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Pourquoi ce blog

L'objet de ce site est de baliser par quelques souvenirs éloquents l'histoire récente et de faire contribuer ces expériences, par des commentaires d'actualité, à éclairer et choisir les changements, en s'interrogeant sur les propositions des politiques et les analyses des essaiystes. Donc, à l'origine, deux versants : l'un rétrospectif, l'autre prospectif.

A côté des problèmes de société (parfois traités de manière si impertinente que la rubrique "hors des clous"a été conçue pour les accueillir), place a été faite à "l'évasion" avec des incursions dans la peinture, le tourisme, des poèmes,  des chansons, ce qui constitue aussi des aperçus sur l'histoire vécue.

 

MODE DE CONSULTATION : après avoir ouvert le site, ou cliqué sur un article, un sujet, un mois d'archive, l'affichage du document  recherché s'obtient en descendant la lecture  jusqu'au delà de cette fenêtre de présentation.

L'auteur

 

DSCF0656-copie-1.JPGNé en 1933, appartenant à la génération dont l'enfance a été marquée par la deuxième guerre mondiale, l'occupation et la Résistance, l'adolescence par la Libération, la guerre froide, puis par de clairvoyants engagements pour les décolonisations, l'auteur a ensuite partagé sa vie professionnelle entre le service public (il a notamment été préfet, délégué à l’emploi, directeur des affaires économiques de l’outre-mer, président de sa chaîne de radio-télévision, RFO), l'enseignement et la publication d’ouvrages de sciences politiques (il est aujourd’hui membre du comité de rédaction et collaborateur régulier de la Revue Politique et Parlementaire). Il a également assumé des missions dans de grandes entreprises en restructuration (Boussac, Usinor/Sacilor), puis a été conseil d’organismes professionnels.

 

Alors que ses condisciples ont été en particulier Michel Rocard et Jacques Chirac (il a partagé la jeunesse militante du premier dans les années cinquante et fait entrer le second à Matignon dans les années 60, avant d'être son premier collaborateur à l’Emploi et pour la négociation de Grenelle et au secrétariat d’Etat aux Finances, il n'a suivi ni l'un, ni l'autre dans leurs itinéraires. En effet, dans le domaine politique, comme il ressort de ses publications (cf. infra), Gérard Bélorgey n’a rallié ni la vulgate de la Veme république sur les bienfaits de l’alternance entre partis dominants, ni les tenants du catéchisme du libre-échange mondial. Il ne se résigne donc pas à TINA ("there is no alternative" au libéralisme). Tout en reconnaissant les apports autant que les limites de ceux qui ont été aux affaires et avec lesquels il a travaillé, il ne se résigne pas non plus à trouver satisfaction dans tel ou tel programme de camp. Mesurant combien notre société multiculturelle, injuste et caricaturalement mondialisée, souffre aussi bien des impasses de l’angélisme que des progrès de l’inégalité et des dangers de l’autoritarisme, il voudrait contribuer à un réalisme sans démagogie.

 

Partie de ses archives est déposée dans les Fonds d'Histoire contemporaine de la Fondation des Sciences Poltiques (cf. liens).

 

Il a publié sous d'autres noms que celui sous lequel il a signé des ouvrages fondamentaux que furent "le gouvernement et l'administration de la France" (1967), "la France décentralisée" ( 1984), "Les Dom-Tom" (1994)  : le pseudo de Serge Adour correspond à l'époque de la guerre d'Algérie et à une grande série de papiers dans Le Monde en  1957 , celui d'Olivier Memling au recueil de poèmes et chansons "Sablier " (couronné en 1980 par l'Académie Française et référé, dans l'histoire littéraire du XXeme Siècle de Hachette) celui de  Gérard Olivier à son analyse dans de  grands quotidiens de la décentralisation en 1981/82; celui de Solon  (malheureusement partagée par erreur avec d'autres auteurs) à la publication en 1988 de "la démocratie absolue" . Cessant de vivre un peu masqué, il retrouve son nom en 1998 pour "Trois Illusions qui nous gouvernent", puis en 2000 pour "Bulles d'Histoire et autres contes vrais " (série de coups de projecteurs sur quelques apects du dernier demi siècle qui seront souvent repris ci-dessous), ainsi que pour de  nombreux articles dans  diverses revues. EN 2009, il est revenu sur la guerre d'Algérie avec le roman ( Ed. Baurepaire) "La course de printemps". Il prépare "L'évolution des rapports Gouvernés /Gouvernants sous la Veme République :entre absolutismes et renouvellements?"

Au regard de la déclaration de Moscovici selon laquelle la mise en cause de Merkel était - ce que je pense aussi - contre productive, j'ai envoyé à Orange comme réaction le texte suivant :

 


"Les intérêts et les conceptions allemandes ne sont pas les nôtres et une série de particularités de l'économie allemande fait qu'elle est seule à bénéficier d'une monnaie trop forte : une solution réaliste serait donc que l'Allemagne ( son opinion y est prête ) sorte de l'euro, ce qui permettrait par les autres États partageant cette monnaie commune de remettre les pendules à l'heure en dévaluant "

 

 

 

Quelques moments plus tard consultant "mes réactiions " j'ai lu

`"statut réfusé"

 

j'ai donc relancé ce censeur en lui écrivant

 

" vous venez de  refuser ce commentaire

pourquoi?
sachez que je rendrai public cet échange"

 

et il a naturellement à nouveau répondu

`"STATUT REFUSÉ" 

sans s'expliquer

 

alors qu'il publie régulièrement  beaucoup plus d'insanités que de réflexioins

 


 

 La plus complète des censures régne donc sur le net de la place publique française à  l'encontre de tout ce qui n'est pas dans les clous de la pensée obligatoire européenne et du conformisme économique intégral.

 

Je vais saisir d'autres media

 

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Lundi 29 avril 2013 1 29 /04 /Avr /2013 12:16
- Par Gérard Bélorgey - Publié dans : actualité - Ecrire un commentaire
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Il est bien évident que la ligne européiste française n'est pas la bonne pour trouver l'emploi.
 

 

Il faut donc essayer de comprendre - en sortant de la contre-productive et certainement maladroite attaque de  l'Allemagne merkelienne ( laquelle plaît au contraire à une bonne partie des modérés français , ce que comprend bien la droite qui va encore gagner sur ce terrain comme sur beaucoup d'autres ) - ce que l'opposition socialiste interne propose.

 

On perçoit certes qu'elle  rejette  l' austérité;  mais  les Hollandais ont raison de dire que cette austérité  n'est pas d'ores et déjà installée en France.. On ne s'est pas, en effet,  encore frontalement attaqué aux allocations retraite, chômage et , pour trouver de grosses économies plutôt qu'en réformant enfin le mille feuille administratif (qui a l'intérêt supérieur de  nourrir les réseaux politiques locaux)  en taillant dans  l'assurance maladie.

Mais soyons sûrs que ces régressions sociales sont pour demain s'il n'y a pas de politique de rechange. 

Quelle est donc , derrière les déclarations de principe,  la ligne  que propose la "gauche" socialiste?  Un interview de Emmanuel Maurel que vient de publier" l'Économie Politique - N° 58" nous éclaire concrètement et tristement .

 

On en retiendra effet , en réponse à la question "si vous étiez aux manettes" quelle politique engageriez vous ?" les trois points suivants :

- "une relance par la consommation"; toutes choses égales par ailleurs ( cad sans maîtrise monétaire et commerciale),  on sait que ces choix, s'ils sont socialement équitables, seraient économiquement suicidaires : en dilatant,   par l'effet de demande, dès lors qu'il n'y aurait pas  de protectionnisme,  les importations des pays à bas prix de revient; en compromettant les facultés de la compétitivité ( assurer celle-ci en obtenant comme c'est suggéré un smig européen relève de la fantaisie) ; en exigeant des ressources fiscales supplémentaires pour les minima sociaux... qui ne pourraient  être, comme les services oublics essentiels d'ailleurs, bien  améliorés que si nous étions en économie protégée.

 

- " une relance de l'investissement par le développement des infrastructures publiques et en bâtissant une stratégie de filières" . Très bien, mais avec quelles ressources ?

 

- La troisième proposition ( fusionner IR et CSG) n'est pas assortie de l'idée d'une augmentation du produit  fiscal assuré.

 

C'est qu'en fait -  comme l'illustre ensuite des propos convenus , sinon insipides , sur les entreprises - pas plus que ne sont posées les questions clefs d'un protectionnisme européen et d'une souveraineté monétaire française au moins comparable à celle que la Grande Bretagne s'est garantie hors euro, l'interviewé n'aborde pas le débat de savoir quelle type de modèle économique doit être préféré .

 

Doit-on continuer dans le sens d'une économie que l'on veut certes réguler, mais où, dans le fil de l'idéologie des privatisations,  l'investissement privé est le ressort de l'activité ( ce que dit au fond le Président lorsqu'il voit dans l'entreprise le coeur ( exclusif ? ) de la croissance); ou doit on restaurer l'idée qu'une économie pour être équilibrée doit être mixte, c'est à dire avoir deux piliers : l'entreprise et la puissance publique.

 

 Une économie qui ne passe que par l'entreprise est forcément essentiellement financée par l'épargne et l'investissement privés;  et pour avoir ceux-ci, il faut qu'existent structurellement  de profondes et permanentes  inégalités de revenus  qui fournissent son carburant au système. Seule, une part de financement public de l'investissement, par combinaison de la fiscalité , de l'emprunt et de la rentabilité même d'investissements publics précédents,   peut réapproprier la communauté nationale, diminuer les inégalités ou ne plus en faire une fatalité,  et permettre des choix stratégiques de filières, voire de saisir des opportunités de profits . Il  n'est pas nécessaire pour cela d'avoir un secteur nationalisé; mais il faut un système de contribution publique à l'investissement lui conférant le devoir d'intervention dans certain cas et un droit d'association à des opérations très profitables dans d'autres. Pour y parvenir c'est une autre conception ( celle qui a été exposé sur ce site le 04/09/12 ) d'une banque publique d'investissement que celle qui a été mise en place qui serait nécessaire.

 

Si l'interviewé pointe les insuffisances de la loi bancaire ( encore qu'on se fasse beaucoup d'illusion sur les vertus qu'aurait une plus forte  séparation entre "dépôts" et activités d'"affaires") , il n'envisage pas un  instant que l'un des outils  d'une stratégie nouvelle  serait  dans un  rôle de banquier d'affaires à conférer à la puissance publique .

 

 

En bref l'opposition socialiste interne ne sort pas des clous. Elle ne traite  pas de la pertinence ou de l'inadéquation  de la construction européenne et de l'euro et ne demande pas une vraie renégociation qui - bien au delà de  crédits pour la croissance - doit poser les questions de  l'exercice du pouvoir monétaire et de la mise en cause du principe d'ouverture commerciale; elle ne traite pas du besoin d'une intervention publique économique dotée de légitimité démocratique, de capacité juridique et de  moyens effectifs de participation financière à des opérations devant non seulement répondre à de nouveaux besoins de civilisation, mais aussi être, sous des délais raisonnables, capables ( il ne faut pas laisser aux privés le monopole des prises de risques et faculté de  profit)  de  rentabilité capitaliste au bénéfice de la Nation.   

 

Ces propositions "de gauche" sont aussi dangereuses que les politiques mises en oeuvre, parce qu'elles s'inscrivent pareillement  dans un profond conservatisme social libéral européiste  : celui qui a fondé l'Union Euroéenne sur l'illusion de l'harmonisation par le haut  et l'euro sur les démissions nationales ou les incompétences de ses fondateurs ; celui qui prend pour un dogme l'absence de la puissance publique parmi les grands acteurs nécessaires à  l'expansion économique dans l'équité sociale.  

 

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Dimanche 28 avril 2013 7 28 /04 /Avr /2013 18:34
- Par Gérard Bélorgey - Publié dans : politique éco et emploi - Ecrire un commentaire
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 Extraits de textes de 1986 à 2004

Publication sur Calaméo  mars/avril 2013

 

lien :

http://fr.calameo.com/books/00185928521642691c3f6

 

 

SI VOUS AVEZ UNE DIFFICULTÉ POUR RESTER SUR LE SITE CALAMEO, ACCÉDER  À MA PAGE, OU À TEL OU TEL DES OUVRAGES,

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  cabré

 

 

 

Avertissement 

 

Avec la prochaine saison d'été 2013, vont reprendre les spectacles équestres de Chambord dans les Écuries, en ruine,  du Maréchal de Saxe. C'est dans ces lieux qu'en 1975, sur leur présentation par Mr et Mme de Brantes, j'installai alors  Jean et Michèle Poisson. Ils y tinrent  une école d’équitation  offrant  des sorties à  cheval. Leur fils, Dominique, a repris, en association avec Bruno Mellerio, la gestion de ce centre  qui a créé  les  promedades  en calèche et le spectacle, avec le concours d'écuyers de haute école : notamment Max Dardenne, puis, pendant plus de dix ans, Patrick Jullien (dit Juju) et Dorothée Obry;  Agnès Roy,  la compagne de Dominique,  a apporté son talent de peintre et de sculpteur pour les décors et a participé aux spectacles comme amazone.
 

C’est pour eux que j’ai écris par le passé en mettant gracieusement à leur disposition ces canevas, des textes de support ou d’accompagnement de leurs prestations. N’en demandant aucune rétribution, je n’ai pas demandé non plus que je figure comme auteur dans la présentation de ces spectacles (toutefois depuis lors  j’ai repris certains de ceux-ci sur ce  blog (cf. le 8 juin 2008) dans ma rubrique sur Chambord), d’autant qu’avec le temps, les réalisateurs prirent bien des libertés vis à vis de mes textes en y introduisant des arrangements et fantaisies de leur manière. Ce spectacle  a vécu sous des noms divers .....Il a offert, selon les saisons, quelques variantes parfois improvisées par reprises de morceaux précédents, en faisant appel à divers lecteurs et comédiens (dont, la première fois Philippe Noiret).

Puis, comme le rappelait récemment, en substance,  La Nouvelle République, “plusieurs prestataires se sont succédé sur la piste. Le dernier en date était Mario Luraschi, une référence en matière de cascade équestre. Spécialiste des scènes à haut risque pour le cinéma, l'homme a écrit un scénario parfaitement en phase avec le cadre et raconté par la voix de Jacques Perrin : les grands moments équestres de François Ier ; Dominique Poisson ayant ajouté un numéro de bouffonnerie avec la complicité d'un cheval qui joue les malades imaginaires.... Depuis l'an dernier, des animations scolaires sont aussi  proposées aux enfants des écoles primaires et collèges. Accueillis sur le site, les participants sont répartis en groupes pour faire connaissance avec les trois métiers de forgeron ferronnier, d'écuyer et de maître d'armes exercés à l'époque de la Renaissance et encore pratiqués de nos jours.”

 

Le régime de ce spectacle va changer puisque,  à la suite de la création en 2005 de l’Établissement public de Chambord - et dans l’attente, semble-t-il,  d’une restauration et peut-être d’une autre destination des Écuries - c’est celui-ci qui va produire le spectacle en régie, la réalisation devant en être assurée par les cavaliers et cavalières de Bruno Mellerio qui a été, de longues années, l’associé de Dominique Poisson.

  

Je ne verrais pas que la contribution bénévole que   j’ai apportée à ces amis profite désormais au producteur que serait l’Établissement public qui gère Chambord. Celui-ci n’a jamais fait référence à tout ce que j’ai fait dans ce Domaine, comme Commissaire, comme préfet de Loir et Cher, comme auteur et comme habitant  ; il a succédé à un commissaire à l’aménagement du Domaine  qui, ne supportant pas ma présence,  a trompé les autorités publiques par des allégations fallacieuses à mon endroit et par un montage juridique démenti par les faits - puisque l’installation des bureaux dans la ferme de Lina où j’habitais n’a jamais eu lieu, mais a été le prétexte avancé pour obtenir en 2000 mon éviction d’un lieu auquel  j’étais très attaché et de ce domicile familial que j’ai occupé en location pendant plus  de 20 ans en y faisant de très importantes dépenses personnelles d’aménagement.

 La qualité du présent gestionnaire de Chambord, le commissaire J. d’Haussonville, est incontestable ; son plan stratégique qui vient de sortir comporte les mêmes orientations,  contenus et objectifs de bon sens  que ceux que j’avais présentés ( mes archives peuvent précisément  en témoigner)  dès 1973/74,  en préconisant déjà un Etablissement public. Or X. Patier, lui même commissaire entre 2000 et 2004, ayant au demeurant donné une bonne impulsion à Chambord,  s’est prétendu l’inventeur de cette formule dans un ouvrage relayé par la presse et comportant envers moi-même des insanités diffamatoires par pure recherche, semble-t-il,  de notoriété littéraire). Et il aura fallu - en ayant quasiment perdu presque vingt ans par les gestions de  C. Mary puis de L. Hubert - surtout dédiées à des intérêts techniques et forestiers et aux dominantes des chasses présidentielles -  quarante ans (oui, 40 ans !) pour  parvenir ainsi à un programme d’aménagement prescrit depuis 1970, en créant, chemin faisant, une administration étoffée de plus de 130 personnes.

Celle-ci s’est substituée à une petite très efficace équipe d’origine qui, sans recourir à des cohortes de consultants,  faisait beaucoup par elle-même, de la conception d’ensemble à l’animation quotidienne . Il y avait alors un commissaire dont le rôle était tenu, « pour la gloire »  par un haut fonctionnaire occupant un autre emploi  ( après C. Dablanc qui était lui-même directeur de cabinet à l’Agriculture, j’étais conseiller technique de P. Messmer,  Premier ministre) ;  un adjoint des Eaux et Forêts qui fut dès le début le très efficace G. de Roquancourt, lequel me succéda  en 75 en tant que Commissaire,  tout en étant en même temps sous préfet de Vendôme ; une poignée de fonctionnaires dévoués (dont le remarquable A. Gaston, conservateur du château, les responsables régionaux des grands services intéressés à coordonner) et  pour la gestion  forestiere et cynégétique ainsi que pour l’accueil dans le château, en très juste nombre il est vrai, des personnels ONF, ONC et CNMHS . C’est cette économie de moyens qui nous portait à tout faire dont même ce spectacle nocturne « le combat du jour et de la nuit »  que j’ai écrit sur demande de Maurice Druon que j’avais en vain  sollicité, et qui constata qu’il n’y avait alors aucun auteur de renom qui voulait s’y risquer…

  POUR ACCÉDER EN SONORE

À
Spectacle Chambord, G.B. J. Piat, M.Constant. .wav
copier coller dans la cartoucche adresse URL le lien ci-dessous

 

http://ddata.over-blog.com/0/50/69/19/Spectacle-Chambord--G.B.-J.-Piat--M.Constant.--_.wav_.mp3

 

Aujourd’hui j’apprends que c’est Gonzagues Saint Bris qui écrit le texte des nouveaux spectacles équestres. Aussi, compte tenu de l’oubli dans lequel j’ai été plongé et, à toutes fins utiles,  je tiens à bien afficher ce que j’ai apporté comme thèmes et expressions dans « le combat du jour et de la nuit » ( texte sur ce blog et lien pour y accéder en sonore : <http//:fr.calameo.com/books/0018592859d4659dd7a4d>)  et d’original dans  les scénarios équestres existants  que je rappelle  ci-dessous (et dont, cette fois, je réserve tous mes droits d’auteur) pour qu’il n’y ait aucun risque de confusion. 


  Le premier de ces deux  fils directeurs est sur  Chambord et l'Espagne ( on le trouve déjà sur ce blog à la date du juin 2008); le second est sur  Chambord et l’Italie ( celui là est présenté ci-dessous); il m'avait été demandé par D. Poisson pour la saison 2004.  L'un et l'autre  illustrent assez bien  l’esprit et les diverses versions de ces spectacles. Je les fais précéder  
d’un autre texte auquel je tiens : "D'un seul corps à  la leçon d’équitation de Mr Jourdain ».


 

Chambord

Chambord équestre dans les années 2000 : d'un seul corps à Mr Jourdain

        L'ART ÉQUESTRE : deux qui ne sont qu' UN SEUL CORPS

solo-.jpg

 

      Dans le couple équestre 

l'homme se prolonge en chaque fibre du cheval
qu'il épouse
touche le sol des sabots de sa monture
le  guide de son seul regard
devient le mouvement de son encolure
sent tout ce que sent son double équidé
qui, de même, intègre son cavalier

L'impulsion de l'un est l'acte des deux


 
Il m’est venu à l'inverse, une année, de proposer aux réalisateurs du spectacle de Saxe

 

"La leçon d'équitation du  BOURGEOIS GENTILHOMME"

On n'est point gentilhomme si l'on ne porte une épée, mais aussi, si l'on ne sait monter. Molière aurait il oublié de faire donner à Monsieur Jourdain la leçon d'un écuyer après celle des maitres d'armes, du tailleur, des maitres de musique et à danser?



C'est ainsi qu'il suit qu'on pourrait l'imaginer


Entrent MR JOURDAIN, NICOLE, UN MAITRE BOTTIER 

MR JOURDAIN: "sortez coquine, j'attends mon écuyer. Ce n'est pas pour une bonne femme comme vous" 

NICOLE, en regardant les jambes de Mr Jourdain: "comment Monsieur a encore dépensé tout cela pour un maitre bottier"
MR JOURDAIN : ”sans bottes, vilaine, comment voulez vous monter?"
Mr Jourdain donne sa bourse au bottier
  "Mille grâces, Monsieur, vous m'avez fait chevalier 

LE BOTTIER: "Monseigneur....." 

MR JOURDAIN: "Ah ! Il m'appelle Monseigneur!" ... Il double la bourse
NICOLE (en aparté): "mon maître est de ceux qui prennent l'habit pour le moine" 


ENTRE L'ÉCUYER à CHEVAL  :  "morbleu, votre altesse, comme vous êtes bellement accoutrée"  
MR JOURDAIN :
" c'est pour mieux servir votre cheval, Monsieur l'Ecuyer"

L'ECUYER DESCEND ET PROPOSE LA TENUE DES RÊNES À MR JOURDAIN qui fait un saut terrorisé en arrière. Il le rattrape et essaye de lui faire poser la main sur le cheval:

 
 

"Il en est, Monsieur, pour l'art équestre, comme pour tous les autres, encore qu'il les surpasse en tout, car vous n'êtes rien sans un cheval..." 

MR JOURDAIN: "Nenni, je suis, Monsieur, et j'ai été, bien vivant, sans chevaux; mais je voudrais être gentilhomme par ces animaux"  

L'ECUYER: "Alors, il vous faut, Monseigneur, comme j'essayais de vous le faire entendre; en cet art comme dans d'autres, bien mineurs en vérité par rapport à celui que je veux vous enseigner, distinguer entre la théorie et la pratique. Nous allons commencer par la théorie et je veux vous faire apprendre comment un cheval est composé"


Suit une petite scène silencieuse au cours de laquelle  les deux personnages tournent autour du cheval, s'accroupissent pour l'examiner par en dessous, regardent de partout la monture dont chaque mouvement effraie Mr JOURDAIN.

 L'ECUYER: "venons en à la pratique. ll vous faut maintenant monter"

Scène muette et acrobatique :  MR JOURDAIN essaie,  s'assoit
à l'envers, puis  réussit enfin, après une ou deux chutes, à  s'agripper à la crinière.

 L'ECUYER: " Je vais vous dire les allures, céant.                          

le-bg.jpg

 

 

Il y en a trois.

Le pas.
Cogner du talon, Monsieur. Allons au pas"

Le cheval avance et Mr Jourdain s'écrie
" je sais monter. Je marche au pas ".
Mais le cheval s’en va et il ne sait l'arrêter.

L'Ecuyer le rattrape, essaie de faire bien positionner les jambes et les mains de Mr Jourdain.

 
L'ECUYER: " La deuxième allure est le trot, Votre altesse .Il y en deux:   le trot assis et le trot enlevé.
Le galop, la dernière allure sera pour une  autre fois".  

 MR JOURDAIN: " Vous m'embrouillez: vous m'avez dit deux et en voilà   déjà quatre"   
L'ECUYER: "Nous allons en rester au trot assis, Monseigneur; allez y, penchez vous en arrière"

Il fait partir le cheval sur lequel Mr Jourdain, penché en avant, tressaute comme un sac. Le couple sort en farce, l'écuyer criant, "en arrière, Votre altesse, en arrière". Le corps du bourgeois gentilhomme glisse à terre pendant que le cheval s'éclipse.....

 

(cette scène ne fut jamais intégralement jouée, car sa longueur eut trop rompu le rythme du spectacle)

Molière, pour sa part, fut bien sage de ne pas mettre en scène pareille leçon.
Ce bourgeois ne sera jamais, ni gentilhomme, ni centaure.
C'est un destin pour d'autres corps.






Le Cheval Roi
de Chambord à l'Espagne       





TABLEAU 1 : REPRISE D'OUVERTURE 

C'est ici le grand château blanc
dont au dessus
de l'architecture élancée
la lanterne monte à cent pieds
 

C'est le symbole de royauté
construit par François Premier
tout près du sol de son enfance
de ses amours d'adolescence



Élastiques et cadencés
ils arrivent à Chambord les cavaliers du roi François

Ils ont été
de toutes les campagnes, de Flandre et d'Italie
" le cul sur la selle, la lance au poing
et l'armet sur la tête"


Ils sont les compagnons que célèbre
le chant de la bataille de Marignan

( musique de Marignan)
 
saxe1.jpg

 

 

 





 

 

 

 

 

 

TABLEAU 2 - SOLO

Un voyageur du temps
salue cet édifice
aux frontières des temps
des férocités et des plaisirs

C'est, comme au Moyen âge,
"'un donjon carré cantonné de quatre tours"

et , pour ouvrir la Renaissance,
"au centre d'une croix grecque,
un escalier qui monte jusqu'aux anges"


"au rez de chaussée
la croix s'ouvre par quatre  portes
donnant sur les quatre parties du monde"


Que Chambord, aujourd'hui,
s'ouvre sur cette part du monde qu'est l'Espagne

 

 

 



TABLEAU 3:  LA DISPUTE DES GRANDS


 

fleur-de-lys.jpg

 

Tuffeau bardé d'ardoises
mimant les marbres blancs et noirs des riches royautés,

ce château fut le défi de la France encerclée
quand sur la scène d'Europe au seizième siècle naissant
tous les grands d'Occident  se disputaient le monde

         

 

 

 

 

 

FRANÇOIS PREMIER 
est candidat à la succession de Charlemagne,
mais il n'a pas les moyens de ce rêve

C'est CHARLES-QUINT qui est élu Empereur du Saint Empire.   Héritier d'Autriche, appuyé sur ses possessions d'Espagne, des  Flandres et d'Italie, disposant, pour acheter les voix, de l'or des conquistadors, c'est lui qui va porter le globe et la croix

Avec la mission de repousser la marée des cavaliers turcs mahométans que le sultan SULIMAN LE MAGNIFIQUE envoie battre les murs de Vienne

 et avec la bénédiction du PAPE qui à la fin du quinzième siècle, a partagé, entre Espagnols et portugais, les nouveaux océans et les nouvelles terres

Alors que sur l'Empire d'Espagne, le soleil ne se couche jamais...

..... HENRI VIII( gros lourd barbu bleu et à pied, une grande hache à la main)  enferme l'Angleterre dans le schisme anglican pour être  le seul maître de ses mariages jusqu'à la décapitation de ses femmes

Ses corsaires, toutefois, et ceux de François.... 
- qui n'accepte pas le partage du monde :
"je voudrais bien voir la clause du testament d'Adam qui m'en exclut"
dit le roi de France -

 ... de Cornouailles en Caraïbe, harcèlent les armadas d'Espagne        




Tableau 4: LES RELATIONS de FRANÇOIS 1er

et de CHARLES-QUINT




Sur mer et sur terre, par la fortune des armes
ils sont tantôt vainqueurs, tantôt vaincus
Charles et François dans ce duel sans issue

Autant par rouerie que par force :
Après le désastre de Pavie et les prisons d'Espagne
où il a signé un traité d'abandon
François dénonce sa parole
pour ne pas céder la Bourgogne 

cariatide-2.jpg Autant par les femmes  que par les soldats : 
Charles  le geôlier deviendra le beau frère
lorsqu'il impose en mariage au roi de France
sa soeur, Éléonore

Autant par les fastes que par les arquebuses :
Hôte de Chambord, lors d'une trêve
l'Empereur dira du château
"C'est un abrégé de ce que peut faire l'industrie humaine"


 

 

 

 

 

Foulant des parterres de roses
jetées sous leur pas par des haies de Nymphes
ils s'offrent alors d'étranges fêtes
les seigneurs du temps :
cédant aux grandes courtisanes,
François disait
"D'en aimer trois, ce m'est force et contrainte"




meister.jpg


ensemble, alors,  sur l'odeur des gibiers
ils vont chasser au train des chiens
et puis courir les hardes


 

 

 

 

  



TABLEAU 5 : LA BICHE

 

 

Mais ont-ils vécu ensemble le songe légendaire?

"Je suis fille sur jour et la nuit blanche biche
La chasse est après moi
les barons et les princes"
........
" A la troisième fois
la blanche biche est prise"

"Mandons le dépouilleur
qu'il dépouille la biche"
Celui qui la dépouille
dit "je ne sais que dire"
Elle a le cheveux blond
et le sein d'une fille"
A tiré son couteau
en quartiers, il l'a mise"


 

 

 

zita-couleurs-.jpg

 

 

 

 

  

 

 











 

 

 

 

 

 

 

 

 

Tableau 6 : L'ART ÉQUESTRE : LES LONGUES RÊNES

Quand sonnent les honneurs
des centaures fourbus de fantasmes et de sueurs
glissent hors du temps
s'échappent de côté, par quelques pas savants
ces "appuyers" que l'on dira la "croupe au mur"
avant que d'une volte, ils ne quittent le siècle...

 

 

 

...pour le siècle suivant                                             
où les grands écuyers des princes d'Europe
écriront les traités d'art équestre
qui s'appliqueront
des genêts andalous aux lipppizans
des montures arabes aux selles anglais
pour leur apprendre le pas espagnol
et les airs français



Pour que la raison vienne aux cavaliers
et la docilité
aux destriers et haquenées
il faut par le travail aux longues rênes
apprendre aux jeunes coursiers
jusqu'au passage et jusqu'au piaffer

 

 

 

 

 

 


 

 

TABLEAU 7 :  L'ART ÉQUESTRE : AMAZONE

AMAZONE.jpg

En ce temps des manèges royaux
où sont instruits les cavaliers et les chevaux
les femmes , ou du moins, celles de la noblesse
observant de la Cour, la sévère étiquette
ont, elles aussi, le goût des prouesses

Plus intrépides encore à Madrid qu'à Versailles
cavalières ou amazones
caracolent avec les équipages



 

 

 

 

 

 

 

   TABLEAU 8 :  L'ART ÉQUESTRE , CERCLE DE LIBERTÉ

 

 

 

C'est aussi parce que, de l'Angleterre  à la Castille 

 

    e-cuye-re.jpg de la Bavière à l'Andalousie,

tant de maîtres ont su
par les croisements et par le dressage
faire des chevaux superbes : généreux et sages

Quand s'unissent les étalons surgis
des steppes d'Asie
et les juments des vertes prairies
force et douceur des sangs mêlés
font ensemble danser
discipline et liberté
sur le cercle d'or des carrières

       


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Tableau 9 : PHILIPPE V, LES GUERRES  ET LA POSTE HONGROISE


 

 

Après que le petit fils de Louis XIV
soit devenu Philippe V, roi d'Espagne,
....avec une escale à Chambord
sur le chemin de l'Escurial

s'ouvrent de longues guerres
dont le cheval de bataille
dans la tourmente des mêlées
conduit le corps à corps des cuirs et des aciers

 Maurice de Saxe
triomphe à Fontenoy

Louis XV en fait un Maréchal de France
Il lui donne Chambord en jouissance
Chambord où Saxe installera
son fastueux régiment d'apparat
de ulhans noirs montés sur des étalons blancs

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Au son des timbaliers ouvrant le ban
voici le cavalier cosaque entrant en lice
en galopant debout ses deux chevaux fumants
 




TABLEAU 10  :  HAUTE ÉCOLE

Chambord
loin des Bonaparte, s'endort
sous les Empires

Le château ne revivra qu'avec l'espérance
quelques jours durant
du Comte de Chambord, Duc d'Orléans
de reprendre  sous le drapeau blanc
la couronne de France
   
Ses neveux, des Bourbon Parme
descendants de la branche ibérique des Bourbons
feront un peu  revivre ici
le sang de la maison d'Espagne
qui s'illustre aussi
dans la célèbre école de cavalerie de Vienne

 

 

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Et voici la maîtrise des allures
qu'exalte le jeu serré des figures
et puis tous ces changements 
de pieds, d'appuis, de temps
qui sont autant d'assouplissements

C'est pour la haute École
que rivalisent toutes les écoles
formant écuyers et montures
à obéir aux justes airs
dans l'exercice d'excellence




TABLEAU  11 :  FINAL MULTIPLE ESPAGNOL  :
( grand cavalier, coiffé d'un plat, tenant droite une longue lance, sur un haut cheval maigre, puis couples avec femme en croupe en grande robe à godets, puis picador, puis toute la troupe, avec si possible un cavalier de fantasia , dans les musiques d'Albenitz et de  Manuel de Falla)

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Mais c'est du sud, au delà des Pyrénées
que viennent des héritiers de Charles Quint :
toutes ces voix renouvelées
par la civilisation métissée de l'Espagne

C'est la silhouette de  Don Quijotte
né de Cervantés
pour dire l'idéal des hidalgos

Ce sont ces noces des férias
où les mariés montent les mêmes chevaux ronds
les menant aux autels qui les rendront féconds

C'est la nostalgie maure
imprégnant le chant profond des flamencos
ou ranimant l'éclat des fantasias

C'est le courage des corridas
qu'ouvrent les ballets du picador
poussant aux flancs des toros
sa monture aveugle, caparaçonnée d'or


Au delà des musiques légères
c'est le souffle des chants populaires
dans  les  symphonies de l'Hispanidad
et dans les danses du feu

AVEC LE REGRET DE NE PAS VOUS OFFRIR DE VIDÉOS, MAIS JE N'EN AI PAS...



 

Une autre version..  POUR 2004

 

A-  Le site et l’Italie

 

En ce site de Chambord

Visiteurs

vous êtes auprès du château

que François Premier a construit

au retour des guerres d’Italie

 

Inspiré par Léonard de Vinci

il a voulu que ces pierres noires et blanches

ces envolées Renaissance 

lui rappelle les palais de ce pays

dont il a rapporté la nostalgie

 

Il y fait revivre des fêtes du midi

 

 

 


 

B- Retour de guerre, pour l’amour , la chasse et la politique

 

1 - Élastiques et cadencés

ses compagnons des campagnes

de Flandre, de Lombardie, de Naples et  d’Espagne

rentrent  de tous les combats

 

où leurs destriers de bataille

dans la tourmente des mêlées

ont conduit le corps à corps

des cuirs et des aciers

 

2- Aux terrasses claires sont les femmes éprises

les reines inquiètes interrogeant le ciel

et les maîtresses qui commandent aux rois

 

Dans la ville suspendue par dessus les bois

les lèvres s'abandonnent aux feux d'autres lèvres

Puis les amants de la nuit

partagent  au botte à botte

les chevauchées du matin

 

3- En ce coeur giboyeux des forêts de la Loire

c’est pour l’amour, la chasse et la politique

ces arts gouvernés par le même principe

le goût de la poursuite

que François de France

a bâti ce défi aux autres grands d’Europe

 

4- Il faut rivaliser avec Charles Quint, Henri VIII,

faire aussi bien appel au Pape

que s’allier  au chef de guerre des infidèles

Soliman le Magnifique.

 

Et tous se concurrencent par les mêmes fastes

 

le premier est fait de ces chevaux

dont le port, la force et les harnachements

donnent à chacun l'ampleur de son pouvoir

 

 

5 -Barons et reîtres iront aussi

l'épieu dedans la main

courir  au train des chiens

cerfs et sangliers

 

s'en vont poursuivant  les hardes

et d’un bloc avec leurs coursiers

trouent gaulis et halliers

 

 

6- Quand sonnent les honneurs

des centaures fourbus de fantasmes et de sueurs

glissent hors du temps

par une volte et quelques pas savants

quittent le siècle pour le siècle suivant

 

 

 

 

 

 

C - Les séjours des Grands

 

1 - Quand Louis XIV séjourne à Chambord

qu’il habille somptueusement

il talonne ardemment les gibiers

et retour des sorties

se fait donner par Molière et Lully

quelques comédies

avant de publier de très méchants édits

contre les calvinistes

Les galères naissent dans les violonistes 

 

2 - Dans ces écuries, c’est tout un régiment d’apparat

que, plus tard, le Maréchal de Saxe installa

 

Au son des timbaliers ouvrant le ban

ses ulhans noirs galopent des étalons blancs

 

Sous une discipline de fer

mercenaires d’Orient, Slaves des marches des Balkans

esclaves de Caraïbe vendus dans le Royaume

donnent le ballet des prises d’armes

aux artistes que l’hôte de Chambord

invite à ses divertissements galants

 

 

 

 

D- L’art équestre

 

1 - Les monarchies ont établi

les grandes écoles équestres

 

Aux hommes et aux chevaux

Il faut apprendre à obéir

et à obéir en étant beau

 

Dans l’éclat des costumes et coiffures

dans le chatoiement des étoffes

sous des aigrettes frémissantes

c’est un concours d’excellence

faisant valoir mouvements et parures

 

2 - Les  manèges royaux

forment écuyers et montures

à la perfection des figures

 

Que par le travail à pied

les  longues rênes éduquent

jusqu'au passage et jusqu'au piaffer

 

Que raison et docilité

dominent la vigueur de toutes les races

 

Même les pur-sangs arabes

doivent répondre aussi bien que les selles anglais

les genets andalous et les doux lippizans

 

3 - Voici la maîtrise des allures

et puis tous ces changements

de pieds, d'appuis, de temps

qui sont autant d'assouplissements

 

et ces appuyers

que l’on dit « la croupe au mur »

et qui les font tour à tour

s’enfuir de côté

 

 

 

 

 

E-couples équestres

 

1 - Passion et précision

ont toujours rassemblé le cheval et qui l’aime et le monte

 

Ils se confondent dans le même allant

le premier donne la force de son sang

 

Par d’invisibles et justes commandes

l’homme guide son compagnon

Ses jambes le portent en avant

Son regard lui fixe l’horizon

Et par son poids sur chaque arçon,

ses rênes douces dans les mains,

il le courbe sur son chemin

 

Amazone ou cavalier se prolonge

en chaque muscle du cheval épousé

touche le sol des sabots de sa monture

devient le mouvement de son encolure

 

Leur accord en fait un seul corps

 

2 - Jusqu’à la folie et par l’adresse

dans la parade ou la voltige

franchissant les obstacles d’un bond

ou se pliant à l’étroit rond des cirques

ils rivalisent de prouesses

 

3 - Dans tous les costumes

les silhouettes cavalières traversent le temps

mais  la même éternelle élégance

dirige les volutes  du  couple équestre

d’hier, d’aujourdhui et d’antan

 

 

 

 

F- Cheval et volupté, chevaux en liberté

 

1 - Si tant de maîtres ont su

par les croisements et par le dressage

faire des chevaux superbes

généreux et sages

 

c'est qu'ils ont unis

les étalons surgis

des steppes d'Asie

et les juments des vertes prairies

 

Force et douceur des sangs mêlés

font ensemble danser

discipline et liberté

sur le cercle d'or des carrières

 

2 - A l’appel des musiques

les chevaux se libèrent des cavaliers

dans la volupté de n’obéir qu’aux mélodies

 

Robes de tous les tons

crinières et queues de soie

tournent et volent sur la piste

au tempo de leur rythme

 

3 - Chevaux, mes beaux symboles

vous voltez sur les airs français

et vous marchez au pas espagnol

 

Vous nous donnez l'annoblissement

la puissance et le talent

la légereté du vent

 

 

 

 

G- Final

 

 

Vous qui venez de partout

entrez tour à tour

 

 

Vous, les descendants des hordes barbares

montant à cru leurs barbes velus

 

Vous qui representez

toutes ces cavaleries de combat

ayant partagé  le cyclone  des charges

et l'ivresse des tournois

 

Vous,  les héritiers métissés des Ibères

de Portugal et d’Espagne

portant l'idéal des hidalgos

et le courage des corridas

 

Vous,  les fils de l’élégance italienne

les amoureux des écuries de Vienne

les élèves de l’équilibre britannique

de l’Ecole française

ou de la maîtrise prussienne 

 

Vous tous  qui avez maintenu

à travers l'histoire

la splendeur et la rigueur

des grandes reprises  données pour les rois

 

faites vivre en nous

tous ces chevaux qui nous ont conquis  le monde

 

 

 

 

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Lundi 15 avril 2013 1 15 /04 /Avr /2013 18:03
- Par Gérard Bélorgey - Publié dans : Chambord - Ecrire un commentaire
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A l’exception de ce premier et de son dernier paragraphe, ce papier a été rédigé avant la mise en examen, à bien double tranchant,  de N. Sarkozy et avant l’explosion, avec des conséquences démesurées, de ce qu'on appelle l'affaire Cahuzac. Il ne tient donc pas compte de ces deux « actualités » . Et c'est mieux ainsi, tant il est vrai que ces énormes diversions détournent des vraies questions de fond que pose le « hollandisme».

 

Celles-ci tiennent à son relatif aveuglement envers les causes majeures créatrices des problèmes français, comme à ses aspects positifs par ce qu’il s’attache à traiter, mêlés à des a priori idéologiques parfois bien simplistes. 

 

Ce mélange de déni de la réalité  européenne et mondiale et d’entêtements à poursuivre dans des voies surtout symboliques  (tout en en abandonnant d’autres, bien plus concrètes et intéressantes) n’empêche pas un consciencieux travail de recherche de ce qui  semble, aux yeux des détenteurs du pouvoir, de bons ajustements ; mais ceux-ci n’atteignent souvent pas leurs buts, en particulier en ne convainquant pas l’opinion, parce qu’il manque une perspective mobilisatrice  du fait  d’une espèce de résignation  à l’ordre du monde actuel.

 

 

C’est pourquoi, j'avais cessé d'écrire quelques billets sur ce blog tant j'étais lassé par le gâchis auquel nous assistons et sur lequel se meurt, sans le moindre effet correctif, les observations les plus raisonnables de bien des commentateurs si bien qu'y ajouter les modestes miennes me semblait très superfétatoire. Mais la prestation télévisée du chef de l'État qui mérite meilleure prise en compte qu’il n’en a été faite me conduit à rompre ce silence. Le gâchis que je ressens c'est celui qu’illustre à mes yeux l'autisme d'un pouvoir incapable de comprendre l'impopularité à laquelle il s'abandonne parce qu'il ne veut rien entendre de ce qui fâche : son coup d'état majoritaire pour imposer, à travers l'adoption homosexuelle masculine, une réforme de société pour laquelle la démocratie exigerait une consultation référendaire ; dès lors qu'ont bronché quelques investisseurs et que se sont inquiétés quelques tranches de contribuables redoutant d’être lésés, le renoncement à une équitable réforme fiscale globale en préférant le fétichisme de mesures symboliques bien difficiles à construire, comme les 75 % ; dès lors que le TSCG n'a jamais été renégocié comme il eût fallu - et comme c'était tout à fait possible si nous avions fait monter les enchères en menaçant de la «chaise vide» - le remplacement de recherche d'une stratégie économique française par la soumission à des canons européens n'ayant pas de sens dès lors qu'ils sont appliqués à des pays très différents  en concurrence les uns avec les autres ; l'obligation qu'en conséquence nous nous imposons d'avoir « le nez sur le guidon » budgétaire en nous empêchant même – comme par exemple, du fait de cette absence de ciblage au bénéfice des industries exposées à la concurrence internationale du contrat pour la compétitivité et l'emploi - de faire prévaloir nos intérêts sur l'idéologie et le catéchisme européens ; ce flou total qui caractérise la nécessaire réforme des structures administratives et  territoriales et des relations entre l'État et les collectivités locales (dont on apprend heureusement au moment où j'édite ce papier que le projet devra être remis sur le chantier), etc.….

 

Nous vivons donc dans un climat de conformisme européen et de prudente gestion que marque la seule originalité de l'invasion de la théorie du genre dans la société. Ce climat ouvre un champ de manœuvre inespéré à tous ce qui veulent une rupture de civilisation pour que la France s'aligne sur les normes et les valeurs des sociétés de profit, de mépris et de cupidité  en laissant entendre que c'est la condition de notre survie que de faire un tel choix, qu'il serait bien qu'un président « socialiste » en porte la croix ; c'est là tout le sens des critiques les plus fréquentes et massives qui lui ont été adressées. Le procès qu'il n’a pas su répondre par des moyens à hauteur des besoins de redressement et relance économique  a été de plus conduit dans une certaine confusion puisque  lorsque de mêmes critiques « ad hominem »  émanent des milieux de gauche – sans que soit proposé et explicité une politique crédible de rechange -  ceux qui tirent sur le Président  devraient bien comprendre qu'ils font en fait le jeu de leurs pires adversaires.

 

Aussi, je souhaite faire valoir ici une considération exigeante. Estimant que  si le terrain est aussi dangereux cela tient d’abord  aux limites que le pouvoir s'est donné à lui-même, je pense qu'il serait avant tout essentiel qu'il puisse bénéficier de préconisations en faveur d'une autre politique,  mais qui ne soit pas la répétition éculée d'une stratégie de la demande qui n'a effectivement aucune chance dans une économie ouverte comme celle du monde actuel. En conséquence si la première précaution intellectuelle est bien de refuser TINA, le slogan thatchérien " There Is No Alternative ", il faut bien comprendre que l'alternative n'est pas entre d'une part  la poursuite et d'autre part l'abandon de l'austérité, mais entre d'une part la recherche d'une ligne de conduite devant comporter elle aussi beaucoup d'esprit de rigueur à côté de beaucoup d'innovations protectrices et créatrices  et,  d'autre part,  la soumission à l'intoxication qui fait actuellement son œuvre.  Cette intoxication est le produit de ce que l'on peut lire presque partout dans des styles et selon des approches différentes, mais poussant les uns et les autres dans une même direction. 

 

« Ce que nous dit la commission (mais aussi, dans les termes d'une troublante similitude, le FMI, la BCE et l'OCDE), c'est que la seule sortie possible de l'impasse économique où nous nous sommes mis nous-mêmes est politique : nous devons, nous aussi, avoir le courage de réformer le marché du travail, de libéraliser et d'injecter plus de concurrence, d'alléger les contraintes et les taxes sur les entreprises et de réduire la ponction énorme opérée par notre bureaucratie sur la sphère marchande). Voilà la thématique d'un P. Manière dans l'Express telle qu'elle synthétise purement et simplement bien des écrits et propos en ce sens dont ceux du nouveau livre de P. Arthus et MP. Virard, toujours au service du plus grand libéralisme,  même s'il faut pour cela manipuler quelques chiffres et qui vient de sortir sous le titre « les apprentis sorciers ». Telle est la floraison de préconisations convergentes qui s'épanouit après l'intervention de François Hollande. Le plus marquant est que ce ne sont pas  les prises à partie de la mondialisation exprimée par le FN et les mises au pilori du capitalisme financier exprimé par le FG qui ont fait les commentaires, les revues de presse, en bref  le buzz, mais que ce qui est mis en vedette aboutit à une tresse d'appréciations de forme autant que de fond dont il ressort que le devoir du pouvoir serait de pousser à l'extrême la logique de lutte anticrise qui semble déjà inspirer François Hollande.

 

Cette logique serait à radicaliser dans le sens de l'antiétatisme,  de l'hostilité à l'État providence, de la glorification de la concurrence, du libre-échange et de la privatisation de tous les mécanismes de la vie collective. Lorsque les uns et les autres déclarent que le Président de la République n'a pas la stature, n'a pas su prendre l'ampleur de la crise, n'a su y apporter des réponses à la mesure des circonstances, qu'il manque de dimension et de courage (1) il faut comprendre – au-delà de la volonté de déstabilisation de l'homme (2) – qu'on veut le pousser, dès lors que la politique faite s’est déjà démarquée du programme sur lequel il a été élu,  à tirer la barre à lui pour mieux prendre au grand largue le vent  libéral dominant .

 

Sous des formes diverses les voix en ce sens proviennent évidemment de tous les horizons de la droite économique,  mais ils proviennent également de beaucoup de ceux qui, sur le plan politique, veulent se présenter comme des modérés et des raisonnables. Tel est, hélas, le cas d'un François Bayrou lui-même dont l'appel dans son dernier livre à une politique de vérité, bien talentueux dans ce qu’il fait ressentir du besoin  d’une démocratie pluraliste , bien pédagogique en ce qu’il met en évidence les impasses auxquelles ont mené la bipolarisation et l’empilement administratif, bien sympathique par les qualités humaines de l’auteur dont il atteste,  n’en reste pas moins des plus inquiétants par son analyse économique inspirée de la référence à R. Barre et par sa tenace déconcertante approche de la question européenne. Soutenir que la France aurait conservé un large pouvoir de décision est certes exact si l’on prend en compte qu’elle est au nombre des grands décideurs des options européennes, mais la part de délégation de souveraineté qui en procède a précisément pour conséquences que nos politiques en matière d’éducation, de santé, de droit du travail, de garanties sociales, de fiscalités  et, en fait, à travers la discipline budgétaire,  pour tout ce qui concerne les moyens des services publics – sont largement contraintes par le cadrage européen avec lequel nous devons obligatoirement accorder nos musiques, en gardant une petite compétence de pansement.   De ce cadrage, l’auteur attend une cohérence plus que des rivalités, une stratégie commune plus que des peurs éparpillées, une unité monétaire impliquant plus d’union politique. Mais, comme rien ne vient redéfinir ce que devraient être les  contenus de ces stratégies et de ces cohérences,  on en déduit d’évidence que cet éloge d’une Europe monétaire,  politique et semble-t-il toujours libre échangiste  (il se choque qu’on puisse voir un  danger dans la Chine..) conduit à une ligne ne pouvant guère s’écarter de celle de tous ceux qui ont voté ou accepté Lisbonne. Ce qui implique évidemment – voilà « la vérité » qu’il faut comprendre en filigrane – la mise en œuvre des préconisations du tonneau précité d'un P. Manière. Un positionnement politique  qui pourrait être constructeur parce qu’il refuse intelligemment la bipolarisation ( encore que ne demander la proportionnelle que pour un quart des sièges ne peut pas faire changer de régime politique… ) masque en fait une option très conservatrice qui consiste à obéir sans chercher vraiment à la transformer (sauf bien sûr, en voulant la moraliser, ce qui ne peut rien changer du système)  à la mécanique des marchés et de l'Europe telle qu'elle fonctionne aujourd'hui.

 

On voit, quand on a gratté les apparences,  qu'une palette de gens très variés demandent en définitive  surtout la purge des politiques sociales,  le changement de philosophie de notre droit du travail, sans doute la fin du Smig et au moins celle d'une couverture chômage trop bonne pour que les exclus soient vraiment obligés de prendre ou reprendre n'importe quel emploi, la mise en pièces d'une sécurité sociale trop coûteuse, et - sous prétexte que le modèle suédois aurait réussi (cf. le livre précité de Virard/Arthus) - le remplacement de nos fonctions publiques par des statuts et gestions privés pour rendre de meilleurs services… à moindre coût : pari pour lequel, au vu des expériences françaises connues, je suis sûr qu’on ne saurait trouver de parieur bien sérieux.  

 

Cessons d'intoxiquer et de plaisanter : bas les masques ; tous ces conseilleurs se pressant ensemble au service du changement d'un modèle français qui serait devenu complètement périmé ne veulent rien d'autre qu'une France allemande dans laquelle les demandeurs d'emploi seraient par millions remplacés par des travailleurs gagnant moins que la moitié du Smig. Si de telles orientations d’une  part peuvent, dans les milieux aisés, progresser chaque jour en influence, d’autre part, dans les milieux populaires, provoquer en contrepartie des réactions extrémistes,   c'est à raison de l'erreur majeure initiale commise par le pouvoir socialiste. Le président n'a-t-il avoué qu'il n'avait pas imaginé que la croissance pourrait autant se faire attendre, que la crise pourrait aussi longtemps durer ! Une telle faute de diagnostic explique qu'il se fasse donc presser sur ce terrain de la lutte contre la crise : parce qu'il raisonne en termes de "crise",  on le somme d'utiliser une boîte à outils (forcément libérale)  contre cette "crise". Or l'erreur fondamentale – la sienne, celle du pouvoir, celle de la plupart des commentateurs – est de considérer que nous vivons « une crise »,  alors que nous vivons une situation structurelle qui doit moins à la conjoncture qu'elle ne s'explique par une position mondiale sacrifiée :  nous avons accepté de bâtir une économie suicidaire en  nous ouvrant deux fois aux concurrences insupportables pour notre emploi et nos capacités d'avenir : d'une part aux pays émergents ayant bâti leur hyper croissance, non sur leur progrès social interne, mais  sur la prédation de marchés externes  et, d'autre part aux pays les moins avancés et sinon les plus tricheurs de l'Europe elle-même, du moins les plus habiles à exploiter en leur faveur ses  distorsions.

 

Rappelons que le déficit de tous les comptes publics et sociaux a pour cause fondamentale le libre-échange et que celui-ci est le facteur majeur qui exige les régressions sociales : lorsque une majorité de Français aura compris , au moins ressenti - que la diminution des retraites, des pouvoirs d’achat, des capacités des services publics tient à cette naïveté, elle demandera que le pouvoir soit donné à des « réalistes » mais – les excès longtemps installés  entraînant toujours de brutaux excès inverses -  ceux-ci ne sauront plus doser et prendront alors un ensemble de mesures contre-productives et cyniques.

 

Ce n'est pas l'insuffisance de la demande comme le soutiennent des keynésiens attardés, ni l'insuffisante profitabilité de l'offre comme le soutiennent les pharisiens des marchés qui explique, l'une ou l'autre, l'atonie et, pire encore,  la rétraction relative par rapport au reste du monde, de notre niveau d'activité,  mais c'est tout simplement l'insuffisance de nos débouchés rentables ; en effet   la compétition par les prix,  par rapport à la concurrence qualitative devenue exceptionnelle, est désormais  (l'ouvrage Artus/Virard l'explique enfin très bien…) totalement prégnante  - avec,  pour conséquence mécanique,  que nous sommes inéluctablement coiffés par les pays tiers aux coûts de revient pour bien longtemps encore (quoiqu’on veuille nous faire croire à une évolution  en sens inverse) imbattables et aux capacités de recherche, d'innovation et de qualité ayant rejoint et parfois dépassé les nôtres. En outre, c’est pour des motifs particuliers et non sans prix social très important, que certains pays voisins sont réputés faire mieux que nous et notamment l'Allemagne.  Ce type de partenaires  trouve dans les relations commerciales et monétaires telles qu'elles sont une équation qui les place en position privilégiée puisque l'ouverture européenne leur permet de s'approvisionner à bas prix dans de low cost countries et que le taux de change de l'euro fort leur permet d'y acheter, exprimé en euros,  encore moins cher ce dont ils ont besoin, tandis qu'ils vendent des produits spéciaux haut de gamme sur des créneaux ou subsiste l'avantage qualité/notoriété, ce qui, leur assure un taux de marge très appréciable  : une conjonction qui pousse à une large part d'externalisation des productions de composants, de biens intermédiaires et de prestations de services en maintenant en cœur national d'activités recherche et conception, montage terminal et marquage de notoriété,  négoce et services financiers associés , en bref des segments les plus producteurs de valeur ajoutée.  

 

D'ailleurs, si l'on veut bien regarder d'une manière plus raffinée les impacts de cette équation, il faut reconnaître qu'elle ne bénéficie pas  en bloc  à tel ou tel pays, mais qu'elle bénéficie à des filières dominantes qui se localisent préférentiellement dans telle ou telle région; et il se trouve que la proportion de régions considérées est plus importante outre-Rhin que sur les bords de la Méditerranée tandis que des régions de diverses nationalités (par exemple une région telle que Rhône-Alpes) peuvent  également dans différents pays , mais en moindre proportion qu'en Allemagne ( et en moindre degré dans la mesure où le faible coût du travail non qualifié et non garanti d'une rémunération minimale et le moindre coût du logement  retentissent en RFA sur le niveau général des prix),  être bien placées au regard des données de cette  équation.

 

Des analyses comparatives sommaires n'ont donc aucun sens, alors qu'elles inspirent depuis des années les ambitions de rattrapage de la France dont les intérêts globaux ne sont pas les mêmes que ceux de l'Allemagne en ce qui concerne ce que devrait être une bonne définition des relations commerciales externes et en ce qui concerne la politique monétaire. Mais le suivisme européen est l'infirmité des gouvernements français successifs. Dès lors pour faire face à ce type de décalage il y a plusieurs types de réponses :

 

– La première, toutes choses égales, consiste à faire payer à la population française le prix d'un alignement. Jusqu'alors celui-ci a été une paupérisation relative modérée et la précarisation d'une partie de la population. C'est d'ailleurs bien le prix que, depuis la gestion de Schröder, ont payé les Allemands ; c'est celui que le gouvernement conservateur fait payer aux Anglais ; c'est celui que la Commission - et des gouvernements nationaux qui sont ses séides - ont entrepris de faire payer par force au pays du Sud.

 

– Le second type de réponse est de chercher à y échapper en renonçant à la politique de rigueur budgétaire et en pensant que la fin de l'austérité pourrait entraîner aussi bien la croissance que la reprise de l'emploi. Ce serait une grave désillusion : dans un monde ouvert et avec une monnaie forte, un pays comme la France importerait largement pour satisfaire une augmentation de l'offre et ne créerait pas beaucoup d'emploi marchand parce que ses activités ne trouveraient pas miraculeusement de débouchés du seul fait que l'austérité aurait pris fin.

 

– Le troisième type de réponse est de bâtir un autre modèle de résistance et de développement comportant une part inéluctable de protectionnismes mais modérée et organisée par la recherche d'accord commerciaux régionaux avec les autres puissances économiques du monde et comportant une faculté de politique monétaire permettant le soutien direct des États par une banque centrale ainsi que la gestion des taux de change en fonction de nos intérêts commerciaux et d'emploi. Pareil choix ne dispenserait en aucun cas d'une politique de rigueur budgétaire (dont les sacrifices induits pourraient néanmoins alors être bien mieux équitablement répartis entre toutes les catégories sociales, notamment parce que l’inflation appelée à raisonnablement un peu progresser pèserait sur les épargnants qui sont en général aujourd’hui les moins mal protégés), mais permettrait de garantir et de fortifier ce qui est essentiel dans la protection sociale : les minima de revenus notamment pour les handicapés et les chômeurs ;  les garanties de santé et contre la déchéance de la dépendance sans accompagnent adéquat, ce qui est évidemment  plus important qu'un âge mythique précoce légal de la retraite, tandis que les durées de cotisations pourraient logiquement être prolongées dans un climat d'emploi restauré par les protections commerciales et monétaires, la poursuite d'activité des seniors ne venant plus pareillement en contradiction avec la faculté d'embauche.

 

Si l'union européenne, et notamment l‘Allemagne ne peuvent et ne veulent se prêter à une perspective du troisième type,  l'intérêt de rester membre de l’actuelle UE n'est plus discernable. Dès lors que, pour autant, gérer une sortie ne serait pas facile, la question est de savoir si l'on peut  modeler une autre Europe plus restreinte et plus ouverte à la prise en compte de nos intérêts ou si, compte tenu de la place inéluctable de l'Allemagne dans une Europe quelle qu'elle soit, il n'est pas préférable de voir sortir soit l'Allemagne (si elle ne doit pas changer),  soit la France (qui doit changer)  de toute construction commune trop contraignante pour l’une et l’autre de ces nations.

 

Vis-à-vis de ces trois hypothèses le « hollandisme » qui exclut manifestement la troisième, est malheureusement pressé par sa gauche d'en venir à la seconde et, dans ses lignes actuelles,  essaye d'aménager avec autant de préoccupations de justice qu’il lui est possible la gestion de la première.

 

Ce louvoiement - dont le fondement est très manifestement l'adhésion de principe à la construction européenne telle qu'elle est dans son essence même - ne satisfait pas les Français :

– on peut estimer qu’un tiers environ d'entre eux – ce qui est toutefois significatif et non négligeable, parce que c’est la seule majorité toute relative certes, mais constituée  - accepte ce compromis au plus petit commun dénominateur possible ;

–tandis que deux tiers de nos concitoyens rejettent cette ligne de conduite; mais en étant profondément divisés sur ce qui leur paraît souhaitable de faire ou de tenter.

 

Cette division est ce qui fait leur faiblesse et, en même temps, par défaut, elle conserve à un pouvoir impopulaire la faculté de  continuer sans qu’il y ait finalement autant de troubles qu’on pourrait l’imaginer, parce que chaque catégorie d’opposants sait bien qu’il n’y a pas de majorité – même évidemment relative – qui soit aujourd’hui mûre pour remplacer celle en place.

 

Il est vraisemblable que les plus nombreux des opposants soient ceux qui opinent  en faveur d'une rupture libérale radicale, ce qui est porté par  des forces politiques droitières et centristes largement cousines, mais plus concurrentes qu’unies entre elles  et représente globalement sans doute aussi, comme les soutiens (y compris les résignés) du "hollandisme"   à peu près un tiers des Français.

 

Le dernier tiers de nos concitoyens  peut difficilement départager ces deux « camps ». En laissant de côté les abstentionnistes, ils se répartissent en effet entre ceux (en particulier sous la bannière du Front de gauche) qui demandent avant tout la fin de l'austérité (ce qui à soi seul ne peut qu'ouvrir toutes les désillusions de l'hypothèse n° 2) et ceux qui croient en une politique schématisée par l'hypothèse N° 3 et que l’on peut appeler par simplification bien imparfaite de « démondialisation ». Mais cette hypothèse est portée par des mouvements politiques antagonistes : d'une part sous une forme expansionniste et  caricaturale par le Front National ; d'autre part sous une forme ramassée et républicaine par Debout La République (dont malheureusement un certain nombre de militants de sensibilité assez hostile aux immigrés éprouvent l’attraction frontiste ) ; enfin par une série de formations de gauche un peu au sein, en fait aux marges, mais surtout à l’extérieur du PS ( dont notamment le M’PEP exprimant, avec un esprit de générosité,  le souverainisme socialiste, comme DLR exprime le souverainisme gaulliste). Enfin, un renouveau stratégique est aussi plaidé par des personnalités d'origines diverses et de compétences avérées mais d’audiences politiques limitées. Leurs critiques harcèlent mais n’ébranlent pas la ligne du « hollandisme ».

 

On pourrait résumer celle-ci en estimant qu’elle n’a pas su bien ouvrir la réflexion sur l’Europe et sur la part nécessaire de  « démondialisation », qu’elle n’offre donc pas de renouveau stratégique,  mais qu’elle sait prendre de manière opportune les orientations de gestion qui s’imposent comme la conférence du chef de l’État l’a montré (ce qui n’a pas été assez relevé), par exemple en ce qui concerne les retraites, les allocations familiales, etc. et autres diverses mesures de bon sens.  En bref le pouvoir ne passe pas à côté de qui est possible ou qui va de soi. À côté de sa limite conceptuelle, le « hollandisme » conserve ses vertus gestionnaires. Mais ceci ne suffit ni à sculpter un destin, ni à faire pencher aujourd’hui une balance politique dans un  sens ou dans un  autre  par le ressort des options économiques et sociales.

 

Sans doute est-ce pourquoi, chacun  s’est jeté sur l’évènementiel et le scandale pour relancer les enjeux politiques avec les « affaires » … ce qui conduirait – si l’on s’en tient à ces exercices intellectuels et passionnels, qui comportent plus de facilités que les exercices économiques et sociaux - le pays à inscrire une fois de plus ses débats dans le champ certes noble de la morale publique et républicaine, mais sans que des retombées concrètes servent et protègent mieux les Français. Le risque n’est-il que ceux ci soient surtout  appelés à assister à un concours de rhétorique où se produisent autant des honnêtes gens que des pharisiens, de vrais moralistes que des orgueilleux, de belles âmes se donnant à admirer et, heureusement aussi, des analystes sérieusement préoccupés des effets pervers qu’autorisent les trous noirs du monde des placements.  Le devoir de chaque pouvoir qui le peut ( dont, chacun à sa manière,  l’exécutif, le judiciaire et le médiatique) est de sanctionner les fautes et les négligences, mais sans généraliser le feu,  sans en venir à faire juger de la France et de la vie publique à partir de cas particuliers ou individuels. Il faut remettre les choses à leur place : que les oppositions, les inimitiés, les médias cessent de trouver une aubaine dans des aveux, des révélations (dont, d’ailleurs, des parallèles tout aussi sinon plus graves,  existent ou ont existé  tout autant dans d’autres pays démocratiques) ou des accusations concernant tel ou tel.  Servir un  pays n’est pas façonner son information pour en faire surgir les passions et les règlements de compte, mais lui apporter des outils de compréhension de sa situation dans le monde et une manière pédagogique et constructive de savoir s’interroger sur lui-même. 

 

 

(1)       ce qui de surcroît n’est pas vrai, car il en faut pour tenir sur une ligne aussi difficile à faire passer que la sienne, si bien qu’à notre sens ce n’est pas de courage dont il a manqué, mais de lucidité.

(2)       dont la critique est mal fondée, car son défaut serait plutôt l’entêtement que la légèreté.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Dimanche 7 avril 2013 7 07 /04 /Avr /2013 19:01
- Par Gérard Bélorgey - Publié dans : actualité - Ecrire un commentaire
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Dimanche 17 février 2013 7 17 /02 /Fév /2013 11:32
- Par Gérard Bélorgey - Ecrire un commentaire
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