Recherche

Calendrier

Février 2012
L M M J V S D
    1 2 3 4 5
6 7 8 9 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28 29        
<< < > >>

Partager

Pourquoi ce blog

L'objet de ce site est de baliser par quelques souvenirs éloquents l'histoire récente et de faire contribuer ces expériences, par des commentaires d'actualité, à éclairer et choisir les changements, en s'interrogeant sur les propositions des politiques et les analyses des essaiystes. Donc, à l'origine, deux versants : l'un rétrospectif, l'autre prospectif.

A côté des problèmes de société (parfois traités de manière si impertinente que la rubrique "hors des clous"a été conçue pour les accueillir), place a été faite à "l'évasion" avec des incursions dans la peinture, le tourisme, des poèmes,  des chansons, ce qui constitue aussi des aperçus sur l'histoire vécue.

 

MODE DE CONSULTATION : après avoir ouvert le site, ou cliqué sur un article, un sujet, un mois d'archive, l'affichage du document  recherché s'obtient en descendant la lecture  jusqu'au delà de cette fenêtre de présentation.

L'auteur

 

DSCF0656-copie-1.JPGNé en 1933, appartenant à la génération dont l'enfance a été marquée par la deuxième guerre mondiale, l'occupation et la Résistance, l'adolescence par la Libération, la guerre froide, puis par de clairvoyants engagements pour les décolonisations, l'auteur a ensuite partagé sa vie professionnelle entre le service public (il a notamment été préfet, délégué à l’emploi, directeur des affaires économiques de l’outre-mer, président de sa chaîne de radio-télévision, RFO), l'enseignement et la publication d’ouvrages de sciences politiques (il est aujourd’hui membre du comité de rédaction et collaborateur régulier de la Revue Politique et Parlementaire). Il a également assumé des missions dans de grandes entreprises en restructuration (Boussac, Usinor/Sacilor), puis a été conseil d’organismes professionnels.

 

Alors que ses condisciples ont été en particulier Michel Rocard et Jacques Chirac (il a partagé la jeunesse militante du premier dans les années cinquante et fait entrer le second à Matignon dans les années 60, avant d'être son premier collaborateur à l’Emploi et pour la négociation de Grenelle et au secrétariat d’Etat aux Finances, il n'a suivi ni l'un, ni l'autre dans leurs itinéraires. En effet, dans le domaine politique, comme il ressort de ses publications (cf. infra), Gérard Bélorgey n’a rallié ni la vulgate de la Veme république sur les bienfaits de l’alternance entre partis dominants, ni les tenants du catéchisme du libre-échange mondial. Il ne se résigne donc pas à TINA ("there is no alternative" au libéralisme). Tout en reconnaissant les apports autant que les limites de ceux qui ont été aux affaires et avec lesquels il a travaillé, il ne se résigne pas non plus à trouver satisfaction dans tel ou tel programme de camp. Mesurant combien notre société multiculturelle, injuste et caricaturalement mondialisée, souffre aussi bien des impasses de l’angélisme que des progrès de l’inégalité et des dangers de l’autoritarisme, il voudrait contribuer à un réalisme sans démagogie.

 

Partie de ses archives est déposée dans les Fonds d'Histoire contemporaine de la Fondation des Sciences Poltiques (cf. liens).

 

Il a publié sous d'autres noms que celui sous lequel il a signé des ouvrages fondamentaux que furent "le gouvernement et l'administration de la France" (1967), "la France décentralisée" ( 1984), "Les Dom-Tom" (1994)  : le pseudo de Serge Adour correspond à l'époque de la guerre d'Algérie et à une grande série de papiers dans Le Monde en  1957 , celui d'Olivier Memling au recueil de poèmes et chansons "Sablier " (couronné en 1980 par l'Académie Française et référé, dans l'histoire littéraire du XXeme Siècle de Hachette) celui de  Gérard Olivier à son analyse dans de  grands quotidiens de la décentralisation en 1981/82; celui de Solon  (malheureusement partagée par erreur avec d'autres auteurs) à la publication en 1988 de "la démocratie absolue" . Cessant de vivre un peu masqué, il retrouve son nom en 1998 pour "Trois Illusions qui nous gouvernent", puis en 2000 pour "Bulles d'Histoire et autres contes vrais " (série de coups de projecteurs sur quelques apects du dernier demi siècle qui seront souvent repris ci-dessous), ainsi que pour de  nombreux articles dans  diverses revues. EN 2009, il est revenu sur la guerre d'Algérie avec le roman ( Ed. Baurepaire) "La course de printemps". Il prépare "L'évolution des rapports Gouvernés /Gouvernants sous la Veme République :entre absolutismes et renouvellements?"

Oseront-ils faire le coup d'état de la monnaie? Devant le désordre fantastique de la zone euro - désordre moins imputable aux endettements des États  qu'aux effets totalement néfastes résultant, pour la plupart des pays et régions, de la combinaison d'une  monnaie trop forte et du  libre-échange, ce qui a ruiné la capacité de croissance, les comptes extérieurs et publics  -  devant la dégradation des conditions d'emprunt des pays de la zone où l'éventail des taux d'intérêt demandés aux différents États est gigantesque , devant "la foire aux actifs" qu'engendrent  bien des banques, pour retrouver de la marge de manoeuvres - coincées qu'elles sont  entre de mauvais engagements et des réglementations qui se révèlent excessives et inadaptées -  en se délestant de nombreuses valeurs et, au premier chef, de ces titres d'État qu'elles chérissaient auparavant; alors qu'on ne sait plus qui va pouvoir faire du crédit à ces États et aux économies réelles,   nous nous voyons renvoyés à bien pire que la situation qui prévalait  avant la création de l'euro lorsque chaque pays avait sa propre monnaie nationale; et cette crise  est manifestement  imputable au concept même de l'euro et à l'incapacité de ceux  qui le gère ( d'ailleurs est-il géré ?)  à proposer autre chose pour salut que  la dépossession des nations et des peuples.
 

 

Les propositions d'aujourd'hui de la commission européenne directement inspirées par les dirigeants allemands sont de faire viser les lois de finances des états membres par la Commission  avant leur vote par les parlements nationaux.
Nous en sommes au paroxysme de l'agression, avec le soutien de la France,  du souverainisme germano-européen contre les autres pays.

 

 

Et comme il faudrait bien valider cette dépossession du pouvoir démocratique capital de voter les budgets,  on annonce qu'on va réviser le traité de Lisbonne dans ce sens...sans que les gouvernements et les technocrates complices ne s'accordent, même avant cette révision,  pour passer les budgets sous le visa d'une  commission à laquelle on ne peut reconnaître aucune légitimité pour  faire la loi , dire le droit. .Faudrait-il faire juger des budgets pour incompatibilité européenne par la Cour de Justice ? Beau débat qui montre l'absurdité à laquelle nous sommes arrivés

 

Oui il faut réformer le mauvais traité de Lisbonne,  mais autrement :
-pour autant qu'il y ait besoin d'une coordination et d'une discipline budgétaire ce ne doit pas être sous le contrôle de la commission,  mais sous celui en dernière instance du Parlement européen et  par des députés vraiment convenablement élus par le peuple d'Europe... s'il existe
 

 

-Mais les urgences sont ailleurs :
1-réformer la banque centrale européenne en lui permettant de prêter directement aux États,  en lui donnant  la mission de veiller au développement durable et à l'emploi tout autant qu'à la stabilité des prix et à la cotation de la devise dont la surévaluation nous fait tant de tort
2 -au-delà de l'article 123 qui  concerne la BCE, réviser les articles 124 à 126 qui interdisent en fait la solidarité européenne en excluant des transferts financiers d'État à État : tout au contraire permettre la construction d'un budget européen d'investissements qui serait financé d'abord par des ressources fiscales communes établissant une péréquation  équitable sur l'ensemble du territoire, ensuite   par des taxes aux frontières européennes et, au premier chef, par une  taxe carbone
3 ) - dénoncer donc  le principe d'ouverture commerciale, le libre-échange pour y substituer le principe selon lequel les déséquilibres structurels des commerces extérieurs  doivent être écartés, soit par des mesures commerciales, soit par des mesures monétaires,  autoriser donc en tant que de besoin les protections par tarifs et contingents et  donner pour objectif de chercher à passer avec d'autres puissances des accord interrégionaux respectant la réciprocité des intérêts.  

 

La seule manière dont sauver l'Europe,  s'il est encore temps, c'est de lui donner des dimensions et des pouvoirs ne devant  ne pas en faire un  père fouettard mais une mère veillant à la croissance dans  le développement durable et par ces voies , essayer  qu'elle n'explose pas;  sinon elle ne le fera très bientôt sous la colère des peuples.

 

Le débat sur le contenu d'une  révision du traité de Lisbonne doit être au centre des campagnes présidentielles  françaises. C'est  sur ce point  que les Français devront juger de la valeur des candidats et si les  deux  finalistes  sont trop ressemblants, on comprendrait que beaucoup n'aillent pas voter. 

 

Redoutons aussi qu'on nous vole ce débat et que des arrangements interviennent en catastrophe avant l'élection présidentielle  et qui arrangeraient tout le monde pour permettre la discioline budgétaire par la commission sans autre formalités et sans autres changements.

Ecrire un commentaire
Mercredi 23 novembre 2011 3 23 /11 /Nov /2011 23:23
- Par Gérard Bélorgey - Publié dans : actualité - Ecrire un commentaire
0


Déclaration de Jean-Pierre Chevènement, 5 novembre 2011.
Une monnaie moins chère ; une Europe de la croissance plutôt que de la stagnation ; préserver notre souveraineté budgétaire et fiscale, sauvegarder notre indépendance en matière énergétique, de défense et de politique extérieure ; redresser l’Europe : construire une Europe européenne qui soit un pôle dans le monde multipolaire de demain.


1. Tout au long de cette année, j’ai beaucoup réfléchi et écouté. J’ai décidé d’être candidat à la présidence de la République en 2012, comme je l’avais annoncé, « pour faire bouger les lignes ». Pour mettre la gauche et la France à la hauteur des défis qui sont devant elles.

2. Nous sommes en effet à la veille de très fortes secousses. Avec la crise de l’euro, l’Europe se trouve dans l’œil du cyclone.

3. Ceux qui nous dirigent ou qui aspirent à le faire, pas plus que nos gouvernants de 1940, ne se sont préparés à y faire face. Or, dans cette période de tempêtes, il faudra maintenir le cap des intérêts de la France et de la République, qu’ils ont souvent perdu de vue depuis longtemps (cf.8). C’est pourquoi je suis candidat, pour aider à trouver un chemin.

4. La crise de la monnaie unique a, en effet, sa cause dans la monnaie unique elle-même, que nos dirigeants ont soutenue tous ensemble, à Maastricht, il y a vingt ans. L’erreur du traité que j’ai combattu a consisté à vouloir transférer à un aréopage de banquiers irresponsables la souveraineté monétaire de dix-sept pays très différents par leurs structures économiques, leurs langues, leurs cultures et leurs options politiques. Or, au lieu de converger, leurs économies ont divergé. L’écart s’est creusé entre l’Allemagne industrielle et excédentaire au Nord et les pays du Sud de l’Europe déficitaires et en voie de désindustrialisation rapide. La monnaie unique était censée unir. Elle divise. Les politiques de rigueur conjuguées conduisent à une récession généralisée.

5. Le sommet de Bruxelles n’a rien réglé. Il n’a posé que des rustines. Les ressources disponibles du Fonds européen de solidarité financière sont insuffisantes : 250 milliards face aux 3 400 milliards de dettes des cinq pays « sous tension ». Cette insuffisance ouvre la voie à l’ingérence extérieure. Après la Grèce, qui renâcle devant sa mise en tutelle, c’est le tour de l’Italie d’être attaquée et mise sous le contrôle du FMI. La rigueur s’impose par diktat. Au sommet du G20, à Cannes, la crise de l’euro a occulté le reste : la réforme du système monétaire international n’a pas progressé.


6. Il y a pourtant des solutions pour réconcilier l’Europe avec le progrès et avec la démocratie, essentiellement deux :

a) Pour sauver la monnaie unique, adosser le Fonds européen de solidarité financière aux ressources de la Banque Centrale européenne, comme l’avait proposé initialement le gouvernement français, afin de casser la spéculation. Donner à la Banque Centrale européenne les mêmes prérogatives que la Banque Centrale américaine qui détient 2000 milliards de bons du Trésor américain et soutient la croissance aux Etats-Unis.

b) A défaut d’un accord du gouvernement allemand sur cette première solution, le compte à rebours de la dissociation de la zone euro est enclenché. Mais il est encore possible de limiter les dégâts :
- il faudrait organiser de manière négociée la mutation de la monnaie unique en monnaie commune, projet raisonnable, soutenu il y a une vingtaine d’années par M. Bérégovoy et par M. Balladur ;
- il faudrait pour cela négocier un système de parités stables et ajustables pour corriger les écarts de compétitivité entre les différents pays tout en préservant l’euro comme « toit européen commun ». Cet euro pourrait être utilisé dans les échanges extérieurs, les monnaies nationales étant réservées aux transactions internes. Il n’est pas déshonorant de rectifier une erreur et de revenir à un système monétaire moins rigide et plus souple.

7. Malheureusement les dirigeants de l’Europe ne sont pas capables de faire des choix viables et cohérents, soit pour sauver la monnaie unique en réformant son architecture, ce que j’ai toujours proposé, soit pour revenir à une monnaie commune, plus robuste. Ils manquent du plus élémentaire réalisme pour sortir de l’impasse à moindres frais.

8. Face aux secousses inévitables, il faut garder le cap des intérêts supérieurs de la France et de la République. Ceux qui nous dirigent ou aspirent à le faire, l’ont le plus souvent perdu de vue. Or, il n’est pas de cap pour qui ne connaît pas le port.


Quels sont ces intérêts majeurs que dans les années à venir il faudra conserver à l’esprit ? J’en vois quatre :

a) D’abord une monnaie moins chère que l’euro actuel surévalué de 25 %. Une monnaie moins chère pour permettre la réindustrialisation. Notre base industrielle a rétréci de moitié depuis trente ans. Or, sans base productive solide, pas de protection sociale efficace ! Voilà trente ans que je le répète : une industrie moderne c’est la condition de tout le reste : exportations, recherche, emploi, y compris dans les services, avenir de la jeunesse.

b) Deuxièmement, il faut organiser une Europe de la croissance, avec politique monétaire active, une monnaie non surévaluée, un commerce ouvert aux concurrences loyales, un plan d’investissements dans les secteurs d’avenir (transition énergétique, transports et villes durables, etc.). Il n’est pas normal que l’Europe soit le seul continent voué à la stagnation économique.

c) Troisièmement il faut préserver, avec la démocratie et les droits du Parlement, notre souveraineté budgétaire et fiscale, sauvegarder notre indépendance en matière énergétique, de défense et de politique extérieure. Pas question de brader l’atout nucléaire de la France. Nos centrales nous donnent une électricité 40 % moins chère que celle qu’il faudrait produire en substitut. Pas question de laisser partir en fumée des centaines de milliards investis depuis un demi-siècle ! Pas question de sacrifier sur l’autel de la règle d’airain budgétaire, la dissuasion nucléaire qui garantit notre sécurité à long terme. Pas question de sacrifier non plus notre siège de membre permanent du Conseil de Sécurité de l’O NU ou notre réseau diplomatique, le deuxième du monde.

d) Il faut enfin redresser l’Europe : construire une Europe européenne qui soit un pôle dans le monde multipolaire de demain. Une Europe non pas fédérale – ce n’est pas mûr – mais confédérale, appuyée sur ses nations et sur la démocratie qui vit en chacune d’elle, une Europe à géométrie variable, avec une monnaie non pas unique mais commune. Pour construire cette « Europe européenne » une France forte est nécessaire.

9. Ces quatre grands repères ne sont guère présents à l’esprit de ceux qui nous dirigent ou aspirent à nous diriger.

a) Selon Nicolas Sarkozy, « si l’euro explose, l’Europe disparaît ». Cela n’a pas de sens. La Grande-Bretagne n’est pas dans l’euro mais elle est dans l’Europe. Celle-ci existait avant l’euro. Elle existera après. Nicolas Sarkozy nous dit qu’il faut coller à l’Allemagne. Il faut certes dialoguer avec elle mais en s’appuyant sur nos propres atouts. Nos modèles sont différents et nos intérêts peuvent l’être temporairement. Trouvons avec l’Allemagne les compromis nécessaires. Nicolas Sarkozy nous fixe l’horizon du « triple A ». Ce n’est pas un projet républicain dans lequel le peuple puisse se reconnaître. C’est transférer la souveraineté populaire aux agences de notation ! Au total, Nicolas Sarkozy ne nous offre à travers la règle d’or – en fait d’airain – que l’horizon d’une austérité à perpétuité.

b) François Hollande refuse, lui, d’inscrire la règle d’or dans la Constitution mais il l’appliquerait, en réduisant dès 2013 le déficit budgétaire à 3 % du PIB. Je ne discerne pas la logique alternative qu’il propose. Il évoque les eurobonds mais l’Allemagne n’est pas prête à mutualiser sa dette avec celle des autres. Tout au plus accepterait-elle peut-être un emprunt européen pour financer quelques travaux d’infrastructures …

c) Les invocations au fédéralisme qui se font entendre à gauche et à droite dissimulent le fait que ce fédéralisme ne peut être que coercitif et déboucher sur un espace disciplinaire.


Les Français ont besoin de repères clairs, sur l’Ecole, la sécurité, l’intégration, mais d’abord sur l’Europe car c’est par là que la maison brûle. Il faut donc une vision et d’abord pour remettre l’Europe sur ses pieds.

La France, depuis trop longtemps, minée par le doute, doit retrouver confiance en elle-même : les secousses sont inévitables et l’effort le sera aussi. Mais cet effort doit avoir un sens, et la justice être au rendez-vous.

Il faut enfin parler le langage de la vérité, y compris sur les moyens que nous prendrons. C’est le seul moyen d’éviter les déceptions après 2012. Nous ferons ainsi barrage à l’extrême droite.

Il faut remettre d’aplomb la République et refaire des citoyens. C’est pour cela que j’ai choisi de faire entendre ma voix
Ecrire un commentaire
Jeudi 10 novembre 2011 4 10 /11 /Nov /2011 05:00
- Par Gérard Bélorgey - Publié dans : actualité - Ecrire un commentaire
0

1 - Tous nos bricoleurs de programmes politiques ont ajouté à leurs fausses fenêtres la proposition de la fameuse taxe sur les transactions financières.

 

SI jamais elle était instituée, on en ferait tant de propos satisfaits qu'elle serait un redoutable alibi : et à un renforcement des régulations des marchés financiers, et un alibi à la nécessaire régulation des échanges commerciaux.

Or la TTF ne réglerait rien dans ces matières : elle n'aurait pour influence sur les flux financiers que de porter  ceux-ci  à s'accomplir dans les les pays qui n'auraient pas de TTF (ou qui feraient semblant de l'avoir sans l'appliquer) et pénaliserait donc les   places financières de nos pays dont les vertueux responsables politiques se seraient tiré, une fois de plus, une balle dans le pied. Par ailleurs, et bien évidemment, une telle taxe  ne concerne pas les échanges de marchandises alors que la libre circulation de celles-ci entre sociétés profondément différentes et inégales  est la vraie cause basique  des désordres mondiaux.

 

Le seul - et réel intérêt de la TTF - serait  de produire des recettes fiscales , avec la question  de savoir à quoi et sous quelles conditions, ces recettes - que la logique porte plutôt à des emplois internationaux - pourraient être affectées?  Il y a gros à parier que notre naïveté habituelle de bon élève du village mondial ne nous porterait sans doute guère à savoir en bénéficier.

2 - Et puisqu'on parle recettes fiscales, cessons de faire les hypocrites. La vraie raison des déficits et des gros besoins d'emprunt est l'insuffisance des produits fiscaux. L'allergie des citoyens contemporains à l'impôt est une forme aggressive et incivique  de nouvelle modernité se diffusant, comme une gangrène, dans tout le monde occidental depuis Reagan...Les habitants des pays avancés veulent des services publics et sociaux mais ne veulent pas les payer.  A droite - regroupant toujours autant d'égoïstes,  on se bat contre l'impôt direct qui est le plus équitable s'il est fortement progressif ; à gauche - où l'on est toujours aussi ringards -  on se bat contre l'impôt indirect, lequel , sous forme d'augmentation de TVA,  serait le plus efficient pour se protéger contre l'importation. Entre les deux, il ne reste plus surtout que des impôts de poche et , en définitive -car c'est l'objet même de toute l'intox - de faire des coupes sombres dans les services publics et les couvertures sociales...

 

....alors qu'il y a des réponses fiscales évidentes:

 

- d'une part, celles du type proposé par le socialiste Cahuzac ou par l'économiste Pikettry  pour une meilleure contribution des revenus du capital et des hauts revenus ( si l'on revenait à la pression fiscale d'il y a dix ans , il y aurait à ce titre de l'ordre de 15 mds de rentrées supplémentaires, tandis qu'une nouvelle tranche d'IR commençant dès 100.000 Euros annuels par foyer fiscal rapporterait beaucoup... );  toutes hypothèses qui ne peuvent toutefois évidemment être mises en oeuvre que dans un espace national protégé contre des systèmes étrangers se présentant en moins-disants fiscaux  ...

 

- d'autre part, celles du type proposé par le radical J. Arthuis el le socialiste M. Valls:, non pas une augmentation de TVA pour remplir un peu les caisses, mais   la TVA sociale  qui transférerait sur la consommation une part de la charge des cotisations pesant sur le travail, mais qui allégerait la consommation en prix hors TVA du coût de ces cotisations. Globalement l'opération devrait être blanche, sous réserve que les entreprises répercutent bien  en diminution de prix les allégements de cotisations sociales. Il faudrait en fait que l'opération dégage un bonus qui paierait le coût d'un contrôle administratif comptable serré des entreprises pour veiller à ce qu'elles fassent effectivement cette répercussion;

 

- encore, le verrouillage des possibilités de fraude et d'évasion les plus connues et  dont l'impact en pertes fiscales est  si considérable en Allemagne, en France,  et dans tous les pays de l'U.E. ( cf. une récente émission d'"envoye spécial" quasiment  validée par le syndicat unifié des impôts ), que le tarissement de ces voies d'eau  renouvellerait complètement les termes de la fausse crise des déficits à laquelle nous sommes abusivement confrontés : nos pays sont riches et ont toujours des facultés considérables; mais nombreux sont ceux qui soit pratiquant l'économie clandestine, soit  se faisant payer à l'étranger ( ce que permet la totale absence des contrôles des mouvement de fonds ) et/ou sous des noms d'emprunts, échappent quasi totalement à l'impôt qu'ils soient des salariés confortablement payés par des entreprises internationales ou des professions libérales facturant leurs services en off shore, avec  complicité de spécialistes  opérant depuis des plaques tournantes comme par exemple le Luxembourg.  Les moyens de juguler  ces pratiques qui plombent nos finances publiques bien plus que la sécurité sociale   existent en droit; pour les mettre en oeuvre en fait ( en particulier par les prélèvements obligatoires à la source et par des missions de contrôle dans les pays support des fraudes - en voilà une bonne collaboration européenne !  et un bon test de neutralisation des paradis fiscaux !  ) il faut, là aussi, des fonctionnaires des finances en plus.

 

 

L'"État stratége" cher aux libéraux  est certainement  un versant indispensable de la puissance publique - surtout si on avait encore une capacité de stratégie souveraine - mais c'est  un État impuissant s'il n'est aussi un État outillé par de bons services publics. 

 

Ecrire un commentaire
Samedi 5 novembre 2011 6 05 /11 /Nov /2011 07:58
- Par Gérard Bélorgey - Publié dans : actualité - Ecrire un commentaire
0

Immédiatement après l'annonce du référendum grec , nous avons pronostiqué  sur ce site, qu'il était "trop démocratique pour avoir lieu".

 

Il n'a pas fallu trois jours pour que ce soit vérifié.

 

Peut-être ce référendum eut-il pu aboutir à valider l'accord passé sur le dos des Grecs ( car il y avait bien un ou deux plans B pour résoudre ce type d'affaire...) terrorisés par la menace de se voir couper les vivres.

Peut-être eut-il pu aboutir à ce qu'un peuple debout dise qu'il préfère choisir ses sacrifices plutôt que de se les voir dicter et qu'il sorte de l'euro.

 

Mais la communauté internationale financière ( et son avatar européen) ne joue quitte ou double que dans l' économie casino.

Pour le reste, pour écarter  les épreuves de vérité ( comme la claque qu'elle reçut par le   "non" français au projet de   Constitution européenne,et qui ne lui a rien appris qu'à frauder par une adoption parlementaire du Traité de Lisbonne ),  l'Union Européenne professe avant tout la haine de la démocratie directe. 

 

Dans la filiation d'un Jean Monnet - dont l'idéologie fut d'écarter les électeurs de chaque nation des affaires pour les confier aux apatrides financiers et technocrates  -,  ce qu'aiment les équipes et partis de gouvernement,   ce sont les  systèmes institutionnels  qui dépouillent deux fois ce peuple imbécile dont ils ne peuvent accepter ni les intérêts, ni les élans,  par des mécanismes de  dévolution du pouvoir deux fois indirects et deux fois déformants . Voilà ce qu'obtient la superposition   à des  scrutins nationaux pervers  lorsqu'ils sont tous de type majoritaire comme les nôtres, de  ces transferts de souverainetés ( monétaire, commerciale, budgétaire, etc.) négociés en coulisse et  court circuitant le souverain populaire, et qu'il  se trouve  des majorités de coalition pour injecter les Traités correspondants  dans  une Constitutions ne pouvant plus, dès lors, être un pacte de confiance entre gouvernants et gouvernés.

E. Todd a bien raison; c'est bien "la fin de la démocratie".

 

C'est aussi la fin d'une Europe que ses patrons dictatoriaux ont définitivement discréditée auprès  de tous les démocrates.

 

Il faut que ce soit également  la fin d'une Veme République qui a dérivé loin de ses ambitions d'origine : celles de pouvoir accorder - dans la clarté, plus encore grâce au référendum que grâce à l'élection du président au suffrage universel -   un  peuple et un responsable du pilotage national sur un choix de cap et de   destin. 

 

Ecrire un commentaire
Vendredi 4 novembre 2011 5 04 /11 /Nov /2011 17:38
- Par Gérard Bélorgey - Publié dans : actualité - Ecrire un commentaire
1

En soutien de mon billet d'hier, voici des documents de réflexion issus des chrioniques économiques du Monde :

 

Quelles conséquences pour la Grèce après une sortie de l'euro ?

 

Alors que se tient à Cannes un G20 crucial pour les économies européennes, les spéculations vont bon train sur l'avenir de la Grèce. Les "chances" de sortie du pays de la zone euro sont évaluées à quatre contre six par la maison de paris britannique William Hill pour une sortie de la Grèce de la zone euro avant 2012. Mais quelles seraient les conséquences pour la Grèce d'une telle issue ? Si les économistes ne s'accordent pas sur la nécessité pour Athènes de sortir de la zone euro, plusieurs d'entre eux dressent prudemment un même scénario en deux actes : le chaos avant le retour à la compétitivité.

Mouvement de panique bancaire. Le retour à la drachme – qui irait de pair avec l'annonce d'une dévaluation compétitive – entraînerait irrévocablement une fuite des dépôts. Chaque épargnant grec préférant retirer son argent en euros plutôt qu'en drachme dévaluée. Un tel mouvement de perte de confiance risque d'entraîner des faillites bancaires en série. "Une possible panique bancaire consécutive à l'annonce de la dévaluation obligerait le gouvernement à nationaliser les banques et donc à faire tourner la planche à billet pour les soutenir. Un tel scénario aurait donc un coût social fort. L'inflation entraînant une baisse du pouvoir d'achat des ménages", explique Jésus Castillo, économiste chez Natixis.

Faillites en série. Pour les particuliers comme pour les entreprises, les perdants seront ceux qui se sont endettés en euros. Les entreprises seront asphyxiées par leur crédit en euros et "de nombreux contrats seront brisés avec les partenaires européens", explique André Sapir, économiste à Bruegel, centre de recherche sur les politiques économiques en Europe. "Il y aura une redistribution violente entre débiteurs et financiers", ajoute l'économiste à l'OFCE Jean-Paul Fitoussi. Par ailleurs, les entreprises ne trouveront aucun prêteur pour financer leurs importations, les créanciers refusant la conversion. Les entreprises grecques endettées en euros seront au bord de la faillite et devront, étranglées, baisser les salaires, augmenter leurs prix voire licencier pour espérer survivre.

Méfiance des investisseurs. "Il faudra du temps avant que ceux-ci acceptent de prêter de l'argent à la Grèce", explique André Sapir. "Les fournisseurs seront aussi très réticents sauf à se faire payer cash par les entreprises grecques. Le Wall Street Journal racontait par exemple la semaine dernière que des grandes firmes pharmaceutiques hésitaient d'ores et déjà à fournir des médicaments aux hôpitaux grecs", souligne-t-il. "L'Italie et l'Espagne qui sont sortis du système monétaire européen au début des années 90 n'ont retrouvé de la croissance qu'au bout de deux ans [en septembre 1992, à la suite de spéculations entraînées par un référendum sur l'Europe au Danemark, la lire italienne et la peseta espagnole ont été dévaluées]. Quant à l'Argentine, elle a retrouvé de la croissance mais toujours pas la confiance des investisseurs", rappelle M. Castillo.

Appauvrissement de la population. Au-delà des efforts nécessaires pour retrouver de la compétitivité qui passe par la baisse des salaires, les Grecs connaîtront une forte diminution de leur pouvoir d'achat conjuguée à une forte hausse du taux de chômage. "Certains d'entre eux, les plus entreprenants, quitteront sans doute le pays", explique M. Sapir. "Qui plus est, la Grèce ne dispose pas des ressources naturelles de l'Argentine, explique M. Fitoussi. Or, souvenez-vous que ce pays a connu des moments de quasi-famine à certains endroits." Toutefois, note M. Sapir, "la Grèce ne retournera pas au troc comme cela a pu être dit, mais il n'est pas impossible que l'euro cohabite avec la drachme pour certaines transactions." Enfin, les mesures d'économies drastiques des finances publiques auront des effets immédiats sur le nombre de fonctionnaires et donc la qualité des services publics ainsi que sur la qualité de la protection sociale.

Instabilité sociale et politique. La précarité de masse provoquée par les mécanismes économiques expliqués ci-dessus pourrait entraîner de fortes tensions sociales et politiques. "Pendant cette période de chaos, qui pourrait durer au moins deux ans, les gouvernements successifs n'auront aucun levier et seront emportés par des besoins contradictoires qu'ils ne pourront pas satisfaire, note M. Fitoussi. Il faut se rappeler que l'Argentine a connu après 2001 des périodes quasi insurectionnelles." "Le seul avantage que je vois à une sortie de la zone euro est que la dévaluation atteindrait plus d'agents économiques en Grèce. L'effort serait plus grand qu'en restant dans la zone euro mais il serait mieux partagé et ressenti comme plus équitable", explique M. Sapir.

La reconstruction ? La Grèce souffre d'un problème de compétitivité du fait de l'écart d'inflation accumulé depuis son entrée dans l'euro. Déprécier sa monnaie comme elle pourrait le faire en sortant de l'euro lui permettrait à moyen terme de renouer avec cette compétitivité. Mais il faudra pour cela que le pays mène rapidement des réformes difficiles, synonymes de rigueur, qu'il n'a pas su mettre en place jusque-là. Se pose dès lors la question du pouvoir politique. "Les conséquences d'une sortie de la zone euro sont évidemment liées à la gestion politique qu'en ferait le gouvernement grec. Quel type de gouvernement ? Quel rôle pour sa banque centrale ? Quelle réforme pour son administration ? Autant de questions qui dépendent du politique et qui peuvent permettre à la Grèce d'espérer retrouver sa compétitivité", explique M. Sapir. "Ce ne sera pas la fin de la Grèce, assure M. Fitoussi. Au prix de souffrances considérables, l'exemple argentin a montré qu'un pays pouvait se relever de la faillite. Pour la Grèce cela passe par une politique monétaire maîtrisée et par une politique fiscale qui permette une collecte et un contrôle efficaces."

 

"Sortir de l’euro permettrait à la Grèce de repartir"

Hans-Werner Sinn, économiste allemand

Berlin, Correspondance - Monsieur Sinn, vous plaidez pour une sortie temporaire de la Grèce de la zone euro. Cela ne signifie-t-il pas la fin de l'union monétaire ?

Non. Ce qui déstabilise l'euro est le déni de réalité des politiques. Le développement de la Grèce est massivement handicapé par l'euro. La Grèce a deux problèmes : d'abord elle est surendettée. Deuxièmement, et c'est le principal problème, la Grèce n'est plus compétitive. A cause des crédits à taux faible dont elle a pu profiter grâce à l'euro, le pays s'est mis dans une situation inflationniste et a développé un déficit extérieur énorme. Pour que ce déficit disparaisse, la Grèce doit réduire ses prix de 20 à 30 %. Une telle baisse des prix à l'intérieur de la zone euro n'est pas possible, en tout cas pas à court terme. L'Allemagne a subi une situation similaire entre 1929 et 1933. A l'époque, nous ne pouvions pas dévaluer à cause du plan Dawes et Young qui spécifiait le traité de Versailles. A la place, nous avons dû procéder à une baisse des prix. Ils ont diminué de 23 % et les salaires ont baissé de 30 %. Cela a conduit l'Allemagne au bord de la guerre civile. On ne doit pas exiger la même chose de la Grèce.

Est-ce que la situation ne serait pas pire dans le cas d'une sortie de l'euro ?

En cas de sortie, il y a une panique bancaire. Les gens essayent de retirer leurs euros à la banque pour se protéger d'un change en drachme et d'une dévaluation. Les banques sont alors insolvables. Il faut les sauver. Mais ce n'est qu'un court orage après lequel le soleil brille de nouveau. La dévaluation fait repartir l'économie après seulement quelques mois. Au lieu de baisser des millions de prix, on n'en baisse qu'un seul, le taux de change. L'avantage pour les entreprises de l'économie réelle est que leurs emprunts bancaires sont également changés en drachmes et dévalués. Dans le cas d'une simple baisse des prix, les entreprises de l'économie réelle seraient poussées à la faillite, parce que les prix de l'immobilier s'effondrent, les dettes des banques restent. Les dettes vis-à-vis de l'étranger, dans le cas d'une dévaluation indirecte via la baisse des prix ou dans celui d'une dévaluation ouverte, sont tout autant insupportables. Il faut accepter qu'une partie de ces dettes ne soit pas remboursées.

Est-ce que les plans d'aide à la Grèce ont encore un sens ?

Les politiques qui pensent qu'ils peuvent sauver la Grèce et d'autres pays en difficulté avec de nouveaux programmes d'aide oublient que ceux-ci cimentent le manque de compétitivité des pays concernés. Les déficits de la balance des paiements deviennent alors chroniques et les sommes nécessaires au sauvetage sont gigantesques. Cette politique provoque la protestation des contribuables dans les pays stables, en particulier en France, et n'aide pas vraiment les pays concernés.

Pourquoi ?

L'Allemagne a l'expérience d'une telle politique à travers la réunification. Nous avons fait des Länder de l'est une région sous perfusion, qui même aujourd'hui, vingt ans après la réunification, n'est pas compétitive. L'Allemagne de l'est vit un exode massif de ses forces de travail parce que les aides publiques ont augmenté artificiellement les salaires et ont empêché la création d'emplois compétitifs. Depuis 15 ans, entre l'Allemagne de l'est et de l'ouest, il n'y a aucune convergence du produit intérieur brut par tête, en dehors de la diminution continue de la population à l'est. L'Allemagne n'aurait pas dû justifier cette "union de transfert". A l'époque, il y avait une opportunité de lancer une croissance autonome grâce à une politique de modération salariale. Cette opportunité a été manquée.

Combien de temps durerait une sortie temporaire de la Grèce de la zone euro ?

Cela ne doit pas durer longtemps. Je pourrais m'imaginer que la Grèce, après une dévaluation, retrouve très rapidement, en quelques années, sa compétitivité et puisse revenir dans l'euro sur la base d'un nouveau taux de change.

Est-ce que cela ne créerait pas une réaction en chaîne ? L'Irlande, le Portugal ont aussi de gros problèmes, et l'Italie vient de voir sa note abaissée par l'agence Moddy's…

Je ne pense pas que la comparaison entre la Grèce et l'Italie soit d'une quelconque manière adaptée. L'Italie est un pays avec une économie robuste. Les régions les plus productives et les plus riches de toute l'Europe se trouvent dans le nord de l'Italie. Le parallèle avec la Grèce est erroné. Je n'ai pas le moindre doute que l'Italie dispose des forces nécessaires pour réduire son taux de dette d'Etat. L'Espagne et l'Irlande sont également à même de régler leurs problèmes. L'Irlande a un comportement exemplaire. Il en est tout autre du Portugal : la situation au Portugal n'est pas aussi extrême qu'en Grèce, mais elle est comparable. Au Portugal aussi il n'y a aucun signe qui montre que le pays puisse regagner sa compétitivité dans un avenir prévisible. Il revient maintenant aux politiques du Portugal de décider s'ils sont prêts aux étapes radicales qui sont nécessaires pour y parvenir.

Est-ce que la zone euro est encore durable ?

J'estime que la zone euro et l'euro sont indispensables pour poursuivre l'intégration européenne et j'espère que les problèmes actuels ne sont que temporaires. Cependant, la question est de savoir si on doit, au niveau européen, ficeler des programmes de sauvetage dans des proportions gigantesques ou si on doit plutôt en appeler à la responsabilité des Etats. Il faut autoriser que les pays à l'intérieur de la zone euro fassent faillite. On a besoin, à l'intérieur d'un système monétaire, d'un règlement des faillites pour les Etats avec un programme d'aide, ainsi que l'EEAG (European Economic Advisory Group n.d.t.), un conseil d'experts composé de sept économistes originaires de sept pays, l'a recommandé. On a besoin d'un système de taux différentiels en Europe, qui reflète la probabilité de faillite des Etats, afin d'encourager les Etats à ne pas s'endetter. L'Italie a toujours refusé de céder aux pressions de Bruxelles. Mais regardez la vitesse avec laquelle le pays réagit aujourd'hui à la hausse des taux d'intérêts différentiels. Seuls les marchés conduisent à un changement de politique. Si, comme le suggèrent certains, on mettait les dettes en commun et on introduisait des "eurobonds", de façon à ce que les taux différentiels disparaissent, on créerait un système d'irresponsabilité. L'euro sombrerait alors dans un marasme de dettes.

Propos recueillis par Cécile Boutelet

 

En bref, après des spasmes et risques graves ( que l'U E  peut l'aider à  gérer si elle facilite cette sortie au lieu de la bloquer )  l'économie grecque ne pourrait plus  s'endetter à l'extérieur, mais devrait s"appuyer sur un développement endogène, beaucoup moins importer, serait par dévaluation bien placée pour exporter et offrir ses services internes, pourrait rétablir ses comptes et serait obligée à des réformes drastiques de ses relations gouvernants/gouvernés qui devraient obtenir les  voies et moyens des justices fiscale et sociale.

Sur les moyens, les effets et les emballements par lesquels l'économie grecque qui n'était pas du tout eurocompatible a pu vivre, jouir et souffrir de  l'illusion européenne, cf aussi in "Alternatives économiques" de cette semaine la contribution remarquable de A Parienty : "bref rappel sur la Grèce". 

 

 

 

Ecrire un commentaire
Vendredi 4 novembre 2011 5 04 /11 /Nov /2011 09:11
- Par Gérard Bélorgey - Publié dans : actualité - Ecrire un commentaire
0
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés