Alors que chacun s'empare des Antilles, il faut rappeler ce que, depuis 20 ans, gauche et droite ont conduit en ce qui concerne ces départements.
La gestion socialiste, au plan institutionnel, avait tenté en 1981/84 de conduire la fusion des échelons département/région, mais s'est trouvée bloquée par une décision du conseil constitutionnel qui avait annulé le dispositif législatif en ce sens , au motif de différences à respecter entre régime électoraux des deux institutions; elle s'est accomodée ensuite de cette situation. Michel Rocard, au plan économique et social, a engagé des plans importants de développement, (particulièrement pour l'habitat) stimulés d'ailleurs par le besoin de reconstruire la Guadeloupe dévastée par le cyclone Hugo et a réalisé un très grand rapprochement des statuts sociaux entre métropole et DOM ( avec, dans ceux-ci RMI à 80%, le dernier cinquième étant collectivisé au profit de financement de logements) .
Pour soutenir l'investissement privé, cette gauche de gouvernement maintient en le moralisant ( et en le faisant reconnaître par l'UE) le régime de défiscalisation des investissements né de la loi Pons qui, après d'autres nombreux ajustements, perdure dans ses principes et dans ses effets positifs au prix d'une "dépense fiscale" appréciable qui vient nourrir les créations d'actifs et les maintiens d'emplois dans les secteurs exposés ( agriculture, industrie, transports, tourisme) et pour le logement de moyenne et haute gamme.
Au plan européen, c'est la gauche qui construit ( en lien avec l'Espagne et le Portugal - qui avaient leurs propres "régions ultrapériphériques-) toutes les bases d'une place exceptionnelle de ces régions dans l'Union telle que le permettaient les Traités, les jurisprudences de la Cour de Justice et les rapports de force internationaux, pour modérer les portées des principes de libres circulation et concurrence et permettre en tous domaines les adaptations justifiées par leur décalage de développement et de niveaux sociaux. A ce titre ont été notamment bâtis les principes sur lesquels on vit encore (avec beaucoup de réformes d'ajustement à plus d'ouverture) de l'organisation commune de marché pour la banane, des dispositifs particuliers pour la filière canne (avec un régime permettant aux rhums d'outre-mer de garder des marchés externes), des plans de soutien à l'agriculture et à la pêche trouvant des financements dans le FEOGA, comme la formation professionnelle en a trouvé dans le FES et les équipements publics dans le FEDER , tous ces fonds de développement s'unissant aux contributions budgétaires françaises pour une croissance sans précédent et venant à bout d'une certaine défiance des milieux ultra-marins ( on avait alors le thème du "loup européen" et la consigne "pavoté") envers le vieux continent dont ils redoutaient aussi une immigration qui ne s'est pas produite.
La gestion de droite qui suivit fut aussi très positive. Elle trouva dans le rapport du XIeme plan sur l'outre-mer " le défi des singularités" les analyses qui conduisirent Dominique Perben à rester dans les mêmes logiques que celles de Louis Le Pensec. de plus, il enrichit ce qui était fait, au prix d"une petite augmentation de tva, d'une aide à l'employabilité par d'importantes exonérations de charges sociales qui furent d'ailleurs par la suite - à l'occasion des lois de programme pour l'outre-mer préparées soit par de nouvelles gestions socialistes ( en particulier par JJ. Queyranne), soit par les relèves politiques que représenta notamment la très tenace Brigitte Girardin - consolidées et améliorées au profit notamment des entreprises de toutes activités de moins de 11 personnes.
Tous ces dispsoitifs conduits en vérité - malgré des présentations partisanes qui entendaient toujours différencier ce que faisaient les uns de de ce que les autres avaient fait - dans une grande convergence de diagnostics et de traitements avaient, naturellement des imperfections portant à des débats parfois tendus avec les partenaires ultra marins et à de fréquentes retouches plutôt de nature technique que de nature poltique. Ces gestions eurent en commun de ne pouvoir guère avancer dans le traitement des problèmes récurrents qui touchaient beaucoup d'intérêts et levaient beaucoup de passions : celle de régimes fiscaux plus favorables qu'en métropole et aussi justifiés pour une part ( notamment avec une tva marquées par des taux plus bas et des exonérations importantes, comme l'exigent la distance et les handicaps) d'excessif pour une autre ( en matière d'impôt sur le revenu, d'autant qu'une part des bénéficiaires des abattements en la matière sont aussi les agents publics (d'origine métropolitaine ou locale) qui ont une prime dite abusivement de "vie chère" de 40%, tandis que les différentiels (entre métropole et outre-mer) d'indices de prix à la consommation ont mis vingt ans à en représenter sensiblement moins de la moitié.Les prix outre-mer sont d'ailleurs poussés à la hausse par les sur rémunérations elles-mêmes ( mais elles sont regardées comme intouchables, les locaux expliquant qu'ils ont conquis ces mêmes primes que les expatriés et qu'elles sont revanche légitime contre le colonialisme . Des élus locaux, notamment de la Réunion, ont fait des hypothèses de réformes intelligentes consistant notamment à collectiviser une part de ces sursalaires pour nourrir de l'investissement économique de diversification dont les fonctionnaires récupéreraient d'ailleurs les parts..C'est trop rationnel pour séduire contre du cash...
C'est la gestion inspirée par J. Chirac qui a fait ensuite les avancées les plus spectaculaires : d'une part en matière sociale, conformément aux annonces de sa campagne présidentielle de 95, par l'alignement des smig et des différents minima sociaux et assurances, ce qu' à compter de 1997 le gouvernement Jospin a accompagné du renforcement d'exonérations sociales et d'une défiscalisation refondée mais toujours assez efficiente. Il confia, en même temps à une mission de parlementaires(Lise/Tamaya) le soin d'une réflexion institutionnelle qui s'enlisa. Aussi est-ce en faisan un peu surprise (et peur) aux conservateurs que , d'autre part, le Président Chirac, très attentif à l'outre-mer, lança une réforme constitutionnelle qui ouvra en 2003 des possibilités d'évolution, sous réserve d'accord des populations concernées) vers divers degrés d'autonomie ou d'aménagements administratifs. Le plus modeste d'entre eux ( la réunion de la région et du département) fut refusé par un électorat redoutant que tout changement du vieux régime départemental ne porte à une dérive pouvant conduire à une autonomie économique et sociale redoutée et le seul effet aux Antilles du texte novateur, fut que chacune des Îles de St Barthélémy et de St Martin a pris effectivement une forme d'autonomie, à raison de l'espoir de chacune de gérer mieux sa propre richesse.
Le souhait de renouvellement de Nicolas Sarkozy s'est accompagné de la remise sur le métier de la "loi Girardin" qui venait d'être votée pour assurer la sécurité dans la durée juridique. Les novations sont dans une meilleure architecture des soutiens qui prennent, avec des outils assez comparables, sauf quelques exonérations fiscales marginales supplémentaires , le nom de "zones franches globales" , un bon effort pour réorienter vers les besoins des plus modestes l'investissement privé logement défiscalisé et une révision des allégements de cotisations sociales pour que des salaires dépassant certains seuils n'en bénéficient pas, ce qui touche le cash des entreprises. L'ambition affichée est de surcroît de faire naître un développement endogène qui permettrait aux Îles de moins dépendre des transferts de la métropole. Pour autant, la question clef des moyens de rénover le parc touristique et de soutenir cette activité très concurrencée par les pays à bas coûts n'est pas vraiment traitée.
C'est sur cette toile de fond que sont apparus, après la crise Guyanaise sur les prix des carburants, les mouvements des Antilles.
Avant d'y revenir dans le papier qui va suivre , je crois raisonnable de dire à la gauche métropolitaine que son adhésion inconditionnelle, soit compassionnelle d'impulsion aux revendications telles qu'exprimées, soit tactique de mobilisation pour tout ce qui peut déstabiliser le pouvoir en place, est peut-être de bonne tactique politique (quoiqu'elle aura son boomerang) mais n'est pas de bonne pédagogie ni économique, ni civique . Elle pense sans doute illustrer là combien la question capitale du pouvoir d'achat doit être résolue par des hausses salariales comme elle le préconise en général. Or, précisément, les Antilles illustrent que ce n'est pas par ce seul type de mesures que l'on peut résoudre la question du pouvoir d'achat et relancer l'économie. SI des hausses significatives doivent avoir lieu, ou bien elles entraîneront de nombreux arrêts d'activités, ou bien - par un canal ou par un autre - elles devront être portées par l'État qui a quand même d'autres moyens d'actions, hors entrée dans la négociation - tels que les minima sociaux ou des baisses ciblées de TVA .
Ce n'est d'ailleurs parce que la gauche a tort de perdre la raison q"elle perdra ces combats actuels, tant ils sont tissés de passions et de fausses apparences. Mais elle met à son débit une erreur de jugement (ce n'est pas la première fois qu'elle périra de cela). Alors qu'elle aurait du, dans le fil de tout ce qu'elle a fait de bien outre-mer par le passé, montrer des possibilités de conciliation tenant compte de la réalité économique, pousser à des réformes là ou elles sont possibles et légitimes dans les relations avec les gros bénéficiaires du système de distribution outre-mer, chercher avec ses élus locaux, départementaux et régionaux - tout particulièrement proches d'elle - les moyens d'un vrai pouvoir d'achat : des emplois résultant de marchés rentables, elle esquive par une manoeuvre nationale la vraie question d'une stratégie économique ..parce qu'elle est incapable d'y répondre aux Antilles, comme ailleurs ? En mettant tout son argumentaire et en mobilisant aisément des affectivités sur la répartition et non aussi sur la création de richesses dans le territoire national.
PS - je mets cette nuit ce Post scriptum choqué en découvrant les déclarations et le comportement totalement irresponsables de Ségolène Royal - dont la compétence à l'égard de l'outre-mer en particulier et de l'économie en général n'est pas spécialement établie - qui a opéré sans concertation avec les responsables socialistes territoriaux. Ce n'est pas rendre service aux pauvres de Guadeloupe de soutenir le contenu brut d'une demande qui si elle réusssissait ne résoudrait pas la situation de ceux qui ne travaillent pas et porterait au contraire le risque de l'aggraver en suscitant, dans celle des entreprises qui ne peuvent le supporter, des problèmes et des risques de fermeture devant aggraver le désemploi. La responsabilité d'un leader politique n'est pas de pousser à des troubles sans issue, mais de définir et défendre un paquet de mesures effectivement efficaces qui par leur combinaison peuvent faire avancer la solution du problème social existant. Quand on joue à mai 68, on n'a pas la révolution, mais la réaction. Et l'on va avoir , en plus, dans une part de l'opinion, une réaction contre l'outre-mer. Si l'on veut être sérieux, on propose l'envoi d'une "mission du dialogue" pour un panel de mesures et l'on se garde d'un coup politique sur un terrain explosif mal connu.
La gestion socialiste, au plan institutionnel, avait tenté en 1981/84 de conduire la fusion des échelons département/région, mais s'est trouvée bloquée par une décision du conseil constitutionnel qui avait annulé le dispositif législatif en ce sens , au motif de différences à respecter entre régime électoraux des deux institutions; elle s'est accomodée ensuite de cette situation. Michel Rocard, au plan économique et social, a engagé des plans importants de développement, (particulièrement pour l'habitat) stimulés d'ailleurs par le besoin de reconstruire la Guadeloupe dévastée par le cyclone Hugo et a réalisé un très grand rapprochement des statuts sociaux entre métropole et DOM ( avec, dans ceux-ci RMI à 80%, le dernier cinquième étant collectivisé au profit de financement de logements) .
Pour soutenir l'investissement privé, cette gauche de gouvernement maintient en le moralisant ( et en le faisant reconnaître par l'UE) le régime de défiscalisation des investissements né de la loi Pons qui, après d'autres nombreux ajustements, perdure dans ses principes et dans ses effets positifs au prix d'une "dépense fiscale" appréciable qui vient nourrir les créations d'actifs et les maintiens d'emplois dans les secteurs exposés ( agriculture, industrie, transports, tourisme) et pour le logement de moyenne et haute gamme.
Au plan européen, c'est la gauche qui construit ( en lien avec l'Espagne et le Portugal - qui avaient leurs propres "régions ultrapériphériques-) toutes les bases d'une place exceptionnelle de ces régions dans l'Union telle que le permettaient les Traités, les jurisprudences de la Cour de Justice et les rapports de force internationaux, pour modérer les portées des principes de libres circulation et concurrence et permettre en tous domaines les adaptations justifiées par leur décalage de développement et de niveaux sociaux. A ce titre ont été notamment bâtis les principes sur lesquels on vit encore (avec beaucoup de réformes d'ajustement à plus d'ouverture) de l'organisation commune de marché pour la banane, des dispositifs particuliers pour la filière canne (avec un régime permettant aux rhums d'outre-mer de garder des marchés externes), des plans de soutien à l'agriculture et à la pêche trouvant des financements dans le FEOGA, comme la formation professionnelle en a trouvé dans le FES et les équipements publics dans le FEDER , tous ces fonds de développement s'unissant aux contributions budgétaires françaises pour une croissance sans précédent et venant à bout d'une certaine défiance des milieux ultra-marins ( on avait alors le thème du "loup européen" et la consigne "pavoté") envers le vieux continent dont ils redoutaient aussi une immigration qui ne s'est pas produite.
La gestion de droite qui suivit fut aussi très positive. Elle trouva dans le rapport du XIeme plan sur l'outre-mer " le défi des singularités" les analyses qui conduisirent Dominique Perben à rester dans les mêmes logiques que celles de Louis Le Pensec. de plus, il enrichit ce qui était fait, au prix d"une petite augmentation de tva, d'une aide à l'employabilité par d'importantes exonérations de charges sociales qui furent d'ailleurs par la suite - à l'occasion des lois de programme pour l'outre-mer préparées soit par de nouvelles gestions socialistes ( en particulier par JJ. Queyranne), soit par les relèves politiques que représenta notamment la très tenace Brigitte Girardin - consolidées et améliorées au profit notamment des entreprises de toutes activités de moins de 11 personnes.
Tous ces dispsoitifs conduits en vérité - malgré des présentations partisanes qui entendaient toujours différencier ce que faisaient les uns de de ce que les autres avaient fait - dans une grande convergence de diagnostics et de traitements avaient, naturellement des imperfections portant à des débats parfois tendus avec les partenaires ultra marins et à de fréquentes retouches plutôt de nature technique que de nature poltique. Ces gestions eurent en commun de ne pouvoir guère avancer dans le traitement des problèmes récurrents qui touchaient beaucoup d'intérêts et levaient beaucoup de passions : celle de régimes fiscaux plus favorables qu'en métropole et aussi justifiés pour une part ( notamment avec une tva marquées par des taux plus bas et des exonérations importantes, comme l'exigent la distance et les handicaps) d'excessif pour une autre ( en matière d'impôt sur le revenu, d'autant qu'une part des bénéficiaires des abattements en la matière sont aussi les agents publics (d'origine métropolitaine ou locale) qui ont une prime dite abusivement de "vie chère" de 40%, tandis que les différentiels (entre métropole et outre-mer) d'indices de prix à la consommation ont mis vingt ans à en représenter sensiblement moins de la moitié.Les prix outre-mer sont d'ailleurs poussés à la hausse par les sur rémunérations elles-mêmes ( mais elles sont regardées comme intouchables, les locaux expliquant qu'ils ont conquis ces mêmes primes que les expatriés et qu'elles sont revanche légitime contre le colonialisme . Des élus locaux, notamment de la Réunion, ont fait des hypothèses de réformes intelligentes consistant notamment à collectiviser une part de ces sursalaires pour nourrir de l'investissement économique de diversification dont les fonctionnaires récupéreraient d'ailleurs les parts..C'est trop rationnel pour séduire contre du cash...
C'est la gestion inspirée par J. Chirac qui a fait ensuite les avancées les plus spectaculaires : d'une part en matière sociale, conformément aux annonces de sa campagne présidentielle de 95, par l'alignement des smig et des différents minima sociaux et assurances, ce qu' à compter de 1997 le gouvernement Jospin a accompagné du renforcement d'exonérations sociales et d'une défiscalisation refondée mais toujours assez efficiente. Il confia, en même temps à une mission de parlementaires(Lise/Tamaya) le soin d'une réflexion institutionnelle qui s'enlisa. Aussi est-ce en faisan un peu surprise (et peur) aux conservateurs que , d'autre part, le Président Chirac, très attentif à l'outre-mer, lança une réforme constitutionnelle qui ouvra en 2003 des possibilités d'évolution, sous réserve d'accord des populations concernées) vers divers degrés d'autonomie ou d'aménagements administratifs. Le plus modeste d'entre eux ( la réunion de la région et du département) fut refusé par un électorat redoutant que tout changement du vieux régime départemental ne porte à une dérive pouvant conduire à une autonomie économique et sociale redoutée et le seul effet aux Antilles du texte novateur, fut que chacune des Îles de St Barthélémy et de St Martin a pris effectivement une forme d'autonomie, à raison de l'espoir de chacune de gérer mieux sa propre richesse.
Le souhait de renouvellement de Nicolas Sarkozy s'est accompagné de la remise sur le métier de la "loi Girardin" qui venait d'être votée pour assurer la sécurité dans la durée juridique. Les novations sont dans une meilleure architecture des soutiens qui prennent, avec des outils assez comparables, sauf quelques exonérations fiscales marginales supplémentaires , le nom de "zones franches globales" , un bon effort pour réorienter vers les besoins des plus modestes l'investissement privé logement défiscalisé et une révision des allégements de cotisations sociales pour que des salaires dépassant certains seuils n'en bénéficient pas, ce qui touche le cash des entreprises. L'ambition affichée est de surcroît de faire naître un développement endogène qui permettrait aux Îles de moins dépendre des transferts de la métropole. Pour autant, la question clef des moyens de rénover le parc touristique et de soutenir cette activité très concurrencée par les pays à bas coûts n'est pas vraiment traitée.
C'est sur cette toile de fond que sont apparus, après la crise Guyanaise sur les prix des carburants, les mouvements des Antilles.
Avant d'y revenir dans le papier qui va suivre , je crois raisonnable de dire à la gauche métropolitaine que son adhésion inconditionnelle, soit compassionnelle d'impulsion aux revendications telles qu'exprimées, soit tactique de mobilisation pour tout ce qui peut déstabiliser le pouvoir en place, est peut-être de bonne tactique politique (quoiqu'elle aura son boomerang) mais n'est pas de bonne pédagogie ni économique, ni civique . Elle pense sans doute illustrer là combien la question capitale du pouvoir d'achat doit être résolue par des hausses salariales comme elle le préconise en général. Or, précisément, les Antilles illustrent que ce n'est pas par ce seul type de mesures que l'on peut résoudre la question du pouvoir d'achat et relancer l'économie. SI des hausses significatives doivent avoir lieu, ou bien elles entraîneront de nombreux arrêts d'activités, ou bien - par un canal ou par un autre - elles devront être portées par l'État qui a quand même d'autres moyens d'actions, hors entrée dans la négociation - tels que les minima sociaux ou des baisses ciblées de TVA .
Ce n'est d'ailleurs parce que la gauche a tort de perdre la raison q"elle perdra ces combats actuels, tant ils sont tissés de passions et de fausses apparences. Mais elle met à son débit une erreur de jugement (ce n'est pas la première fois qu'elle périra de cela). Alors qu'elle aurait du, dans le fil de tout ce qu'elle a fait de bien outre-mer par le passé, montrer des possibilités de conciliation tenant compte de la réalité économique, pousser à des réformes là ou elles sont possibles et légitimes dans les relations avec les gros bénéficiaires du système de distribution outre-mer, chercher avec ses élus locaux, départementaux et régionaux - tout particulièrement proches d'elle - les moyens d'un vrai pouvoir d'achat : des emplois résultant de marchés rentables, elle esquive par une manoeuvre nationale la vraie question d'une stratégie économique ..parce qu'elle est incapable d'y répondre aux Antilles, comme ailleurs ? En mettant tout son argumentaire et en mobilisant aisément des affectivités sur la répartition et non aussi sur la création de richesses dans le territoire national.
PS - je mets cette nuit ce Post scriptum choqué en découvrant les déclarations et le comportement totalement irresponsables de Ségolène Royal - dont la compétence à l'égard de l'outre-mer en particulier et de l'économie en général n'est pas spécialement établie - qui a opéré sans concertation avec les responsables socialistes territoriaux. Ce n'est pas rendre service aux pauvres de Guadeloupe de soutenir le contenu brut d'une demande qui si elle réusssissait ne résoudrait pas la situation de ceux qui ne travaillent pas et porterait au contraire le risque de l'aggraver en suscitant, dans celle des entreprises qui ne peuvent le supporter, des problèmes et des risques de fermeture devant aggraver le désemploi. La responsabilité d'un leader politique n'est pas de pousser à des troubles sans issue, mais de définir et défendre un paquet de mesures effectivement efficaces qui par leur combinaison peuvent faire avancer la solution du problème social existant. Quand on joue à mai 68, on n'a pas la révolution, mais la réaction. Et l'on va avoir , en plus, dans une part de l'opinion, une réaction contre l'outre-mer. Si l'on veut être sérieux, on propose l'envoi d'une "mission du dialogue" pour un panel de mesures et l'on se garde d'un coup politique sur un terrain explosif mal connu.
es esclaves fugitifs à leurs
poursuivants. Au sein des Guyanes, les fleuves et la forêt pouvaient les délivrer. Les "nègres marrons", insurgés contre le système féroce et massif de la traite, ont arraché,
dès le dix huitième siècle, au Surinam et sur le Maroni, la liberté de leurs ethnies : Paramaha; Djuha; Saramaba, Aluku, aussi nommée Boni, du nom d'un chef de
guerre.
L'Afrique lui apporte peut être une inspiration,
mais c'est l'ethnologue Jean Hurault qui nous le dit "aucun modèle"; l'Amazonie, la seule référence incertaine de dispositifs chromatiques amérindiens. L'Europe, plus tard, fournira
les couleurs chimiques fondamentales, résistant mieux à l'humidité que les extraits naturels.
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