LE TEXTE CI-DESSOUS REPREND LES ÉLÉMENTS HISTORIQUES ÉTABLIS PAR LA DÉLÉGATION GÉNÉRALE À L'OUTRE-MER DE LA MAIRIE DE PARIS ( Jean-Claude CADENET) SUR
LE RÔLE DES "VIEILLES COLONIES" ET DES TERRITOIRES DU PACIFIQUE PENDANT LA SECONDE GUERRE MONDIALE.
C'est en hommage aux combattants pour la liberté de ces pays que le Maire de Paris représenté par plusieurs de ses adjoints a fait conduire une cérémonie ce 8 mai 2008 Quai Henri IV devant la plaque commémorative consacrée à tous les combattants d'outre-mer.
C'est en hommage aux combattants pour la liberté de ces pays que le Maire de Paris représenté par plusieurs de ses adjoints a fait conduire une cérémonie ce 8 mai 2008 Quai Henri IV devant la plaque commémorative consacrée à tous les combattants d'outre-mer.
Lors de la première guerre mondiale, plus de vingt mille hommes des trois colonies d’Amérique avaient été appelés, dont presque trois mille ne revinrent pas. La
Grande guerre a donc laissé des traces profondes dans les régions françaises d’Amérique.
Les Départements Français d'Amérique subirent très tôt le régime de Vichy. Pendant que certains des ultra marins s’illustraient sur le sol de la métropole, petit à petit, sur place, dans les îles et en Guyane, la résistance s’organisait. Nombreux furent ceux qui tentèrent par tous les moyens de rejoindre le général de Gaulle et les Forces Françaises Libres. Considérés comme anarchistes et déserteurs par le régime anti-républicain qu’il administre, l’amiral Robert, la plus haute autorité française aux Antilles-Guyane, appelle ces hommes et ces femmes : "les dissidents". On s’imagine à peine aujourd’hui le courage qu’il fallut à ces hommes pour partir dans ces conditions. Qui n’a pas traversé sur un petit canot, de nuit et par mer un peu forte, le canal de la Dominique, ne peut pas le savoir. D’autant que les frêles esquifs n’avaient pas que les dangers de la mer à affronter. L’espace maritime de la Guadeloupe et de la Martinique faisait en effet l’objet d’une étroite surveillance de la part des représentants de Vichy. Il n’était pas rare que les patrouilleurs de la marine interceptassent quelque barque chargée de volontaires pour le départ. Parfois aussi, on signalait des disparitions en mer. Soulignons au passage l’héroïsme discret et donc aussi souvent oublié, des marins pêcheurs de la Guadeloupe et de la Martinique. Lorsque les candidats au combat arrivaient à la Dominique, ou à Sainte-Lucie, un nouveau périple commençait, qui devait les mener jusqu’en Europe.
Ainsi fut formé le Bataillon de Marche des Antilles n° 1 (B.M.A. 1), à partir des dissidents des Antilles françaises et de la Guyane qui avaient atteint Sainte-Lucie ou la Dominique. Acheminés vers les États-Unis, en passant par Trinidad, les jeunes recrues reçurent une formation rapide à Fort Dix, dans le New Jersey. Les premiers volontaires arrivèrent en 1942 et l’essentiel des effectifs en 1943.
Le B.M.A.1 quitta les États-Unis le 28 septembre 1943 et débarqua à Casablanca le 12 octobre 1943. Après avoir passé par le camp d’El Hajeb, il traverse l’Algérie et arrive à Sousse en Tunisie. Le 12 décembre 1943, affecté à la 1ère Division Française Libre (1ère D.F.L.), il devenait le 21e Groupe Antillais de D.C.A. Il débarque à Naples le 3 mai 1944. Commence alors la marche victorieuse au sein de la glorieuse 1ère D.F.L., avec laquelle il participe à tous les combats de la Libération, soit comme unité antiaérienne, soit comme unité antichars. Il se distingue en particulier lors des combats pour la libération de Strasbourg. Son fanion porte inscrits les noms des combats de Ponte Corvo, Hyères, Fresse, Herbsheim, Benfeld. Il est cité en mars 1945 à l’ordre de la division.
Le Bataillon de Marche des Antilles n° 5 est formé aux Antilles et rejoint la France en 1945 en passant par Casablanca, Guercif, El Hajeb, Alger, Oran. Il débarque à Marseille le 15 septembre 1945. Il participera à la campagne de France au sein de la Division Gironde, sous les ordres du général d’Anselme, sous groupement Fauconnier.
C’est lors de l’attaque de Royan qu’il trouvera son heure de gloire en avril 1945. Cette ville avait été constituée en véritable forteresse par les Allemands. La citation à l’ordre de la Division du B.M.A. 5 est plus éloquente que tout autre récit, aussi suffit-il de la lire :
« Formé aux Antilles et venue en France en 1945, a pris sous le commandement du lieutenant-colonel Tourtet une part active aux opérations pour la libération de Royan. Le 15 avril 1945, a enlevé de haute lutte la cote 39, puis le village de Didonne, où son chef de corps a trouvé une mort glorieuse à la tête du bataillon. A continué le combat sous les ordres du Capitaine Perrier et, en fin de journée, s’est emparé de tous les objectifs qui lui avaient été fixés, malgré une résistance acharnée de l’ennemi. Au cours de cette opération, a capturé de nombreux prisonniers. La présente citation comporte l’attribution de la Croix de Guerre avec Étoile d’argent. » Et c'est dans le cimetière de Retaud en Charente-Maritime où ils sont inhumés que sont inscrits les noms des soldats d’origine antillaise , tous morts pour la France.
A La Réunion, après la défaite de mai-juin 1940, le gouverneur de la Réunion, Pierre-Emile Aubert, rejette les propositions britanniques et la volonté du général De Gaulle de continuer la lutte : il impose l'obéissance au régime de Vichy. En 1942, un commando de F.F.L., du navire Le Léopard, débarque à Saint-Denis. Sans difficulté, le régime républicain est restauré. N'ayant connu ni l'occupation ni la collaboration, l'île ne subit pas l'épuration.
Quant au Bataillon du Pacifique, il fut créé le 27 septembre 1940 et composé de 300 volontaires tahitiens. Réuni à Nouméa à une compagnie de 300 volontaires calédoniens, il commence son périple vers le front de Libye. Après son baptême du feu à Tobrouk, le Bataillon va particulièrement s'illustrer dans la défense acharnée de Bir-Hakeim, en juin 1942, au sein de la 1ère Brigade Française Libre, commandée par le général Koenig. Ces quinze jours de succès défensifs assoient définitivement la réputation des FFL, en même temps que de lourdes pertes sont infligées à l'ennemi. Le Bataillon poursuivra cette campagne de l'Egypte jusqu'à la Tunisie. En avril 1944, le Bataillon du Pacifique est débarqué à Naples, à la suite des divisions de l'armée d'Afrique, pour appuyer les armées alliées qui sont alors très éprouvées par les difficultés de la campagne d'Italie. Il ouvre la route de Rome, de village en village et, le 4 juin, il peut enfin défiler dans la capitale italienne. Le Bataillon du Pacifique est alors relevé pour participer à la campagne de France. Il débarque en Provence, le soir du 16 août 1944 au sein de la 1ère Division Française libre : c'est le moment que tous attendent depuis quatre ans et, pour beaucoup, leur premier contact avec le sol de France. Avec l'armée du général de Lattre, ils vont ainsi refouler l'ennemi, jusqu'à ce que l'hiver oblige à retirer du front ces soldats, plus habitués au climat tropical qu'aux rigueurs des Vosges.
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Jeudi 8 mai 2008
4
08
/05
/Mai
/2008
18:28
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Par Gérard Bélorgey
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Publié dans : outre-mer
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