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Il ne faut seulement parler des cantonales; il faut savoir les faire parler.

 

1- D'abord ne pas se fier aux apparences : les bons chiffres sont ceux du ministre de l'intérieur. La droite "modérée" recule, mais elle reste importante;  il faut en effet ajouter à l'UMP tous les divers droite et de majorité présidentielle. Elle n'est donc pas "talonnée par le FN", quoique celui-ci progresse, mais en ne dépassant pas de beaucoup le  niveau 2002, un peu amplifié par l'effet "bleu marine" ( le diable est joli garçon de la même manière que cette femme est personnellement bien attractive) . Globalement, toutes les droites ( surtout en tenant compte de ceux des électeurs qui se sont abstenus)  pèsent au moins autant dans le pays que toutes les gauches,  au sein desquelles il n'y pas peut-être pas autant de facteurs communs qu'au sein des droites.

 

2 - Des facteurs communs entre droites qui font penser à certains que 2012 pourrait voir naître un  rapprochement Sarkozy/Le Pen à l'image de celui d'une bonne part de leurs électorats; ce qui est quand même difficile à concevoir comme  affichage politique. D'abord parce que deux crocodiles vont mal ensemble dans le même marigot (ce qui se trabuit par le fait qu'en matière de mode de scrutin la sarkozysme est pour le majoritaire, le FN pour la proportionnelle) . Sur le fond, les"valeurs" - et donc les intérêts -ne sont pas toutes, ni tous,  les mêmes . La phobie de l'immigration, la volonté de la sécurité les rapprochent. Mais, en matière économique , l'essentiel les sépare : le FN est "national" , opposé à l'Europe et au libre -échange, deux options  qui sont avec le Traité de Lisbonne  les piliers  du quinquennat, encore que le Président de la République ne soit pas un libéral pur sucre et qu'il s'essaie à exprimer et à défendre des intérêts proprement nationaux. 

 

C'est bien ce qui le distingue - et, à notre sens, positivement -  d'une partie de sa majorité, celle d'ailleurs que représente bien le  premier ministre ( et la ministre des Finances ): le groupe libéral BCBG. Et ceux là ne peuvent  laisser la moindre équivoque dans leur opposition au FN parce que celui-ci veut - ce qui est la cause même de son envol actuel que nous comprenons d'autant plus que - pour notre part complètement hostile aux autres thèses du FN -  nous ne sommes pas loin de l'approuver sur cette esquisse de stratégie -  rôle accru, social et protecteur, de l'État, plus largement "protectionnisme commercial et sortie de l'euro.  Voilà les lignes de rupture entre Fn et  droite libérale. C'est ce qui permet de comprendre les "dissensions " au sein de la majorité présidentielle sur l'attitude à avoir au second tour des cantonales. Les libéraux libre échangistes comprendraient bien un rapprochement avec le FN sur l'immigration et la sécurité, mais il ne faut évidemment à leurs yeux ne renforcer en rien la force anti mondialisation qu'exprime le Front. Les Sarkozystes sont encore sans doute encore  plus convaincus que les précédents sur immigration et sécurité, mais d'un petit côté peuvent trouver un point d'appui tactique dans leurs efforts de bémol sur la globalisation du fait de l'expression plus marquée ( jusque dans les conseils généraux)  d'une hypersensibilité aux intérêts nationaux, et , surtout, d'un autre grand côté font un raisonnement d'anticipation :  il faut reconnaître que le "ni, ni" - du président et du Sg de l'UMP  - est certes antipathique et un peu diffcile aujourd'hui à expliquer , mais  ce qui est qu'il exprime une parfaite logique constituant une  bien meilleure base électorale pour draguer à la présidentielle que de prêter le flanc à l'acronyme si expressif  : "le front républicain,  c'est "l'UMPS"."

- 3 - "UMPS" !, c'est bien la critique que l'on peut faire - et n'est-ce au fond celle  du parti de gauche lui-même - au delà du principe classique des désistements intergauche et, en l'absence de la gauche au second tour, entre candidats républicains -  à l'affichage  d'un "front républicain". Un front qui - pour "sauver" quelques cantons et pour avoir la portée symbolique d'exclure une fois de plus et toujours aussi inutilement le Fn des institutions-    additionne dans la confusion  les intérêts des hyper libéraux,  les flous des socio libéraux et qui engloberait aussi les porteurs des convictions sociales et d'intérêts économique national de la gauche radicale. La  réalité c'est que les lignes de clivage, comme toujours, ne se superposent pas : la ligne libérale politique peut unir le centre droit et toutes les gauches;   la question du libre échange   
vis à vis duquel  extrême droite et extrême gauche ont la même légitime aversion  car c'est la cause fondamentale de régressions et  fracture sociales -  clive au sein de toutes les familles politiques. Bien sûr il est paradoxal que ces questions interfèrent avec les problèmes  locaux de bonne gestion qui devraient être ceux du scrutin cantonal; mais on ne peut faire autrement que d'avoir une imbrication des enjeux nationaux.

L'une des  leçons qu'il faut tirer de ces lectures est que  l'hostilité manifestée au Front National par une partie de la droite aux affaires n'est nullement garante d'un crédit politique que certains pourraient en conséquence lui accorder . Il est clair, à nos yeux, que cette hostilité au FN  n'a pas pour motif la compréhension de l'immigration, mais le rejet de tout ce qui conteste la mondialisation libérale et le support qu'en est l'U.E.

 

 

- 4 - Quant aux conclusions que chacun peut en tirer pour des stratégies 2012, il faut attendre. La seule chose certaine c'est que, compte tenu du succès des thèses anti mondialisation - ce sont elles qui portent le FN dans toutes nos régions de tensions pour l'emploi et/ou de désespérances sociales - , il ne suffira pas d'un "front républicain" équivoque  pour contrer l'extrême droite. Il faut un programme qui incorpore des propositions sérieuses, raisonnables et crédibles pour  maîtriser les effets - et au premier chef les effets commerciaux sur l'emploi - de la globalisation. Et que ce programme ne soit pas fait de subtilités,  mais de lignes directrices intelligibles à tous. Une part des droites  - et certainement d'ailleurs des électorats du Fn - pourrait d'ailleurs s'y rallier . Telle est la bonne union nationale, et non celle qui - au seul nom de contrer le FN - réunirait des libéraux de tous poils, les socio libéraux, les écologistes et des républicains d'appoint  . Celle là n'est qu'une ligne de repli qui ne serait d'ailleurs acceptable que si , pour donner des  chances d'audience à tous, elle était assortie d'un engagement d'aller au scrutin législatif  proportionnel ( cf. l'article précédent).

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Mardi 22 mars 2011 2 22 /03 /Mars /2011 06:44
- Par Gérard Bélorgey - Publié dans : actualité - Ecrire un commentaire
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De nombreux magistrats, des agents des services pénitentiaires et sociaux, des policiers viennent de faire prendre mieux conscience à l'opinion  de la tragique insuffisance des moyens du service public de la justice.

 

C'est un pas important; c'est un pas insuffisant.

 

Pourquoi n'a-t-on pas les moyens indispensables ? Pourquoi n'aurait-on pas les facultés complémentaires,  pour se prémunir contre les récidives, d'une part de mieux suivre des délinquants libérables ou libérés, d'autre part de maintenir s'il le faut en prison, ou en tout autre milieu fermé ou de manières parfaitement contrôlées,  ceux qui appellent cette précaution. Que  les décisions de justice - conformément aux différents cas envisagés par la loi -   cherchent la rééducation, la réinsertion des condamnés , ou qu'elles soient rendues  sévèrement, dans les deux cas, il faut des hommes pour y veiller qui manquent en grand nombre  et des capacités de rétention  et de vigilance qui font gravement défaut puisque notre surpopulation carcérale  - faisant obstacle au rôle correct qu'il est si difficile d'attendre des privations de liberté, surtout lorsqu'elles s'exécutent dans les pires conditions  - est tout simplement scandaleuse.. et de longue date.

 

En bref il faut des budgets de fonctionnement et d'équipement à une autre échelle qu'aujourd'hui.
Qu'est ce qui s'y oppose : la rigueur budgétaire. Qu'est que qui engendre la rigueur budgétaire: les obligations de compétitivité internationale que l'on veut renforcer. Qu'est ce qui engendre ces obligations : l'ouverture excessive aux concurrences meurtrières produites par le libre échange. 

 

Le deuxième pas de prise de conscience à franchir c'est de faire le lien entre la misère de la Justice et des services pénitentiaires et ce qui la cause  : la quasi  totale ouverture de nos frontières à des produits et services ( non plus cantonnés aux industries de main d'oeuvre mais désormais les uns et les autres de toute nature et de toute gamme)  obtenus ailleurs aux prix imbattables qui sont ceux des pays en retard social et à très bas  coût de revient et constituant aussi des composants qui pèsent à la baisse sur  les prix de  certains pays européens.

Il n'y a pas de bonnes réponses pour faire face aux besoins de Justice et de sécurité  sans desserrer l'étau des concurrences. Par le principe d'alléger les charges publiques pour ne pas augmenter des prélèvements ainsi que  des taxations du travail, et des coûts d'entreprise  qui portent aux délocalisations, par l'insuffisance d'activités françaises trop concurrencées - ce qui réduit l'assiette et le produit des impôts et augmente les charges de chômage  qui en résultent - , par une politique fiscale d'une efficacité douteuse et de si peu d'équité,   nous sommes obligés, dès lors que nous ne nous protégeons pas un minimum,  de rendre notre État incapable d'accomplir ses devoirs : vis à vis des besoins de la Justice, comme vis à vis de ceux de l'Éducation Nationale ou vis à vis d'autres grands services publics. Il faut que la Nation retrouve la maîtrise de ses budgets et  plus de ressources dans un meilleur emploi. Ce  qui exige le juste échange international plutôt que le libre échange.

 

Quand les Français feront enfin le lien entre leurs difficultés, leurs insécurités et le sytème commercial mondial, une chance enfin s'ouvrira.    

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Vendredi 11 février 2011 5 11 /02 /Fév /2011 09:36
- Par Gérard Bélorgey - Publié dans : actualité - Ecrire un commentaire
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Ce ne sont pas les vacances des membres du gouvernement qui nous intéressent; mais les mesures que prépare le gouvernement français, et la gauche s'honorerait en parlant aux Français des vraies questions et non de trajets d'avion  pris en charge par tel ou tel invitant d'un  de nos ministres. Ces  pratiques ont  toujours fait partie des relations publiques internationales. Je suppose qu'on trouverait bien des invitations faites et acceptées sous d'autres gestions politiques que celle d'aujourd'hui, tandis que nos sociétés françaises comme nos autorités publiques nationales ou des grandes villes doivent elles mêmes bien souvent faire ce type de geste envers de  grands hôtes étrangers de passage  non officiel sur notre territoire . Il s'agit, à l'évidence,  d'une telle tradition de courtoisie  que ce serait contraire au usages de la part d'un groupe privé ou d'une autorité étatique  étrangère de ne pas inviter des personnalités françaises en séjour privé  et  que ce serait de leur part  peu  convenable de le refuser, comme si elles redoutaient qu'on veuille les acheter .   Ce qui n'a pas été le cas, quoi que les oppositions puissent inventer d'imbécile et qui est du plus mauvais goût politicien,   pour   traiter, avec une honteuse démagogie,  des fausses questions et non, avec quelque pertinence et respect pour l'intelligence des Français ,  des vraies. 

 

L'une des vraies questions c'est que  l'équipe aux affaires a la conviction - sans doute sincère, ce qui est le plus grave, et sans  doute fondée et d'autant  plus difficile à combattre si on ne change pas de stratégie économique commerciale mondiale  - qu'il faut faire une politique renforcée d'austérité publique et de compétitivité économique et que, pendant que la galerie de l'opinion se trouve distraite par des  interpellations ridicules, les bonnes interpellations, celles  qui devraient retenir l'attention de tous, n'ont pas lieu ou sont trop discrètes.

Le refus d'envisager les protections commerciales nécessaires de l'économie française -  parallèlement à d'utiles mais bien inadéquates  régulations  financières pour suffire à sauvegarder nos activités et  l'emploi contre la concurrence mondiale des pays à bas coût de revient - oblige l'Europe de l'euro à chercher les moyens - qui seraient d'ailleurs largement inopérants sans une stratégie de juste échange mondial -   d'une compétitivité dont le couple hyperlibéral  Merkel /Sarkozy s'est fait spécialement ces jours-ci le représentant de commerce. Voilà des  voyages plus inquiétants et dont les conséquences pèseraient bien plus lourdement sur nos concitoyens que quelques escapades privées aux frais des  pays d'accueil dans les suds tunisien ou égyptien. 

 

En effet , on est en train de nous proposer - et ça va passer...-    au delà d’une obligation de résultats – "le pacte  de stabilité" et y obliger par des sanctions automatiques  -  d'aller à des  obligations  de moyens, "le pacte de compétitivité",   imposées aux nations :  inscrire dans les constitutions elles-mêmes un catéchisme de règles économiques impliquant l’alignement social par le bas qu’appelle la compétition internationale dans un monde absurdement ouvert : repousser encore les âges de retraites; déconnecter toutes rémunérations de l’évolution des prix; faire annuler pour inconstitutionnalité les budgets en déséquilibres; et, pourquoi pas,  interdire les  services collectifs financés par l’impôt, soumettre à plafonnement les budgets des collectivités secondaires, et ceux – qui le sont déjà par des lois, mais le seraient désormais par des chartes fondamentales - des régimes de garanties sociales et ceux des hôpitaux, etc. ce qui permettra à tout contribuable d’attaquer la puissance publique et de ruiner ses facultés de bien agir.    Deux chefs d'État  se relaient dans la surenchère en additionnant les  fausses bonnes recettes comptables  que chacun a cru bonnes pour son pays. Il faudra chanter  dans le style de Patrick Rambaud :" Tout est possible  sous l’empire de mère Ubu et de petit Vizir" .  Les vacances de MAM et autres , on s'en fout. Parlons de cette triste Europe là.                                                 

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Mardi 8 février 2011 2 08 /02 /Fév /2011 22:20
- Par Gérard Bélorgey - Publié dans : actualité - Ecrire un commentaire
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  Une proposition de loi UMP pour supprimer le statut de la fonction publique à 80% des personnels?

 

 

Le plus expédient est de donner ici copie de l'EXPOSÉ DES MOTIFS produit par

M. Jean-François MANCEL,

député.

 

 

"Tout État, pour assurer ses missions, a besoin de s’appuyer sur une fonction publique efficace. Notre pays n’échappe pas à la règle. Cependant, force est de constater que le poids de la fonction publique française est de plus en plus important au point qu’il en arrive à nuire à son efficacité, malgré la valeur de ses agents.

Le rapport Silicani de 2008 sur la fonction publique estime que plus de sept millions de personnes occupaient un emploi de service public en France au 31 décembre 2005, ce qui représente plus de 28 % de l’emploi national total. Concernant le service public administratif, le nombre d’agent a augmenté de près de 25 % entre 1986 et 2006, passant de 4,2 à 5,2 millions. Cette constante augmentation, qui découle en partie d’une forte hausse de l’emploi territorial suite aux processus de décentralisation, génère des pesanteurs au sein de l’appareil public, dommageables autant à celui-ci qu’aux Français.

Nos voisins européens l’ont bien compris et la France est aujourd’hui le seul grand pays développé où il existe encore une séparation totalement étanche entre le statut des fonctionnaires et celui des salariés du secteur privé.

Réformer le statut de la fonction publique en France, en le resserrant autour des fonctions régaliennes, aurait des conséquences hautement bénéfiques.

Tout d’abord, cela contribuerait à dynamiser les domaines non régaliens actuellement englobés dans la fonction publique. En effet, la généralisation du contrat de travail de droit commun permettrait une meilleure prise en compte du mérite ainsi qu’une meilleure gestion des ressources humaines et créerait des ponts entre le secteur public et le secteur privé. Cette nouvelle flexibilité nourrirait une dynamique d’enrichissement réciproque des deux secteurs.

Ensuite, cette réforme du statut aurait un impact non négligeable sur les dépenses publiques au sein desquelles les dépenses de personnel représentent près de la moitié du budget de l’État. À l’heure où le Gouvernement a décidé de ne pas remplacer un fonctionnaire sur deux partant à la retraite, une telle mesure viendrait renforcer la volonté de rationalisation des dépenses de l’État.

Enfin, il convient de souligner que les contraintes qui pesaient sur les agents publics au nom du service de l’intérêt général et qui justifiaient les droits spécifiques liés au statut ont perdu beaucoup de leur importance d’origine, ce qui justifie aujourd’hui d’adapter le statut à ce nouvel environnement.

Aussi, la présente proposition de loi vise à réformer le statut de la fonction publique en le limitant aux seules missions régaliennes, revenant ainsi aux sources de ce statut spécifique.

Dans son article 1er, elle modifie et complète les articles 2 et 3 de la loi du 13 juillet 1983 (dite loi Le Pors, portant droits et obligations des fonctionnaires) en restreignant le champ d’application du statut de la fonction publique aux seuls emplois de souveraineté nationale et de puissance publique.

Dans son article 2, elle précise que cette modification ne s’applique qu’aux nouveaux entrants au sein de la fonction publique et non aux agents actuellement en poste afin de ne pas porter atteinte à leur choix initial.

Cependant, il ne faudrait pas fermer la porte à ceux d’entre eux qui souhaiteraient bénéficier du nouveau régime généré par le contrat de travail de droit commun. Aussi, dans son article 3, la présente proposition crée un droit d’option.

Loin de représenter une forme de désengagement de l’État, cette proposition de loi s’inscrit dans une logique d’égalité et de réconciliation au sein de la société française à l’heure où les différences entre le secteur public et le secteur privé apparaissent plus que jamais injustes aux yeux de nombre de nos concitoyens, particulièrement suite à la grave crise financière que nous venons de traverser."

 

C'est la suite du chantier engagé avec la loi du 3 Août 2009 permettant des licenciements de fonctionnaires ( après refus de trois reclassements ) en cas de "restructuration" d'une administration:

- l'axe d'une politique hyper libérale populiste contre les impôts et contre le rôle de l'Etat-

- et qui répond à l'hostilité réelle d'une partie de l'opinion envers les administrations et "ses privilégiés" ( voir le succès de l’ouvrage ( Albin Michel, 2010) de Zoé Shepard « Absolument débordée »,  caricaturant des défauts sans doute parfois réels de l’administration locale, succès exprimant une opinion qui demande aussi bien la présence de services de proximité qu’on lui retire parfois que l’accomplissement honnête de leur devoir professionnel par tous les agents publics ne devant pas exploiter  les « niches » que peut offrir un système aussi complexe que le système français).

-en illustrant la technique de diviser les différentes catégories de salariés en les opposant les uns aux autres pour mieux  régner sur tous

- pouvant d'ailleurs même  exercer une séduction éventuelle sur les syndicats de salariés de droit commun  (Dans une dépêche AFP du 17 janvier 2011, "M. Chérèque - selon L'UNSA Finances et Industrie - a distingué les "fonctions régaliennes à maintenir sous l'autorité directe de l'Etat" (police, armée, justice) et "l'ensemble des autres missions", conduites "par le public ou par des opérateurs privés", pour lesquelles "l'Etat doit assurer contrôle, évaluation et péréquation"."Une mission de service public ne se résume pas à la forme juridique de l'entreprise ou au statut du personnel" et "un salarié du privé qui assure une mission de service public n'est pas moins républicain qu'un fonctionnaire qui effectue la même tâche", a-t-il ajouté".

- sans qu'il soit démontré que le recours au droit commun et aux sous-traitances privées ne conduisent d'ailleurs, pour un même niveau de qualité ( et c'est bien elle qui sera mise en cause  comme pour les contrôles de sécurité aux aéroports)  à de moindres coûts

- mais ouvrant les voies de la méconnaissance des principes des services publics et des besoins des usagers ainsi  qu'aux facultés d'arbitraire envers les agents, voire du système des dépouilles 

 

- tandis que l'ouverture des passerelles entre public et privé faciliterait la privatisation de secteurs entiers grâce à la tristement célèbre méthode France Télécom (même droit d'option pour ceux en place, droit privé pour les entrants)

 

Toute la logique de la concurrence mondiale par les prix et sur tous les produits est en marche beaucoup plus puissamment que bien des naïfs ne le pensent : elle inspire tous les allégements fiscaux et  les iniquités qui vont de  pair, la réduction des dépenses publiques (dont  la progression n'est pas due aux côuts des services , mais aux besoins sociaux  comme aux errements des politiques économiques),  le rapprochement toujours prôné avec les moins disants sociaux et avec les pays de bas coûts de rémunération et de destruction des protections du travail; elle inspire la comparaison ( et le rapprochement)  que l'on veut faire avec l'Allemagne dont les succès s'expliquent en  fait par bien d'autres facteurs ( longues compétences spécialisées de fortes pme, dialogue pour la gestion entre partenaires sociaux et formation professionnelle performante; enfin et pour beaucoup sous traitances auprès de fournisseurs de l'est européen à bas prix de revient  permettant à l'Allemagne bien eurocentrée de devenir une vaste usine de montage et une zone de négoce) .

 

Le poisson pourrit par la tête :  si on ne met pas en cause le libre échange mondial et l'européisme   qui en est le fourrier  , il faut - oui, il faut - en passer par les "ruptures" que nous avait promis le quinquennat, des ruptures que   les pouvoirs  accélèrent pour  rattraper le temps perdu par la crise  et pouvoir néanmoins présenter le bilan d'être les champions d'une compétitivité sans fin. On s'apercevra trop tard qu'elle ne résoud pas le problème de la concurrence avec les émergents/émergés, mais que sa poursuite systématique au nom des intérêts des entreprises françaises  (n'y a-t-il d'autres moyens plus efficaces et sélectif de les servir ?)  aura été achetée , sans résultat,   au prix de la fracture et de la régression sociales et au prix de la disparition des services publics fondamentaux , au bénéfice  des marchands de prestations inégalitaires , le tout dans un climat  d'illusions renouvelées et dans l'alibi de faire passer les États pour responsables des endettements  et des crises   que les marchés incontrôlés ont engendrés. Voilà ce qui oblige aujourd'hui les citoyens à payer la note  et à subir tous les boomerangs des relances si chèrement et peu efficacement  engagées hier dès lors qu'elles n'étaient pas accompagnées  par une réelle régulation des échanges mondiaux, d'ailleurs impossible sans une gouvernance planétaire dont les puissants de toujours et les puissances montantes désormais ne veulent évidemment pas.   

 

Les premiers qui doivent  comprendre que l'on n'a pas affaire à un problème politique classique, mais à un enjeu de société , de civilisation,  ce sont les syndicats et leurs alliés coutumiers de la classe politique . Si les uns et les autres ne changent pas de façon de voir la globalisation et si leurs leaders l'acceptent , en croyant qu'il suffit de critiquer le capitalisme financier pour s'en sortir, en croyant qu'on peut moraliser un système  sans remettre en cause la stratégie  qui l'inspire - celle d'une ouverture tous azimuts à des biens et services interchangeables qui peuvent presque tous être fabriqués ou fournis beaucoup, beaucoup moins cher que chez nous - ils n'auront plus qu'à aller pleurer sur les emplois perdus, les précarités généralisées  et les garanties envolées. 

 

 

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Dimanche 23 janvier 2011 7 23 /01 /Jan /2011 17:17
- Par Gérard Bélorgey - Publié dans : actualité - Ecrire un commentaire
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Ce ne sont ci-dessous que quelques remarques dont les liens logiques sont pourtant bien évidents à qui voudra les percevoir : 

   

- La politique de classe - que nous avons déjà stigmatisée -, du gouvernement de droite britannique, cousin germain, voire frère,  de tous les pouvoirs libéraux d'Europe est symbolisé par les augmentations monstrueuses  des droits universitaires frappant le gens modestes d'outre manche  comme , en souvenir de leurs itinéraires   tous ceux qui - comme moi d'ailleurs -  n'auraient jamais connu de promotion sociale si leur famille n'avait pu bénéficier dans les années cinquante d'une ouverture démocratique ( aujourd'hui menacée) de l 'Université et des grandes écoles.

Le symbolique est souvent le plus efficient : la vigueur de la réaction étudiante en Grande Bretagne a mis en cause, à l'occasion d'une manifestation,  jusqu'à des membres sacrés de la famille royale. Partout en Europe les excès de la rigueur réactionnaire vont ébranler non seulement les pouvoirs  politiques en place ( en Grèce, en Irlande, au Portugal, en Espagne et ailleurs)  mais les institutions elle-mêmes ( en Grande Bretagne et sans doute en France) .

C'est le cabinet britannique qui va faire vaciller  jusqu'à une couronne qui a été valeureuse (ayant autrefois reçu la Reine Mère, en voyage privé en Périgord,  je me souviens avec émotion de ce qu'elle fut pendant la guerre pour tous les Anglais et pour la Frabce elle-même) et populaire  ( car derrière son image souveraine et personnelle marquée de quelques traits royaux certes mais originaux en plus , mais tout près de ces apparences cultivées  dont elle s'amusait elle-même, il y avait la vraie chaleur et la véritable intelligence d'une femme exceptionnellement adaptée à son siècle lorsqu'on se remémore  les racines dont elle était issue). Des valeurs royales reconnues par la démocratie sont  menacés par les abus de pouvoir de jeunes politiciens arrogants auxquels un très provisoire  succès démagogique    (assez facile après le temps décevant d'un  Blair) a tourné la tête.

 

- De tels excès facilitent, par opposition commode,  des positionnements se cherchant  à gauche d'hommes sur lesquels on peut légitimement s'interroger . Ainsi les  postures prises par  DSK ou Pascal Lamy, dans leur récente prestation commune de hauts commis du Monde. Il suffit de se dire choqué par les inégalités et les injustices  pour pouvoir revendiquer un  positionnement, de réformiste attrayant  tant le choix par les droites en place de l'inégalité et de l'injustice excède les peuples.  Mais les bonnes intentions morales ne suffisent pas à garantir d' une politique pertinente permettant d'arracher à l'inégalité et à l'injustice nos contemporains et plus encore nos compatriotes.   Celle-ci implique à l'évidence des options pour un autre système mondial que celui qui a engendré ce qui est devenu insupportable aujourd'hui, comme l'a bien senti un A. de Montebourg   dont la prestation pour "la démondialisation"  est bien plus convaincante. 

 

- Non seulement impuissantes à aller vers une gouvernance planétaire , les institutions mondiales et, en l'espèce aussi  régionales,  sont impuissantes à faire reconnaître en Côte d'Ivoire le résultat des urnes. Les affrontements bipolaires pour le pouvoir sont choses courantes et souvent sanglantes sur le continent africain. S'il en est ainsi, c'est non seulement parce que les frontières héritées du temps colonial sont souvent arbitraires,   mais aussi sans doute parce que  nous y avons introduit notre pire produit d'exportation institutionnel : le régime présidentialiste majoritaire. Ses fruits sont encore plus amers et cruels que dans notre pays.  Lorsque les lignes de clivage entre deux camps  enchevêtrent les frontières  des ethnies, des religions, des clientèles, des niveaux de développement des territoires inclus dans un état, il est spécialement difficile d'avoir un consensus reposant sur une différence de pourcentage de voix toujours contestée en fait  sinon réellement contestable en droit. Alors que le salut des pays d'Afrique passerait par la recherche de convergences, le système présidentialiste majoritaire, comme en France, pousse  aux confrontations  les plus dures et les plus stériles. Ce sont d'autres constructions constitutionnelles qui auraient pu faciliter des convergences ou pour le moins des compromis  : peut-être selon le modèle  des Etats Unis,  avec la part d'équilibre et de pondération entre pouvoirs et sensibilités culturelles d'une dose de fédéralisme interne et avec l'importance de majorités pluralistes ou, au moins, de transactions  au sein d'un organe délibératif ayant un véritable poids vis à vis d'un Président; peut-être,  dans cette logique, d'un exercice pluraliste du pouvoir,   tout simplement par la recherche de  régimes parlementaires rationalisés défavorables à la construction d'autocraties et d'absolutismes ; mais ce n'était ni le modèle du grand frère français, ni celui vendu par tant de conseillers juridiques imbibés de notre système bipolaire encore plus meurtrier pour l'Afrique que pour nous.

 

- Un système bipolaire qui est en France en train de casser encore plus l'État. Sa capacité d'action et de réactivité est mise en cause par des économies à tout va et sans logique sur des services publics émiettés par des superpositions compliquées de compétences  et les résultats qui en procèdent sont bien illustrés par la "nuit blanche"  que les automobilistes viennent de vivre. Au delà , la  situation d'ensemble tient à la rencontre de deux excès : celui du programme de rigueur  d'une majorité dont les membres et les chefs sont souvent viscéralement hostiles à ce qui est fonction publique,  ce qui leur offre des cibles prioritaires d'économies pour partie indues; celui des concurrences entre cette majorité et l'opposition dans la conduite d'une  décentralisation aux motifs,  de la part des uns comme des autres, plus politiciens qu'opérationnels  : les partis dominants se sont relayés depuis un tiers de siècle contre la puissance efficace de l'État pour faire plaisir à leurs  vassaux locaux respectifs dressés les uns contre les autres ;  tandis que  le pouvoir désormais en place d'une part assèche une partie des moyens des collectivités secondaires tout en leur repassant de fait  bien des prises en charge et tout en  changeant les règles du jeu électoral local pour qu'il lui soit moins défavorable.

 

Partout c'est bien la lutte pour le pouvoir entre les fiefs de deux grands fonds de commerce qui compromet le juste et bon exercice de ce pouvoir.        

 

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Samedi 11 décembre 2010 6 11 /12 /Déc /2010 15:27
- Par Gérard Bélorgey - Publié dans : actualité - Ecrire un commentaire
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