissent être obtenus beaucoup plus largement dans nos limites territoriales, par l'ardente obligation d'une économie nationale.     
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Jeudi 11 mars 2010 4 11 /03 /Mars /2010 22:27
- Par Gérard Bélorgey - Publié dans : politique éco et emploi - Ecrire un commentaire
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Les faits sont incontestables : l'effondrement industriel français; les causes font débat et le brouillage est total alors que la cause majeure est évidente : une ouverture inconsidérée aux importations des low cost countries - ouverture abusive et de France elle -même et, sous la même loi non démocratique  du TARIC ( tarif douanier intégré des communautés européennes émanant de la Commission et du commissaire chargé du  commerce extérieur),  de bien d'autres pays européens qui réexportent  sur notre territoire des produits nourris de composants venus  de pays tiers aux prix imbattables..

Or le  rapport  qui retient aujourd'hui l'attention est une étude  de la DGTPE sur la baisse des effectifs industriels en France sur la période 1980-2007.


Le constat d'abord : la France a perdu 36% de ses effectifs sur la période, soit 1,9 millions d'emplois, soit encore 71 000 emplois par an en moyenne.

 

Sur les déterminants de la désindustrialisation, cette étude en distingue trois. Le premier  tient à l'externalisation vers les secteurs des services ce qui explique 20% à 25 % des pertes d'emplois de l'industrie., mais dont les contreparties devraient se retrouver(?) ailleurs dans les services marchands

Le deuxième déterminant est que a hausse du revenu réel permise par les gains de productivité est utilisé pour consommer plus de services. Ces gains de productivité étant plus élevés dans l'industrie que dans les services, et se traduisant par des baisses de prix plus importante, ces baisses de prix devraient conduire à un accroissement de la demande adressée à l'industrie, et par suite à un accroissement de l'emploi industriel. Mais dans l'autre sens, les gains de productivité permettent de produire avec moins de salariés. Les estimations effectuées dans le document montrent que ce deuxième effet l'emporte : la hausse de la demande ne permet pas de compenser l'ensemble des gains de productivité. Au total, ces facteurs combinés expliqueraient 30% de la baisse des effectifs industriels.

 

Il reste à estimer un troisième déterminant pour donc expliquer environ la moitié des pertes d'emplois industriels. La concurrence étrangère? On nous dit d'abord qu'elle est méthodologiquement difficile à évaluer. Une approche de l'étude estime d'abord à 13% la perte d'emplois liée à l'accroissement des échanges, avec des différences fortes selon les secteurs; mais une autre méthodologie conduit à estimer l'effet de la concurrence étrangère à 45% des destructions d'emplois. Mais en regardant  le rôle des échanges avec les pays émergents, on n'y trouverait que 17% d'effet, si bien que certains en concluent au doigt mouillé  que c'est donc la concurrence avec les pays de niveau de développement comparable à la France qui explique une bonne part de la baisse des effectifs industriels.


Serait-ce le cas, doit-on penser que c'est ( selon l'antienne néolibérale) parce que la France serait moins compétitive et attractive que ses voisins ( comme l'Allemagne ou surtout comme ces émergents internes à l'UE  que sont désormais les  pays européens de l'Est) ou parce que ces activités industrielles des autres européens réalisent leurs prix de revient  avec  des composants obtenus à plus bas prix que nous, soit chez eux du fait de retards sociaux, comme dans les PECO, soit du fait de déflation des salaires  et de compression des coûts sociaux  comme en Allemagne dont la "spécialisation  " explique bien un atout, mais non un niveau de prix de revient )  

 

A nos yeux il résulte de cette étude quelle ne peut porter à aucune conclusion, solide lorsque les fourchettes d'estimation sur les effets concurrentiels externes sont aussi ouvertes ( entre 13  et 45 %).


Elle ne semble pas avoir été mise en corrélation avec des travaux comparables  plus anciens dont j'avais fait précisément état dans "Trois Illusions qui nous gouvernent "( France-Empire, 1998 ) : Cl. Vimont, Le commerce extérieur français créateur ou destructeur d'emplois ~ (Economica, 1993). Vimont et F. Fahri, pour le compte du minis­tère de l'Industrie, Concurrence internationale et balance en emplois (Econo­mica et l'Institut de l'entreprise, 1997). L'apport méthodologique essentiel alors de ces travaux avait été d'essayer de faire une balance en emplois du commerce  extérieur manufacturier, pour découvrir la réalité des effets emplois derrière des données en valeurs. Ceci révela d'ailleurs de grosses évolutions fondamentales puisque le milliard d'export en intensité d'emplois et le milliard d'import selon le même étalon s'étaient en fait alignés dès lors que nous exportions de plus en plus de produits représentant beaucoup  en haute valeur technologique ajoutée et peu en main d'oeuvre, employée  mais que nos fournisseurs eux-mêmes ( les émergents montant en gamme de production) nous vendaient progressivement moins de contenus emplois et plus de valeur ajoutée.


 

Il en résultait déjà deux conséquences difficiles à affronter. La première est  que les émergents   sont venus de plus en plus en concurrence avec les mêmes types de produits obtenus à prix plus élevés en Europe de l'ouest. La seconde est que des  fabrications, conduites sur leur territoire (fut-ce par nos propres firmes)  se sont substituées, chez eux et vers des clients qui étaient les nôtres, à nos propres ventes. La seule réponse était donc dans une double « fuite en avant » quantitative et qualitative: les industries européennes et françaises durent , en permanence, pour « balancer », en emplois, leurs importations des NPI et PVD, vendre, en plus grande quantité, des produits et des biens inimitables de haute valeur ajoutée, en s'assurant, dans leur propre système de recherche et de production, d'avancées de technologies ou d'ingénieries que les pays émer­gents n'étaient pas encore provisoirement capables d'assurer, à leurs coûts plus bas, par leurs propres moyens. Mais ils le sont devenus de plus en plus et les concurrences par les prix sont désormais tous produits, tous azimuts.

 

Ce qui n'a pu pendant douze ans de plus (entre 98 et aujourd'hui) que poursuivre  une érosion industrielle qui fut  capitale dès 1980 : " S'il est clair que le commerce extérieur manufacturier a fait gagner, entre 1993 et 1995,  250000 emplois dont près de 120000 en 1995,  de 1988 à 1998 , en solde net cumulé (c'est‑à‑dire une fois déduits des emplois détruits chaque année, par suite des importations, les emplois engendrés, chaque année, du fait des exportations), il a été perdu dans la cadre des échanges extérieurs de l’ordre de 950 000 emplois manufacturiers. La période précédente – depuis le début des années 80 ‑ pour laquelle des études de même  nature n'existent pas et durant laquelle la balance en valeur était elle-même déficitaire ‑ a certainement fait au moins autant de dégâts.  De surcroit ces comptes ne peuvent intégrer tous les emplois non créés par disparition de parts de marchés externes, désormais nourries par d'autres fournisseurs, à raison des aban­dons de productions et des délocalisations. Le seul secteur manu­facturier , par les balances cumulées d'échanges exprimées en  termes d'emplois, sur quinze ans (1980‑1995) a donc sans doute, en stocks, , perdu (ou non gagné, par rapport à ce que les demandes pouvaient engendrer ) au moins de l’ordre de 2 millions d’emplois" Ce chiffre n'intégrait pas les pertes de la dernière décennie.  Elles seraient  donc sur trente ans d'un niveau  beaucoup plus considérable encore que celui retenu par  l'étude DGPTE .

 

C'est que de manière générale les estimations minorantes rassuristes sur les effets  industriels de la concurrence des émergents ne tiennent pas compte d'importants facteurs dont notamment les suivants :

- comme on l'a souligné d'emblée cette concurrence utilise largement les voies des fabrications chez des voisins européens et ce n'est donc pas alors leur compétitivité qui nous surmonte mais celle de leurs fournisseurs tiers

- la mesure des pertes est totalement minorée par l'impossible prise en compte des non-localisations d'activités en France (un grand multiple sans doute des délocalisations visibles)  dès lors que d'emblée grandes firmes comme entreprises moyennes  installent leurs productions en low cost countries pour en nourrir les marchés, les autres marchés du monde et le marché français lui-même

- les services externalisés de l'industrie, sont aussi externalisés de la France et  l'on doit depuis 1980 ( avec forte accélération depuis lors)  compter dans les pertes des emplois qui étaient organiquement considérés autrefois comme "industriels" mais qui sont sortis aussi bien de leurs entreprises mères que du territoire national

- la relative bonne tenue des bénéfices français fait illusion, parce qu'elle ne va pas de pair avec des emplois en France, mais avec des activités profitables ailleurs

- Ces bénéfices loin d'être critiqués devraient être espérés dans de nombreux secteurs qui les permettraient s'ils étaient protégés contre les dumping aujourd'hui  garantis par le TARIC

(et si quelques secteurs ont un peu pu survivre comme celui des cycles  en Italie et en France, c'est parce qu'il y a eu un tarif entre 5 et 15% envers beaucoup de pays tiers ( encore que les pays méditerranéens et même Chili ou Afrique du Sud soient en préférence totale) et antidumoing vis à vis du Vietnam 

- à une époque où les frontières entre secteurs - industriels, agro-alimentaires, agricoles, énergétiques, de services, de transports - sont en fait de plus en plus flous, c'est à l'échelle de toutes les pertes subies dans le cadre de la mondialisation sauvage, par l'économie française qu'il faut apprécier l'importance de la révolution intellectuelle à mener à bien pour nous sauver . Et ce n'est pas en écrivant seulement qu'"il semble que la concurrence étrangère pourrait avoir un rôle"   qu'on y  parviendra ...


Malgré tout, pour finir, les auteurs de l'étude invoquée semblent se resaisir puisqu'ils concluent ainsi :

Au final, au-delà de l’incertitude sur l’ampleur de l’effet de la concurrence étrangère, il apparaît,quelle que soit la méthode utilisée, une accélération des destructions d’emplois imputables à la concurrence étrangère dans la dernière décennie : l’approche économétrique  attribue 63 % des pertes d’emplois industriels observées sur la période 2000-2007 ((23 % pour les pays émergents) aux échanges contre 45 % entre 1980 et 2007 .....Le modèle utilisé pour effectuer ces estimations implique cependant que l’impact sur l’emploi de la dégradation des performances extérieures depuis 2000 n’est pas complètement réalisé et pourrait être beaucoup plus important à long terme.

Que cela vaille mise en garde. ce sera déjà un point d'acquis.        

 
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Dimanche 7 mars 2010 7 07 /03 /Mars /2010 11:42
- Par Gérard Bélorgey - Publié dans : politique éco et emploi - Ecrire un commentaire
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Voici en fac similé d'un article in Challenges, 25 février, un flash qui en vaut la peine :


Industrie et Aubry


On reviendra prochainement sur l'ouvrage "la gauche après la crise" de  N. Mayer-Rossignol et de G. Bachelay (ainsi que sur le rapport de celui-ci) de même que sur les 54 propositions évoquées ci-dessus.
Vendredi 26 février 2010 5 26 /02 /Fév /2010 16:36
- Par Gérard Bélorgey - Publié dans : politique éco et emploi
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On ne peut être admis en Europe que si l'on fait soumission à ses règles suicidaires  : pas d'entreprises publiques en déficit , et plutôt, pas d'industries du tout :  pour faire place nette aux importations industrielles des pays tiers à bas coût de production.

Ce sont de tels principes qui inspirent le diktat européen à la Croatie : si elle veut entrer en Europe elle doit vendre - au plus mauvais moment du marché mondial - ses chantiers navals qui sont ses activités majeures et ses emplois traditionnels; une privatisation ( le maître mot de la pensée libérale économique européenne) et une privatisation obligatoire qui ne peut aboutir qu'à une liquidation au plus offrant ( quelque asiatique qui n'en offrira rien pour mieux  les fermer et  pour mieux  contrôler le marché, ou quelque corsaire/négrier  apatride qui essaiera de les faire produire bien moins cher qu'aujourd'hui en finissant de ruiner ce qui reste ailleurs d'industrie navale européenne)

 Une Europe élargie, plus encore que celle qui eut été préférable - cohérente et resserrée -  a d'autant plus  besoin de garantir ses bases  industrielles indispensables au développement et aux emplois  et de construire, pour assurer leurs  survies et la sienne, des protections douanières contre les prédateurs mondiaux. Les autorités européennes que   nous connaisons barrent  à l'inverse du bon sens et nous conduisent  au sabordade collectif.             
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Vendredi 19 février 2010 5 19 /02 /Fév /2010 21:49
- Par Gérard Bélorgey - Publié dans : politique éco et emploi - Ecrire un commentaire
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La crise serait finie. j'entends, le lis, je reçois de partout l'intox de l'establishment, mais je vois que si les bourses ne baissent plus, l'emploi lui continue à plonger .

Alors pourquoi?  Nombreux sont les analystes - y compris au PS - qui veulent ramener à trois explications (en fait conjoncturelles) la dépression : les contagions de la crise des subprimes, les abus bancaires, la mauvaise adéquation des réponses des états.


Tous les complices de la pensée unique refusent l'explication systémique : dans les pays avancés les effets dévastateurs sur la demande, sur l'investissement et sur le "business model",  du libre échange mondial .

 Et  des relèves politiques -  qui veulent se préparer mais qui seraient sans doute bien illusoires font appel à des personalités internationales surcotées dont les crédos sont social <démocratie + libéralisme international>, sans percevoir que c'est exactement l'équation élémentaire qui a mené l'Espagne "socialiste"  à la catastrophe économique et l'oblige à des régressions sociales bien plus importantes que celles mises en oeuvre ou envisagéees  chez nous ou même en Allemagne .


A la question de base sur les causes de notre situation, les états généraux de l'industrie dont ci après le sommaire du rapport d'étape ( à consulter in extenso sur le site de la documentation française)  de fin janvier donnent d’appréciables éléments de réponse

 

 

I. DIAGNOSTIC de l’industrie française

 

A – Les constats généraux

1. Le recul de l’emploi industriel

1.1 L’emploi dans l’industrie accuse une baisse régulière

1.2 La diminution de l’emploi industriel affecte tous les secteurs, y compris ceux bénéficiant d’une croissance de la valeur ajoutée

1.3 Peu de sous-secteurs se caractérisent par un duo vertueux de maintien des effectifs et de croissance de la valeur ajoutée

1.4 Paradoxalement, certains secteurs éprouvent des difficultés récurrentes de recrutement

 

2. Le recul de la position de l’industrie française

2.1 Un secteur manufacturier qui pèse moins dans la valeur ajoutée que dans la plupart des pays de l’Union européenne

2.2 La valeur ajoutée de l’industrie française a évolué moins favorablement que celle des autres pays de la zone euro depuis 2000 et que celle de l’économie française dans son ensemble

2.3 L’industrie française est en majorité largement ouverte sur l’international, élément de force et de vulnérabilité

2.4 La balance commerciale de l’industrie française se dégrade

2.5 Une situation qui contraste avec celle de l’Allemagne

2.6 Une situation qui se traduit par une perte de parts de marché de l’industrie française au niveau mondial mais aussi et surtout vis-à-vis de l’Allemagne et de la zone euro

2.7 Des marges dans l’industrie française plus faibles que dans les principaux pays de l’Union européenne

 

3. Une faible dynamique d’investissement et d’innovation

 

3.1 Une dynamique d’investissement globalement faible et hétérogène selon les secteurs

3.2 En lien avec les investissements, la productivité de l’industrie continue de croître mais l’hétérogénéité sectorielle est grandissante

3.3 L’effort de R&D dans les branches industrielles les plus intenses en R&D est comparativement plus important en France qu’en Allemagne

3.4 Mais la France accuse un retard notable en termes de dépenses totales de R&D rapportées au PIB du fait de la part importante des industries peu intenses en R&D dans son tissu industriel

3.5 La stagnation de l’effort en R&D privée en France réduit la capacité du pays à influer sur la définition des normes et standards au niveau mondial

3.6 La R&D de l’industrie manufacturière française est concentrée sur quelques secteurs

 

4. Les faiblesses rémanentes du tissu de grosses PME en France

4.1 Les PME représentent plus de 90 % des entreprises en France mais ne génèrent que 17 % des exportations

4.2 Un tissu de PME et d’entreprises de taille intermédiaire (ETI) nettement plus faible en France qu’en Allemagne et au Royaume-Uni

 

B – L’identification des principaux facteurs déterminant la situation de l’industrie française

 

1. Les facteurs favorables

1.1 Des grandes entreprises à rayonnement mondial et des savoir-faire reconnus

1.2 Des écosystèmes innovants de PME/ETI dans certains segments industriels

1.3 Une capacité relative d’attraction des investissements étrangers

1.4 Une qualité reconnue de la formation des ingénieurs et des scientifiques

1.5 Une bonne performance comparée en matière environnementale

1.6 Des dispositifs de soutien public qui attestent de l’intérêt soutenu des Pouvoirs publics et des collectivités territoriales pour l’industrie

1.7 Des infrastructures de qualité

 

2. Les facteurs pénalisants

2.1. Le constat d’une sensibilité plus forte qu’en Allemagne à la question des parités monétaires

2.2 Un prélèvement public sur les entreprises par rapport à la valeur ajoutée plus important que dans la plupart des pays comparables

2.3 Un avantage compétitif sur les coûts du travail dans l’industrie par rapport à l’Allemagne qui s’est effrité depuis 2000 et a disparu

2.4 Des difficultés spécifiques dans le domaine du financement

2.5 Des dispositifs de formation insuffisamment adaptés aux besoins des salariés et des entreprises

2.6 Une image dégradée de l’industrie et de ses métiers qui entraîne un déficit d’attractivité

2.7 Une culture de l’innovation et de la créativité insuffisamment développée

2.8 La croissance des entreprises encore trop peu encouragée et accompagnée

2.9 Des relations entre acteurs du monde de l’industrie et de la recherche insuffisamment structurées et pas assez orientées vers le bénéfice collectif

2.10 Les outils d’aides publiques à l’industrie sont nombreux mais manquent d’une lisibilité d’ensemble

 

C – Les spécificités par filière

 

1. Les biens intermédiaires, biens d’équipement et industries de l’environnement

2. Les biens de consommation (y compris agro-alimentaire)

3. Les industries de santé

4. Les industries des TIC

5. Les industries des matériels de transport

 

II. LES ENJEUX

 

A – Les défis majeurs auxquels les sociétés sont confrontées aujourd’hui appellent tous une réponse de l’industrie

1. Le défi démographique

2. Le défi du développement durable

3. Le défi de la mobilité

4. Le défi du progrès médical

5. Le défi de la société numérique

 

B –La réponse de l’industrie doit se faire en combinant toujours davantage l’innovation, la production et les services

1. Intégrer davantage l’enjeu de l’accélération de l’innovation technologique et celui de l’extension du concept d’innovation

- Se fixer pour objectif d’atteindre un effort de R&D comparable à celui des grands pays qui comptent en ce domaine (Allemagne, Suède, Finlande, Etats-Unis, Japon, Corée) et créer les conditions d'un dialogue structuré entre la recherche publique et la recherche privée pour utiliser au mieux le potentiel de chacune

- Etre en capacité d’anticiper, de détecter ou mieux encore d’inventer des innovations de rupture

- Intégrer l’innovation dans toutes ses dimensions : technologie, management, process, design, marketing

- Raccourcir les délais entre la R&D et l’industrialisation

- Mettre à profit les TIC pour améliorer la productivité et la compétitivité des entreprises, notamment dans les PME

- Favoriser la mise en place dans les entreprises d’un véritable management de l’innovation ; organiser un recensement et une diffusion des meilleures pratiques en ce domaine, notamment au sein des PME

- Identifier de nouvelles pistes financières pour favoriser l’innovation dans l’industrie

 

2. Satisfaire les attentes des consommateurs et répondre aux interrogations de la société

- Développer au sein des entreprises la connaissance et la compréhension des tendances mondiales, des spécificités des marchés régionaux et des évolutions des attentes des consommateurs

- Répondre de façon transparente aux questions de la société

- Prendre en compte les enjeux sanitaires, sécuritaires et environnementaux

- Identifier de nouvelles pistes pour encourager les entreprises à investir davantage dans l’éco-conception et l’éco-production

 

3. Structurer des écosystèmes plus solidaires dans le cadre d’une politique de filières

- Travailler à l’identification des filières les plus porteuses pour asseoir au besoin une spécialisation industrielle plus performante

 

- Favoriser de façon générale, en matière de projets industriels ou de R&D, le raisonnement en filières, en écosystème, en projet industriel multi-partenarial au niveau international, national ou territorial

 

- Structurer dans ce cadre une démarche de montée en gamme de la production française

 

- Mettre en place les enceintes de dialogue nécessaires pour permettre la définition de visions stratégiques partagées entre tous les partenaires d’une même filière et la mise en place d’actions partenariales visant le bénéfice collectif

 

C –Un environnement plus favorable à la compétitivité de l’industrie française doit être mis en place

- Assurer une meilleure stabilité de l’environnement réglementaire des entreprises, une visibilité sur les évolutions prévisibles de cet environnement et leur donner des délais d’adaptation suffisants ; repérer et mettre en place tous les mécanismes de simplification administrative possibles

- Inscrire les évolutions du coût du travail en France dans une perspective de compétitivité

- Identifier les mesures les plus favorables au renforcement du tissu d’ETI en France par exemple par la fiscalité ou l'amélioration des règles de transmission

- Améliorer les systèmes de formation, en particulier dans l’enseignement technique, pour mieux répondre simultanément aux attentes des salariés et aux besoins de l’industrie

- Engager des campagnes publiques pour améliorer l’image de l’industrie et renforcer son attractivité auprès des jeunes

- Renforcer la présence de la France et de ses industries sur les chantiers internationaux des standards et de normalisation, en encourageant et facilitant la participation des entreprises à ces travaux par tous les moyens possibles, y compris financiers

- Evaluer les dispositifs d’aides publiques à l’industrie existants pour s’assurer qu’ils s’inscrivent pleinement dans la stratégie nationale pour l’industrie et les adapter en tant que de besoin ; rendre les modalités d'accès à ces dispositifs plus simples, par exemple par la mise en place d'un guichet unique

- Amplifier les actions de soutien aux entreprises à l’export

- Assurer une défense plus efficace de la propriété industrielle et une lutte renforcée contre la contrefaçon

- Encourager les relocalisations par la valorisation des atouts « France » et par l’identification et la mise en œuvre d’actions incitatives nouvelles

 

D – La mobilisation et l’engagement de tous les acteurs autour de l’objectif de la reconquête industrielle doivent être recherchés



Les reprises par les médias sont nombreuses.  On citera tout particulièrement celle de "Alternatives Économiques"  de février et le dossier de "l'Humanité" du 28 janvier. Cet effondrement industriel français  est la première explication de notre mauvais emploi mais  cet effondrement n'a-t--il lui même comme cause dominante l'impossiibilité actuelle de notre industrie, du moins de celle qui est "exposée - à faire face à la compétitivité des pays à bas coût de revient.?

 C'est bien ce qui ressort entre les lignes de ce que disent les chefs d'entreprise eux-mêmes: l' abence d'une protection raisonnable  de l'industrie ( cf. ci après ce que je souligne dans la déclaration de Yvon Jacob, ) et/ ou  l'excès de nos coûts collectifs  ( les impôts) et sociaux ( les rémunérations et charges) et les dépenses d'énergies en dialogues infructueux  ( cf. extraits de l'article de l'entretien Gallois/Humanité) se conjuguent pour nous pénaliser .

 

Entretien avec Yvon Jacob, président du Groupe des Fédérations Industrielles

In Alternatives Économiques Février 2010

 

Pour restaurer la compétitivité de l'industrie française, faut-il aider en priorité certains secteurs ?

Il peut y avoir de grands projets dans certains secteurs, pour lesquels l'inves-tissement public est indispensable. Mais c'est l'industrie dans son ensemble qui doit être soutenue, parce que tous les secteurs sont fortement interdépendants.

Par exemple, parmi les clients de la mécanique, on trouve l'automobile, l'aéronautique, le ferroviaire et le nucléaire. Ou la chimie, dont toute la production passe par des équipements mécaniques : tuyauterie, vannes, chaudronnerie, etc. Arevane pourrait pas construire de réacteur nucléaire en France ni en vendre à l’étranger si elle n'avait à son service une multitude de sous-traitants très spécialisés. Areva n'est qu'un concepteur-assembleur,comme les deux constructeurs automobiles français : il y a trois fois plus de valeur ajoutée et d'emplois chez les fournisseurs de Renault et PSA que chez eux. Ces grands groupes ne pourraient plus se développer en France s'il n'y avait plus ces compétences en amont. Ils seraient obligés d'aller les chercher à l'étranger. Et à terme, la logique serait de s'installer là où sont ses fournisseurs.

 

Cette politique peut-elle être efficace sans action au plan européen?

L'Europe se veut un modèle au plan du libre-échange, de la lutte contre les émissions de CO2 comme de la qualité des produits. Mais une fois qu'elle a mis en place des réglementations comme le dispositif Reach d'enregistrement et de contrôle des produits chimiques, elle se désintéresse du problème concurrentiel vis-à-vis du reste du monde. Elle exige des industriels européens qu'ils respectent ces normes, qui représentent un coût supplémentaire pour eux, mais un industriel chinois peut quant à lui se contenter d'apposer le label CE sur ses produits et les faire entrer sur le territoire européen sans aucun contrôle.

Il faut que les Etats membres exigent de l'Union européenne qu'elle mette en place ces contrôles pour les produits en provenance de l'extérieur de l'Europe et qu'elle fasse respecter ses normes dans les discussions commerciales à l'Organisation mondiale du commerce (OMC)

Enfin, il faudra traiter un jour le problème de la parité de change entre l'euro et les autres monnaies de la zone dollar. Cela ne sert à rien de se battre pour améliorer la productivité de 5 % si, dans le même temps, l'euro voit sa valeur augmenter de 50 %,comme c'est le cas depuis huit ans. Certaines industries européennes sont menacées de disparition par l'euro fort.

 

Qu'attendez-vous des Etats généraux de l'industrie ?

En premier lieu, un diagnostic sur les causes de la perte de compétitivité de l’indusirie française, et la reconnaissance du rôle primordial qu'elle joue dans l'économie. Les politiques publiques qui se sont succédé en France depuis le débutdes années 1990 ont eu pour résultat d'ouvrirle pays sans restriction à la concurrence internationale. Sans qu'aucune conclusion n'en ait été tirée afin de placer l'industrie française dans les meilleures conditions pour affronter cette concurrence.

 

Propos recueillis par M. Ch.


 

 

 

Entretien Louis Gallois/Humanité


Vous ne concevez pas l'Europe sans usines. Pourtant, les grands groupes européens délocalisent.

Louis GALLOIS. Je ne crois pas que l'on puisse construire une Europe autonome avec une réelle capacité de décision sans industries et sans usines. Il n'est pas possible de se replier sur les services ou uniquement sur les bureaux d'études. Aucun continent ne peut considérer qu'il joue un rôle mondial s'il n'assure pas sa capacité industrielle.......Les pays émergents vont s'attaquer à tous les créneaux, y compris ceux de  haute technologie. Tant que ces pays n'auront pas atteint notre niveau de développement, ils produiront moins cher que  nous. Notre force, c'est laqualité de nos produits et des services qui les accompagnent, et l'innovation, pour être toujours un pas (ou deux) en avance sur les autres. Pour cela, l'effort de recherche et développement dans les hautes technologies est décisif.

Nous avons, bien sûr, également besoin d'un environnement qui soutienne l'industrie par plusieurs leviers. Certainement, une politique monétaire qui ne handicape pas les industries en Europe. Une politique industrielle qui devienne une vraie priorité en France et en Europe. Pour être tout à fait franc, je ne sens pas encore cette volonté au niveau européen.....

Et en France?

Louis GALLOIS. Des outils ont montré leur efficacité : les grands programmes de typeAriane ou Airbus, les agences de financement Oseo, le FSI -, le   'crédit impôt recherche ou les pôles-dé compétitivité. Il y a la base  d'une politique industrielle, et le gouvernement a pris des initiatives qui peuvent créer une dynamique ...Cela dit, il faut aussi assurer la compétitivité des entreprises : je n'ai jamais été un adepte des 35 heures. Je ne dis pas du tout que l'on paye trop les gens en France et je sais que la productivité horaire est forte. Mais il y a un problème global de durée du travail sur la vie professionnelle...... C'est une vraie contrainte pour la croissance et pour l'industrie.

N'est-il pas pourtant devenu urgent d'investir en direction des personnels, des emplois, des formations et des qualifications?

Louïs GALLOIS. J'évoquerai un premier problème...Cela me navre de voir de plus en plus de diplômés des écoles d'ingénieurs choisir la finance et les banques.... Il faut réhabiliter (enfin !) enseignement technique et professionnel Mais, plus largement, je pense, le renouveau industriel de notre pays doit s'appuyer sur une nouvelle « dynamique sociale ».Est-on capable de demanderles efforts que nécessite une compétition mondiale farouche et dans le même temps, discuter avec les salariés et leurs représentants sur la flexi-sécurité ou sécurité professionnelle, sur la penibilité du travail, sur la formation, sur le partage de la valeur ajoutée ou sur la capacité d’intervention des personnels dans les entreprises ? C'est aux partenaires sociaux de trouver ensemble les conditions d'une dynamique industrielle et sociale . Le pays en a besoin!

 

ENTRETIEN RÉALISÉ PAR ILDE MATHIEU ET ALAIN RAYNAL

 




Mais, alors qu'il est vrai que les entreprises soumises  à une farouche  concurrence mondiale, ne peuvent avoir une autre position que de rechercher tous les allégements possibles de coûts de production, on ne  pourra méconnaître toujours plus loin  les besoins collectifs que nourrissent les impôts et  le respect des standarts sociaux occidentaux.

D'autant que les politiques conduites en faveur des entreprises et des plus aisés des acteurs économiques en tant qu'on y voit des porteurs d'investissement ne sont pas sélectives : elles ne font pas la distinction entre les activités exposées aux concurrences internationales qu'il est légitime de soutenir et l'ensemble des entreprises et des détenteurs de revenus et patrimoines  appréciables. Ce qui est vital pour qui opère dans les secteurs "exposés" est effet d'aubaine pour les autres quand les mêmes allégements ou les mêmes privilèges fisccaux s'appliquent à tous. C''est ainsi, par exemple,  que la suppression de la Taxe professionnelle - encore qu'il est sans doute erronné d'y voir une cause majeure de délocalisations ou de non localisation en France  - peut se justifier pour certaines catégories  d'entreprises et constitue un "cadeau" pour d'autres, comme la baisse de la tva en restauration, tant il est vrai que ce n'est pas ce taux de  tva qui commande l'attractivité touristique de la France, et que nos efforts budgétaires et  "dépenses fiscales" devraient être focalisés au bénéfice  des  secteurs exposés ( ce qui s'obtient mieux par des exonérations ou dégrèvements ciblés que par des mesures générales d'allégement  fiscal).

Mais moins d'impôts, moins de services publics ,  des restrictions salariales et  la rigueur sociale sont les versets de la bible élémentaire des politiques libérales  bible dans laquelle il y a une part de vérité et une part d'excès. La première est qu'il faut se garder de trouver remède à tous les problèmes dans la dépense publique ( comme il est bien aisé de le faire quand on est dans l'opposition) et qu'il faut bien veiller tout au contraire à comprimer ( mais avec discernement) celle-ci  pour réduire la dette. La part d'excès ( comme on peut y être porté par clientèlisme quand on est au pouvoir) est d'appliquer sans sélectivité  une stratégie en faveur de toutes les entreprises et de tous les mieux nantis    D'ailleurs le modèle dit "allemand" n'offre en réalité
qu'un exemple de  rémission parce  que malgré des particularités industrielles qui l'ont ménagé  notre voisin subit avec décalage les mêmes phénomènes que nous ccnnaissons ; la perspective sans une certaine dose de protection commerciale  de pertes de positions économiques, de rigueur sociale amplifiée obligatoire et de l'entrée des pays du noyau européen sous le contrôle politique de fait des plus puissants des Émergents. Nous n'allons pas à un monde multipolaire, mais , au delà, à l'asservissement  de nos sociétés et de nos héritiers   par des puissances étrangères dont les patriotes contrôlent les multinationales . Le soin que l'on prend déjà à ne pas contrarier par exemple la Chine ou les Émirats témoigne de l'installation de  notre dépendance.
 

Il ne s’agit pas ici  ni de faire le procès de ceux qui ont la responsabilité des affaires, ni la critique des postures de l’opposition, mais de revenir à la question fondamentale qui  relève autant d’une analyse de généraliste que de compétences d‘économiste, tant il est vrai que la consultation des travaux de ceux-ci, malgré l'interpellation en cours pour contester l'uniformité de leur formatage mental, fait apparaître que leur référence logique au marché occulte chez la plupart d'entre eux le concept de nation.

Cette question fondamentale est simple : elle  est de savoir comment gérer le défi de la compétitivité des ÉMERGENTS : par leurs low costs, ceux-ci conduisent les pays occidentaux avancés aux pertes de positions, de marchés et d’emplois que l’on sait  ( et personne aujourd’hui ne saurait honnêtement le nier , une compensation étant au mieux trouvée dans le bénéfice financier qu'en contre-partie les économies ocidentales  peuvent, au profit de leurs privilégés, tirer de ce système-monde )


  Pour faire face à ce défi et à nos besoins d'emplois il y a ,  certes en simplifiant  beaucoup, deux approches

- celle qui consiste à chercher à être compétitifs par les prix ( car les progrès en qualité des Émergents font que seuls les prix sont décisifs, l'indispensable innovation occidentale étant très vite rattrapée par des facultés  considérables d'innovation des nouvelles puissances)  non seulement à leur égard, mais relativement aussi envers des pays comparables au nôtre; 

- celle qui consisterait à se protéger contre les low costs  en combinant  une forme ou une autre de droits ( voire de contingents) d’entré et de contrôle,  et un soutien par les finances publiques (et donc par l'ensemble des contribuables) en faveur des activités situées ou s'implantant dans un  périmère de notre intérêt politique et social , c'est à dire sur le territoire national ( au premier chef aussi longtemps que c'est dans ce périmètre qu'a lieu le choix des gouvernants)  ou dans un espace européen homogène et dont les composantes resteraient clairement en synergie, en même temps que la dévolution du pouvoir politique  pourrait s'y effectuer "at large" de manière de plus en plus démocratique  à un échelon supra national mais culturellement  cohérent. 


La première voie est la voie politique libérale et, un peu tempérée par des précautions sociales, la voie sociale démocrate. Cette variante est à l'aise dans les postures  critiques d'opposition , parce que ses  clefs sont  la compassion pour les victimes, la concommation populaire comme levier économique revendiqué, la recherche et l'innovation comme horizon stratégique. Mais cette variante si elle vient aux affaires débouche inéluctablement sur des contradictions : ses vertueuses politiques sociales entrant en conflit avec l'impératif de compression des coûts qui restera dominant aussi longtemps qu'il n'est pas tempéré par une part de protection négociée avec nos partenaires de manière  à nous garantir des marchés et donc des emplois   ainsi que  des ressources fiscales  pour les services publics et des facultés de prélévement assouplies pour les besoins des régimes de couverture des risques . 

 

C'est la seconde voie - aujourd'hui taboue- qui serait autant que la première une impasse si elle n'était judicieusement conduite et bien pondérée. Il n'est de salut que dans le dosage.  Mais les libéraux, soutenus et  tenus  de surcroît par les principes d'ouverture commerciale de l'UE n'y sont guère prêts sauf peut-être pour des cas particuliers comme pour une taxe carbone aux frontières. Et les courants  "de gauche"  ne conditionnent jamais aujourd'hui leurs programmes consuméristes et sociaux à la mise en place de leur condition minimale de faisabilité : ces  parts  de protection - qui sont à étudier et rechercher de manière très habile et ciselée - sans lesquelles nous sommes voués aux compétitions de la jungle ainsi qu'à la probabilité des décadences et de la soumision à d'autres intérêts que les nôtres     

 

 

Mercredi 3 février 2010 3 03 /02 /Fév /2010 14:27
- Par Gérard Bélorgey - Publié dans : politique éco et emploi
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