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L'objet de ce site est de baliser par quelques souvenirs éloquents l'histoire récente et de faire contribuer ces expériences, par des commentaires d'actualité, à éclairer et choisir les changements, en s'interrogeant sur les propositions des politiques et les analyses des essaiystes. Donc, à l'origine, deux versants : l'un rétrospectif, l'autre prospectif.

A côté des problèmes de société (parfois traités de manière si impertinente que la rubrique "hors des clous"a été conçue pour les accueillir), place a été faite à "l'évasion" avec des incursions dans la peinture, le tourisme, des poèmes,  des chansons, ce qui constitue aussi des aperçus sur l'histoire vécue.

 

MODE DE CONSULTATION : après avoir ouvert le site, ou cliqué sur un article, un sujet, un mois d'archive, l'affichage du document  recherché s'obtient en descendant la lecture  jusqu'au delà de cette fenêtre de présentation.

L'auteur

 

DSCF0656-copie-1.JPGNé en 1933, appartenant à la génération dont l'enfance a été marquée par la deuxième guerre mondiale, l'occupation et la Résistance, l'adolescence par la Libération, la guerre froide, puis par de clairvoyants engagements pour les décolonisations, l'auteur a ensuite partagé sa vie professionnelle entre le service public (il a notamment été préfet, délégué à l’emploi, directeur des affaires économiques de l’outre-mer, président de sa chaîne de radio-télévision, RFO), l'enseignement et la publication d’ouvrages de sciences politiques (il est aujourd’hui membre du comité de rédaction et collaborateur régulier de la Revue Politique et Parlementaire). Il a également assumé des missions dans de grandes entreprises en restructuration (Boussac, Usinor/Sacilor), puis a été conseil d’organismes professionnels.

 

Alors que ses condisciples ont été en particulier Michel Rocard et Jacques Chirac (il a partagé la jeunesse militante du premier dans les années cinquante et fait entrer le second à Matignon dans les années 60, avant d'être son premier collaborateur à l’Emploi et pour la négociation de Grenelle et au secrétariat d’Etat aux Finances, il n'a suivi ni l'un, ni l'autre dans leurs itinéraires. En effet, dans le domaine politique, comme il ressort de ses publications (cf. infra), Gérard Bélorgey n’a rallié ni la vulgate de la Veme république sur les bienfaits de l’alternance entre partis dominants, ni les tenants du catéchisme du libre-échange mondial. Il ne se résigne donc pas à TINA ("there is no alternative" au libéralisme). Tout en reconnaissant les apports autant que les limites de ceux qui ont été aux affaires et avec lesquels il a travaillé, il ne se résigne pas non plus à trouver satisfaction dans tel ou tel programme de camp. Mesurant combien notre société multiculturelle, injuste et caricaturalement mondialisée, souffre aussi bien des impasses de l’angélisme que des progrès de l’inégalité et des dangers de l’autoritarisme, il voudrait contribuer à un réalisme sans démagogie.

 

Partie de ses archives est déposée dans les Fonds d'Histoire contemporaine de la Fondation des Sciences Poltiques (cf. liens).

 

Il a publié sous d'autres noms que celui sous lequel il a signé des ouvrages fondamentaux que furent "le gouvernement et l'administration de la France" (1967), "la France décentralisée" ( 1984), "Les Dom-Tom" (1994)  : le pseudo de Serge Adour correspond à l'époque de la guerre d'Algérie et à une grande série de papiers dans Le Monde en  1957 , celui d'Olivier Memling au recueil de poèmes et chansons "Sablier " (couronné en 1980 par l'Académie Française et référé, dans l'histoire littéraire du XXeme Siècle de Hachette) celui de  Gérard Olivier à son analyse dans de  grands quotidiens de la décentralisation en 1981/82; celui de Solon  (malheureusement partagée par erreur avec d'autres auteurs) à la publication en 1988 de "la démocratie absolue" . Cessant de vivre un peu masqué, il retrouve son nom en 1998 pour "Trois Illusions qui nous gouvernent", puis en 2000 pour "Bulles d'Histoire et autres contes vrais " (série de coups de projecteurs sur quelques apects du dernier demi siècle qui seront souvent repris ci-dessous), ainsi que pour de  nombreux articles dans  diverses revues. EN 2009, il est revenu sur la guerre d'Algérie avec le roman ( Ed. Baurepaire) "La course de printemps". Il prépare "L'évolution des rapports Gouvernés /Gouvernants sous la Veme République :entre absolutismes et renouvellements?"

Immédiatement après l'annonce du référendum grec , nous avons pronostiqué  sur ce site, qu'il était "trop démocratique pour avoir lieu".

 

Il n'a pas fallu trois jours pour que ce soit vérifié.

 

Peut-être ce référendum eut-il pu aboutir à valider l'accord passé sur le dos des Grecs ( car il y avait bien un ou deux plans B pour résoudre ce type d'affaire...) terrorisés par la menace de se voir couper les vivres.

Peut-être eut-il pu aboutir à ce qu'un peuple debout dise qu'il préfère choisir ses sacrifices plutôt que de se les voir dicter et qu'il sorte de l'euro.

 

Mais la communauté internationale financière ( et son avatar européen) ne joue quitte ou double que dans l' économie casino.

Pour le reste, pour écarter  les épreuves de vérité ( comme la claque qu'elle reçut par le   "non" français au projet de   Constitution européenne,et qui ne lui a rien appris qu'à frauder par une adoption parlementaire du Traité de Lisbonne ),  l'Union Européenne professe avant tout la haine de la démocratie directe. 

 

Dans la filiation d'un Jean Monnet - dont l'idéologie fut d'écarter les électeurs de chaque nation des affaires pour les confier aux apatrides financiers et technocrates  -,  ce qu'aiment les équipes et partis de gouvernement,   ce sont les  systèmes institutionnels  qui dépouillent deux fois ce peuple imbécile dont ils ne peuvent accepter ni les intérêts, ni les élans,  par des mécanismes de  dévolution du pouvoir deux fois indirects et deux fois déformants . Voilà ce qu'obtient la superposition   à des  scrutins nationaux pervers  lorsqu'ils sont tous de type majoritaire comme les nôtres, de  ces transferts de souverainetés ( monétaire, commerciale, budgétaire, etc.) négociés en coulisse et  court circuitant le souverain populaire, et qu'il  se trouve  des majorités de coalition pour injecter les Traités correspondants  dans  une Constitutions ne pouvant plus, dès lors, être un pacte de confiance entre gouvernants et gouvernés.

E. Todd a bien raison; c'est bien "la fin de la démocratie".

 

C'est aussi la fin d'une Europe que ses patrons dictatoriaux ont définitivement discréditée auprès  de tous les démocrates.

 

Il faut que ce soit également  la fin d'une Veme République qui a dérivé loin de ses ambitions d'origine : celles de pouvoir accorder - dans la clarté, plus encore grâce au référendum que grâce à l'élection du président au suffrage universel -   un  peuple et un responsable du pilotage national sur un choix de cap et de   destin. 

 

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Vendredi 4 novembre 2011 5 04 /11 /Nov /2011 17:38
- Par Gérard Bélorgey - Publié dans : actualité - Ecrire un commentaire
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En soutien de mon billet d'hier, voici des documents de réflexion issus des chrioniques économiques du Monde :

 

Quelles conséquences pour la Grèce après une sortie de l'euro ?

 

Alors que se tient à Cannes un G20 crucial pour les économies européennes, les spéculations vont bon train sur l'avenir de la Grèce. Les "chances" de sortie du pays de la zone euro sont évaluées à quatre contre six par la maison de paris britannique William Hill pour une sortie de la Grèce de la zone euro avant 2012. Mais quelles seraient les conséquences pour la Grèce d'une telle issue ? Si les économistes ne s'accordent pas sur la nécessité pour Athènes de sortir de la zone euro, plusieurs d'entre eux dressent prudemment un même scénario en deux actes : le chaos avant le retour à la compétitivité.

Mouvement de panique bancaire. Le retour à la drachme – qui irait de pair avec l'annonce d'une dévaluation compétitive – entraînerait irrévocablement une fuite des dépôts. Chaque épargnant grec préférant retirer son argent en euros plutôt qu'en drachme dévaluée. Un tel mouvement de perte de confiance risque d'entraîner des faillites bancaires en série. "Une possible panique bancaire consécutive à l'annonce de la dévaluation obligerait le gouvernement à nationaliser les banques et donc à faire tourner la planche à billet pour les soutenir. Un tel scénario aurait donc un coût social fort. L'inflation entraînant une baisse du pouvoir d'achat des ménages", explique Jésus Castillo, économiste chez Natixis.

Faillites en série. Pour les particuliers comme pour les entreprises, les perdants seront ceux qui se sont endettés en euros. Les entreprises seront asphyxiées par leur crédit en euros et "de nombreux contrats seront brisés avec les partenaires européens", explique André Sapir, économiste à Bruegel, centre de recherche sur les politiques économiques en Europe. "Il y aura une redistribution violente entre débiteurs et financiers", ajoute l'économiste à l'OFCE Jean-Paul Fitoussi. Par ailleurs, les entreprises ne trouveront aucun prêteur pour financer leurs importations, les créanciers refusant la conversion. Les entreprises grecques endettées en euros seront au bord de la faillite et devront, étranglées, baisser les salaires, augmenter leurs prix voire licencier pour espérer survivre.

Méfiance des investisseurs. "Il faudra du temps avant que ceux-ci acceptent de prêter de l'argent à la Grèce", explique André Sapir. "Les fournisseurs seront aussi très réticents sauf à se faire payer cash par les entreprises grecques. Le Wall Street Journal racontait par exemple la semaine dernière que des grandes firmes pharmaceutiques hésitaient d'ores et déjà à fournir des médicaments aux hôpitaux grecs", souligne-t-il. "L'Italie et l'Espagne qui sont sortis du système monétaire européen au début des années 90 n'ont retrouvé de la croissance qu'au bout de deux ans [en septembre 1992, à la suite de spéculations entraînées par un référendum sur l'Europe au Danemark, la lire italienne et la peseta espagnole ont été dévaluées]. Quant à l'Argentine, elle a retrouvé de la croissance mais toujours pas la confiance des investisseurs", rappelle M. Castillo.

Appauvrissement de la population. Au-delà des efforts nécessaires pour retrouver de la compétitivité qui passe par la baisse des salaires, les Grecs connaîtront une forte diminution de leur pouvoir d'achat conjuguée à une forte hausse du taux de chômage. "Certains d'entre eux, les plus entreprenants, quitteront sans doute le pays", explique M. Sapir. "Qui plus est, la Grèce ne dispose pas des ressources naturelles de l'Argentine, explique M. Fitoussi. Or, souvenez-vous que ce pays a connu des moments de quasi-famine à certains endroits." Toutefois, note M. Sapir, "la Grèce ne retournera pas au troc comme cela a pu être dit, mais il n'est pas impossible que l'euro cohabite avec la drachme pour certaines transactions." Enfin, les mesures d'économies drastiques des finances publiques auront des effets immédiats sur le nombre de fonctionnaires et donc la qualité des services publics ainsi que sur la qualité de la protection sociale.

Instabilité sociale et politique. La précarité de masse provoquée par les mécanismes économiques expliqués ci-dessus pourrait entraîner de fortes tensions sociales et politiques. "Pendant cette période de chaos, qui pourrait durer au moins deux ans, les gouvernements successifs n'auront aucun levier et seront emportés par des besoins contradictoires qu'ils ne pourront pas satisfaire, note M. Fitoussi. Il faut se rappeler que l'Argentine a connu après 2001 des périodes quasi insurectionnelles." "Le seul avantage que je vois à une sortie de la zone euro est que la dévaluation atteindrait plus d'agents économiques en Grèce. L'effort serait plus grand qu'en restant dans la zone euro mais il serait mieux partagé et ressenti comme plus équitable", explique M. Sapir.

La reconstruction ? La Grèce souffre d'un problème de compétitivité du fait de l'écart d'inflation accumulé depuis son entrée dans l'euro. Déprécier sa monnaie comme elle pourrait le faire en sortant de l'euro lui permettrait à moyen terme de renouer avec cette compétitivité. Mais il faudra pour cela que le pays mène rapidement des réformes difficiles, synonymes de rigueur, qu'il n'a pas su mettre en place jusque-là. Se pose dès lors la question du pouvoir politique. "Les conséquences d'une sortie de la zone euro sont évidemment liées à la gestion politique qu'en ferait le gouvernement grec. Quel type de gouvernement ? Quel rôle pour sa banque centrale ? Quelle réforme pour son administration ? Autant de questions qui dépendent du politique et qui peuvent permettre à la Grèce d'espérer retrouver sa compétitivité", explique M. Sapir. "Ce ne sera pas la fin de la Grèce, assure M. Fitoussi. Au prix de souffrances considérables, l'exemple argentin a montré qu'un pays pouvait se relever de la faillite. Pour la Grèce cela passe par une politique monétaire maîtrisée et par une politique fiscale qui permette une collecte et un contrôle efficaces."

 

"Sortir de l’euro permettrait à la Grèce de repartir"

Hans-Werner Sinn, économiste allemand

Berlin, Correspondance - Monsieur Sinn, vous plaidez pour une sortie temporaire de la Grèce de la zone euro. Cela ne signifie-t-il pas la fin de l'union monétaire ?

Non. Ce qui déstabilise l'euro est le déni de réalité des politiques. Le développement de la Grèce est massivement handicapé par l'euro. La Grèce a deux problèmes : d'abord elle est surendettée. Deuxièmement, et c'est le principal problème, la Grèce n'est plus compétitive. A cause des crédits à taux faible dont elle a pu profiter grâce à l'euro, le pays s'est mis dans une situation inflationniste et a développé un déficit extérieur énorme. Pour que ce déficit disparaisse, la Grèce doit réduire ses prix de 20 à 30 %. Une telle baisse des prix à l'intérieur de la zone euro n'est pas possible, en tout cas pas à court terme. L'Allemagne a subi une situation similaire entre 1929 et 1933. A l'époque, nous ne pouvions pas dévaluer à cause du plan Dawes et Young qui spécifiait le traité de Versailles. A la place, nous avons dû procéder à une baisse des prix. Ils ont diminué de 23 % et les salaires ont baissé de 30 %. Cela a conduit l'Allemagne au bord de la guerre civile. On ne doit pas exiger la même chose de la Grèce.

Est-ce que la situation ne serait pas pire dans le cas d'une sortie de l'euro ?

En cas de sortie, il y a une panique bancaire. Les gens essayent de retirer leurs euros à la banque pour se protéger d'un change en drachme et d'une dévaluation. Les banques sont alors insolvables. Il faut les sauver. Mais ce n'est qu'un court orage après lequel le soleil brille de nouveau. La dévaluation fait repartir l'économie après seulement quelques mois. Au lieu de baisser des millions de prix, on n'en baisse qu'un seul, le taux de change. L'avantage pour les entreprises de l'économie réelle est que leurs emprunts bancaires sont également changés en drachmes et dévalués. Dans le cas d'une simple baisse des prix, les entreprises de l'économie réelle seraient poussées à la faillite, parce que les prix de l'immobilier s'effondrent, les dettes des banques restent. Les dettes vis-à-vis de l'étranger, dans le cas d'une dévaluation indirecte via la baisse des prix ou dans celui d'une dévaluation ouverte, sont tout autant insupportables. Il faut accepter qu'une partie de ces dettes ne soit pas remboursées.

Est-ce que les plans d'aide à la Grèce ont encore un sens ?

Les politiques qui pensent qu'ils peuvent sauver la Grèce et d'autres pays en difficulté avec de nouveaux programmes d'aide oublient que ceux-ci cimentent le manque de compétitivité des pays concernés. Les déficits de la balance des paiements deviennent alors chroniques et les sommes nécessaires au sauvetage sont gigantesques. Cette politique provoque la protestation des contribuables dans les pays stables, en particulier en France, et n'aide pas vraiment les pays concernés.

Pourquoi ?

L'Allemagne a l'expérience d'une telle politique à travers la réunification. Nous avons fait des Länder de l'est une région sous perfusion, qui même aujourd'hui, vingt ans après la réunification, n'est pas compétitive. L'Allemagne de l'est vit un exode massif de ses forces de travail parce que les aides publiques ont augmenté artificiellement les salaires et ont empêché la création d'emplois compétitifs. Depuis 15 ans, entre l'Allemagne de l'est et de l'ouest, il n'y a aucune convergence du produit intérieur brut par tête, en dehors de la diminution continue de la population à l'est. L'Allemagne n'aurait pas dû justifier cette "union de transfert". A l'époque, il y avait une opportunité de lancer une croissance autonome grâce à une politique de modération salariale. Cette opportunité a été manquée.

Combien de temps durerait une sortie temporaire de la Grèce de la zone euro ?

Cela ne doit pas durer longtemps. Je pourrais m'imaginer que la Grèce, après une dévaluation, retrouve très rapidement, en quelques années, sa compétitivité et puisse revenir dans l'euro sur la base d'un nouveau taux de change.

Est-ce que cela ne créerait pas une réaction en chaîne ? L'Irlande, le Portugal ont aussi de gros problèmes, et l'Italie vient de voir sa note abaissée par l'agence Moddy's…

Je ne pense pas que la comparaison entre la Grèce et l'Italie soit d'une quelconque manière adaptée. L'Italie est un pays avec une économie robuste. Les régions les plus productives et les plus riches de toute l'Europe se trouvent dans le nord de l'Italie. Le parallèle avec la Grèce est erroné. Je n'ai pas le moindre doute que l'Italie dispose des forces nécessaires pour réduire son taux de dette d'Etat. L'Espagne et l'Irlande sont également à même de régler leurs problèmes. L'Irlande a un comportement exemplaire. Il en est tout autre du Portugal : la situation au Portugal n'est pas aussi extrême qu'en Grèce, mais elle est comparable. Au Portugal aussi il n'y a aucun signe qui montre que le pays puisse regagner sa compétitivité dans un avenir prévisible. Il revient maintenant aux politiques du Portugal de décider s'ils sont prêts aux étapes radicales qui sont nécessaires pour y parvenir.

Est-ce que la zone euro est encore durable ?

J'estime que la zone euro et l'euro sont indispensables pour poursuivre l'intégration européenne et j'espère que les problèmes actuels ne sont que temporaires. Cependant, la question est de savoir si on doit, au niveau européen, ficeler des programmes de sauvetage dans des proportions gigantesques ou si on doit plutôt en appeler à la responsabilité des Etats. Il faut autoriser que les pays à l'intérieur de la zone euro fassent faillite. On a besoin, à l'intérieur d'un système monétaire, d'un règlement des faillites pour les Etats avec un programme d'aide, ainsi que l'EEAG (European Economic Advisory Group n.d.t.), un conseil d'experts composé de sept économistes originaires de sept pays, l'a recommandé. On a besoin d'un système de taux différentiels en Europe, qui reflète la probabilité de faillite des Etats, afin d'encourager les Etats à ne pas s'endetter. L'Italie a toujours refusé de céder aux pressions de Bruxelles. Mais regardez la vitesse avec laquelle le pays réagit aujourd'hui à la hausse des taux d'intérêts différentiels. Seuls les marchés conduisent à un changement de politique. Si, comme le suggèrent certains, on mettait les dettes en commun et on introduisait des "eurobonds", de façon à ce que les taux différentiels disparaissent, on créerait un système d'irresponsabilité. L'euro sombrerait alors dans un marasme de dettes.

Propos recueillis par Cécile Boutelet

 

En bref, après des spasmes et risques graves ( que l'U E  peut l'aider à  gérer si elle facilite cette sortie au lieu de la bloquer )  l'économie grecque ne pourrait plus  s'endetter à l'extérieur, mais devrait s"appuyer sur un développement endogène, beaucoup moins importer, serait par dévaluation bien placée pour exporter et offrir ses services internes, pourrait rétablir ses comptes et serait obligée à des réformes drastiques de ses relations gouvernants/gouvernés qui devraient obtenir les  voies et moyens des justices fiscale et sociale.

Sur les moyens, les effets et les emballements par lesquels l'économie grecque qui n'était pas du tout eurocompatible a pu vivre, jouir et souffrir de  l'illusion européenne, cf aussi in "Alternatives économiques" de cette semaine la contribution remarquable de A Parienty : "bref rappel sur la Grèce". 

 

 

 

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Vendredi 4 novembre 2011 5 04 /11 /Nov /2011 09:11
- Par Gérard Bélorgey - Publié dans : actualité - Ecrire un commentaire
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1 - C'est par le maquillage de ses comptes que la Grèce a pu - hélas pour elle et pour tous - rentrer autrefois dans l'Euro. Pour l'y maintenir et pour l'y aider on lui demande aujourd'hui l'impossible comme punition de son passé et de ses triches assortie de l'humiliation répétée de son chef de Gouvernement ( qui n'a été pour rien dsans les maquillages précités) .

Or  la Grèce est un  boulet pour l'Europe et l'Europe est un carcan pour la Grèce

 

La seule solution raisonnable est d'aider la Grèce à sortir de l'euro, ce que nous disons depuis des mois.

Elle dévaluera; elle retrouvera de la capacité de croissance, d'export et d'accueil de tourismes et de services . Ce sera, il est vrai avec toujours des sacrifices et surtout le besoin d'une fiscalité équitable, sa responsabilité nationale de recherche d'un nouvel équilibre non placé sous férule étrangère.

 

Quant à l'ultimatum à son égard il est indigne et indécent : l'une des raisons pour lesquelles la Grèce est aussi endettée,  c'est qu'elle a été obligée d'emprunter à des taux d'intérêts exorbitants sur les marchés financiers voraces  faute de pouvoir se financer sur une Banque centrale qui ferait son métier d'aider les États, fonction   interdite par l'article 123 du Traité de Lisbonne ayant placée la BCE au seul service de l'euro mark.  Toute la dette imputable à de tels emprunts doit être évidemment annulée.  Mais la sortie ne serait pour autant  pas facile et tous les chantages se font déjà, sur les retraits des déposants, les faillites des banques, le défaut global de paiement, la  coupure de tous crédits.

C'est le contraire qu'il faut faire : quels que soient les résultats  d'un référendum éventuel  qu'on va manipuler, dès maintenant voir comment  aider la Grèce à sortir dans des conditions gérables, car elle n'a jamais eu sa place logique dans l'eurozone.

 

2 - Si l'on était logique, à l'autre bout des situations économiques, une autre sortie s'impose, celle de l'Allemagne : son besoin d'un  euro fort n'est pas celui des autres pays;  voilà ce qui met en lumière l'erreur fondamentale de Mitterrand - bien pointée par P. Chévenement - d'avoir accepté une monnaie allemande plutôt que chercher à obtenir une Allemagne européenne.

Il n'est d'autre voie qu'avec deux inflexions politiques majeures : obtenir plus de souplesse monétaire par une BCE qui contribuerait à monétiser les dettes jusqu'à accepter un taux de 4 % environ d'inflation et qui laisserait ainsi glisser l'euro à un niveau de change un peu moins pénalisant  pour les exports ; revenir sur l'ouverture commerciale absolue de l'Union. Si ses membres de l'U.E. , et au premier chef non pas l'Allemagne, mais une Chancelière sans doute bien provisoire  refusent ces évolutions, il faut  - comme nous l'avons déjà dit -  dénoncer la traîtrise et le traité  de Lisbonne et chercher à négocier un nouveau traité : avec un  nouveau périmètre ( avec ou sans l'Allemagne, avec ou sans les PECO);  avec de nouveaux principes : la BCE au service de l'emploi et la préférence communautaire.

 

C'est sur l'ambition d'un tel deal qu'il faut juger de tous les programmes présidentiels. 

 

 

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Jeudi 3 novembre 2011 4 03 /11 /Nov /2011 07:33
- Par Gérard Bélorgey - Publié dans : actualité - Ecrire un commentaire
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Qu'un destin de peuple soit soumis au référendum et que cette décision soit prise par un homme politiquement acculé et profondément humilié par la manière dont les patrons de l'U.E. l'ont traité, ( alors qu'il n'est pas responsable du maquillage des comptes que la Grèce fit pour rentrer dans les critères de l'eurozone ) quoi de plus normal ! Quoi de plus normal que la démocratie directe puisse l'emporter sur les détournements de pouvoirs des  peuples que permet la mécanique  du Traité de Lisbonne !

 

Mais la démocratie , surtout directe, est consternante et inadmissible quand elle menace l'idéologie de   l'euro fort, c'est à dire tout le système du libre échange, de la localisation des activités vers les pays  pauvres et des profits commerciaux dans les pays aux fonctions de de montage et de  négoce.

 

Elle est inadmissible, cette démocratie directe, quand elle peut démontrer que c'est au prix d'une autre politique monétaire, bien plus souple, que l'Europe aurait pu être utile et bien admise par tous. Ce qu'il faut changer c'est tout à la fois le périmètre,  la mécanique insitutionnelle et la politique monétaire  de l'Europe : il faut dénoncer Lisbonne pour faire un autre traité. A défaut d'ailleurs  l'Europe bâclée qui a été imposée  va se détricoter et chaque pays va retrouver ses droits à la souveraineté économique. 

 

Ce sont les questions que fait exploser au grand jour la décision grecque

 

Tout cela est si dangereux que le référendum grec n'aura sans doute pas lieu.

Tout va être mis en oeuvre pour l'empêcher.
Peut-être,  dès demain,  il y aura-t-il quelques voix manquantes pour soutenir le gouvernement de Papaandréou ?  Et le référendum disparaîtra avec lui...un joli coup.

 

A moins que ne s'ouvrent d'autres chausse-trappes ? 

A moins que le projet ne survive ??

et alors quelles pressions, quels chantages, quels trafics, que ne verra-t-on pas pour obtenir un "oui" de soumission à l'euro...


 

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Mercredi 2 novembre 2011 3 02 /11 /Nov /2011 12:43
- Par Gérard Bélorgey - Publié dans : actualité - Ecrire un commentaire
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Au soir de l’interview si complaisant du Président de la République , on aurait pu croire  que c'était sur une victoire germanique que s’était finalement dénouée la dernière guerre : disparu le programme du Conseil National de la Résistance au profit du triomphe d’un capitalisme sans contre poids ayant même oublié son étape socio libérale rhénane et ayant plongé dans la soumission aux marchés financiers et à la déification de l’exportation  . Les Français ont été appelés par leur Président  à ressembler le plus possible aux citoyens européens allemands.

D’ailleurs sous la houlette de Bruno Lemaire  (parfait modèle masculin  BCBG du libéralisme mondial , comme Christine Lagarde en est le modèle féminin récompensée par le FMI ), l’UMP travaille avec la CDU à un programme commun  de rapprochement économique, fiscal et social. C’est la mode : le PS ferait à peu près de même avec le SPD et le Front de Gauche aime bien Die Linke. 

La « germanolâtrie », si bien dénoncée par E. Todd dans un débat télévisé d’il ya quelques mois avec H. Guéno, revèle l’incapacité de nos dirigeants – et même de leurs concurrents de la gauche de gouvernement - de construire une stratégie française parce que nous sommes prisonniers de l’Union Européenne. 

Autant  faut-il unir les forces sociales de changement de part et d’autre du Rhin pour obtenir le remplacement de A. Merkel et de  N.Sarkozy -  constituant le couple de la Souveraine  têtue et du petit Vizir qui finit toujours par obéir – , autant ne faut-il surtout pas préjuger que l’harmonisation nécessaire ( une harmonisation qui devrait aller dans le sens du progrès) des dispositions économiques et sociales  dans l’espace européen passe  par un alignement sur l’Allemagne d’aujourd’hui. Ce serait une erreur, car d’abord  il faut convier à ces travaux  pour convergences tous ceux qui le  souhaiteraient dans le périmètre hélas trop vaste et hétérogène des 27 ; car ensuite il n‘existe pas de   « modèle allemand » transposable qui serait bénéfique.


En effet les type et stade actuels de la société économique d'outre-Rhin sont tellement spécifiques qu’ils ne sauraient constituer des références satisfaisantes auxquelles se soumettre. L'attachement à l'équilibre budgétaire (que l'on sait inspiré des désastres politiques qu’avaient engendré l'inflation galopante des années trente ) est certainement une donnée constituant  un ancrage positif à une conception économique qui ne croît qu’aux entreprises et aux banques commerciales et non au rôle régulateur que doivent pouvoir exercer, de conserve,  un État et une banque centrale « indépendante », oui, mais  indépendante avant tout de ceux qu’elle doit contrôler plutôt que suivre.

De toute façon, ce modèle allemand va présentement de pair avec la déflation salariale , avec un sévère encadrement des prestations sociales et possibilités de soins , avec une démographie régressive , avec un niveau de vie ne progressant guère pour les salariés et pour les classes moyennes, avec une fiscalité assez injuste, avec une discipline générale  dont le but est tout simplement d’exporter .

D’exporter des produits très spécialisés dans l'axe d'un excellent héritage industriel, souvent des produits de haut de gamme largement obtenus par le montage d'intrants provenant des pays à bas coût de revient soit de l'Est de l'union européenne, soit de pays tiers . La  recette  particulière allemande est d’importer de manière avantageuse, de s'approvisionner et de délocaliser des sous-traitances à l'extérieur avec un grand avantage de coût grâce à une devise forte, plutôt que d’exporter grâce à une monnaie moins chère : sa capacité d’export ne tient  pas à un avantage des termes du change ( qui de toute façon n’existe pas au sein de l’Union) mais à la réputation de ses produits et à la pugnacité de ses commerciaux permettant la vente de produits dont les marques de notoriété sont allemandes, mais dont les composants viennent largement des pays pauvres et à monnaie faible. Tout cela ne fonctionne bien qu’avec un euro fort.

C’est l'euromark trop cher, si difficile à supporter pour les autres partenaires européens mais constituant l’outil dont l’Allemagne a besoin , ce qui explique son attachement à l’eurozone dont elle est le grand et presque seul bénéficiaire ; voilà pourquoi, après quelques grimaces,  elle a accepté d’apporter son appui aux plans de sauvetage. A une condition : que la  Banque Centrale Européenne reste dans l’impuissance monétaire ,  reste dans l’obéissance à l’article 123 du Traité de Lisbonne, ne fasse directement aux États ni prêts , ni avances,  et même qu’on ne mutualise pas les risques par des euro bonds qui seraient émis pour aider à couvrir les endettements. C’est un système de garanties que l’on cherche à monter pour attirer les milliards chinois ou ceux des des États du Golfe … afin qu’ils rachètent des obligations des Etats européens ; mais ils ne seront pas assez imprudents pour se porter, sauf si on leur fait des avantages extraordinaires sur celles  des pays en grosses difficultés. Par contre devenir les créanciers des pays comme le nôtre ne manque certainement pas d’intérêt pour eux. D’abord on ne pourra certainement pas leur faire la mauvaise manière de leur opposer des barrières commerciales malgré tous leurs dumpings, ni de critiquer leurs atteintes aux droits de l’homme … Ensuite, derrière les obligations publiques, il y a toutes les facultés d’achat de bons actifs et nos prochains patrons seront pour une bonne part Asiatiques ou Arabiques et  les entreprises et les hommes devront se plier à leurs méthodes.

La Présidence allemande de la République Française  livre la Nation aux intérêts étrangers et prépare les Français  à la soumission coloniale.

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Mercredi 2 novembre 2011 3 02 /11 /Nov /2011 12:19
- Par Gérard Bélorgey - Publié dans : actualité - Ecrire un commentaire
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