Ce texte bénéficie de l'attractivité de toujours d'un tel livre , même lorsqu'il n'y a plus le goût de l'interdit. Dans
cette facilité, la question,au delà de sa valeur de stimulation des sens, de sa valeur littéraire, est de savoir ce qu'une telle écriture apporte après les"Enfers" exposés à la BN et quand chacun
peut aller sur internet. Et bien, ce texte apporte un peu de "plus": moins agencer des «postures» que créer la tension de situations (voir «Puzzle»); ajouter le cérébral au physique, les rituels
aux gestes, la lutte des sexes à l'amour des corps. Mais il ne parvient pas à faire que ses mots deviennent meilleurs que les actes, ce que je crois être le comble de l’écriture érotique . Les
amateurs n'y trouveront ni Etiemble, ni Cholodenko et les obsédés ne jouiront pas de la poursuite de transgressions sans fin, mais tous auront un assez beau poème à la fin : «Attends, attends
encore..» Chacun a éprouvé que le sommet n’est pas dans la déflagration mais dans la promesse retardée de son imminence.
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Mercredi 18 mars 2009
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Par Gérard Bélorgey
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Il faut, dans notre société de divertissement, où "la tyrannie du plaisir" a remplacé la dictature du père, avoir la
force de lire des oeuvres qui peuvent rendre malades. Non pas ces thrillers d'autant plus vendeurs que l'horreur y est mise en page, mais ces vrais retours vers les temps d'épouvante : ceux des
camps de la mort où le pire sadisme des bourreaux était de se faire relayer par des déportés tenant à sauver à tout prix leur peau. Tel est le coeur le plus dur à revivre de cette enquête d'un
jeune prof retrouvant les origines de son père singulier, au croisement du destin d'une famille juive et d'une bonne société normande. Le narrateur comprend en même temps comment il a hérité à la
fois de la violence et de l'insurrection contre toutes ces autres forces et formes du Mal qui marquent le monde et font la jouissance des acteurs de la haine. La clarté de l'histoire et la
simplicité de l'écriture contribuent à la force de ce texte très poignant.
Mercredi 18 mars 2009
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Par Gérard Bélorgey
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Tout commentaire reste fade au regard de la crudité du monologue du fils Cheval sur les chemins de sa maturité, balisés
par les tubes des années soixante, dans le culte des moteurs, l’odeur de leurs graisses, l'amour des juke boxes et du manège de son père, vestige d'une gloire foraine tracassée par les autorités,
persécutée par les voisins, dévorée par des concurrents. Cheval père rescapé des camps, diffuse en son fils la force de son sang. Au milieu des déboires et des coups de leur vie d'expédients, se
relaient des figures de femmes menant le gamin d’obsessions en sacrifices jusqu’à son destin gitan au volant de la vieille "baleine" continuant ce lien avec le père qu’il a tant aimé. Si j'ai
donné le fil directeur de cette lourde histoire, c'est parce qu'il faut aider un candidat lecteur à avoir le courage d’y rentrer pour en apprécier l'écriture extraordinairement adaptée et
l'anarchisme roboratif d'un auteur parfaitement à l'aise "hors des clous".
Mercredi 18 mars 2009
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Par Gérard Bélorgey
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Oui, Yasmina Khadra, bien sûr; de ses quasi très durs romans policiers (et de l'audacieux "Attentat" sur ce qui advient au couple palestinien vivant en Israël) à
cette grande fresque bouleversante de sincérités et douleurs croisées et au si beau titre...Mais avec sa sortie dès 2008, cet écrivain, s'il mérite absolument d'être toujours mis en lumière,
n'est plus - comme d'ailleurs bien d'autres auteurs du panel - de ceux dont un nouveau prix contribuerait à établir la notoriété.Par contre il faut regretter l'absence (parce que fin 2008,
chez"l"Aube", dans la gamme des rapports Algérie/France, de "Saint-Denis, bout du monde", de Samuel Zaoui.
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Par Gérard Bélorgey
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C’est un régal de sensualité et de culture que cette saga d’un luthier dans l’héritage, à Mirecourt, du berceau de son
art. La fabulation d’être dans les murs du grand Vuillaume, l’obsession de dépasser Amati et Stradivari, par la poursuite de la perfection et par la possession des bois anciens de son grand père
– pour faire parfaitement « sonner » l’instrument qui sera son destin surgi du défi d’une jeune fille naissant à la féminité en même temps qu’aux courbes du violoncelle et dont on ne sait qui
elle est vraiment pour lui - le font passer du talent à la folie. Celle-ci monte inexorablement dans ce contemporain aussi picaresque que vulnérable, s’accordant bien des excès, foulant dans son
puissant passage ses amours d’homme et d’enfant dont les secrets découverts déchirent sa mémoire. Il ira jusqu’à former de force celui qui l’accomplira par procuration lorsqu’il sort les mains
mutilées de l’incendie où bascule sa vie. Une composition surprenante dans un style accompli.
J'avais placé ce lvre dans mes trois "PRÉFÉRÉS" : il est la poursuite du Graal, à travers la fabrication d'un instrument
comme ce pourraiit être dans la fabrication d'une robe d'apparat ou pour la réalistation d'une peinture (cf. A. P. Reverde, "le peintre de batailles" )
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Mercredi 18 mars 2009
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